‹ Fastes de la ville de Vienne, publ. avec des notesChapitre 54 sur 56 · BOURREL · texte numérisé non relu

BOURREL

Bourrely en latin Buleo^ nommé par quelques-uns Buteoriy Bcmtel, Bovely né à Vienne en 1489, mort en 1564 èi Romans, âgé de 75 ans, religieux de Tordre de Saint- Antoine du Viennois, était bon géomètre, habile mathé- Xnaticien ( il avait reçu les premières teintures des loaathématiques dans l'école d'Oronce ; il rétablit en Trance cette science qui y était fort négligée ) et savant dans les langues, ses ouvrages furent imprimés à Lyon, iD-4'*, l'an 1554; on y trouve son traité De arcâ Noe cujus formœ et capacitatis fuerit. Il a paru depuis dans le 8"® tome des grands critiques d*Angleterre qu'on appelle CfUici sacri.

Serclier (Jude)

Jude Serclier^ Viennois, fit imprimer à Vienne, chez Jean Poyet, en 1616, in- 12, ses poésies françôîses sous ce titre : Paraphrase sur Vecclésiaste de Salomon , et sur la vanité du monde dédié à reverendissime père en Dieu messire Burcard , jadis archevêque et premier comte de Vienne. Un homme de goût n'en pourrait pas supporter la lecture aujourd'hui.

Lièvre ( Jean Le )

Jean Le Lièvre, né à Vienne, bachelier en théologie, chanoine sacristain et abbé de Saint-Ferréol en Tégliôe métropolitaine de cette ville de Vienne, a donné au public:

1® Traité très-utile au>x ecclésiastiques pour Vi/rUelligence et observations des heures canoniales^ colligé des Saints- Pères; dédié à Jérôme de Villars, archevêque de Vienne, imprimé à Vienne chez Jean Poyet ^ en 1619. On trouve à la fin du volume ; L 'enfer des Simoniaques , commentaire verbeux et insipide du psaume 108 , Deus laudemmeam ne tacueris;

2® La vie de Philippe de Chantemilem ;

S° Histoire de l'antiquité et saincteté de la cité de Vienne , in-8", imprimé à Vienne chez Jean Poyet, en 1624.

Mestral ( Thomas )

Thomas Mestr al, viennois, fit imprimer, en 1635, chez Aimé Pansard, imprimeur, joignant la porte du pont du Rhône : Le triomphe de l'humilité ou Vorgueil et l'ambition

FASTES DE VIENNE 2t9

abbatus, dédié à M. Talon, intendant des provinces de Dauphîné, Lyonnais et Provence, qui ne le lut jamais. Ce sont des exemples d'orgueil, d'ambition, d'envie, d'humilité, tirés des livres saints et des auteurs profanes entassés et souvent répétés. Son narré sur la chute d'Adam et sur le décret d^ rincaifnation du Verbe est singulièrement plaisant: L*auteur dit qu'Adam ayant mangé du fruit défendu, cette transgression fut punie d'un arrêi irrévocable d'v/ne mort éternelle contre lui et sa postérité : les effets duquel firent perdre quant et quant presque tout le genre humain. . . Que les esprits bienheureux présentèrent une requête au grand Roy des Roys pour obtenir le pardon des coupables , lequel accorda leur requête et irUerina leur pardon^ par la revocation de son arrêt, mais qu'il fallovt qu'wne personne innocente et exempte de péché

satisfit pour eux et mourut pour leur rédemption On

chercha sur la terre quelqu'un qui voulut exposer sa vie et faire ce bon et officieux service aux humains.... maison vain. Les Attilius Regulus, les Horatius Gocies.. n'y sont plus; MarcCurce, Elius, prêteur, Mucius Scevola, Jepté, Judic, tous ceux-là ne sont plus, ils sont morts dans le monde. Enfin voyant qu'il n'y avait aucune espérance sur la terre, Dieu... résolut d'envoyer son fils unique et le reste est aussi comique; il est bien surprenant de voir à la tête de cet ouvrage l'approbation de frère Cyrille, grand docteur en saincte théologie et prieur des Carmes de Vienne (1).

