‹ FantasquesChapitre 9 sur 163 · POUR LES MORTS · texte numérisé non relu

POUR LES MORTS

On ne saurait donner de trop belles louanges

A ceux que l'on aime et qui vivent,

Mais, quand ils ont changé de rive,

Le mensonge pieux, par une ruse étrange,

Fait qu'on ne les reconnaît plus.

— Si vous l'avez beaucoup aimé, très bien connu, Beaucoup pleuré, ne modelez pas dans la cire Ce cher visage disparu ;

Quand vous voudrez le voir sourire, Conservez-le tel qu'il fut.

— Les morts vont vite, a-t-on dit...

Ceux-là seuls que l'on a détruits

En faisant d'eux J

EXes dieux.

Les autres restent des amis,

Non point morts, à peine assoupis.

Regardez-les dormir.

Dessinez de leurs traits des images précises,

Car seul un souvenir

Juste les éternise.

Page 1