ACTE III, SCENE II
ELSBETH
Kl pourquoi èles-vous déguisé? que faites-vous ici ?
Madame, je vous sùpplie de me pardonner.
ELSRETII.
Que veut dire cela? Relevez-vous. Qui vous a (toussé à celle action?
FAKTASIO.
Je ne puis dire le motif qui m’a conduit ici.
EI.SDF.TII.
Vous ne pouvez le dire? et moi je veux le savoir.
Kxcusez-moi, je n’ose l’avouer.
LA GOUVERNANTE
Sortons, Elsbetli; ne vous exposez pas à entendre des discours indignes de vous. Cet lionimc est un voleur ou un insolent qui va vous parler d’amour.
ELSBETII.
Je veux savoir la raison qui vous a lait prendre ce costume.
Je vous supplie, épargnez-moi.
ELSBETH
Non, non! parlez, ou je ferme cette porte sür vous (tour dix ans.
Eli bien, madame, je suis criblé de dettes, mes créanciers ont obtenu un arrêt contre moi ; à l’heure où je vous parle, mes meubles sont vendus, et si je n’étais dans cette prison, je serais dans une autre. On a dû venir 111’arrèter hier au soir; ne sachant où passer la nuit, j’ai imaginé de prendre ce costume et de venir me réfugier aux pieds du roi ; si vous me rendez la liberté, on va me prendre au collet; mon oncle est un avare qui vit de
pommes de terre et de radis, et qui. me laisse mourir de faim dans tous les cabarets du royaume. Puiscpie vous voulez le savoir, je dois vingt mille écus.
EI.SBF.TH.
Tout cela est-il vrai?
Si je mens, je consens à les payer.
(On entend un bruit de chi’vaui.)
LA GOUVERNANTE
Voilà des chevaux qui passent; c’est le roi en personne; si je pouvais faire signe à Un page! (Elle appelle par la fenêtre.) Holà ! Hamel !
LE PAGE, au dehors.
Le prince de Mantoue va partir.
LA GOUVERNANTE
Le prince de Mantoue?
LE PAGE
Oui, la guerre est déclarée. Il y a eu entre lui et le roi une scène épouvantable devant toute la cour, et le mariage de la princesse est rompu.
LA GOUVERNANTE
Seigneur mon Dieu ! le prince de Mantoue s’en va, et je ne l’aurai pas vu?
ELSBETII .
Si la guerre est déclarée, quel malheur!
Vous appelez cela un malheur, Altesse? Aimeriez-vous mieux un mari qui prend f.iit et cause pour sa perruque? Eh ! madame, si la guerre est déclarée, nous saurons quoi faire de nos bras, les oisifs de nos promenades mettront leurs uniformes; moi-même je prendrai mon fusil de chasse, s’il n’est pas encore vendu. Nous irons faire un tour d’Italie, et si vous entrez jamais à Mantoue, ce sera