SCENE V
FARRRUC , seul.
Pas encor ! pas encor I Tu n'avais pas besoin d'envenimer ma rage ; îMais tu l'as fait , tant mieux I je bénis ton outrage l Le vase était tout plein, maintenant, dieu merci. Tu l'as fait déborder !... oui , je fuirai d'ici , Mais avec tu maîtresse I avec cette Isabelle Que le ciel fit si noble , et si vaine , et si belle 1 Oui , ta maîtresse , Alphonse , elle ira dans mes bras i Ces bras avant les tiens presseront ses appas î — De tout l'Alentejo , cette vierge adorée , Cette perle du Tage, orgueil de la contrée 1 Après l'avoir flétrie.... ah 1 comme je rirai l Au premier mendiant je l'abandonnerai 1
Ce n'est pas tout, Alphonse , après je t'irai dire : Alphonse, je t'épargne une fille à séduire!... Sur le même chemin garde que nous passions!... La vengeance survit aux autres passions ; Comme toutes^ du temps elle n*est pas la proie , Pour mourir, dans du sang il faut qu'elle se noie ! Qu'tnd je t'aurai frappé, là, juste , monseigneur, Je ne me dirai plus, les grands ont du bonheur I Les petits comme nous ne leur sont guère à craindre , Ils ont le cœur trop haut pour qu'on le puisse atteindre Même avec un poignard I Alphonse, grâce à toi, Rien ne m'arrêtera , remords , puissance , loi ! Remords , puissance , loi I la vengeance est permise I Quel bonheur de saigner un cœur qui vous méprise, De l'entendre gémir, et vous crier merci î Merci ! noble seigneur !... Non, non , Marie aussi Elle t'a crié grâce ! et sa voix pure et forte , Elle t'a répété , grâce I et Marie est morte ! Ah I viens donc m'apporler ton or, et; tu vas voir... — C'est don Juan de Lopez , que peut-il me vouloir ?