‹ Fastes de la ville de Vienne, publ. avec des notesChapitre 18 sur 56 · ÉPITAPHE DU ROI BOSON · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE DU ROI BOSON

t REGIS. IN. HOC TVMVLO. REQVIESCVNT. MEMBBA. BOSONlâv HIC. PIVS. ET. LARGVS. F VIT. AVDAX ORE. FACVNDVS. SANCTI. MAVRIGII. CAPVDA9T. CIRCVMDEDIT. AVRO. ORNAVIT. GEMMIS. CLARIS. SVPER ATQVE CORONAM. INPOSVIT. TOTAM GEMMIS. AVROQVE. NITENTEM.

HIS. DVM VITA. FVIT. BONA DVM VALITVDO MANERET. MVNERA. MVLTA. DEDIT. PATRONO. CARMINE DIGTO. VRBIBVS. IN MVLTIS: DEVOTO. PEGTORE. MAGNA.

CONTVLIT. ET. SANCTIS. PRO. CHRISTI. NOMINE. DONA. STEPHANE. PRIME. TIBI. CEPTRVM. DIADEMA PARAVIT. LVGDVNI PROPRIVM. RVTILAT. VELVT HIG. NICOMINVS SOL. QVAMVIS. HVNC. PLVRES. VOLVISSENT. PERDERE. REGES. OCCIDIT. NVLLVS SED VIVO PANE REFEGTVS HOC. LINQVENS. OBIIT. CHRISTI. CVM. SANGVINE. REGNVM QVEM. DEVS. IPSE POTENS CELI. QVI. CLIMATA. PINGIT, CETIBVS. ANGELICIS. IVNGAT PER. SEGVLA. CVNCTA.

OBIIT. TERTIO. IDVS. lANVARII. OGTAVO. ANNO REGNI. SVI,

Louis, fils de Boson et d'Hermengarde, fut élu roi de Vienne et de Provpnce par les évêques et par les grands, assemblés à Yalence, en 896, et proclamé roi d'Italie, en 901. Bientôt après, il se fit couronner empereur par le pape. Bérenger, duc de Frioul, qui ambitionnait cette dignité, le surprit devant Vérone, Tan 902, lui fit brûler les yeux avec un fer rouge, qu'on passa dessus, et le renvoya à Vieni^e. Louis, qui, depuis cet accident, fut appelé Louis-l' Aveugle , tint sa cour à Vienne, où il mourut Tan 928. Il laissa un fils, nommé GJifirles-Con^tantin , qui oe lui succéda pas dans la

royauté. Il eut seulement le comté de Vienne, dont il ne jouit pas d'abord paisiblement.

L'an 928, après la mort de Louis-l' Aveugle, Hugues, fils de Thibaud , comte de Provence , se fit couronner roi de Provence. Sa puissance et ses intrigues l'emportèrent sur les droits de Charles-Constantin. Hugues, élevé auprès du trône qui excitait son ambition , et devenu trop puissant pour rester sujet, se fit reconnaître roi de Provence. On ne sait point le lieu où se fit cette élection. Les Italiens, dont l'inconstance et les variations affectées tendaient à l'indépendance, appelèrent bientôt le roi Hugues, qui se rendit avec une armée à Pavie où il fut couronné roi d'Italie, l'an 931. Il s'associa en même temps son fils Lothaire. Extrêmement content de ce nouveau royaume, qui lui faisait espérer de parvenir à l'empire, il fit, dans la même année, dans la vue de s'attacher les Italiens, un traité bien singulier avec Rodolphe II, roi de la Bourgogne transjurane, dont il eut bientôt lieu de se repentir. Par ce traité, il lui céda le royaume de Provence^ que Rodolphe réunit à la Bourgogne.

Sur la fin de 945, Hugues, abandonné des Italiens, fut contraint de se retirer en Provence; mais, comme il ne pouvait plus y paraître que comme sujet, depuis la cession qu'il en avait faite à Rodolphe, il vint à Vienne, où il prit l'habit monastique dans l'abbaye de Saint- Pierre, qu'il avait rebâtie. Cette abbaye, détruite comme les autres monastères, par les Sarrazins, n'avait pu se rétablir que très-imparfaitement. Il est bon d'observer que, dans ces temps de troubles, les grands qui voulaient s'attacher les ecclésiastiques et les moines, dont le crédit

dans les affaires, même civiles, était très-grand, n'y parvenaient que par des dons et des largesses.

Hugues finit ses jours dans Tabbaye de Saint-Pierre. Lothaire, son fils, ne lui survécut pas longtemps. Il mourut, sans laisser d'autre postérité qu'une seule fille, appelée Emme, qui fut mariée à Lothaire, roi de France.

Louis d'Outremer , roi de France , s'étant approché de Vienne, l'an 941, fut reçu dans cette ville par Charles-Constantin, qui lui fit hommage du comté de Vienne, et en reçut l'investiture de sa main. Charles était mécontent du roi Hugues, qui, se voyant dépouillé du royaume de Provence et chassé de celui d'Italie, voulait lui ôter le comté de Vienne. Louis-d'Outremer tâchait de rentrer dans les droits de sa couronne, usurpés par la trop grande puissance et par les factions des grands seigneurs.

Rodolphe II, roi de la Bourgogne transjurane, régna sur la Provence, qu'il" avait acquise par son traité avec Hugues, environ l'espace de sept ans. Etant mort, l'an 937, Conrad, son fils, âgé de huit à neuf ans, lui succéda; mais il fut enlevé et conduit à la cour de l'empereur Othon, dit le Grand, où il vécut en prisonnier honorable. Son bonheur voulut que l'empereur épousât sa sœur, nommée Adélaïde, veuve de Lothaire, roi d'Italie.

Cela arriva l'an 951. Dès lors, Conrad jouit en pleine liberté de ses Etats. Il fixa sa résidence à Vienne, dont il voulut que le nom fût celui de son royaume. On croit que c'est lui qui fit démolir l'amphithéâtre de Vienne, et qui en fit construire deux tours carrées fort hautes, l'une sur le château Pipet, l'autre à la tête de son palais des Canaux. Ces deux tours furent détruites en 1619,

et les pierres de taille employées aux fondements du collège. On acheva de démolir le massif qui portait la tour du palais des Canaux, en 1762, pour augmenter les bâtiments de la maison de Charité. Conrad fit, dès le commencement de son règne, des lois très-sages. Sa douceur et son attention à maintenir le repos public l'ont fait surnommer le Pacifique. Il mourut Tan 993, âgé de soixante-six ans, et fut enterré dans l'église de Saint- André-le-Bas, chapelle ordinaire des rois de Yienne et de Provence, où il avait établi des moines bénédictins. On y. voit son épitaphe, engagée dans le mur du sanctuaire, au côté droit du maitre-autel. Elle est à moitié efifacée.

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