CI VIATIQUE
Un hochement de votre tête,
Un souple geste enveloppant de vos deux bras,
Quelques mots murmurés bas
De façon sévère et secrète,
Votre main repoussant la grille
D'un beau jardin, les verdures de la charmille
OiJ vous vous promeniez, le soir.
Un soulier noir
Dépassant la jupe bleu sombre,
Votre ombre
Sur le palier de ma porte.
Votre ombre encor
Sur le tapis d'ocre et d'or
Composé par les feuilles mortes.
Le son... hélas ! l'écho de votre voix profonde,
Douce et mystérieuse musique...
— Et, maintenant, je puis partir,
Je puis courir le monde.
Le cœur vaillant, sans autre viatique
Intime que ces souvenirs.
QUELQUES HAÏKAÏ JAPONAIS
L'air fuyant, l'onde traîtresse Nous enseignent, chaque jour^ Le dédain de la sagesse.
Songe de ma nuit d'été :
Ce lys dans un rais de lune...
Poésie et pureté.
Ecoutez ! les morts revivent Et souvent nous parlent, sous Le tapis de l'herbe vive.
Le vrai poème : une brise Musicienne, un soupir Que la mémoire éternise.
Son chant nous fait-il prévoir^ Lorsque la cigale chante, Qu'elle mourra, demain soir ?
FANTASQUES lo5^