Herlingus
46. — loseph. — Mentionné dans un document du 23 avril 802 (3). C'est vers le même temps qu'il se trouva mêlé à un conflit entre les moines de Saint- Martin et les gens de l'évêque d'Orléans Théodulfe (4). Alcuin en fait un grand éloge (ep. 149). Joseph présida aux funérailles de l'illustre moine, mort le 19 mai 804 (5).
47. — Landramnus. — D'après les Actes des évêques du Mans, il aurait été le consécrateur de Franco II, en 816 (29 juin). Il fut nommé missus en 825 (6). Convoqué en novembre 828 au concile de Paris, qui se tint l'année suivante (7). Sa signature figure au bas d'une charte d'Inchad, évêque de Paris, datée de juin 829. Le 22 décembre 832 il sacra l'évêque Aldric dans la cathédrale du Mans (8). Une charte de cet évêque mentionne l'approbation donnée par Landramne à certains actes de son suffragant (9). Le privilège de l'autre Aldric, l'archevêque de
(1) Gaugenus episcopus civitate Toronensis assista, en 769, au concile de Rome (L. P., t. I, p. 473 1. Ce nom manque au catalogue. L'autorité de celui-ci me semble trop forte pour que je me croie permis d'admettre un évêque de Tours qui n'y figure pas. Gaugenus est peut-être un évêque d'un autre siège; sur des confusions de ce genre, voy. ci-dessus, p. 286. On pourrait songer aussi à une dyonymie : Eusebius qui et Gaugenus, comme Sindulfus qui et Landolenus, Aredius sive Petruinus (t. I, p. 208, 263). Il ne faut pas oublier que, pour cette partie de la série, le texte du catalogue se fonde sur un manuscrit du temps de Louis le Pieux (ci-dessus, p. 295).
(2) Herlenus, var.
(3) Bôhmer-Mùhlb., 379.
(4) Alcuin, ep. 245, 246, 247, 249; cf. 299 {M. G. Ep., t. IV); cf. Mabillon, Annales, t. II, p. 337. Noter toutefois que le nom de l'évêque de Tours n'est pas exprimé dans ces lettres.
(5) Vie d'Alcuin, 32 (Migne, P. L., t. C, p. 106; Acla SS., 19 mai).
(6) Commem. missis data [M. G. Capit., t. I, p. 308); Bôhmer-Mùhlb., 775.
(7) Bôhm.-M., 827.
(8) Cf. les deux lettres de Drogo sur ce sujet, Gesta Aldrici, p. 160, 161.
(9) Gesta Aldrici, p. 79, 80 (éd. Charles et Froger).
Sens, pour Saint-Remi, porte sa signature (833?) (1). En février 835 il assista au concile de Thionville.
48. — Ursmarus. — Mentionné dans divers actes de l'évêque Aldric du Mans (2), dont deux sont datés de l'année 837, 1er avril. La dernière fois qu'il apparaît dans les documents, c'est en 846, à la tête d'un concile de ses suffragants (3).
49. — Landramnus IL — Il a dû siéger dès l'année 847, au concile de Paris. C'est du moins ce qui résulte d'un renseignement fourni par Flodoard (Hist. Rem., II, 2) sur l'une des affaires qui furent traitées dans cette assemblée. Il signa, vers la fin de 850 (4), la lettre adressée par L'épiscopat franc au prince breton Nominoé.
50. — Amalricus. — Siégea en 853 aux conciles de Soissons (avril) et de Verberie (août) (5). On le trouve encore au concile de Bonneuil, le 24 août 855. Mentionné dans la correspondance d'Hincmar (6).
51. — Herardus. — En partant de sa date obituaire et en calculant d'après les chiffres du catalogue, on peut fixer son ordination au 21 mars 856, qui était un dimanche. Ses statuts diocésains (7), datés de l'an III de son épiscopat et du mois de mai 858, supposent qu'il avait été consacré entre mai 855 et mai 856. Tout cela se tient. Son nom se rencontre souvent dans les documents du temps. Le der-
(1) Sur ce document, voy. la dissertation de B. Simson, Jahrbùch. d. Ludwig d. Fromm, t. II, p. 291.
(2) Gesta Aldrici, éd. cit., p. 72, 85, 94, 98.
(3) M. G. CapiL, t. II, p. 261.
(4) Je crois devoir négliger ici un diplôme de Charles le Chauve (Bouquet, VIII, p. 501) par lequel ce prince exempte de la fiscalité de l'évêque de Poitiers les églises dépendant du monastère de Saint-Florent, dans les pays, de Mauges et de Tiffauges. Cette pièce, déjà fort extraordinaire dans l'ensemble de sa rédaction, se dit de l'an IX de Charles le Chauve, c'est-à-dire de 849; cependant elle serait postérieure à l'invasion de la France occidentale par Louis le Germanique (858). De plus, elle nomme des évoques de Poitiers, Limoges, Périgueux, Angouléme, qui n'ont jamais existé. C'est une pièce apocryphe. Cf. Merlet, dans le Moyen âge, 1898, p. 21 et suiv.
