SCÈNE V
LF, PRINCE, ELSBF.TH.
LE PRINCE
Je ne sais où j’en suis... (Eisbeth reparaît.) Mais que vois-je? la princesse!... un tête-à-tête! quel heureux coup du sort! (i EUbeih.) Arrêtez, madame !
ELSBETH
Encore !
(Elle fait quelques pas.)
LE PRINCE, se plaçant devant elle.
Permettez, de grâce, à un fidèle serviteur de votre futur époux de vous offrir les félicitations sincères que son cœur humble et dévoué ne peut contenir en vous voyant. Heureux les grands de la terre ! ils peuvent vous épouser, moi je ne le puis pas ; cela m’est tout à fait impossible ; je suis d’une naissance obscure ; je n’ai pour tout bien qu’un nom redoutable à l’ennemi, — un cœur pur et sans tache bat sous ce modeste uniforme ; — je suis un pauvre soldat criblé de balles des pieds à la tête, — je n’ai pas un ducat, — je suis solitaire et exilé de ma terre natale comme de ma patrie céleste, c’est-à-dire du paradis de mes rêves; je n’ai pas un cœur de femme à presser sur mon cœur ; je suis maudit et silencieux.
ELSBETH
Que me voulez-vous, mon cher monsieur? (i.e prince
s'agenouille.) Êtes- VOUS fou? (Le prince fait un mouvement cl tend son chapeau qu'il lient à ta main.) OU dcmandeZ-VOUS l’auntônc ?
l.E PRINCE, regarde son chapeau, le place sous son liras et se lève.
Qu’il serait difficile de trouver des paroles pour exprimer ce que j’éprouve! Je vous ai vue seule; j’ai cru qu’il était de mon devoir de me jeter à vos pieds et de vous offrir ma compagnie jusqu’à la poterne.
ELSBETII.
Je vous suis obligée ; — rendez-moi le service de me laisser tranquille. (Elle sort.)