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AVRANCHES

d'un Rahentrannus ; celui-ci est connu comme ayant vécu vers la fin du VIIe siècle. Saint Aubert, qui le précède immédiatement, est de date incertaine. Le récit de l'apparition de saint Michel à cet évêque (1) la place sous Childebert , ce qui donne lieu de croire que le narrateur considérait l'événement comme s'étant passé au temps des Mérovingiens. Les chronologistes postérieurs ont choisi, entre les divers Childeberts, Childebert III (695-711), sans y être invités par le texte. A en croire le catalogue, il faudrait plutôt remonter à l'un des deux premiers rois de ce nom, plutôt à Childebert II (f 595), car le règne du premier est occupé par d'autres évoques, et le catalogue luimême indique une date plus basse que le milieu du VIe siècle.

L'ordre des quatre premiers noms varie suivant les rédactions; il faut croire que, même au XIIe et au XIIIe siècle, on n'était pas fixé sur ce point. De ces quatre saints Léonce, Pair (Patemus), Senier (Sinerius ou Scnator), Sever, un seul est bien daté, saint Pair. Le premier, saint Léonce, a été éliminé par les auteurs du Gallia Chvisliana, d'abord parce que l'église d'Avranches, ne lui rendant aucun culte, semble l'ignorer, ensuite parce que ce nom paraît avoir été tiré de la vie de saint Pair, où un Leontianus figure en effet, mais comme évêque de Coutances et non d'Avranches. Je ne sais si ces raisons sont suffisantes pour décider l'exclusion. Quant à saint Senier et à saint Sever, ils ont sûrement existé ; mais la tradition qui leur assigne le siège d'Avranches n'est attestée que très tardivement. Pour saint Sever et son épiscopat temporaire, je ne vois rien de plus ancien que sa vie, écrite dans les dernières années du XIe siècle (2) ; pour saint Senier, il faut descendre encore plus bas (3). Saint Sever, qui, dit-on, trouva beau-

(1) Acla SS. sept., t. VIII, p. 7G.

(2) Acla SS. febr., t. I, p. 187 (1er février).

(3) Acla SS. sept., t. V, p. 780 (18 septembre). Pour ces saints cf. Pigeon. Vies des sainls de Coutances et Avranches. Avranches, 1892-98.

coup de païens à convertir autour de son monastère, semble avoir vécu à une époque relativement ancienne; mais il faut tenir compte de la colonie saxonne du Bayeusain, encore très florissante au temps de Frédégonde. Je crois donc devoir maintenir ici une large indétermination et laisser ces deux évèques en dehors de la série datée.

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