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crite d'un ouvrage intitulé: Dénombrement général du diocèse de Vienne, en mi, où Pierre Charvet, alors âgé de 54 ans , figure en qualité de curé dé Saint-André-le- Bas, fonctions qu'il a exercées jusqu'à Tépogue de la Révolution, ainsi que cela résulte des actes de l'État Civil.
Comme document sur la famille Charvet, nous mentionnerons encore un acte du 14 octobre 1762, reçu par M* Bertrand, notaire , portant constitution d'une rente de cent cinquante francs, par François Charvet, avocat au Parlement de Grenoble, résidant à Saint-Savin, en faveur d'Henry Charvet, son fils (1), pour l'entrée et Vincorporar tion de ce dernier au Chapitre et Église de Saint-Maurice. Pour sûreté du paiement de cette rente, François Charvet impose une propriété dite la Combe , située à Saint- Savin et Damptezieu. Dans cet acte, intervient, comme caution, Claude Charvet, archidiacre de l'église de Vienne, officiai métropolitain du diocèse (2).
On a donné bien souvent à Claude Charvet, sans aucun fondement, le titre de Chanoine et Prieur de Saint- Donat (3). On l'a même considéré comme étant l'auteur d'un manuscrit intitulé : Plusieurs preuves sacrées et titrées, historiques et chronologiques, pour montrer Vimposi--
(1) Le frère, sans aucun doute, de l'enfant dont Claude Charvet avait été le parrain.
(2) Nous devons la communication des divers actes notariés que nous venoJfs de mentionner, à l'obligeance de M. de Fougerolles du Vernet, notaire à Vienne, détenteur des minutes.
(3) Rochas, Biographie du Dauphiné, tome l,page 224; — Colomb de Batines, Revue du Dauphiné, tome 6, page 370 ; — Journal de Vienne, 30 novembre 1839 ; — Gollombet, Histoire de V Église de Vienne, tome 3, page
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tion du nom de SainUDonatà V ancien Bourg-Église^ château de JovincieuXy in-i^ de 238 feuilleta.
Ce manuscrit , ainsi que Ta démontré M. Alfred de Terrebasse ( 1 ), dans une curieuse notice , est l'œuvre de Claude Ghalvet (et non Charvet), chanoine et capiscol de Saint-Donat , vers la fin du XVIP siècle. La preuve résulte de Texamen du manuscrit qui a été retrouvé depuis et donné à la Bibliothèque de Grenoble, par M. Giraud, de Romans, qui le tenait de M. Savoie, ancien notaire.
C'est évidemment par suite d'une confusion de noms qu'on a donné à Charvet un titre qu'il n'a jamais porté, et qu'on lui a attribué un travail indigne de lui.
L'œuvre capitale de Charvet est son Histoire de la Sainte Église de Vienne ^ qui fut publiée à Lyon, chez Cizeron, en 1761. D'après Barbier (2) et plusieurs autres bibliographes, l'auteur de cette histoire serait Cl. Et. Bourdot deRichebourg. « Cette assertion, dit M. de Terrebasse (3), n'egt vraie que jusqu'à un certain point. Charvet, comme beaucoup d'autres savants, écrivait assez mal et lourdement. 11 eut le bon esprit de le reconnaître, et avant de livrer à l'impression l'ouvrage, fruit de ses veilles et de ses recherches, il prit le parti de le soumettre à un homme de lettres de Paris, qui se chargea , moyennant finance , d'en retoucher et polir le style. La revision achevée, le manuscrit revint aux mains de l'auteur, qui
(1) Examen Critique de V Inscription de Saint-Donat. — Vienne , Roure, 1860.
(2) Dictionnaire des Anonymes et des Pseudonymes.
(3) Examen Critique de VInscription de Saint-Donat.
céda son privilège à un libraire de la ville de Lyon, où V Histoire de la Sainte Eglise de Vienne fut imprimée pour ainsi dire sous ses yeux, en 1761. Bourdot de Richebourg n'a pas eu et ne pouvait avoir d'autre part à un ouvrage complètement étranger à ses études et au genre de ses autres publications, j)
Il est aujourd'hui 'reconnu que V Histoire de la Sainte Église de Vienne est l'œuvre de Gharvet, et nul doute ne peut être élevé à cet égard.
