SOURIRE
Votre sourire est bien à vous,
Je ne 1 ai jamais vu chez personne ;
Un peu railleur, triste, très doux,
Un peu mystérieux, il donne
Des rêves sans prix ; il paraît
Quelquefois trop subtil..
Se moque-t-il ?
Serait-il prêt
A me tromper, ce clair sourire ?
En sa belle courbe indécise
Devrait-on lire
Une feintise?
— Non point, car il m'apporte, à moi.
Chaque matin, comme un présent nouveau,
La paix, la joie
Et le repos.
Entendez bien : la longue paix sans nul ennui,
La sourde joie avec ses discrétions rares.
Enfin le grand repos de l'amour, qui prépare
Au repos sombre de la nuit.