‹ Fantasio comédie en trois actes, en prose d'Alfred de MussetChapitre 46 sur 50 · ACTE 111 , SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE 111 , SCÈNE II

Ici (jifil est, tel que ses peuples le voient sur son char de triomphe ; c’est le noble prince île Mantoue.

KLSBtTH.

Oui, C est lui ; (Elle prenJ la 1 impe. ) Psyché, prends garde à ta goutte d'huile ; je voulais voir son visage, cl je l'ai vu ; voilà ma curiosité satisfaite.

LA GOUVERNANTE

Il est beau comme l’Amour! En le voyant, il est impossible de ne pas songer à ces vers que notre cher Saint- Jean avait composés sur le tableau de Y Amour endormi.

ELSBETH

Oui, malgré moi, ces vers d’un poëte aimé chantent dans ma mémoire :

(Elle rériie.)

Amour! toi qui nous viens d’une source infinie,

O Dieu d'oubli! Dieu jeune, au front pâle et charmant.

Toi que tous les honneurs, tous les biens qu’on envie Font quelquefois de loin, sourire tristement,

Qu'importent les hasards, le calme, les tempêtes.

Et ces mondes sans nom qui roulent >ur nos tètes.

Et le temps et la vie, au cœur qui t'a connu?

O fils de la beauté, frère des rêveries,

Tes sœurs ont sur Ion front versé leurs fleurs chéries.

Ta mère, en souriant, t'endort sur son sein nu !

Je sens, en contemplant ton image sereine,

Ce que peuvent sur nous, pour guérir toute peine,

Ces deux signes jumeaux de paix et de bonheur,

Jeuni sse de visage et jeunesse de cœur !...

LA GOUVERNANTE

Comme vous voilà émue sur la pointe de vos petits pieds!

ELSBETH

Ab ! pourquoi m’as-lu donné à lire tant de romans et de contes de fées? pourquoi as-tu semé dans ma pauvre pensée tant de fleurs étranges et mystérieuses?

Est-ce un rêve?

U GOUVERNANTE

Chut! il S’éveille!

C’est vous, princesse! si c’est la grâce du bouffon du roi que vous m’apportez si divinement, laissez-moi remettre ma bosse et ma perruque ; ce sera fait dans un instant.

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