LES TEMPS MÉROVINGIENS
venait ni de Viviers ni de Die. La province ecclésiastique d'Arles s'était donc maintenue exactement dans les limites qu'avait la Provence romaine au moment de son annexion à l'empire franc.
Cette délimitation ne fut plus mise en question avant Charlemagne. Au concile de Francfort (794), les deux métropolitains de Vienne et d'Arles se querellèrent de nouveau sur l'étendue de leurs provinces. On donna lecture des lettres pontificales qui attribuaient quatre suffragants à Vienne et neuf à Arles. En fait, les lettres en question attribuent à Vienne les sièges de Genève, Grenoble, Valence et Tarantaise, mais elles n'énumèrent pas les sufifragants d'Arles et n'en indiquent pas même le nombre. Le concile, qui le connaît, a dû s'aider de la Notitia Galliarum. Ce document compte treize cités dans la Viennoise. Défalcation faite de celles de Vienne, Genève, Grenoble, Valence (1), il n'en reste que neuf, Arles comprise, ce qui donne un siège de moins que n'en compte le concile ; mais il convient d'ajouter les évéchés de Toulon et de Carpentras, omis dans la Notice, ce qui donne un siège de trop.
Ces différences viennent probablement de ce qu'on se servait, pour la Notice, d'un exemplaire interpolé. Mais il n'est pas douteux que cette liste administrative n'ait servi de base au règlement introduit par le concile. Ce qui le prouve mieux encore, ce sont les revendications que produisirent, de leur côté, les évêques d'Aix, Embrun et Tarantaise. Pour la première fois on les voit réclamer la qualité de métropolitain. Le concile décida que, sur ce point, il en serait référé au pape et que l'on s'en tiendrait à sa décision (2).
(1) Tarantaise est d'une autre province administrative dans la Not. Gailiarum.
(2) Conc, Francoford, c. 8 : a De altercatione Ursionis Viennensis episcopi et Elifanti Arclatensis episcopi Icctae sunt epistolae beati Gregorii» Zosimi, Leonis et Symmachi, quae definiorunt eo quod Viennensis ecclesia quatuor suffraganeas habere sedes deberot* quibus illa quinta praemineret; et Arelatonsis ecclesia novem suffraganeas habere deberet, quibus ipsa
Le pape se prononça apparemment en faveur du système indiqué par la Notice, car les sièges de Tarantaise et d'Embrun figurent dans le testament de Charlemagne, au nombre des vingt et une métropoles de Tempire (1). Aix, on ne sait pourquoi, ne paraît pas dans cette pièce (2). Mais la métropole d'Aix ne tarda pas à être installée; elle existait en 828, lors de la convocation des quatre grands conciles réunis par Louis le Pieux (3).
Ces arrangements diminuèrent grandement la province d'Arles, d'autant plus que le métropolitain de Vienne, en dépit des anciennes lettres pontificales, retint dans son obédience les sièges de Die et de Viviers. La métropole d'Arles n'eut plus que huit suffragants : Marseille, Toulon, Orange, SaintTPaul-Trois-Châteaux, Avignon, Vaison, Cavaillon et Carpentras. Encore les quatre derniers lui furentils enlevés en 1475, lors de la création de la province d'Avignon. Après la grandeur était venue la décadence ;
praeinineret. De Tarantasia vero et Ebreduno sive Âquis, legatio facta est ad sedero apostolicam; et quicquid per pontificem Romanae ecclesiae définitum fuerit, hoc teneatur. »
(1) Eginhard, Vita Caroli M., c. 33.
(^) n manque aassi Narbonne et Eauze. métropole de la Novempopulanie. Par ailleurs, la liste est complète et conforme, en ce qui regarde Tancienne Gaule, à la division de la Notice.
(3) Le métropolitain Benoit fut convoqué, avec ceux d*Embrun^ de Tarantaise et de Vienne, au concile de Lyon (Hardouin, t. IV, p. 1279). Ces arrangements cependant n'empêchèrent pas qu'une sorte de droit primatial fût exercé par les archevêques d'Arles sur les deux provinces d'Aix et d'Embrun. Il est même possible que l'on soit revenu, dans le courant du X* siècle, à l'ancien ordre de choses. Un liber canonum de l'église d'Arles {Parisinus 5537) contient, on écriture du X1I« siècle, une douzaine de formules suivant lesquelles les prélats ordonnés par l'archevêque d'Arles lui prêtaient serment avant leur consécration. Au nombre de ces prélats figurent des évêques de Fréjus, de Riez, d'Antibes et de Vence. L'une d'elles, signée par les évêques Bertrand de Riez et Bernard d'Antibes, contient l'engagement : profiteor me deinceps sub dicione Arelatensis metropolilae consistere et eitis iuseionibus oblempef-are. Mais, ce qui est encore plus fort, c'est que deux évêques d'Aix, Ponce II et Rostaing, jurent aussi à l'archevêque d'Arles debitam subieclionem et reverentiam et obedientiam a sanctis palribus conslitutam secundum praecepta canonum. Ils se qualifient simplement d'eptscopi, réservant le titre d*archiepiscopu8 au primat arlésien. Tous ces actes sont du XI* siècle ou des dernières années du X*.