SCENE XII
ALPHONSE; FARRUCR, en anadwiète; FELIX.
FÉLin, amenant Farmch, Le voici. [Il sort.)
ALPHONSE
Quoi I déjà I... deviuiez-vou.s mes vœux ?
FARRUCK.
Non , ce Ut 'est pas pour vons que je viens en ces lieux.
Votre épouse , en secret , rn*jt prié de m'y reneire :
Au tribunal de Dieu, J€ veivais pour l'entendre ,
Elle sait ses^ devoirs.
ALPHONSE^ à part.
Je sais aussi le mien.
FARRUCK.
Mais vous me demandiez un moment d'entretien, Que voulez- vous, mon fils?
ALPHONSE
Vous m'avez mis dans l'âme, Dej>iiis quelques instans, mon père, un trait de flamme. Trait qui me dévore I
FARRUCK.
Au ciel f soumrltez-vous , Mon fils, ii faut savoir supporter de teli coups. Dieu veut vous éprouver.
ALPHONSE
Ah I l'épreuve est terrible, Blon père, à de tels coups mon coeur est né sensible... Répondez, s*il vous plaît... mon père... en vérité... Je ne vois pas pourquoi vous m'avez Jirrèté Pour m'apprendre un malheur que tout le monde ignore, Et que moi , je voudrais même ignorer encore.
TW.KVCK.
Dieu , le voulait ainsi, j'obéis au Seigneur.
ALPHONSE
Di'.'U vous av.'iit cfiari^é de froubtef mon bcu'W'url
Isabelle parjure! ah I je ne puis le croire , Vous m'avez fait, mon père, une perfide histoire.
FARRUCK.
Vous outragez , mon fils , la parole de Dieu.
ALPHONSE
Eh bien, prouvez-moi donc!...
FARRUCK.
Est-ce bien votre vœu {A part.) (Haut.)
Voyons ce qu'il ferait. Si j'en donnais la preuve A ses yeux, que ferait mon fils dans cette épreuve?
ALPHONSE
Pour les avis du ciel, je vous dirais, merci, Et je tuerais l'infâme I
FARRUCK , à part.
Ah! j'y comptais aussi.
(Haut.) Mon fils, pardonne-lui, fais-lui miséricorde.
ALPHONSE
Ah! ce n'est pas l'ins^ant de me faire une exorde... Tirez-moi du supplice où vous p Drtez mes pas ,. Démontrez-moi le crime , ou je ne le crois pas I Le pouvez-vous ?
FARRUCK.
Oui.
ALPHONSE
Oui ! ah ! ce mot m'accable.,.
El ie voulez-vous ?
FARRUCK.
Oui.
ALPHONSE
Oui , oui I ... l'impitoyable I Il le veut bien ! quel coup , mon cœur à ressenti! Isabelle , ou le prêlre , oh , (jui donc a menti ?
Tu vas voir, incrédule , h l'humeur si jalouse , Si c'est le ciel qui ment... fait dire à ton épouse Que l'ermite est ici... qu'elle ignore surtout, Que tu sais ma venue... il faut jusques au bout , Si lu veux tout savoir, agir avec prudence, Et lui laisser, mon fils, toute sa confiance.
{Alphonse sort dar.s la plus vwe agitation.)