I -a veille, une beauté prit-elle ma tendresse
Elle est la , je la vois, je la sens, je la presse ; Ensemble nous suivons un cour* «le suliipu-,
P!t je pa»*e du songe à la réalité!
81 tous nos cavaliers vous ressemblaient, mou fière. D’étre jolie un peu pourrait-on élre fière?
(a oyez-vous qu'il suffise à notre vanité.
Que l'on vante en secret notre rare beauté ;
Tandis que votre coeur tranquille, exempt d'alarmes, Ne souffre pas un peu ?
ms.
Souffrir, verser des larmes, Pour obtenir de vous un rien , un mot flatteur.
Quoi I perdre son repos... Ce n’est pas mon humeur. Cest pourquoi tons les ans je vais faire à Lisbonne, De rêve# amnurvux piovnions d'automne.
Vous , mu sœur, dont le nom est par-tout répété, Vous, de l'Alentejo la perle et la beauté!
Vo.us la fleur la plu* belle, aux couleurs l«*>» plus vives. Que le Tage amoureux vit naître sur ses rives ; Von# dans ce beau pays non reine , mais bien dieu ! Il vous est bien permis d'ètrc coquette un peu.
Il «l tout naturel, ma sensible Isabelle,
Que vous vous montriez aimable autant que belle, Et que vous passiez vous , à séduire les cœurs ,
!.e temps que moi, je passe à dormir.
ISABELLE
Ces rigueurs ,
Hélas ! mon pauvre Juan, vous sont bien pardonna-
[hles.
Vous les enveloppez de couleurs trop aimables.
Si l’on m'adore, eli bien, mon frère, en ce séjour, J'aime mieux que de Inme cire un stijel d'amour.
JUAN
Ma foi, je ne sais pas, déjà sur ces rivages Voire beauté funeste a fait bien des ravages !
Depuis, que don Alphonse a brigué votre main. Qu'on sait que vous l'aimez... Le bruit de votre liy- A fait dans Evora pottMser un cri d'alarmes; [nteo Je ne connais qu’un liorotne à l’abri de vos charnu'*. ISABELLE.
Et «pu doue, s'il vous pl.iit?
JUAN
L'aveugle «Ion AJvars Encor s’il ne voit pas votre fatal regai il,
Il entend voire voix...
ISABELLE
Vous oublie* encoie
loi autre indifférent.
JUAN
Qui doue?
I9ABLLLE.
JUAN
Ah, Farruck ! un vassal... je ne vou> parlais, moi. Que des êtres bien nés, de ceux à qui la loi A donné le nom d'homme.
ISt BELLE,
Eh bien , je suis jalouse, Moi, «le l'.unour de tous, tout intérêt j'épouse.
De vimis crojre un cœur, seul, je vous trouve un peu
[lier;
De nos vassaux, sur-tout, don Juan , l'amour m'est
[cher.
Dr vaincre ce Kami» k . j'ai du moins l’espérauf'e: Je lui pardonnerais sa seule indifférence ;
Mais ou dit qu’il me voit avec un front hautain.
Et qu’il nourrit de moi le plus profond dédain,
Et même le mépris.
JUAN
Parbleu ! c'est un baihare, lin Africain, que sais-je?
On dit qu’il est bizarre ;
Il a dans ?<r« «léserts puise’ son Apreté,
Mélange de bassesse, et, dit-011, de fieité ;
Il BH'|)ii«f l'esclave, et hait ce qui «lomine :
FARHUCK LE MAURE.
Un satanique instinct au mal le détermine.
Sa fureur est terrible : il serait beau pour nous De ramener cet homme à des sentiments doux ; Et si, comme on le dit, c’est un singulier etre. Un être tout à part, moi, je veux le connaître... Ce Farruck pique bien ma curiosité.
(Riant.)
Entre tous mes succès mon cœur serait flatté De réduire un sauvage... Il était sur la route, Mous le rencontrerons en revenant , sans doute. Poursuivons-nous, don Ju in, notre chemin ?
JC AS.
Non pas,
Non , belle sœur, déjà j’ai fait trop de cent pas. UABSU.lt.
Tout comme il vous plaira, mon cher frère, à votre Suivez-moi, Béatrix. [aise.