‹ Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule (volume 3)Chapitre 8 sur 144 · ANALOGIE OFFERTE PAR LA HAUTE ITALIE · texte numérisé non relu

ANALOGIE OFFERTE PAR LA HAUTE ITALIE

La haute Italie était de tous les pays voisins de la Gaule le mieux placé pour entretenir avec elle des rapports constants et efficaces. C'est par là que l'on communiquait avec Rome et avec l'Orient. Milan était la première grande étajje, non seulement sur la route de Rome, mais encore sur celle de Sirmium, Constantinople, Antioche. Dans mon livre sur les Origines du culte chrétien (1) j'ai mis en relief l'influence que cette métropole de l'empire d'Occident exerça, au IV^ siècle, sur l'organisation et les usages de nos églises. Au point de vue du groupement des populations en circonscriptions de cités, l'ancienne Gaule cisalpine offrait autant de ressemblance avec la Gaule transalpine qu'elle présentait de différence avec l'Italie péninsulaire. Par contre, entre celle-ci et les provinces africaines, il y avait, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, une similitude presque absolue. Au IV*, au V^ siècle, les circonscriptions de cités, et, par suite, les évéchés, étaient fort nombreuses dans l'Italie méridionale, comme elles Tétaient en Afrique. Peu après l'année 250, le pape Cornélius et l'évêque de Carthage, saint Cyprien, groupaient autour d'eux, l'un soixante, l'autre quatrevingt-dix évêques. Un siècle ou deux après, les sièges épiscopaux se comptaient par centaines de l'un et de l'autre côté de la mer.

Il n'en était pas de même dans l'Italie du Nord. Entre les Alpes, l'Apennin et la frontière pannonienne, on ne compta jamais plus d'une cinquantaine d'évêchés. Les

(1) Pages 32, 84 et suiv.

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principaux sont pourvus de listes épiscopales qui nous permettent d'en apprécier l'antiquité. Au concile d'Arles, en 314, figurèrent le septième évêque de Milan et le cinquième évêque d'Aquilée ; au concile de Sardique, en 343, le douzième évêque de Ravenne, le sixième de Vérone et le cinquième de Brescia.

Dans toute la haute Italie, « les sièges de Ravenne » (Classis), Milan, Aquilée, Brescia, Vérone sont les seuls » que Ton puisse faire remonter, par des arguments sé- » rieux, au delà du YV* siècle. Les deux premiers parais- » sent avoir été fondés vers le commencement du III« siè- » cle, ou même un peu plus tôt (i). » C'est à peu près la situation de Lyon et d'Arles.

Au IV^ siècle: ces vieilles églises ne se pressèrent pas d'essaimer. Le célèbre saint Eusèbe de Verceil (f 370), qui commença son épiscopat vers le milieu du IV* siècle, est le premier évêque de ce siège (2). L'église de Pavie est à peu près du même temps : le troisième de ses évêques assista au concile d'Aquilée en 381 (3). Celle de Côme est postérieure, puisque son premier évêque, Félix, fut ordonné par saint Ambroise (374-397) (4). L'évêché de Novare ne remonte qu'au successeur de saint Ambroise, Simplicien (397-400), qui ordonna le premier évêque Gaudence (5).

De ces situations connues, on peut conclure à celles sur lesquelles les renseignements font défaut, et cela avec d'autant plus de raison qu'il s'agit ici de villes importantes et relativement éloignées du centre ecclésiastique de Milan.

(Il Origines du culle clirélien, p. '29, note 2.

(2) Corpus inscr. lat., t. V, n" 6722.

(3) A Pavie, comme ailleurs, on réclame des origines autrement antiques. Dans ces derniers temps, on a fait les plus grands efforts (De Rossi, Bull., 1876, p. 77 et suiv.) pour les étayer d'un argument épigraphique. Mais ces efforts n'ont pas abouti. Voir, sur ce sujet, un mémoire du P. Fcdele Savio, publié dans le Giornale Liyustivo de 1692 (t. XIX, fasc. 11-12) sous le titre La leggerida di s. Siro.

(4) Ambr., Ep. 4.

(5) Vie de saint Gaudence, Acta SS., 22 janvier.

DE l'origine des DIOCÈSES ÉPISCOPAUX. 37

Si l'on a attendu jusqu'au IV« siècle plus ou moins avancé pour organiser les diocèses de Pavie, Verceil. Côme, il a dû en être de même en beaucoup d'autres endroits. Les fondations d'évèchés, dans l'Italie du nord, sont donc, pour la plupart, du IV« siècle (1).

On voit combien cette situation ressemble à celle que révèle, pour les Gaules, l'étude de nos catalogues.

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