ONDES
Ondes qui dévalez entre les sapins noirs
Sous un manteau d'écume, et qui charmez le soir
De vos mélodieuses courses ;
Ondes vivantes d'une source ;
Ondes vertes et claires
Qui filtrez le soleil dans des vasques de pierre
Et débordez à petit bruit subtil,
Parmi les lichens et les mousses;
Ondes rapides, ondes douces
D'une averse d'avril ;
Ondes pures et fortes.
Crevant ce nuage lourd, teint de cendre ;
Ondes épaisses d'une mare morte
Oii s'ébattent les salamandres :
Ondes dont le goût reste amer
Au mauvais voyageur ; folles ondes des mers
Qui, jadis, saviez bercer mes peines ;
Ondes au gazouillis délicieux
D'une familière fontaine ;
Nobles ondes brûlantes de vos yeux.