Armentius
Brice reprit son siège après la mort de celui-ci. Il siégea, d'après Grégoire, quarante-sept ans en tout, ce qui permet de fixer sa mort à l'année 444 environ. Brice fut enterré dans la basilique qu'il avait fait élever sur le tombeau de saint Martin. Sa fête est marquée au 13 novembre dans le martyrologe hiéronymien. La façon dont Sidoine parle de Peroetuus (v. ci-dessous) prouve que lustinianus et Armen'Aus étaient considérés de son temps comme des successeurs légitimes de saint Martin. Ils ne sont pas reconnus comme tels dans les catalogues du moyen âge.
7. — Eusoochius. — Grégoire lui assigne dix-sept ans d'épiscopal, chiffre rond (5). Il assista au concile d'Angers,
Paulin de Péiigueux (De Vita Mariini, VI, v. 351 et suiv.). Il y est question, non de la fè<;e de s. Martin, mais d'un pèlerinage à Marmoutier, qui avait lieu tous les ans dans la semaine de Pâques, conformément à l'usage, très répandu aloi'S, de visiter, au cours des fériés pascales, les lieux saints de la ville et de la banlieue. M. Babut déduit de là que la fête de s. Martin était célébrée le jour de Pâques et que, « aux environs de 465 », la fête du 11 novembre était inconnue à Tours. Il n'a pas remarqué que le protocole du concile de 461 suppose que les évêques se sont réunis à Tours ad sacratissimam festivitatem qua domni Martini receptio celebvatur. Le document est daté Severino v. c. consule, sub die XIIII hal. decemb. La fêie de s. Martin figure, du reste, au calendrier de Perpetuus (Greg. Tur., H. Fr., X. 5,).
(1) G'efjt lo.'tbographe de Sulpice Sévère et du martyrologe hiéronymien. Grégoire de Tours écrit Bricius, le pape Zosime Britius.
(ï) Sulpice Sévère, Dial.. III, 15.
{?•) Jaffé, 331 .
(4) iout cela est raconté d'une façon très légendaire dans VHist. Franc, II, 1, et X, 31.
(5) Greg. Tur., H. Fr., II, 1, 14; X, 31.
daté du 4 octobre 45*2, et signa la lettre adressée vers le même temps, par quelques évêques, aux prélats de la IIP Lyonnaise (1). Enterré dans la basilique Saint-Martin. — Fête, le 19 septembre.
8. — Perpetuus (2). — Reconstruisit la basilique Saint- Martin et fonda celle de Saint-Pierre. Sidoine Apollinaire rédigea, pour le premier de ces deux édifices, une inscription en vers (Ep. IV, 18), où Perpetuus est dit sextus ab ipso (Martino) ; il lui adressa aussi le discours qu'il avait prononcé à Bourges lors de l'élection de l'évêque Simplicius (3). Il siégeait déjà, en 461, aux fêtes de la Saint- Martin de novembre, alors que fut tenu le concile de Tours ; il présida peu après celui de Vannes (4). On a de lui un règlement sur les jeûnes et les vigiles (5). Grégoire lui assigne trente ans d'épiscopat à partir de la soixante-quatrième année après la mort de saint Martin (461), ce qui place la sienne à l'année 491. Il fut enterré aussi dans la basilique Saint-Martin ; sa fête est marquée au 30 décembre, dans la deuxième recension du martyrologe hiéronymien.
9. — Volusianus. — Cet évêque (6) était de rang sénatorial, comme ses deux prédécesseurs immédiats; tous trois appartenaient à la même famille. Une des lettres de Rurice de Limoges (II, 64) lui est adressée. On y voit que sa femme vivait auprès de lui et qu'elle était d'un caractère désagréable. Volusien était alors en proie à des craintes du côté des ennemis (metu hostium). La septième année de son épiscopat, devenu suspect aux Wisigoths qui lui at-
(1) Ci-dessus, p. 253.
(?) Greg. Tur., H. Fr., II, 14, 26; X,31; Virt. s. Mart., I, 2, 6.
(3) Les conciles d'Angers en 453 et de Tours en 461 montrent qu'il y avait des relations suivies entre cette métropole et celle de Bourges. Tours et Bourges étaient encore romaines ; elles ne tardèrent pas à tomber aux mains des Wisigoths.
(4) Ci-dessus, p. 248.
(5) Greg. Tur., H. Fr., X, 31.
(6) Greg. Tur., H. Fr., II, 26; X, 31.
tribuaient des sympathies franques, il fut exilé à Toulouse, où il mourut bientôt, après un épiscopat de sept ans et deux mois.
10. — Verus (1). — Il mourut aussi en exil pour la même raison que son prédécesseur, après avoir siégé onze ans et huit jours. Il s'était fait représenter au concile d'Agde, en septembre 506, par un diacre appelé Léon. Cette circonstance est mentionnée, en dehors des actes du concile, dans une lettre de saint Césaire à Rurice de Limoges (2). Sa mort a dû arriver au moment où les Francs triomphaient des Wisigoths.
11. — Licinius (3). — Originaire d'Angers, il visita les lieux saints de Palestine ; puis, de retour en Gaule, il fonda un monastère sur une de ses propriétés, dans le diocèse d'Angers ; il devint ensuite abbé de Saint-Venance, près de Tours. C'est de là qu'il fut élevé au siège épiscopal, qu'il occupa douze ans, deux mois et vingt-cinq jours. Il accueillit à Tours le roi Clovis, vainqueur des Wisigoths, et assista, le 10 juillet 511, au premier concile d'Orléans. Il est un des trois évêques qui écrivirent la lettre aux deux prêtres bretons Louocat et Catihern (4).
12. 13. — Tfieodorus et Proculus. — Deux évêques qui étaient venus de Burgundie avec la reine Clotilde, chassés de leurs sièges par les ennemis. Ils étaient très vieux. La reine Clotilde leur donna l'église de Tours, qu'ils gouvernèrent ensemble pendant deux ans. — Tel est le récit que Grégoire fait à leur propos dans son libellus ; il n'en parle pas autrement dans YHistoria Francorum (III, 17), mais là il leur assigne un autre rang et les place après Léon. De plus, il leur attribue trois ans au lieu de deux.