SCÈNE III
JUAN, acul, cherchant à s'asseoir ; puis ALPHONSE et MARIE.
JUAN-
Pas une pauvre chaise !
Que peut faire à ma sueur ce triomphe nouveau ! Qui comprend, je demande, un féminin cerveau ! C'est peu que cert seigneurs, par des feux légitimes, Dans tout l'Alentejo languissent ses victimes : li faut qu’un paysan serve sa vanité.
Qu’elle éprouve sur lui ce que petit sa beauté.
Quel étrange orgueil ! mais... sait-elle, la coquette , De certains cœurs aussi ce que vaut la défaite !
(Il entre «Un» le bosquet, au même instant parait Marie poursuivie par Alphonse. Juan se tient à l’écart et les écoute.)
marib.
Monseigneur ?
ALPHONSE
Je te tiens.
MARIE
Par pitié...
ALPHONSE
C’est égal.
MARIE
Monseigueur, laisset-moi... vous ai-je fait du mal?
Oui , tu m'as fait du mal !
marie.
Je cherchais des amandes.
ALPHONSE
Tu fis peur aux faisans, il faut que tu t'amende*. MARIE.
Pardonnez-moi ma faute... est-ce donc un forfait ?
ALPHONSE , la pressant , et voulant l'embrasser.
Mais tu peux réparer le mal que tu m’as fait?
MARIE
Monseigneur ! monseigneur
ALPHONSE
Quel est ton nom ?
MARIE
Marie.
Au nom de ma patronne, ah ! grâce, je vous prie. ALPHONSE.
j Ton père... c’est Farruck?
MARIE
Oui, monseigneur.
ALPHONSE
Oh ! Uni.
C’est trop beau diamant pour un tel vagabond : C’est trop d'honneur pour lui que vouloir bien le
[prendra
Pour un peu le polir, et puis après... le rendre. MARIE.
I*aissez-moi , monseigneur...
ALPHONSE
A ton cou, mon trésor
Veux- lu que je sqspemlc une belle croix d’or?
MARIE
Mon |»ère le défend.
ALPHONSE
Ce christ et ta patronne ?
MARIE
Vous outrageriez Dieu !
ALPHONSE
Non, à nous Dieu pardonnai Et c’est pour les vilains qu’il a des châtiments.
Ces bijoux... livre-moi le prix que j’en attend* .
Et je t’anoblis.
MARIE, sc débattant de (ouïes ses forœs.
Non...
ALPHONSE
Il faudra qu’elle cède ,
Ou je ne suis qu’un sot !
MARIE, s’échappant.
Ma patronne , à mou aide !
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