‹ FantaisiesChapitre 7 sur 19 · BATEAUX DES TUILERIES · texte numérisé non relu

BATEAUX DES TUILERIES

ïlélas ! le vent s'élève, la mer se gonfle , le naviro affolé bondit, se couche, tournoie au milieu des vagues furieuses! Il dérive, il s'approche, il va périr! Allons, mes braves matelots! allons, tout le monde sur le pont!

Voyez! voyez! Comme ils s'élancent de toutes parts, comme ils courent partout oi^i est le danger! Et le capitaine, avec son grand habit à revers rouges, ses pistolets à la ceinture, son porte-voix à la main, qu'il est beau ! qu'il est digne! Et le vieux pilote, avec sa grosse casaque brune, son bonnet de fourrure grise enfoncé sur les yeux! Quel calme, quelle majesté!

Allons ! hourra ! mes braves ; encore quelques efforts et nous sommes sauvés !

Ils sont sauvés : on a viré de bord, la brise se calme, et le navire, tournant sa proue vers la pleine mer, s'en va, voguant sur des flots vermeils, aux rivages enchantés du Pays des Songes. Voyez-vous là-bas, dans ces nuages de pourpre et d'or, cette terre dont les dentelures capricieuses étincellent comme desjoyaux? Déjà les papillons aux mille couleurs, les oiseaux merveilleux, voltigent autour du navire; déjà, dans les profondeurs transparentes du gouffre, on voit s'épanouir les coraux, les étoiles et les fleurs vivantes du fond de la mer. Bientôt se détache de la rive une barque de sauvages; elle

Page 1