‹ Farruck le MaureChapitre 9 sur 33 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JUAN , seul.

J'ai foi dans la petite, Et plus vous courrez fort , plus elle fuira vite. Reposons-nous un peu... pensons à mes amours: Vierge de Raphaël, aux gracieux contours, Ah! que vous m'enchantez! que vos traits ont de charmes^ Ils sont seuls, nu.^, sans fard et font verser des larmes. Que vous avez sur l'âme un céleste pouvoir Avec vos yeux baissés et leur frange au beau noir, Et ce ti-su si fin, transparente j)aupière Que l'ou voudrait baiser en faisant sa prière. Oh ! l'homme à beau rêver splendeur et majesté , L'homme en revient toujours à la simplicité; C'est là qu'il s'attendrit, qu'il s'exprime, qu'il aime. Qu'il est homme, se mire et reconnaît lui-même. Si j'avais des pinceaux, comme j'exprimerais! Comme mon âme irait animer tous mes traits I C'est dommage, après tout, que cet art soit ignoble... Je serais peintre moi , si je n'étais pas noble ! Est-il de plus brillant après nous, sous le ciel, Qu'un vilain de talent tel que ce Raphaël?...

{Il s'élend lout-a-fait et s'appesantit.)

Si j'avais^^eulement ui.e pauvre escabelle

Sainte-Vierge Marie, ah ! que vous êtes belle 1

Page 1