‹ Fantasio comédie en trois actes, en prose d'Alfred de MussetChapitre 19 sur 50 · HAR1X0NI · texte numérisé non relu

HAR1X0NI

Voilà, Altesse, ce que vous demandez.

LE PRINCE

C’est bien. Je ne connais pas dans tout mon royaume déplus belle écriture que la tienne. Je te nomme mon ami intime... Assieds-toi... à quelque distance. Vous pensez donc, mon ami, que le caractère de la princesse, ma future épouse, vous est secrètement connu ?

marinoni.

Oui, Altesse; j’ai parcouru les alentours du palais, et ces tablettes renferment les principaux traits des conversations différentes dans lesquelles je me suis immiscé.

LE rniN'CE, se mirant.

11 me semble que je suis poudré comme un homme de la dernière classe.

MARINONI

L’habit est magnifique.

LE PRINCE

Que dirais-tu, Maronini, si tu voyais ton maître revêtir un simple frac olive?

MARINONI

Son Altesse se rit de ma crédulité.

LE PRINCE

Non, colonel; apprends que tou maître est le plus romanesque des hommes.

MARINONI

Romanesque, Altesse.

LE PRINCE

Oui, mon ami (je t’ai accordé ce titre), l'important projet que je médite est inouï dans ma famille; je prétends arriver à la cour du roi mon beau-père, dans l’habillement d’un simple aide de camp ; ce n'est pas assez d’avoir envoyé un homme de ma maison recueillir les bruits publics sur la future princesse de Mautoue (et cet homme, Marinoni, c’est toi-même), je veux encore observer par mes yeux .

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