ACTE II, SCÈNE VII
leur ami, mon plus fidèle serviteur, tu entasses bêtises sur bêtises. Non, non, tu as beau dire, cela n’est point pardonnable.
' MARINONI
Comment pouvais-je empêcher Votre Altesse de s’attirer les désagréments qui sont la suite nécessaire du rôle supposé qu’elle joue ? Vous m’ordonnez de prendre votre nom et de me comporter en véritable prince de Mantoue.
Puis-je empêcher le roi de Bavière de faire un affront à mon aide de camp? Vous aviez tort de vous mêler de nos affaires.
LE PRINCE
Je voudrais bien voir qu’un maraud comme toi s’avisât de me donner des ordres!
MARINONI
Considérez, Altesse, qu’il faut cependant que je sois le prince ou que je sois l’aide de camp. C’est par votre ordre que j’agis.
LE PRINCE
Me dire que je suis un impertinent, parce que j’ai ♦
voulu baiser la main de la princesse ! Je suis prêt à déclarer la guerre et à retourner dans mes États pour me mettre à la tête de mes armées.
marinoni.
Songez donc, Altesse, que ce mauvais compliment s’adressait à l’aide de camp et non au prince. Prétendezvous qu’on vous respecte sous ce déguisement?
LE PRINCE
11 suffit. Rends-moi mon habit.
MARINONI, «tant l'habit.
Si mon souverain l’exige, je suis prêt à mourir pour lui.
LE PRINCE
En vérité, je ne sais que résoudre. D’un côté, je suis furieux de ce qui m’arrive; et d’un autre, je suis désolé de renoncer à mon projet. La princesse ne paraît
pas' répondre indifféremment aux mots à double entente dont je ne cesse de la poursuivre. Déjà je suis parvenu deux ou trois fois à lui dire à l’oreille des choses incroyables. Viens, réfléchissons à tout cela.
MAHINONI, tenant, l'habit.
Que l'erai-jc, Altesse?
LE PRINCE
Remets-le, remets-le, et rentrons au palais.
(Ils sortent).