‹ Farruck le MaureChapitre 22 sur 33 · JUAN, CARLOS · texte numérisé non relu

JUAN, CARLOS

JUAN

Don Carlos î Ah! ma joie égale ma surprise.

CARLOS

Après un an d'absence , oui , Juan , tu me revois Brillant^ aimable, fier, joyeux comme autrefois! J'aj vu quelques pays, l'Italie et la France, Mais de ces beaux climats sans subir l'influence, Vive le Portugal! vive son sol divin Le bonheur et l'amour s'y tiennent par la main ! Ils sont frères jumeaux, vivent nos vins, nos belles! Mais de tes chers parens donne-moi des nouvelles : Isabelle, ta sœur, Alphonse?... mariés.

JUAN

Depuis un an.

CARLOS

Heureux.

JUAN

Oui , sans doute.

CARLOS

Enviés, JUaN.

Pas trop.

CARLOS

Ton air, cher Juan, est de mauvais présage Et tu mo dis cela d'un bien triste visage.

JUAX.

-Mais n<

Ils sont heureux, là bien paisiblcmenl , Comme un couple amoureux qui s'ennuie.

Ah I vraiment Dans notre vieux manoir quelle e>t calme la vie, Du chemin coutumier pas un jour ne dévie , Dona Syrna, ma sœur^ passe son temps je crois En tristesse, en prière, en pleurs aussi parfois..

CARLOS

Comment diable...

jua\.

On (lirait qu'un poison la dévore, Depuis cet incendie où ce brigand de IMaure , La saisit dans ses bras avec un rire affreux , Et puis l'abandonna mourante hors ces lieux.

CARLOS

Ce Farruck.

JUAX.

Il n'osa consommer sa vengeance , Son crime il l'expia , dit-on, sur la potence.

CARLOS

Mais où périt ce monstre ?

JLAX.

On ne le sait encor J'ai vu ma sœur pâiir au dcu'e de sa mort.

CARLOS

J'appris très-vaguement, Lopez, cette avanlure. Conte la moi.

.TUAX.

L'histoire est triste je vous jure.

Trois jours avant l'hvmen... lorsque tu partis toi : Alphonse était absent pour affaires, et moi

Sans Joule , je dormais.. . pour ma sœur amoureuse , Elle veillait... soudain une lueur affreuse Paraît au quatre eoins du léger bâtiment , Qui de ma sœur, alors, formait l'appartement ; Le vent semble servir la flamme qui dévore... Sur le toit qui croulait on vit surger le Maure , Et ma sœur disparut... ce fut deux jours après Qu'on nous la ramena mourante en ce palais...

CARLOS

Que fit Alphonse ?

JUAIV.

Ah I lui , dans sa fureur soudaine , Il eût tout immolé... mais sa fureur fut vaine. Il fut sombre , un affreux soupçon le dévora... Un serment de ma sœur bientôt le rassura.

CARLOS

Dona , depuis ce temps...

JUAN

Oui, sa santé s'altère.

CARLOS

De ce chagrin profond quel est donc le mystère.

JUAN

Don Alphonse est pour elle affectueux époux , Dehors toujours chasseur, chez lui toujours jaloux, Poussant au moindre mot les choses à l'extrême... Pour moi, je suis resté fidèle à mon sjsième. Sans peine, et quoi qu'en dise une sourde rumeur, Peu jaloux de l'hymen , amoureux et dormeur. Me marier, jamais I si cela devait être. Si Ton m'y forçait , moi , je resterais mon maître. Et je ferais toujours, heureux ou malheureux, Dans les bras de l'hymen des rêves amoureux !

GARLOS.

Dis-leur mon arrivée, au revoir, je te quitte Je reviendrai ce soir leur faire ma visite.

Sans adieu... muls t;i iœur paraît de ce cô4e Je vous laisse...

JUAN , regardant venir sa sœur.

A ce soir.... Toujours l'air altrisVé , Afiu de l'alléger arrachons-lui sa peine ; D'être consolateur, oui , je me sens en veine;

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