L'auteur publia, en 1769, un Supplément à son Histoire, formant 32 pages , et contenant des Corrections et Additions^ (1) qui renvoient aux pages de cette même histoire.
h' Histoire de l'Église de Vierme, par Gharvet, est reconïiue pour être bien supérieure aux ouvrages publiés sur le même sujet par le Celestin Jean du Bois, Joannes a Bosco (1605, in-8^); par Jean Lelièvre, chanoine-sacristain en l'église métropolitaine de Vienne et abbé de Saint-Ferréol (1623, in-8**), et par Drouet de Maupertuy (1708, in-4^).
Gharvet, à raison du rang qu'il occupait, a joui du rare avantage d'avoir à sa disposition les archives alors intactes du Ghapitrede Saint-Maurice. Il a eu notamment sous les yeux le Grand Gartulaire de cette église, formant un volume in-folio , écrit sur parchemin et datant du XIP siècle, qui a malheureusement été confondu avec
(1) Ce Supplément étant devenu fort rare et manquant à un grand nombre d'exemplaires, nous avons cru faire une chose agréable aux bibliophiles Dauphinois, en en donnant une seconde édition tout à fait conforme à la première.
les titres féodaux et brûlé à l'époque de la Révolution, (iharvet a fait Tiisage le plus judicieux de ces précieuse documents; il n'a eu qu'un tort, celui de leis traduire et de les analyser , sans prendre la peine de les repro*duire à la suite de son ouvrage comme les Bénédictins lui en avaient donné l'exemple. L* Histoire de la Sainte Eglise de Vierme ne reste pas moins le livre le plus important qui ait été écrit sur cette antique Primatiale. M. Gollombet , tout en maltraitant Gharvet, n'a fait que le suivre pas à pas , et M. Haureau , continuateur du Gallia Christianay n'hésite pas à convenir qu'il l'a mis souvent à contribution et que rarement il l'a trouvé en défaut.
Il est de notoriété publique, à Vienne, que Gharvet a laissé d'autres manuscrits , notamment une Histoire de t Abbaye de Saint-André-le-^Haut. Un de nos compatriotes, (1 ) nous a affirmé avoir eu entre les mains ces manuscrits et les avoir parcourus avec le savant et regretté M.Delorme, qui en devait la communication à un homme d'affaires de M. le marquis Rigaud de Serezin. Ges manuscrits doivent être aujourd'hui en la possession de M. le marquis de Murinais.
Gharvet était en rapport avec plusieurs écrivains et personnages distingués de son époque : M. Seguîer , célèbre antiquaire de Nimea, M. le comte de Gaylus, M. de Portes d'Amblerieu , l'abbé d'Artigny, l'abbé Deville, etc.
Mille, auteur d'une Histoire Chronologique de Bourgogne assez estimée, correspondait avec notre auteur, qui lui a fourni plusieurs chartes importantes, imprimées
(l) M. Girard, ancien libraire.
à la suite de son ouvrage. On lit, page 337 du 3"* volume de cette histoire: ce Cette charte m'a été adressée par M. l'abbé Gharvet, chanoine et archidiacre de l'église de Vienne. Il a eu la complaisance de la tirer lui-même du Cartulaire de l'église de Vienne et de me l'envoyer, transcrite de sa propre main, malgré l'état de langueur dans lequel il était tombé depuis plus d'un an. Il a malheureusement terminé sa carrière le 15 janvier 1772. C'est une vraie perte pour la république des lettres. C'est à lui que nous devons une très-bonne histoire de Vienne, imprimée à Lyon, en 1761, chez C. Cizeron. »
S'il faut en croire M. Mermet (1) , Charvet serait l'auteur d'un ouvrage inédit, intitulé : Annales de la Ville de Vienne. Nous avons lieu de croire que ce dernier ouvrage n'est autre que les Fastes de la Ville de Vienne^ manuscrit qui fait l'objet de la présente publication.
Charvet mourut trois ans après avoir mis au jour son Supplément. Voici son acte de décès, dressé par son frère, que nous avons trouvé dans les registres de l'État Civil de la ville de Vienne, paroisse de Saint-André-le- Bas (2) :
m Le il janvier 1772, a été enterré^ décédé la surveille , par le Chapitre de Saint-Maurice, Messire Claude Charvet, ancien curé de Saint-André-le-Bas , Chanoine archidiacre
(1) Histoire de Vienne, tome 3, page 429; — Rapport sur les monuments remarquables de V arrondissement de Vienne. Brochure in-8« , 1829, page 70.
(2) Petit in-F<», de 1761 à 1773 , conservé dans les Archives de l'État Civil de Vienne.