SCÈNE II
SPARK, HARTMAN et FAC10 sortant du cabaret.
HARTMAN
Puisque c’est aujourd’hui le mariage de la princesse, buvons, fumons, et tâchons de faire du tapage.
FACIO
Il serait bon de nous mêler à tout ce peuple qui court les rues, et d’éteindre quelques lampions sur de bonnes tètes de bourgeois.
SPARK
Allons donc ! fumons tranquillement. Installons-nous à celte table.
HARTMAN
Je ne ferai rien tranquillement. Dnssé-je me faire battant de cloche et me pendre dans le bourdon de l’église, il faut que je carillonne un jour de fête. Où diable est donc Fantasio?
SPARK
Attendons-le ; ne faisons rien sans lui. (il s’assied.)
FACIO
Bah ! il nous trouvera toujours. Holà ! ohé ! à boire !
(Un garçon de cabaret apporte des verres cl des bouteilles.)
UN PAGE, entrant.
Messieurs, je viens vous prier de vouloir bien aller plus loin, si vous ne voulez pas être dérangés dans votre gaieté.
HART» AN
Pourquoi, mon capitaine?
LE TAGE
La princesse est dans ce moment sur la terrasse, et
vous comprenez aisément qu’il n’est pas convenable que vos cris arrivent jusqu’à elle. (n sort).
facio.
Voilà qui est intolérable !
SPAAK.
Qq'est-ce que cela nous fait de rester ici ou ailleurs?
nARTHAN.
Qu’est-ce qui nous dit qu’ailleurs il nous sera permis de rire ? Vous verrez qu’il sortira de tous les pavés de la ville un drôle en habit galonné pour nous prier d’aller rire dans la lune.
(Entre Marinoni couvert d'un manteau.)
SPARK
La princesse n’a jamais fait un acte de despotisme de sa vie ; que Dieu la conserve ! Si elle ne veut pas qu’on rie, c'est qu’elle est triste ou qu’elle chante. Laissons-la en repos.