SCÈNE IX
ELSBETII, LE HOI.
LE noi.
Ma fille, il fput répondre franchement à ce que je vous demande: ce mariage vous déplaît- il?
ELSBETII.
C’est à vous, sire, de répondre vous-même. Il me plaît, s’il vous plaît ; il me déplaît, s’il vous déplaît.
LE ROI
Le prince m’a paru être un homme ordinaire, dont il est difficile de rien dire. La sottise de son aide de camp lui fait seule tort dans mon esprit ; quant à lui, c’est peutêtre un bon prince, mais ce n’est pas un homme élevé. Il n’y a rien en lui qui me repousse ou qui m’attire. Que |iuis-je te dire là-dessus? Le cœur des femmes a des secrets que je ne puis connaître. Dis-moi donc clairement ce que tu penses de ton fiancé.
FAKTASIO.
EI.SBETH.
Je pense qu’il est prince de Mantoue, et (jue la guerre recommencera demain entre lui et vous, si je ne l'épouse pas.
\ LE ROI
Cela est certain, mon enfant.
ELSBETH
Je pense donc que je l’épouserai, et que la guerre sera finie.
LE ROI
Que les bénédictions de mon peuple te rendent grâces pour ton père! 0 ma fille chérie! je serai heureux de cette alliance ; mais je ne voudrais pas voir dans ces beaux yeux celte tristesse qui dément leur résignation. Réfléchis encore quelques jours.
(U sort).