‹ FantochesChapitre 10 sur 18 · LE PRTTT FR^RE · texte numérisé non relu

LE PRTTT FR^RE

J ACQUEUNE Sauloise déplore depuis longtemps c' lature a mJB au monde de plus embêtant:

uii , -. irère.

Zkion, — (six ans) , aucune retenue, met ses doigts dans son nés même devant les visiteurs, et ne se gène pas pour embêter sa soeur Jacqu^ine.

Albert, l'élu dos femmes, se sépare les ehevenz comme Becman, se fait les ongles et porte une dent en or pour plaire à Jacqueline.

Ches Jacqueline.

En attendant l'arrivée du chéri, Jacqueline arrange des fleurs sur un petit guéridon; un sourire de joie sereine éclaire son visage. Mais cette paix ne dure pas longtemps. Un bruit dans l'escalier nous avertit de la préaenoe d'un autre personnage. C'est ZesonI 11 écarte la draperie et demeure un instant sur le seuil de la porte. Puis, sifflotant, les deiu mains dans ses poches, il se met à faire le tour de la table.

Zatoo. — Pourquoi, Jacqueline, que tu as mis des fleurs dans le boudoir ?

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Jacqueline. — Ça ne te regarde paat Zezon. — Je le sais, moi!

Jacqueune. — Veux-tu bien te taire.

Zbion. — Je ne me tairai pas! C'est pour Albert. Jacqueline. — (rouçistani). Albert?

Zkcon. — Ben oui, le Rrand frais qui est venu dimanche!

Jacqueline. — Je te défends de l'appeler Albert.

Sois au moins respectueux.

Zezon. — Comment tu veux que je l'appelle 7 Jacqueune. — Monsieur Albert.

Zezon. — {canaille).Tu l'appelles Albert, toi! Jacqueline. — Oui.

Zezon. — Et lui, comment qu'il t'appelle? Jacqueline. — Dieu que tu es agaçant! Si tu

continucs,tu vas aller te coucher immédiatement. Zezon. — J'm'en fiche! Maman est sortie.

Jacqueline. — Oui, mais elle va rentrer de bonne

heure,et si elle apprend que tu t'es mal conduit,

gare à la fessée!.. .

Zbzon. — T'es pas ma mère, toi!

Jacquelne — En tout cas, je suis ta grande soeur

et tu dois m 'obéir...

Zezon. — Pourquoi que tu ne veux pas me lateser

jouer avec toi ce soir?

Jacqueline. — Il ne manquerait plus que ça! Non.

mais tu es une vraie teigne!... Tu vas me faire le

plaisir de rester en haut, et te cooeher Tert

neuf heures, tu entends?

Zezon. — J'veux pas m'coucher!

UB PETIT FRÈRS 89

Jacquelxnk. — Nous allons voir ça!...

(Elle empoigne Zexon et le transporte jusqu'au mûieu de Vesealier.)

Jacqueline. — {le menaçant). Si tu as le malheur de descendre, je te t>atsl

{A ce moment, un bruit de sonnette se fait entendre: un petit coup sec, étudii, miUukUque.)

Jacqueune. — (surêautant.) C'est lui!... Ah! mon Dieu!... {Elle va vivement devant la glace, se poudre le net, arrange ses dieveux, puis vient ouvrir.

Albert demeure un instarU sur U sêuUf souriant et silencieux. Puii il tend lentement la main vers Jacqueline.)

Albert. — Bonsoir.

Jacqueline. — Pourquoi ric«-vou9Î

Albert. — Parce que je suis heureux!

Jacqueline.— <6aM«anf les yeux, toute rouge). Ah!

EUitrex donc.

Albert. — (avec un sourire démesuré pour laisser

briller sa dent en or.) Vous jouies du piano

lorsque j'ai sonné?

Jacqueline. — Oh! non; c'est la voisine: une

musicienne eoragée. Elle joue comme ça du

matin au soir.

Albert. — Pauvre fille!

Jacqueune. — Vous la plaignes?

90 LE PETIT PliltS

Albert. — Oui, parce qu'elle ne donne aucun tempe

à Tamour, la plus douce dea monqueel Jacqukune. — (rougisêatU de nouoeau.) C'est vrail

(lia erUrent dans le boudoir.)

Albert. — {s' arrêtant). Quel nid délicieux!... Ce

sofa, ces coussins, cette lumière discrète... Jacqueline. — Le rose est reposant...

Albert. — Il voile bien des choses. Enveloppons*

nous dans la couleur de cette lampe I... Jacqueline. — Ah! vous êtes bien un homme

supérieur! Vous savez trouver dea choses neuves.

des perceptions inconnues...

Albert. — (fat). Oui, tout m'inspire, vous surtout.

{Se rapproctiant d'elle) Votre regard, vos lèvres

et jusqu'à vos cheveux...

Zezon. — (apparaissant sur U seuil) Allât Albert. — (effaré, d Jacqueline) Votre frère? Jacqueline. — (sourire forcé) Mon petit frère:

il a six ans.

(Zezon, toujours les mains dans ses po^es, s*est approché d'Albert.)

Zeson. — Alors, c'est toi Albert?

Albert. — (estomaqui) Oui... oui...

Zeson. — Moi, j 'm'appelle Zezon!

.\lbikt. — (aimable) Zeson qui?

Zbson. — Zeson personne! Zeson à moi tout seul!

Albirt. — (se forçant) Ah! ah! très drôle I... ah! ah !

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