‹ Fastes de la ville de Vienne, publ. avec des notesChapitre 50 sur 56 · LES TUILERIES · texte numérisé non relu

LES TUILERIES

Les tuiles romaines qui servaient à couvrir les voûtes et les toits en appentis sont plus fortes et plus grandes que celles des pavillons. Elles ont ordinairement un pouce d'épaisseur , seize pouces de longueur , dix pouces de largeur et neuf pouces de pureau ou vide pour l'écoulement de l'eau. Le rebord de chaque côté de la tuile est d'un pouce de hauteur. Ce rebord est coupé aux deux extrémités pour les enchâsser et les faire mordre les unes sur les autres. Le peuple les appelle des tuiles sarrazines à cause de leur forme et de leur grosseur. J'en ai dit la raison ailleurs. On en trouve une si grande quantité dans les ruines de l'ancienne Vienne qu'on ne peut pas douter qu'elles ne soient romaines. J'avais d'abord cru qu'elles ne servaient qu'à couvrir des voûtes à cause de leur poids et de leur grandeur; car chaque tuile pèse quinze livres, et il faut cinq de nos tuiles creuses pour donner le même poids ; mais , après avoir réfléchi, combiné et formé des cours de ces tuiles romaines et de nos tuiles creuses, j'ai éprouvé qu'un cours ou chéneau de tuiles plates romaines contient autant d'eau pluviale que trois chéneaux de nos tuiles creuses; par conséquent elles chargeaient moins la charpente des combles que nos tuiles modernes.

Les tuiles destinées à couvrir les pavillons sont plus petites et plus légères. Elles ont , à leur extrémité la

plus large, un arrière-bec pour les accrocher aux lattes. Leur forme est différente des autres. Elles sont un peu creuses, un des rebords saille en dehors et l'autre en dedans, en sorte que les tuiles mordaient par côté les unes sur les autres et formaient toutes des chéneaux.

Les Romains faisaient un grand usage de la brique. Leur cuite était si forte que leurs briques avaient la solidité de la pierre. Ils avaient des artifices pour la con^ casser et pour la pulvériser. Ils en employaient beaucoup dans leur ciment. On voit peu de murs romains sans briques. Ils y faisaient régner un cours de deux, de trois et quelquefois de quatre assises de grandes briques qui s'étendaient dans toute l'épaisseur du mas^ sif pour les' lier avec les parements. Ces assises de briques, outre Ja solidarité, formaient sur les pa^rements des cordons agréables à la vue. Us n'enduisaient jamais les parements ou faces de leurs murs parce que les moellons qu'ils y employaient étant équarris par tête, posés par des cours d'assises réglés et exactement joints, ils re^* semblaient à de petites pierres de taille.

Les ouvriers se servaient de la même terre que nos tuiliers emploient aujourd'hui. La terre des Tupiuières, situées sur la hauteur de Coupe-Jarret, faisait la brique rouge, et la terre de la plaine de l'Aiguille et de Chasse faisait la brique blàuchâtre. J'ai des tuiles, des briques et de grands carreaux d^ la fabrique dea Tupinières où Ton voit le nom de la tuilerie et de l'ouvrier qui t^. couduisait.

Clarianus.

0{f, ClariancL.

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