‹ Fantasio comédie en trois actes, en prose d'Alfred de MussetChapitre 20 sur 50 · KANT A SIC · texte numérisé non relu

KANT A SIC

MARINONI

Est-il vrai, Altesse?

LF, PRINCE.

Ne reste pas pétrifié. Un homme tel que moi ne doit avoir pour ami intime qu’un esprit vaste et entreprenant.

MARINONI

Une seule chose me paraît s’opposer au dessein de Votre Altesse.

LK PRINCE

Laquelle?

MARINONI

L’idée d’un tel travestissement ne pouvait appartenir qu’au prince glorieux qui nous gouverne. Mais si mon gracieux souverain est confondu parmi l’état-major, à qui le roi de Bavière fera-t-il les honneurs d’un festin splendide qui doit avoir lieu dans la grande galerie?

LE PRINCE, réllrcliissnnt.

Tu as raison ; si je me déguise, il faut que quelqu’un prenne ma place. Cela est impossible, Marinoni; je n’avais pas pensé à cela .

MARINONI

Pourquoi impossible, Altesse?

LE PRINCE

Je puis bien abaisser la dignité princière jusqu’au grade de colonel ; mais comment peux-tu croire que je consente à élever jusqu’à mon rang un homme quelconque? Penses-tu d’ailleurs que mon futur beau-père me le pardonnerait?

MARINONI

Le roi passe pour un homme de beaucoup de sens et d’esprit, avec une humeur agréable.

LE PRINCE

Ah ! ce n’est pas sans peine que je renonce à mon projet. Pénétrer dans cette cour nouvelle, sans faste et sans bruit, observer tout, approcher de la princesse sous un

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