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Fastes de la ville de Vienne, publ. avec des notes

Les Biographes Dauphinois, les seuls qui se soient occupés de Claude Gharvet, auteur d'une savante Histoire de V Église de Vienne, l'ont tous fait naître dans cette ville. C'est une erreur: des documents positifs établissent qu'il est né, en 1715, à Saint-Savin, commune assez considérable du canton de Bourgoin. L'acte de naissance de Charvet, que nous avons extrait des registres curiaux de la paroisse de Saint-Savin, tranche définitivement cette question longtemps controversée. Il est conçu en ces termes :

ce Claude , fils d'Antoine Charvet et de Claudine Put , mariés, a été batisé ce quatorze mars mil sept cent et quinze. Son parrain a été Louis Duplan et sa marraine Claudine Mathian, Présent Claude Bonnaire et Jean Joli. Signé: Serre, curé. » (1)

(1) C'est à Tobligeance de M. F. Erard, curé actuel de la paroisse de Saint-Savin, que nous devons la communication de ce précieux document.

Il est d'ailleurs certain qu'il a existé, dans le canton de Bourgoin , une ancienne famille du nom de Gharvet , éteinte depuis peu d'années , et dont le souvenir n'est pas encore perdu.

Bn parcourant les registres de la paroisse de Saint-Savin, nous avons rencontré un acte qui confirme pleinement ce que nous venons d'avancer. En voici la copie textuelle :

ce Le 23"' janvier 1 749, a été baptisé, né d'hier, Claude, fils légitime de Monsieur Maître François Gharvet , avocat au parlement de Grenoble^ et de demoiselle Marianne Royon^ mariés. Son parrain a été Messire Glande Ghar\^et , archidiacre de l'église de Saint-Maurice de Vienne, représenté par Jacques Joly, fermier dudit JtP Charvet, et sa marraine demoiselle Arme Giroud , femme du sieur François Royon d'Arcisse, représentée par Geneviève Teillon , femme dudit Joly, Présents Philippe Parmilieu et François Joly^ témoins requis^ illettrés de ce enquis. — Faure, curé. »

L'archidiacre Glande Gharvet était, sans aucun doute, le frère de l'avocat, père de l'enfant baptisé.

Quant à ce dernier, qui s'appelait Claude, comme son parrain, plusieurs personnes encore existantes l'ont connu. Pendant les quinze premières années de ce siècle, il fut juge au tribunal civil de Bourgoin, et il est mort à Saint-Savin, le 25 septembre 1817, veuf de Hugonne Castaldy.

Il avait laissé un fils qui a occupé une position élevée dans le Commerce et la Banque, à Lyon, où il est décédé depuis plus de vingt ans.

Il existe encore, à Saint-Savin, une vieille maison provenant de la famille Charvet , qui est possédée et habitée par

M. Parmilieu, ancien Maire. Dans une des salles basses de cette maison, on lit une inscription (1) qui reproduit une ode en vers macaroniques, en l'honneur de Bacchus, et qui paraît remonter à la 1" partie du XVIIP siècle (2).

Nous n'avons aucun renseignement sur la jeunesse et les études de Claude Gharvet.

On nous avait dit qu'il avait été curé de Saint-Clair, petite paroisse aux environs de Vienne, dépendant du canton de Roîissillon; mais, vérification fçtite, nous avons pu constater l'inexactitude de cette allégation : le desservant des paroisses de Saint-Alban et de Saint-Clair, de 1704 à 1733, s'appelait Claude Chauvet et non Charvet.

Charvet a appartenu, pendant bien des années, à l'Église primatiale de Saint-Maurice. Nous ne pouvons préciser l'époque de son entrée dans cette église , mais nous produirons un certain nombre de documents établissant sa coopération à tout ce qui avait rapport à notre cathédrale.

Dans un volume, conservé à la Bibliothèque de Vienne, et portant pour titre : Documents poitr servir à l'Histoire de Vienne , nous trouvpns une délibération ainsi conçue: ce Du samedi sixième juin mil sept cent trenteneuf, du matin, dans le Chapitre de l'église primatiale de Vienne, où étaient assemblés, à la croix et au son de la cloche, à la manière accoutumée, R. R. et nobles sei-

(1) Une dissertation, au sujet de cette inscription, a été insérée dan^ les No» du Journal de Vienne, des 7, 14 et 21 avril 1867.