(l) Le même Thomas, ou plutôt Timoléon Mestral , viennois , est auteur d'un petit roman intitulé : Le Miracle d'Amour , imprimé à Lyon , par Loys Muguet, en 1613, etdéçlié à mademoiselle Virginie de Maugiron.

BoissAT ( Pierre de ) dit l'Esprit

Pierre de Baissât dit r Esprit, seigneur de Licieu et d'Avernay, chevalier et comte Palatin, de l'Académie des sciences, naquit à Vienne en 1603 ^t y mourut le 28 mars 1662, âgé de 58 ans. Son corps repose dans l'église de Saint-André-le-Bas. Il prit d'abord le petit collet qu'il quitta pour l'épée; né avec un grand penchant pour les belles-lettres, son temps fut partagé entre la littérature qu'il cultiva toute sa vie, et les armes où il se distingua par sa bravoure et par son sang-froid dans les plus grands dangers.

M"® la duchesse de Lesdiguières, femme de beaucoup d'esprit, mais fort médisante, donnant un bal à Grenoble dans son hôtel, Boissat y parut masqué d'une façon singulière. Il affecta de passer et repasser plusieurs fois devant la duchesse tenant un morceau de papier blanc qu'il déchiquettait avec des ciseaux pour faire sentir à cette dame le ridicule qu'elle se donnait en déchirant son prochain. Elle en fut si outrée, qu'elle le fit cruellement maltraiter par un de ses officiers au sortir du bal. La Cour obligea M. le duc de Lesdiguières à lui en faire satisfaction, mais la réparation n'égalait pas l'offense. Cette fâcheuse aventure fit rentrer Boissat en luimême, et il fit à Dieu un sacrifice de son ressentiment.. Il quitta le monde, et se jetta dans une dévotion sombre et dégoûtante, négligeant ses cheveux et s'habillant grossièrement. Lorsque Christine, reine de Suède, passa à Vienne, le 23 août 1656, Boissat, qui avait fait autrefois des vers à sa louange , accompagné des Consuls de la

ville, se présenta devant elle en cet état, et, au lieu d'une harangue, il lui fit un sermon sur le mépris du monde et sur les jugements de Dieu. Ce discours déplut à Christine qui dit au duc de Lesdiguières qui était à son côté : Ce n'est point là le Baissât que je connais, c'est un prêcheur qui emprunte son nom, et elle ne voulut plus le voir. Boissat fit imprimer un gros recueil de ses ouvrages. C'est un in-folio d'environ 730 pages où il n'y a ni frontispice, ni épitre dédicatoire, ni préface, ni table des matières. Il y manque environ 60 pages, et c'est toujours le commencement et la fin des pièces qui manquent. Les uns croient que Boissat, qui avait retiré tous les exemplaires imprimés à ses dépens, les mutila ainsi par humilité afin que son nom n'y parut pas , les autres pensent que sa fille, peu contente de ce qu'il les avait légués à l'Hôtel-Dieu de Vienne, par son testament, les fit mutiler ; mais dans ce ces elle en aurait retenu quelques exemplaires entiers, cependant on n'en trouve aucun. Ces exemplaires, au nombre de douze cents, demeurèrent dans une chambre de l'Hôtel-Dieu de Vienne jusqu'en 1720 que M. Didier, mort doyen de l'église de Vienne, voyant qu'aucun libraire ne voulait les acheter, en fit brocher cent cinquante qui furent distribués aux églises, aux communautés religieuses et à divers particuliers, et le reste fut vendu à des épiciers. (1) Les œuvres de M. de Saleon, archevêque de Vienne, ont eu le même

(1) U existe encore, dans les archives de l'Hospice de Vienne, deux exemplaires des œuvres de Boissat; mais, à ces deux volumes comme à tous les autres , le commencement et la fin manquent complètement. On trouve , également , dans les mômes archives , une quantité considéraj^le de manuscrits du même auteur.

sort, il en avait légué les exemplaires aux Jésuites de Vienne, le père de la Calade, recteur de cette maison, après en avoir distribué plusieurs, vendit ce qui restait au sieur Grange, marchand-épicier. Nous avons encore de Boissat l'éloge en vers latin de Notre - Dame - de ^ l'Osier^ où il avait fait un pèlerinage ; il est intitulé : Divœ Viminalis admiranda.

