SCÈNE VI Les Mêmes, LA MARQUISE, RISLEY
Entrez, madame : c'est moi qui vous prie d'entrer.
LA MARQUISE
Madame... (Elle descend. Risley se glisse derrière elle, raunt les irnrs, se faisant petit.) Vous deviez... monsieur de Frondeville surtout, après ce qui s'est passé, devait s'attendre...
MARIE
Madame... oui... c'est vrai... les hommes ne savent pas... jai «u tort de laisser M. de Frondeville se charger... si je vous avais parlé moi-même^ je suis bien sûre... (a Frondeville qui fait un mouvement.) Non... laissez- moi... (Elle passe derrière la marqnise et se troave entre elle et Frondeville.) Ne m'empéchez pas... moi... moi... je m'adresserai à madame et je la supplierai... (a la marquise.) Yous entendez, je \0)is supplierai de ne pas me la prendre.
CALLIKRES.
L'on m'a dit que vous vouliez bien m'accorderla main de Mlle de Noriolis, mais que vous mettiez à ce maiiage certaines conditions... Ces conditions, madame, je les accepte...
LA MARQUISE
Vraiment ?
GALLIÈRES.
Oui, madame, je les accepte.
LA MARQUISE
A la bonne heure... Mais pourquoi n'avez- vous pas accepté tout de suite?... Cela eut mieux valu pour tout le monde. Enûn, comme dit une des comédies que Ton jouait à Drury- Lane, a AH is well that ends welt, » tout est bien qui finit bien. Mlle de Noriolis sera votre femme, (a Gcneriôve) Vous voyez bien que je ne suis pas, si méchante... Hé? qu'est-ce que vous dites ?
GENEVIÈVE
Moil Sans doute!
LA MARQUISE
GENEVIÈVE
Eh bien, non, non! je ne peux pas... je ne peux pas admettre que, lorsqu'il s'agit de quelque chose qui me regarde, vous ayez, vous, à refuser ou à consentir!... Je ne peux pas admettre qu'il dépende de vous de me rendre heureuse ou malheureuse, et je ne veux pas, en tout cas, je ne veux pas d'un bonheur qui me viendrait de...
MARIE
Geneviève !
LA MARQUISE
Non, laissez parler... Je suis bien aise de savoir ce qu'il y a au fond du cœur.
GENEVIÈVE
Vous dites, et tout le monde autour de moi dit que la loi est pour vous... que je suis en votre pouvoir... non, cela n'est pas, cela ne peut pas être... S'il en était ainsi, la loi serait absurde, la loi serait folle... Mais je suis bien sûre qu'il n'en est pas ainsi... je suis bien sûre qu'il n'y a pas do loi au monde qui puisse mettre une fille comme moi dans la dépendance d'une femme comme vous!