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EVREUX

Les manuscrits du XIIe siècle ne nous donnent, pour Evreux comme pour les diocèses voisins, qu'un catalogue fort incomplet.

Nomina quorundam episcoporum Ebroicensium.

S. Taurinus. Rotrodus.

S. Decdatus. 15 Egidius.

S. Laudulfus. Iohannes.

S. Eternus. Garinus.

5 S. Waldus. Roberlus.

S. Aquilinus. Lucas.

Desiderius. 20 Radulfus.

Geruoldus. Rioardus.

Sebar. Radulfus.

10 Willelmus. Iohannes.

Baldewinus. Nicholaus.

Gillebertus. 25 Matheus.

Oinus.

Variantes.

Titre : quorundam om. 0 — 2 Dcod.] Viator KO — 5, 6 S. Aquilinus s. Waldus KO- 10 Guill. KO — 11 Balduinus K, Baldiuintis O — 12 Gisi. K — 15 Ici s'arrêtent KL; ce dernier a encore, de deuxième main. Iohannes et Garinus.

(1) VUsl s. Filiberli, c. 21 {Acta SS. Aug., t. IV, p. 79).

Gilles du Perche, auquel s'arrête le manuscrit de Robert de Torigny, siégea de 1170 à 1179.

Le catalogue n'est en règle avec l'histoire que depuis Guillaume Ier (n° 10), qui commença son épiscopatpeu avant le milieu du XIe siècle. Au-dessus figure une série de six saints, de saint Taurin à saint Aquilin , puis trois évoques, Didier, Gervold et Sebar, qui sont, il est vrai, en ordre, mais ne représentent que très incomplètement la série épiscopale depuis la fin du VIIe siècle jusqu'au XIe avancé. Le premier est du VIIe siècle, le second du VIIIe, le troisième du IXe; il n'y a absolument personne pour le Xe siècle.

Au temps de Charles le Chauve, saint Taurin était considéré à Evreux comme le premier évêque. Ceci résulte du récit de sa translation (1), écrit en ce temps-là. D'après l'auteur de ce récit, le saint se serait révélé au temps du roi Clotaire (on ne dit pas lequel) et de l'évêque Viator. Cependant ce n'est pas celui-ci, mais son successeur Landulfe, qui procéda à l'exhumation du sarcophage et construisit la basilique. Plus tard, à une date qui n'est pas indiquée, un monastère s'établit auprès de cette église, et le culte de saint Taurin prospérait, lorsque, postérieurement à l'année 846, les Normands ravagèrent le pays et obligèrent les moines à s'enfuir en Auvergne avec leurs reliques. La légende de saint Taurin, postérieure, semble-t-il à ce récit, est dans la dépendance des écrits aréopagitiques d'Hilduin et ne saurait compter pour quoi que ce soit. C'est du reste un faux bien caractérisé. Elle se donne en effet comme l'œuvre d'un Deodatus, converti par le saint et élevé par lui à la dignité de prêtre. C'est évidemment celui qui occupe la seconde place dans le catalogue. S. Laudulfus, qui vient ensuite, est celui de la translation. Il est étonnant qu'on ait omis Viator, marqué dans ce document.

(1) Saint Taurin est marqué aussi dans le martyrologe d'Usuard, sans qu'il y soit présenté comme premier évêque.

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