Ghorier (Nicolas)

Nicolas Chorier , avocat au Parlement de Grenoble , naquit à Vienne en 1612 (a) et mourut à Grenoble en 1692. Il fit ses études à Vienne avec succès dans le nouveau collège établi dans cette ville et confié aux Jésuites , par les soins et par la protection de Pierre de Villars, archevêque de Vienne, et du cardinal de Tournon; ils lui donnèrent en l'enseignant du goût pour les belles-lettres et pour l'histoire , il s'y appliqua toute sa vie, mais il profila peu des leçons qu'ils lui avaient donnés pour les mœurs.

Nous avons de cet auteur laborieux et peu exact : r L'Histoire de Dauphiné en 2 vol. in-folio. L'imprimeur perdit beaucoup sur le V volume qui est rare (2);

(a) Baptisiaire de Nicolas Ghorier.

« Le 9 septembre (1) 1612, fut bapUsé le fils à maître Jehan Ghorier, Procureur de Vienne , nommé Nicolas. Le parrain a esté M. Nicolas Loup, prêtre habitué de St-Maurice -, la marraine a esté damoyzelle Marie Beraud — Ducrest , curé de St-André-le-Bas de Vienne. »

Copié mot à mot sur les registres curiaux de la paroisse de St-Pierre entre-Juif ou St-André-le-Bas de Vienne.

(1) c'est octobre. Charyet a fait une erreur de copie.

(2) G* est le second volume qui est le plus rare , et non le premier.

2® Le Nobiliaire du Dauphiné en 4 vol. in-12;

3"* L'Hisloire généalogique de la maison de Sassenage en 1 vol. in-12;

4® L'Histoire du duc de Lesdiguières en 2 vol, in- 12;

5** Recherches sur les antiquités de la ville de Vienne, imprimées à Lyon et se vendant à Vienne chez Baudrand, sous les Halles, 1658;

6"* Les Eloges en latin de Vienne souterraine et de la saincte nappe, imprimées à Vienne en 1668, réimprimées' avec une mauvaise traduction en vers français, à Grenoble, chez Giroud fils, 1715;

1^ Aloysix Sigeœ toletanae satyra sotadica de arcanis amo^ ris et veneris, livre infâme qu'il désavoua d'abord , et dont il voulut ensuite être reconnu pour l'auteur. Sa vie répondit aux maximes corrompues débitées dans cet ouvrage abominable, et il ne se maria point (1) ;

8® Nie. Chorerii Vienn. J. C. carminum liber unies, imprimé à Grenoble, in-12, 11580;

9® De Pétri Boessatii equitis et comitis Palatini viri clarissimi vita, amicis que litteratis lïbri duo, in-12, à Grenoble, 1680;

10® L'état politique de la province de Dauphiné , imprimé à Grenoble, chez Philippe, en 1671;

Le style de Ghorier est rempli de pointes, de jeux de mots et d'antithèses.

11** Jurisprudence de Guy Pape. C'est un abrégé des Decisùmes gratianopolitanœ de cet habile J. G.

(t) Gharvet était mal informé : Ghorier se maria et eut plusieurs enfants.

Nantes ( Marc de )

Marc de Nantes, né à Vienne Tan 1652 (a) , y mourut le 10 juin 1724, âgé de 72 ans 4 mois 10 jours. Cet homme aimable avait de grands talents pour la poésie française , une âme honneste , un cœur bienfaisant , un esprit orné d'une agréable littérature , une imagination vive, brillante et bien réglée. Ses mœurs étaient douces, sa conversation était enjouée , facile et agréable. Il fut fort lié avec Brossette du Garel , mort grand prieur de St-André-le-Bas de Vienne, qui faisait assez bien les vers français et avec Despreaux. J'ai vu des pièces manuscrites de ce poëte célèbre corrigées de la main de M. de Nantes; j'étais jeune alors, je n'en fis pas tout le cas qu'elles méritaient, et je n'ai pas pu les recouvrer depuis. Une chose digne de remarque est que, dans le même temps, il y avait, à Grémieu, un serrurier habile, nommé Guillat, qui cultivait la poésie française et qui envoyait ses pièces à M. du Garel et à M. de Nantes qui lui répondaient en vers.

