SCÈNE IV
ALPHONSE , FARRUCK.
( On frappe de nouveau : on oui^re la porte , Farruck entre. )
. • FARRUCK.
Me voici, monseigneur.
ALPHONSE
Ah I l'Africain , c'est loi.
Je t'ai fait malheureux , mais attends tout de moi.
FARRUCK.
Tout
ALPHONSE
Oui.
Tout.
ALPHONSE
Je le jure et tiendrai ma parole.
Parle , que me veux-lu ?
FAKRUCK.
Je n'avais qu'une idole , Qu'un être dont à Dieu je pus dire merci , Qu'un être que j'aimais et qui m'aimât aussi : €et être composait à lui seul ma famille ; C'était mon biea , ma vie , enfin c'était ma fille ! Elle seule , Dieu sait I par son touchant amour
M'aidait à supporter la misère et le jour
Un neble , un assassin , hier me l'a ravie ; Cet assassin me doit la moitié de ma vie; Il faut qu'il me la rende!
ALPHONSE
Allons , dépêche-toi , Parle , homme , que vtux-tu ? qu'exiges-tu de moi ? Yeux-lu de l'or ?
FARr.UCK.
Non pas, tu m'as tué ma fille î Couverte d'un réseau, d'une simple mantille , Sa fraîcheur pour attraits , sa vertu pour trésor; A mes yeux mon enfant valait mieux que ton or !
Veux-tu ta liberté ? ^
FARRUCK,
Ma liberté y sans doute ; Mais je la puis trouver à grands pas sur la route : Libre quand je voudrai , jt puis penser, agir; Mais quand la honte cngrai.-îse on n'en doit pas rougir. Rends-moi, rends-moi ma fille, ou bien comble ce vide Que son absence a fait insupportable , aride ! Rends-moi, rends-moi ma fille! où mes affections ; J'adorais mon enfant , donne à mes passions De nouveaux aliroens ; oui, rends à ma tendreiSsc Une idole I . . . .
ALPHONSE
En un mot , que veux-tu ?
F.RRUCK.
Ta maîtresse.
ALPHONSE
Ma maîtresse I Isabelle I
FARRUCK.
Eh bien , oui , pourquoi pas ] N'ai-je pas comme toi des yeux pour ses appas , Un cœur pour l'adorer autant qu'un noble adore... , Des bras pour la nourrir.... que lui faut-il encore?
ALPHONSE
Misérable I tais-toi Si je n'étais lié
Par Uii rcotnt malheur,, un reste de pitié, Je te rappelleriiis comme on parie à des maîtres. — Sans le profond mépris qu'inspirent de tels èties On pourrait se salir.... Tu vas avoir de l'or, Mais tu fuiras d'ici.