‹ Farruck le MaureChapitre 24 sur 33 · LES MÊMES, ALPHONSE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, ALPHONSE

Ah I je vous trouve enfin.

Eh bien, mon Isabelle, es-tu mieux ce malin ? Toujours sur ton beau front cette pâleur d'amante Qui voit son bien-aimc fiijr sur l'onde écumautc.

ISABELLE

Moi , je souffre toujours.

ALPHONSE

Mais Juan qu'a-t-elle donc!

Dieu , d'une heure de mal lui fera-t-il pardon!...

JUAN

Par trop , mon cher ami , si cela ne vous lasse, Voulez-vous avec moi goûter un ])cu de chasse ?

{A part.) Il vaut mieux l'éloigner.

ALPHONSE

Qu'avez- VOUS donc tous deux?

Est-ce moi qui vous donne un air si malheureux ? C'est donc un morne ennui que ma présence inspire î Isabelle, entre nous, pourriez-vous bien me dire Ce que je vous ai fait pour me bouder ainsi? Tout l'amour de mon cœur est pour vous... Dieu merci , Vous ne m'en rendez guère.... Oh ! que me fait, méchante , Que votre cœur soupire une angoisse touchante. Si votre amour est feint , si vous ne m'aimez plus;

JUAN

Vous lui faites du mal.

ALPHONSE

Les pleurs sont superflus î Dona , ce ne sont pas des pleurs que j'ose attendre ; C'est un amour sincère , un amour aussi tendre ,

Aus<i passionné que l'est le mien , Dona , A mon cœur amoureux quand l'hymen vous donna...- Vous n-e jurâtes , vous , de m'aimer comme on aime A vingt ans, quand s'aimer est le bonheur suprême! 3îon amour crut, au vôtre, et votre pureté MV'lait un sûr garant de ma félicité I Dieu sait si tous les spins furent votre partage..,. Ah î ne pleurez pas tant, aimez-moi davantage I... Dieu sait si je vous aime ! il sait dans vos douleurs . Si je boirais mon sang pour racheter vos pleurs I... Il sait si je vous aime ? et certes il peut le dire , Je ne suis pas jnloux I Qu'avez-vous à sourire ? Je ne suis pas jaloux I au fait quel coup fatal Vous donne ;'.uprès de moi cet asp<^ct glacial ? Si quelqu'autre (lue moi sur vous a plus d'empire... Si vous ne m'aimez plus.... vous pouvez bien le dire , Je vous laisserai libre.... et n»e consolerai....

De mon trop fol oinour oîi bien j'étoufferai.

Ah! vovons , jjarlez-donc !...

JUAN

Mais le peut-elle , Alphon>p , Lorsque vous faites seul et demande et réponse.

Ah 1 ne pleurez donc pas , vou§ m'arrachez le cœur ! Allons, nioii frère , allons, consolez votre sœur.

JUAN , à Isabelle.

Vous nous causez, ma sœur, une douleur extrême.... Alphonse se repent.

ISABELLE

Il se repent.... il m'aime.

ALPHONSE , lui baisant la main.

Ih ! toujours !

JUAN

Vous faut-il vos femmes eu ce lieu ?

ISABELLE

lS«n , voici Béalrix.

JUAN

Allons, ma sœiir^ adieu.

Wiirx, mon cher Alphonse, exercer notre audaee.

ALPHONSE , à Isabelle.

Ah ! nous le re verrons au retour de la chaS(»«.

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