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AU THÉÂTRE

Le théAtre ett tdlcment pueé cUns nos moeure qu'il est devenu une néeeoBté!

De même que lliomme éprouve le besoin ie respirer, de vivre, d'aimer, il a eelui d'aOerau théâtre.

Donc, le public est formé par des gam de tous les âges, de toutes les conditions, de tous les doKi^ d'intelUienee. La pièce à sueeès est naturellement eeUe où la principale actrice se montre es court jupon et où le grand premier WUe hurle dans un costume d'une suprême été-

1. HoiiMB QUI BST VBNu SEUL. — (après aVOÎT purcouni le programme une vingtaine de fois, fait la revue des loges, examiné ses voisines et voisins et sorti de sa poche des papiers eonsnltés déjà depuis longtemps, loignant k petite porte basse Itor laquelle vont venir les musiciens) Ah! si la la musique pouvait commencer! Ça me ferait une distraction.... J'aurais dû apporter un bouquin: j'en ai tant à la raaiaooL. Mais voilà, on M«» eongc jamais à ces choses là avant de partir...

98 AU théAtri

(Le eontrèboêtUle apparaU à 9on pupitre, tmlin la houue de §on inêtrument, met de la 00phane eur ton artket, puis e'aeoorde.)

L'homm£ qui B8T VENU SEUL. — {que u petit manège a inUreeei vivemetU) Voilà! Eh bien, ce n'est pourtant pas grand'chose ce qu'il fait là, mais enfin il m'a tiré de ma somnoleiicet... {Cependant, par la porte haeee, lee autrei mueiden» sont entrée et se sont inetalUe à leurs pupitres. C'est un bruit confus de ehanlerdlee qui grincerU avec le ré, le sol, et le do; de trompettes timides et presque étouffées, de darinettes montant des gammes; et, par dessus tout ce tapage, le pianiste persistant à donner le la aux violons, toujours le même la, dur, implacable, martelé.)

L'hoioie qui msT venu seul. — C'est curieux: cela m'amuse comme si c'était déjà un morceau que l'on jouait!. . .

(On sait qut la mujiqiu dans Us théâtrrs, commr m maints autres endroits, est U signal dt la conversation.

Au théâtre, surtout des gens qui, U y a cinq minutes n avaient rien à se dire se sentent pris, au son de la musique, d'une loquacité irrésistibie.

Et, si la musique cessait f Oh i alors, plus rien à se dire \. ..

Lui. — C'ert joli, n'est-ce paa, ee qu'on joue?

AU THÉÂTUE 99

Bllb. — Oui, c'est un (me^tlep...

Lui. — Nous avons déjà dansé sur cet air-lâ, vous

vous rappelés?

Elle. — Je pense bien! L'orchestre du Rits joue

ça souvent.

{Un tempt.)

Lui. — Y éties-vous, dimanefae?

Elue.— Où?

Lui. — Au Rits?

Elle. — ^Nmi.

(Un Umpê.)

Lri. — Très jolie cette musique, très jolieL.

Elle.— Très.

Lui. — (qui ne sait plu» quai dire, sortant un mogatmê de sa poehê.) Avet-voiiB lu le denier numéro de la Rxtub ras Rxtues?

Elle. — Non. Montres donc

Lui. — Vous aUes voir : il y a un très joii article sur la quinsième page. . .

(Et charmé d'aooir pu trouver ce sujet d» eoAfertoiûm, il continue, bénissant la Fraeidence qui lui a fait acheter la Rmué des AavustO Dans une loge.

Madame Ambkbst. — (d m JUU) Je t'ai amenée au théâtre parce qu'on y jouait une pièoe eoiivenablef...

UBLBffs. — (petUe howriikonne de dix^huit ans) Tu m'amèneras encore, hein?

lOU AU THEATRE

Madame Amiikhst. — Cela dépend de ton père, ma chérie. S'il juge la pièce convenable, tu pourras venir avec moi.

Hélène. — Mais papa est bien sévère! Il n'y a

jamais rien de convenable pour moil... A

dix-huit ans, je n'ai entendu que Vabbé Contlamr'

tin et la Ptuêion de Julien Daoust!... Ta

avoueras que c'est raide!

Madame Amberst. — Ahl ma fille, tu en entendras bien assez de pièces, plus tard!... Et puis, de quoi te plains-tu? Tu es allée voir jouer Durand et Durand, la semaine dernière.

Hélène. — {faisant une moue) Ah! ben oui! Du théâtre de collège!

Madame Amherst. — Tais-toi, petite mondame!

La loge d'en face.

Trois jeunes filles trèe jeunes ae communiquent leurs impressions de théâtre.^

Louise Ducresson. — {Coquetie, jolie. Grands yeux bleus, cheveux roux, teirU rose. A tout lu, mime de la philosophie. Se fait une gloire de lire les romans défendus parce qu*on lui défend de les lire, et vous le dit avec un petit fristonnemerU de plaisir.) T'as pas vu Becman dans la Flambée?

Gabt Vernois. — (très naiiw, regard Honni, bouehe en coeur.) Non.

Fernande Labribb.— <P<u jolie, petite yeux canailles. Connaîl tous les potin» dt eouUête,

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