(2) Les divers renseignements qui précèdent , concernant la famille Charvet, nous ont été fournis par l'auteur d'une Histoire de Bourgoin , M. Louis Fochier, avocat, que nous prions de recevoir ici nos sincères remerciements.

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gDeurs MM. Claude Didier, doyen ; Pierre de Loras, precenteur; Pierre de Corbeau de Vaulserre, capiscol, etc., et Claude Charvet, prêtre incorporé de ladite église^ il a été délibéré d'envoyer une procuration, etc., etc. »

Une déclaration (1), signée Charvet, syndic, datée du 26 février 1747, porte ce qui suit: « Je soussigné prêtre syndic de V église primatiale Saint-Maurice de Vienne, certifie que nous ne retenons aucun dixième sur les rentes qui nous sont dues^ soit foncières, soit constituées, A Vienne^ le "î^^^ février 1747. Charvet, syndic. »

Dans un acte du 25 avril 1749, passé aux nainutes de W Armanet, notaire à Vienne, Claude Charvet, qui prend le titre de Chanoine Archidiacre de VÉglise de Vienne , constitue une rente annuelle de trente francs, en faveur des Seigneurs, Doyens, Chanoines, Chapitre et Communauté de VÉglise de Vienne.

Un autre acte, aux nainutes du même notaire, portant la date du 6 décembre de la même année , met Claude Charvet, archidiacre, en possession de la Chapelle fondée à Saint-Maurice , sous le vocable de sainte Catherine , vacante par le décès de Claude Labbe (2).

Dans un nouvel acte, reçu par M® Armanet, et daté du

(1) Cette déclaration appartient à M. le docteur de Brye.

(2) Dans un État des revenus de V église de Saint-Maurice de Vienne et des chapelles j avec les charges et services (Copie manuscrite conservée à la Bibliothèque de Vienne), nous trouvons que les redevances attachées à la chapelle de Sainte-Catherine, fondée par Pierre de Biol, consistent en: « Une maison, paroisse de Saint-Georges, que le recteur habite; — deux pièces de terre, dans la plaine de l'Aiguille , contenant six bicherées; — une vigne, en Pipet, contenant onze fosserées; — un pré, à la prairie de Septème, contenant deux faucherées ; — une pension d'un baral de vin, reconnue en 1710. »

Î6 avril 1754, Claude Charvet, en sa qualité de Prêtre Syndic de la Commmta/uté ^ passe Bail à Ferme ^ au nom du Chapitre et Collège de Saint-Maurice , d'immeubles situés à Pinet.

On pourrait multiplier à l'infini les citations de documents de ce genre. Ce qu'il y a de certain c'est que Claude Charvet prit une part active à la gestion et à l'administration des revenus de l'église , et qu'il tint une place considérable parmi les personnages importants qui composaient alors le Chapitre de Saint-Maurice.

La translation de Claude Charvet à la Cure de l'église de Saint-André-le-Bas, de Vienne, sera établie par nous d'une façon irrécusable. Et d'abord nous publierons textuellement l'acte de Prise de Possession. Cet acte, tout en révélant une date précise, inconnue jusqu'à ce jour, présente un certain intérêt quant à la forme. Le voici:

Cejoy/rd*hui trentiesme mars mil sept cent cinquante-six , ^ay)ant midy , au-devant de la principale porte de V Église paroissiale de SainJt-Pierre-entre-Juifs , autrement Saint- André-le-Bas ,

