‹ Fantasio comédie en trois actes, en prose d'Alfred de MussetChapitre 34 sur 50 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

petite ! j’ai entendu ce matin sa conversation avec sa gouvernante ; en vérité, c’était par hasard ; j’étais assis sur le gazon, sans autre dessein que celui de dormir. Maintenant la voilà qui pleure et qui ne se doute guère que je la vois encore. Ah! si j’étais un écolier de rhétorique, comme je réfléchirais profondément sur cette misèrecouronnée, sur cette pauvre brebis à qui on met un ruban rose au cou pour la mener à la boucherie ! Cette petite fille est romanesque; il lui est cruel d’épouser un. homme qu’elle ne connaît pas. Cependant elle se sacrifie en silence. Que le hasard est capricieux! 11 faut que je me grise, que je prenne le costume et la place de ce pauvre Saint-Jean, que je fasse enfin la plus grande folie de la terre, pour venir voir tomber, à traver ces vitres, les deux seules larmes que cette enfant versera peut-être sur son triste voile de fiancée !...

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