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AMOUR TRAGIQUE

Toi, tu dis que tu m'aimes,

Quoi que je puisse faire, quand même.

Tu le proclames

A tout venant, devant chacun tu le répètes.

Tu parles de ton cœur, de ton âme,

En te prenant la tête

D'un air douloureux.

Avec une certaine arrogance...

(On en pense,

D'ailleurs, ce que l'on veut.)

Tu fais un discours sur mon inconstance

Que rien ne prouve.

Tu dis que ton amour est celui de la louve,

Mais tu l'exprimes par des plaintes.

Tu dramatises nos étreintes,

Tu mêles le miel et l'absinthe.

Moi, je voudrais garder un cœur allègre,

Quand tu laisses tomber dans la crème

Une ou deux gouttes de vinaigre,

Car, malgré ton amour, je t'aime.

DLXXXII

QUELQUES HAÏKAÏ JAPONAIS

M'offrir des oignons devant Ce rouge bosquet de roses...

Oh! quel geste inconvenant!

Tes mots d'esprit durent-ils Plus longtemps que la rosée.

Tout en étant moins subtils ?

C'est une sombre fontaine, Mais je reconnais vos yeux Dans ce beau miroir d'ébène.

J'ai l'âme vraiment ravie, Moins par cette chaude nuit Que par les seins de m'amie.

Eau qui court... vent passager.

Larmes aussitôt taries...

Ce soir, je me sens âgé.

DLXXXIII

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