(5) M. G. CapiL, t. II, p. 2C4, 421.
(6) Flodoard, //. R., III, 21.
(7) Migne, P. L., t. CXXI, p. 763.
nier où il soit question de lui, le concile de Douzy, tenu au commencement d'août 871, le mentionne comme décédé depuis peu. Un nécrologe nous a conservé le jour de sa mort, le 30 juin.
52. — Attardas. — Transféré de Nantes à Tours (1) à la fin de l'année 871. D'après le catalogue il aurait siégé jusqu'au commencement de 875.
53. — Adalardus. — Sa signature figure au bas du privilège pour Tournus, lequel est de 875. On la trouve aussi sur un acte du 3 décembre 876 (2), et depuis lors il figure en divers documents, dont le dernier bien daté est un privilège délivré par Charles le Gros, le 29 octobre 886 (3). Obit, le 19 mai. L'année doit être 891, en calculant d'après le catalogue. Cela étant admis, l'ordination devrait avoir eu lieu le dimanche 27 mars 875.
54. — Erbernus. — Il assista, en juillet 891, au concile de Mehun-sur-Loire. Un nécrologe de Saint-Martin donne sa date obituaire le 16 novembre, ce qui suppose, en tenant compte du catalogue, qu'il aurait été ordonné au mois de juillet (4). Si Ton accepte le chiffre d'années du catalogue, il serait mort en 918 (5).
Saint Victeur (Victurius), évêque du Mans (f 490), était, aux temps mérovingiens, le grand saint de cette localité. On l'honorait, le 1er septembre, dans une basilique située au delà de la Sarthe, à proximité de la ville épiscopale. Cette basilique, basilica sancti (ou domni) Victurii, est men-
(l)Voy. ci-dessous, aux évêques de Nantes. Cf. Flodoard, H. H., III, 21.
(2) Baluze, Capit. App., 105.
(3) Bôhmer-Mûhlb., 1683.
(4) Il y a peut-être quelque lien entre son ordination et le synode de Mehun.
(5) Une charte (Bouquet, IX, p. 325) est datée par le mois de mai, l'an III du roi Raoul, l'an IX de Robert, archevêque de Tours, et l'an 925 de l'Incarnation. Le mois de mai de l'an III de Raoul est le mois de mai 926. Il y a donc lieu de corriger la date de l'Incarnation.
tionnée, dès le VIIe siècle, dans les testaments des évêques Bertram et Hadoind (1). Tout près s'élevait une chapelle sous le vocable de saint Julien, évêque, basitica s. luliani episcopi (2). Au commencement du IXe siècle, ces deux églises étaient desservies par des monastères distincts, l'un grand et l'autre petit (monasterium, monasteriolum). Tel est l'état des choses dans une charte impériale de 832 (3). Alors la basilique Saint-Victeur portait aussi le nom des Douze Apôtres. On en attribuait la fondation à saint Julien, que Ton présentait comme le premier évêque du Mans. Là reposaient, avec Victeur lui-même, plusieurs autres saints personnages, notamment saint Liboire, lui aussi ancien évêque du lieu. Nous sommes renseignés sur ce point par Idon, auteur de la Translatio s. Liborii (4), où sont conservés les souvenirs d'un témoin absolument contemporain, qui avait visité les lieux en 836(5).
En ce temps-là siégeait au Mans l'évêque Aldric. Il considéra que les églises Saint-Victeur et Saint-Julien étaient trop mal desservies, trop abandonnées, pour que l'on pût y laisser les restes de tant de saints personnages. Il transféra dans sa cathédrale les corps des saints Julien, Turibe, Pavace, Romain, Liboire et Hadoind. Ces translations n'eurent pas lieu en même temps (6). Celle de Liboire est
(1) Pardessus, t. I, p. 210; t. II, p. 70.
(2) Pardessus, t. I, p. 213 (testament de Bertram).
(3) Bôhmer-MM 883.
(4) Texte publié pour la première fois par A. Poncelet, dans les Anal. BolL, t. XXII (1903), p. 156. Celui des M. G. Scr., t. IV, p. 152, n'en est qu'un remaniement.
(5) Il convient toutefois de noter que ce témoin oculaire n'écrivit qu'après la mort d'Aldric, vers 860, à Paderborn, et qu'il eut sous les yeux les Gesta et les Actus manceaux.