A comparu^ pardevant le notaire royal apostolique de la ville de Vienne^ soubsignéy en la présence des témoins basnommés , Messire Claude Charvet, prêtre archidiacre de l'Église de Vienne^ docteur ez droits , officiai métropolitain du diocèze, pourvu de la susdite cure de Saint-Pierre-entre- Juifs^ lequel, ayant la présence de Messire Claude Danthon, prêtre chanoine de ladite Église de Vienne , bachelier ez droits , la requis de le mettre en possession de la susdite cure f lui ayant remis à cet effet les lettres de provisions qui luy en ont été accordées par Monseigneur V Illustrissime et Reverendissime Guillaume d* Hugues , archevêque et Comte

dudit Vienne, le jour d'hyér, sur la présentation de Messire Pierre de Corbeau de Vaulserre, chanoine capiscol de ladite Église de Vienne^ en qualité de Procureur fondé de Monseigneur VÉvêque de Saint-Flour, comme abbé commandataire de l'abbaye de Saint- André-le- Bas dudit Vienne , et en cette qualité , patron de ladite Eglise - et paroisse de Saint-Pierre-entre-Juifs; en conséquence de la démission de ladite cure faite par Messire Pierre Perouse, dernier paisible possesseur dHcelle, les susdites lettres de provision dûment signées par mondit Seigneur V Archevêque, scellées en forme et contresignées par M. Malvieux, secrétaire, à quoy mondit sieur Danthon adhérant et ayant en main lesdites lettres de provisions, a pris ledit sieur Charvet par la main , la fait entrer dans ladite Église, luy a prescrite de Veau bénite, la conduit au pied du grand autel où est desservie ladite paroisse dans ladite Église de Saint- André-le-Bas, où s'estant mis à genoux, ils ont fait leurs prières à Dieu; relevés il^ sont montés à l'autel que ledit sieur Danthon a fait toucher et baiser audit Charvet, luy a fait ouvrir et fermer le tabernacle; après quoy il luy a de mesme fait ouvrir et fermer les fonts baptismaux; la ensuite conduit dans la sacristie où ledit sieur Charvet a de mesme ouvert et fermé les portes des gàrdes-robes et armoires de ladite sacristie ; et par toutes ces cérémonies et autres en pareil cas requises j ledit sieur Danthon a mis ledit sieur Charvet en la vraye , réelle, actuelle et corporelle possession de la susdite cure de Saint-Pierre-entre-Juifs, honnev/irs, fruits, profits et revenus en dépendants, à laquelle prise de possession ainsy faitte * lue et publiée à haute et intelligible voix par le notaire soubsigné, dans la susdite Église, il n'y a eu opposition de qid que ce soit; dont et de tout quoy a esté fait et octroyé

acte, icelui lu et publié comme dessus dans la susdite Église, en présence de M. M* Charles François Broal, avocat en parlement. Consul Maire, Administrateur de V Hôtel-Dieu , ex Lieutenantr-Général de police de ladite ville; de M. M^ Jean Pellisson de Fontanier , aussy avocat en parlement , premier Consul et Lieutenant-Général de police de ladite ville; de sieur Jean-Baptiste Bonin, bourgeois de ladite ville; de Jacques Fournier, cordonnier de la mesme ville , et de messire Hypolite Clavin, prêtre desservant dans ladite Église de Saint-André, témoins requis signés avec lesdits Charvet et Danthon.

Signé Charvet, Danthon, Pélisson, Fontanier, Broal, Bonin, Clavin, prêtre, Jacques Fournier, Armanet, notaire recevant.

Contrôlé à Vienne te 30 mars 1756. Reçu six livres. S. B. C. 1 fr. Armanet.

En vérifiant les registres de la paroisse de Saint-Andréle-Bas, nous trouvons que le premier acte, signé par Claude Charvet, porte la date du 31 mars 1756, et que le dernier, revêtu de sa signature , est daté du 13 avril 1760; du 16 au 24 avril 1760, quatre actes sont encore signés par Claude Charvet, se qualifiant de curé commis, et, depuis cette dernière époque, tous les actes sont signés par Charvet (Pierre) , son frère et son successeur.

Enfin , deux actes authentiques viennent compléter cette partie de notre biographie : l'un, du 4 février 1760, aux minutes de M® Bertrand, notaire à Vienne, contenant la démission de Claude Charvet, en faveur de son frère Pierre, de la Cure de Saint-André-le-Bas, et l'autre", du 15 avril 1760, reçu par le même notaire, constatant l'installation de ce dernier.

La Bibliothèque de Vienne possède la copie manus-

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