Trophimus. — Saint Trophime est représenté dans
(1) Un fait semblable fut constaté par enquête sous Justinien ; dans les diptyques de l'église de Mopsueste, on effaça le nom de Théodore, suspect d'hérésie, et on le remplaça par celui de saint Cyrille d'Alexandrie, Conciles, édit. Hardouin, t. 111, p. 126 (5e session du Ve concile œcuménique).
les lettres du pape Zosime, évidemment inspirées par l'évêque Patrocle, comme le premier évêque d'Arles et le premier apôtre des Gaules (1). Les évêques de la province d'Arles, dans une lettre adressée, en 450, au pape Léon, disent qu'il fut envoyé par saint Pierre en personne (2). Dans son martyrologe (29 décembre), Adon l'identifie avec le disciple de saint Paul (3).
2. — Marcianus. — Evêque au moment où éclata le schisme entre Novatien et le pape Cornélius ; il suivit le parti schismatique et fut dénoncé pour ce fait au pape Etienne et à saint Cyprien (Lettre de saint Cyprien à Etienne, écrite vers 254) (4).
3. — Marinus (5). — Choisi par Constantin pour être l'un des juges du débat entre l'évêque de Cartrhage, Cécilien, et les Donatistes. Assista, en cette qualité, au concile de Rome, le 2 octobre 313; prit part, l'année suivante, au grand concile d'Arles (6).
4. — Valentinus. — Figure dans la liste d'Athanase qui correspond au protocole du 12 mai 346 (Conc. de Cologne).
5. — Saturninus. (7) — Le chef du parti arien dans les Gaules sous l'empereur Constance. On ne sait s'il était déjà évêque lors du concile d'Arles de 353; mais il assista à ceux de Milan (355), de Béziers (356 , de Rimini (359) et
(1) Jaffé 328, 331, 332, 334; cf. ci-dessus, p. 106.
(2) Migne, P. L., t, LIV, p. 880, 881; cf. ci-dessus, p. 121.
(3) Act., XX, 4; XXI, 29; 2 Tim., IV, 20. Trophime était d'Ephèse; il accompagna saint Paul dans son dernier voyage à Jérusalem ; la 2e lettre à Timothée nous le montre malade à Milet. Aucun de ces textes canoniques ne le rattache à Arles, à la Gaule, à l'Occident. — La deuxième main du sacramentaire indique ici saint Rieul, fourni par la légende de Senlis. Il est noté aussi dans le Gallia christiana.
(4) Cypr., ep. LXVIII.
(5) Le G. C. marque ici un saint Victor, de provenance polycarpique.
(6) Eusèbe, H. E., X, 5; Optât. Milev., Hisl. Donat., I, 23, 24. — Après Marinus, le G. C. marque Martinus d'après les diptyques, en proposant de l'identifier avec le précédent.
(7) Saturninus, hérétique notoire, déposé régulièrement, n'est pas aux diptyques. Sur ce personnage, v. Sulpice Sévère, Chron., II, 40, 45; — saint Hilaire, De synodis, 2, 3; Frag. hisl., II, 18; XI, 4; ad Constantium, II, 2, 3; III, 2; adv. AuxenLium, 7.
de Constantinople (360). Déposé de l'épiscopat lors de la réaction orthodoxe sous l'empereur Julien, sans doute en 362 ou 363 (1).
6. — Concordius. — Un évêque de ce nom signa en 374 au concile de Valence ; l'indication de son siège ne s'est pas conservée. — L'épitaphe suivante se lit sur un sarcophage provenant de la crypte de Saint-Honorat, aux Aliscamps, et déposé maintenant au musée d'Arles; elle semble bien être la sienne :
Integer adque pius, vita et corpore purus, aeterno hic positus vivit Concordius aevo. Qui teneris primum ministrum fulsit in annis, post etiam lectus caelesti lege sacerdos, triginta et geminos decim vix reddidit annos. Hune cito sideream raptum omnipotentis in aulam et mater blanda et frater sine funere quaerunt.
Ainsi, Concordius serait mort à cinquante ans (2).
7. — Ingenuus. — Un évêque de ce nom signa en 396 au concile de Nîmes. Un Ingenuus figure dans le sacramentaire, entre Concordius et Héros. Bien que cette partie de la liste soit particulièrement altérée, on peut admettre comme probable, non comme certain, que l'Ingenuus de 396 était évêque d'Arles.
8. — Héros. — Disciple de saint Martin ; évêque au temps de « l'usurpateur » Constantin (408-414) ; chassé d'Arles lors de la réaction qui suivit la chute de ce prince (3).
(1) Après Saturninus, le G. C. marque Arlemius, d'après un manuscrit falsifié, de provenance polycarpique.
(2) Après Concordius, les diptyques donnent la série Grati, Ambrosi, Martini, Ingenui, Aguslini, Geronimi (2« m.), Savini, Erotis. — Ambroise, Martin, Augustin, Jérôme sont vraisemblablement les quatre saints de ce nom. Quant à Gratus, Ingenuus, Savinus, ils sont inconnus, sauf Ingenuus, que j'admets avec quelque doute. Les sept noms sont éliminés par le G. C.
(3) Cf. ci-dessus, p. 96. On a publié en 1855 un fragment de l'épitaphe de cet évêque : SANCTvs HEROS SVMMvs ANTEstis Obiit (C. /. L., t. XII, n° 946; Leblant, Suppl., n° 205 B); mais cette inscription est des plus suspectes.
9. — Patroclus. — Substitué en 412 au précédent, assassiné en 426 (1).
10. — Honoratus. — Successeur de Patrocle; il siégea un peu plus de deux ans et mourut, en 429, huit ou neuf jours après l'Epiphanie. Son anniversaire est marqué au 16 janvier dans le martyrologe hiéronymien (2).
11. — Hilarius (3). — Succéda à saint Honorât après un très court intervalle. Il mourut en 449, le 5 mai, jour marqué dans le martyrologe hiéronymien. Le sarcophage de cet illustre évêque se conserve au musée d'Arles. On y lit sur le couvercle :
Sacrosanctae legis antestis Hilarius hic quiescit.
Sur le devant du sarcophage :
Antistes Domini qui p[aupertatis] amorem praeponens auro rapuit c[aelesti]a régna, Hilarius, cui palma o[b]itus e[t vivjere Christus, contemnens fragilem ter[ren]i corporis usum hic carnis spolium liquit a[d] astra volans. Sprevit opes dum querit opes mortalia mu[t]ans perpetuis, caelutn donis terrestribus émit. Gemma sacerdotum, plebisque orbisque magister, rustica quin etiam pro Christo [mu] nia sumens, servile obsequium [non] dedignatus adiré, officio vixit minimus et culmine summus. Nec mirum si post haec meruit tua limina, Christe, angelicasque domos intravit et aurea régna, divitias, paradise, tuas, flagrantia semper gramina, et halantes divinis floribus hortos, subiectasque videt nubes et sidéra caeli.