‹ Fantin-LatourChapitre 9 sur 17 · Scène première nu « Rheingolu · texte numérisé non relu

Scène première nu « Rheingolu

[D'après une lithographie originale).

papier de report el de préférence sur papier calque. Elles sonl généralement tirées à doux élals : un premier élal qui donne le dessin après le report -m pierre; un deuxième après les retouches sur la pierre. Par

A \ DR h M È DE

(D'après uni' lithographie origii

FANTIN-L \ I < > ( li

exception, lorsque ces lithographies sonl destinées à des publications, elles vonl jusqu'à quatre états, qui diffèrent surtoul par la «lettre».

Les tirages des épreuves varienl comme nombre. Les épreuves d'essai sonl toujours tirées soitàcinq ou six. soil à sept ou huil exemplaires. Les tirages définitifs, à l'exception de ceux qui sonl destinés à des publications spéciales de librairie, vonl de vingt-cinq exemplaires, ce qui esl le cas le plus fréquent, à cinquante ou parfois cent. Quelques pièces, pourtant, n'ont été tirées qu'à quelques épreuves d'essai, sept, huit, <li\. douze parfois deux seulemenl .

M. Hédiard a raconté comment, en 1861, chez Cadart, comme le petit groupe auquel appartenait Fantin, curieux de tous les essais pittoresques, s'intéressaii à la rénovation de l'eau-forte, l'imprimeur, depuis célèbre, voulul tenter la même aventure en faisant de la lithographie. Il lil envoyer a Bracquemond, Manet, Ribot, Legrosel Fantin trois pierres avec prière de les couvrir. Fantin, en lithographe prédestiné, se mit à ce travail avec empressement, remplit ses trois pierres, lit même quatre dessins, niais n'obtint pas de son entourage le succès qu'il attendait. On ne lira que par curiosité Le Venusberg première pierre), Vénus désarmée, L'éducation de l'Amour, Les brodeuses. Découragé sans doute momentanément, il ne repril le crayon lithographique qu'en 1873, pour ne l'employer définitive-

ut, d'une façon régulière, qu'à partir de 1S7< >■ ("est le moment où son

inspiration s'adonne en toute liberté à sa fantaisie imaginative.

Fantin s'est beaucoup défendu d'être un lithographe, et les professionnels de la pierre ont assez volontiers affecté de le distinguer d'eux cl de ne le considérer que connue un dessinateur, donnant pour raison (pie ses dessins suni spécialement obtenus sur papier de report.

'l'ouïes ces vieilles querelles entre gens, — c'est le cas de le dire. — qui se jettent continuellement des pierres dans leur jardin, sont aujourd'hui de l'histoire ancienne. C'esl une véritable chinoiserie de vouloir distinguer les arts ou les procédés suivant la nature des crayons, la forme des instruments, etc. < ni pourrail aller très loin dans ce sens.

lai réalité, la lithographie n'a aucun droit a si' parer du litre de « gra-

vure ». Quelle que soit la façon donl on la comprei elle esl toujours

uniquement obtenue par le dessin proprement dit, dessin qui. par exception, a la bonne fort une de pouvoir être répété un certain nombre de fois, fous

les petits «trucs» de métier, les frottis, les craehis, lesgouachages,etc, nous l'avons écrit bien des fois, ne suffisent pas à faire de la lithographie un art spécial, distinct de l'art du dessin. Qu'on appelle donc Fantin dessinateur ou lithographe, peu m uis importe. Nous Irions seulement valoir que, si la connaissance des ressources spéciales qu'offre le travail sur la pierre suffit à mériter ce dernier titre, Fantin peut largement le justifier, car nul n'a

Hélène (D'après une lithographie originale).

compris d'une façon plus intelligente et avec un sens plus aisé de leur caractère expressif, tous les procédés des grattages lumineux, des estompages légers enveloppant les corps dans cette atmosphère vaporeuse, fuligineuse, laiteuse et transparente, qui donne une si douce palpitation à ses éternels nocturnes.

Pour nous, en inaugurant au musée du Luxembourg la série des expositions de lithographes par l'œuvre de ce maître, nous avions justement pensé, d'accord en cela, d'ailleurs, avec les lithographes professionnels les plus autorisés, que nous ne pouvions choisir d'exemple à la fois plus hau-

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temenl significatif au poinl de vue de l'arl ni plus instructif au poinl de

vue de l'emploi du crayon gras, que cett uvre si richement colorée, bien

laite pour démontrer victorieusement que ta lithographie esl avanl toul un arl de peintre.

Dans les deux plaquettes que nous mous signalées, M. Germain Hédiard a classé 1rs lithographies <lr Fantiu-Latour par ordre chronologique, en terminant, d'ailleurs, son supplément par une table suivant les sujets.

Sans vouloir reprendre ce travail qui est définitif, nous réunissons ici, comme complément explicatif à notre étude, la lislc îles ouvrages lithographiques du maître, en adoptant la deuxième méthode, qui a pour effet de présenter cette œuvre sous les différentes formes de son inspiration.

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