On trouve deux sonnets de M. de Nantes dans la plupart des dernières éditions de Despreaux, avec une petite pièce en vers adressée à M. l'abbé deMaupertuy, qui travaillait alors à une Histoire de l'Église de Vienne. On

(à) Baptistaire :

Le dernier de janvier 1652, a été baptisé Marc de Nantes, fils de sieur François de Nantes, bourgeois de Vienne et de demoiselle Marguerite Trillard, sa femme. A été parrain sieur Marc de Nantes , ayeul paternel dudit baptisé, et marraine dame Claude Argoud , ayeule maternelle du susdit Marc baptisé de Nantes. — Julian , curé.

Extrait mot à mot des registres curiaux de St-André-le-Bas de Vienne.

voit encore, dans le nouveau choix de pièces choisies , Amsterdam, 1715, in-12,2 vol., une pièce en vers de Mi de Nantes, intitulée : Polichon.

L'abbé d' Artigny avait promis un recueil de ses autres poésies, mais on n'a rien trouvé, à sa mort, qui eut rapport à cette promesse. Je doute s'il eut pu la tenir, d'autant plus que la plupart de ces pièces étaient dispersées. Une personne de Vienne, flls d'une belle dame à laquelle M. de Nantes avait fait assidûment la cour, possédait une partie des ouvrages de cet aimable poëte. Mais ayant fait paraître à Grenoble une tragédie qui ne fut point goûtée , quoique farcie de vers de M. de Nantes, j'ai grand peur qu'il n'ait fait brûler le recueil , pour laisser subsister sa tragédie et pour cacher le plagiat.

d' Artigny ( Antoine Gachet )

Antoine Gachet d' Artigny, né à Vienne le 29 mars 1704 et baptisé le même jour, était fils de Charles Gachet et de demoiselle Etiennette-Penin Flocard, mariés à Vienne , en la paroisse de Notre-Dame-de-la- Vie, le 1 1 avril 1695.

Charles Gachet se disait originaire de Sedan ; il a pris dans son contrat de mariage les qualités de seigneur d' Artigny, et de capitaine aide-major au régiment de Catinat infanterie. Il avait servi dans les. guerres d'Espagne et s'était retiré à Vienne avec une fortune honnête.

Antoine d' Artigny , flls puiné de Charles , entra fort jeune dans l'église cathédrale de Vienne ou il prit la

tonsure cléricale et fut reçu incorporé. Il a été successivement maître de chœur, coadjuteur, enfin chanoine.

Dés sa plus tendre jeunesse il montra un grand penchant pour la littérature; il fit ses études au collège de Vienne avec succès. La lecture des romans dont sa mère avait une ample collection lui gâta d'abord Tesprit. Cela l'avait déterminé à quitter le petit collet pour l'épée , mais l'humeur sévère de son père s'y opposant, il sortit de la maison paternelle et se rendit à Avignon où il se lia avec un ancien officier appelé Lavergne, homme sans mœurs et sans fortune qui faisait ses marchés le pistolet à la main et forçait les citoyens à lui donner des vivres; il fut tué d'un coup de carabine dans le jardin des Capucins d'Avignon.

L'abbé d'Artigny m'a raconté que, dans la nuit, la communauté des Capucins disparut, et que le lendemain matin il parut une communauté toute nouvelle, que depuis cette époque les Capucins d'Avignon n'avaient aucuns pouvoirs pour confesser. Cette mauvaise connaissance et quelques discours libres firent renfermer l'abbé d'Artigny dans les prisons de l'inquisition ; on le sut à Vienne, M. de Crillon, archevêque de cette ville, qui aimait l'esprit de sa mère, écrivit au vice-légat et le fit élargir.

