EVREUX. TU
Saint Eternus et saint Âquilinus sont connus par la légende de celui-ci. De cette légende on ne signale pas, à ma connaissance, de manuscrits antérieurs au XIIe siècle ; le saint figure dans le manuscrit de Corbie du martyrologe hiéronymien : cet exemplaire est du commencement du XIIe siècle. Le culte existait donc au XIe siècle, à tout le moins. D'après la légende, Aquilinus aurait d'abord servi sous un roi Clovis, puis il aurait été élevé à l'épiscopat, qu'il aurait occupé quarante-deux ans. Comme la signature d'Aquilinus, évêque d'Evreux, figure au bas d'un privilège de Fontenelle, daté de 688 ou 689, on est amené à identifier avec Clovis II le roi dont il est question dans le récit. Celui-ci est assez verbeux; il semble bien être une rédaction délayée d'un texte plus ancien.
Quoi qu'il en soit de l'antiquité de cette légende, il est clair qu'elle ne présente pas les évêques dans le même ordre que le catalogue de Robert de Torigny. Saint Gaud, que ce catalogue place entre Eternus et Aquilinus. est négligé par la légende. De saint Gaud les Bollandistes n'ont publié, au 31 janvier, aucune vie, mais seulement une note d'André de la Saussaye, dans laquelle il est difficile de séparer ce qui peut provenir d'une tradition antérieure et ce qui résulte des combinaisons de l'auteur.