‹ Fanny Lear: comédie en cinq actesChapitre 30 sur 101 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

être, je vous irriterais peut-être en vous donnant des détails, et je sais, par expérience, qu'il ne faut pas vous irriter...

FRONDEVILLB.

Eh! madame, je n'ai rien à dire... Du reste j'ai mérité celte parole...

MARIE

Ohl monsieur... mon intention...

FRONDEVILLE

Et cependant, si vous pouviez savoir... je suis bien apaisé, allez... Deux ans de réflexion... de repentir...

El puis la campagne...

FRONDEVILLE

Et puis la campagne...

MARIE

Cela ne fait rien, je saute par dessus les détails... Six mois après, la situation était telle que je fus sur le point d'accourir ici, et de vous dire : Voilà ce qui se passe!

FRONDEVILLE

C'était votre devoir...

MARIE

J'ai trouvé mieux...

FRONDEVILLE

Abl

MARIE

Vous allez voir: une de mes amies m'avait parlé d'une jeune orpheline fort intéressante : « Vous devriez, m'avaitelle dit, la prendre avec vous. »

FRONDEVILLE

Mademoiselle de Noriolis ?...

MARIE

J'allai la voir : elle me charma. Je l'emmenai, je l'installai, et je fus sauvée... pour quelque temps, mais celle jeune fille dut me quitter, et je mo retrouvai, moi, en face du danger tout comme avant, avec celle seule différence que le danger

était deveau plus pressant, et que] j'avais peur d'être deyenua plus faible*..

FRONDEYILLE.

Diable, et alors?...

MARIE

Je n'hésitai pas. Je fis ce que j'avais été sur le point de faire six mois plus tôt... je lui écrivis...

FR0NDEV1LLE«

A la jeuoe fille?

MARIE

Non, à...

FRONDEYILLE.

A l'autre?

MARIE

Oui, je lui écrivis que je partais pour Tltalie...

FRONDEYILLE.

Bien...

MARIE, selevftBft.

El je courus au chemin de fer qui devait me conduire ici.

FRONDEYLLE, S6 levante Très-bien...

MARIE

Et je me réfugie chez vous comme en un lieu d'asile, et f embrasse Vautel et je vous dis, monsieur : Vous êtes mon mari après tout, et ce qui se passe vous regarde bien un peu... défendez-moi, sauvez-moi... Tant que je me suis senti la force de me défendre moi-même, je vous ai laissé bien tranquille, mais maintenant...

FRONDEVILLB4 Maintenant...

MARIE> en riant.

Maintenant, je pense, j'espère... qu'à nous deux, nous en viendrons à bout, mais, là, vrai, si j'étais seule...

''Marie^ FroodeviUe,

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