SOMMEIL DE SYLVIE
Prenez un air plus grave, s'il vous plaît !
Le carnaval est mort.
Le jour renaît.
Dans son grand lit, Rosine dort ;
Cuvant son vin, Pierrot s'étire...
S'il flotte encor,
Sur les canaux, une vapeur de rire,
Le soleil la dissipera.
Vous vous tournez entre les draps
Et me tendez votre bouche, Sylvie !
Ah ! je connais bien cet appel :
Baisers sucrés, baisers de miel.
Baisers magiciens qui me rendaient la vie,
Aux jours mauvais...
Penchez la tête un peu, je vous en prie,
Car je vais
Troubler votre sommeil, tendrement...
Vous murmurez quelque chose en dormant ;
Vous souriez !... Ouvrez les yeux
Et prenez, ô Sylvie, un air plus sérieux !
DLXXXYII JADIS
Marche en avant! ne tente pas de revenir! N'écoute plus la voix, par les échos grandie. Des vagues du passé qui rongent l'avenir Et déferlent, de mille douleurs alourdies !
DLXXXVIII