VACANCES
Et la mare aux mille miroitements,
Aux molles moires ;
Et la terrasse où nous échangions nos serments,
Dix ans après, par un beau soir.
Mais qui servait alors de champ de courses ;
Et les vieux pins où nous grimpions comme des ours,
Les bosquets où le peau-rouge campe.
L'escalier dont nous descendions la rampe
A califourchon, malgré la défense
De nos parents... Ah ! quand j'y pense!...
Enfin nos jeux,
Et mes grands cris, et vos manières,
Et la façon dont vous disiez : « Je veux ! »
Souvent, vous me tiriez les cheveux,
(Vous étiez très autoritaire).
Et parfois vous me battiez presque.
Moi, je vous laissais faire
Par sentiment chevaleresque,
Mais vous en abusiez : vous vous saviez aimée !
— Reflets bariolés, échos brouillés, fumées...