Cet abbé joignait à un esprit vif une grande mémoire. Sa conversation était spirituelle et enjouée. Dans un âge plus mûr ses études ayant été dirigées par l'abbé Michel, chanoine d'Ainay, les leçons de cet abbé et la lecture des bons livres lui formèrent le goût et le style. Il aimait passionnément les journaux littéraires, les. bibliographes, les mémoires, anecdotes et les ouvrages de

critique; sensible aux louanges qu'il recherchait, il craignait la critique qu'il aimait. Le tourment de l'envie l'agitait quelquefois. Modeste devant les personnes qui sçavaient plus que lui, il prenait un ton exclusif vis-à-vis les personnes qu'il croyait savoir moins. Il se faisait facilement des amis , et les perdait de même : il leur prodiguait d'abord les plus grands éloges , et finissait bientôt par des traits satyriques ; en sorte qu'on le regrettait peu : il eut été beaucoup plus goûté s'il avait eu autant de chaleur dans le cœur que dans l'esprit.

L'abbé d'Artigny n'avait point voyagé, il passa sa jeunesse dans le monde où il dissipa le bien que son père lui avait laissé. La nécessité l'obligea de rejoindre son église où il fut assidu jusqu'à la fin de ses jours. Sa vie privée a été pour le moins singulière. Il vécut plusieurs années avec une vieille demoiselle appelée Tensin, dont il recueillit la maigre succession.

Après la mort de cette fille, il vécut seul , et faisait son propre ménage , sans domestique. Gela dura quelques années, ensuite il se mit dans une auberge ; devenu chanoine, il prit une domestique. Le cardinal d'Auvergne, dans ses dernières années, le goûtait, et l'appelait souvent, mais cette amitié vint trop tard, et il ne lui fi]t aucun bien. Assidu à la lecture et à l'étude , il aim^ut les cercles et haïssait la promenade ; ces dispositions lui causèrent une inflammation d'humeurs qui le conduisit au tombeau le 6 mai 1768, âgé de 64 ans 2 mois 6 jours. Sur la fin de ses jours il s'était adonné à la connaissance des médailles , mais plutôt comme un commerçant que comme un amateur de l'antiquité. Le peu de médailles qu'il a laissées et sa bibliothèque ont

été vendus après sa mort par ses héritiers. Aucun parent paternel n'a réclamé sa succession , elle a passé à ses parents maternels.

Nous avons de cet auteur :

1® Relation d'une assemblée tenue au Parnasse , imprimée à ses dépens, à Lyon, chez Rigolet, sous le titre de Hollande, in-12 ;

2* Sept volumes in-12 de Nouveaux mémoires d'histoire, de critique et de littérature, imprimés à Paris, chez Debure l'aîné, par les soins de l'abbé Lenglet qui les avait corrigés et du père Boule, cordelier pour lors, et à présent je ne sais quoi, qui avait porté le manuscrit à Paris ;

3"* Il avait composé un abrégé de l'histoire universelle dont il parle dans ses mémoires , en s'exclamant contre un imprimeur de Hollande qui lui avait gardé son manuscrit. Gela peut être, mais l'abbé d'Artigny n'ayant pas trouvé pour cet ouvrage que j'ai lu les approbations qu'il désirait, il en détacha les remarques et des articles entiers qu'il inséra dans ses nouveaux mémoires. Après cette soustraction l'imprimeur hollandais pouvait-il le donner au public ?

Debure Talné lui donnait cent écus par volume et 60 exemplaires brochés ou reliés. L'appétit du gain a trop multiplié ces volumes dont les derniers sentent un peu la lie. (a) Ses amis Ten avertirent et il s'arrêta. D'Artigny avait cherché longtemps et inutilement dans le

(a) ....Diffugiunt cadis Cum faece siccatis amici.

HoRAT. Carm. L. I. v. 26.

grefife du baillage de Vienne le procès criminel de Michel Servet. Je le trouvai dans les archives de l'archevêché de Vienne où, par ordre du Cardinal d'Auvergne, j'entrais librement. Un jour, travaillant à jflmr l'extrait de ce procès, il vint me voir et fut bien surpris de le voir entre mes mains, il me le demanda pour en faire un article dans ses mémoires ; je le lui remis avec mon extrait, et il me donna en échange le procès-verbal des dépradations faites par les Calvinistes dans l'église de Vienne, que j'ai inséré dans mon Histoire de cette Eglise. Il n'en a pas dit un mot.

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