(6) Le chapitre 44 des Gesla Aldrici (p. 123, éd. Charles et Froger), où Aldric est supposé mort, ne peut appartenir à la rédaction primitive, arrêtée en 840. Aussi manque-t-il de précision, en faisant un bloc de toutes les translations. Ni dans ce chapitre ajouté, ni dans le corps de l'ouvrage il n'est fait mention de l'envoi de s. Liboire à Paderborn. Toutefois, le chapitre ajouté porte que Liboire et Hadoind ne furent transportés que partiellement à la cathédrale. En réalité Liboire y fut transporté tout entier, puis remis aux représentants de l'évêque de Paderborn ; mais il est possible
314 FASTES ÉPISCOPAUX DE i/ ANCIENNE GAULE.
de l'année 836, celle de Pavace, de 840 (1). Sur les autres nous ne sommes pas renseignés. La vie d'Aldric, Gesta domni Aldrici, rapporte à l'année 835, 21 juin, la consécration d'un autel de la cathédrale où Aldric déposa des reliques des saints manceaux, notamment des évêques Victurus et Victurius, Julien, Turibe, Pavace, Liboire. Cette énumération est significative. Les translations d'Aldric avaient réveillé l'attention sur ses plus lointains prédécesseurs. L'ordre dans lequel ils devaient se présenter dans les catalogues que l'on allait constituer, était déjà fixé pour le commencement de la série (w2).
Les Gesta Aldrici (3) sont, pour le Mans, le premier essai d'histoire épiscopale. Aldric, installé en 832, ne mourut qu'en 857. Son biographe, cependant, s'est arrêté à l'année 840. C'était évidemment un des clercs de son entourage (4).
Peu après, toujours du vivant d'Aldric (5), un autre clerc manceau, aussi bien placé que le précédent pour connaître les traditions et les documents de l'évêché, entreprit de constituer le livre épiscopal en entier, depuis saint Julien jusqu'à Aldric. Ce dernier ouvrage (6), intitulé Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium, nous est parvenu dans une rédaction postérieure au IXe siècle. On en connaît
qu'on ait gardé quelque chose de ses reliques. On peut supposer qu'un fait analogue se sera produit pour Hadoind.
(1) Gesta Aldrici, c. 45, p. 127.
(2) Ed. Charles et Froger, p. 17.
(3) Ed. Charles et Froger, Mamers, 1889, p. 1-127.
(4) Sur les Gesta Aldrici, voy. le travail capital de J. Havet, Œuvres, t. I, p. 275-317. Quelques points où mon opinion diffère de celle de Havet ont été indiqués dans le Bulletin critique, 1896, p. 221.
(5) Une charte impériale, délivrée le 22 mars 836 à l'évêque Aldric (Froger, p. 48), mentionne des titres relatifs à l'église Notre-Dame, titres faux ou interpolés, évidemment identiques à ceux qui figurent, dans les Actus, aux notices d'Innocent et d'Aiglibert. En partant de ce fait, M. L. Celier {Moyen Age, 1905, p 271) conjecture que déjà, en 836, cette partie des Actus devait être rédigée. Mais rien ne prouve que les titres n'aient pas été fabriqués avant les Actus. Sur la date des Actus, v. P. Fournier, dans le Bulletin critique, 1904, p. 381.
(6) J. Havet, ibid,, p. 318 et suiv.
deux manuscrits, l'un du XIIIe siècle, provenant de la cathédrale du Mans et conservé maintenant à la bibliothèque de cette ville (n° 224) ; l'autre actuellement perdu, mais dont on a une copie exécutée au XVIIe siècle par André Duchesne (1). Ils vont tous deux au delà d'Aldric : le premier jusqu'à l'évêque Guillaume de Passavant (f 1186), après lequel vient encore la notice de Geoffroi de Loudon (1234-1255); le second s'arrête dans la vie de Guy (1125- 1135). Les vies des six premiers évêques manquent à la copie d'André Duchesne ; celles des neuf premiers successeurs d'Aldric font défaut au manuscrit du XIIIe siècle. Les deux exemplaires diffèrent aussi pour la vie d'Aldric ; le manuscrit du Mans reproduit, pour cet évêque, une partie des Gesta Aldrici ; la copie de Duchesne nous présente ici : 1° la notice originale d'Aldric, rédigée de son vivant, et par laquelle se termina d'abord le livre épiscopal ; 2° une lettre apocryphe du pape Grégoire IV ; 3° une note où la mort d'Aldric est relatée (2).
Avec ce livre épiscopal sont étroitement apparentés deux catalogues épiscopaux qui figurent dans les manuscrits 99 et 224 du Mans, l'un en tête des Gesta Aldrici, l'autre en tête des Actus pontifwum. Les voici :