HARMONIE
— C'est une nuit très pâle, une nuit de féerie. Faite pour le baiser ou pour un tendre aveu.
La plaine, en ses lointains, s'estompe peu à peu. L'heure que nous vivons est une rêverie.
— La lune, sur les bois, pose sa broderie
De fils d'argent et l'herbe exhale un brouillard bleu.
Ce voile fait d'azur terni, traversons-le :
Un songe est là qui veille au bord de la prairie.
— Pénétrons la futaie en suivant le chemin Fréquenté par le faune et, la main dans la main, Contemplons le sommeil des nymphes décoiffées,
— Puis nous reviendrons sur l'herbe du pré natal Interrompre vos jeux si purs, ô blondes fées
Qui lancez vers la lune un globe de cristal !