C. I.L., XIII
(2) Sur cette question, voy. plus loin, c. IX.
(3) Outre les cités énuœérées ici, Pline compte encore celles des Doi et des Alesui. Ptolémée ne les connaît pas. Il ignore aussi les Dajocasses et les Coriosolites. En revanche, il offre deux cités nouvelles : les Arvii, cheflieu Vagorilum, et les Vadicasii, chef-lieu Noviomagus. On a beaucoup disserté sur ces noms, sans parvenir à les identifier d'une façon plausible. Cf. ci-dessus, p. 149, note 1.
(4) Ammien place en Lyonnaise Ire, Lyon, Chalon, Sens, Bourges, Autun ; en Lyonnaise IIe, Rouen, Tours, Mediolanum (Evreux?), Troyes. Il se trompe manifestement pour Bourges, sans doute aussi pour Troyes.
(5) Sur les bronzes d'Agen (C. /. L., t. XIII, n° 921), cette province est appelée Maxima Senonia,
152 FASTES ÉPISCOPAUX DE i/ ANCIENNE GAULE.
Voici le texte de la Notice des Gaules, en ce qui regarde les provinces lyonnaises, avec l'indication des anciennes cités correspondant à chacune de celles du Ve siècle.
LUGDUNENSIS PRIMA.
metrop. civ. Lugdunensium.
civ. Aeduorum.
civ. Lingonum.
castrum Cabillonense.
castrum Matisconense.
Segusiavi(Ambarri),col.Luguiunum
Haedui.
(Lingones ex Germ. sup.).
Haedui.
Haedui.
LUGDUNENSIS SECUNDA.
metrop. civ. Rotomagensium.
civ. Baiocassium.
civ. Abrincatum.
civ. Ebroicorum.
civ. Saiorum.
civ. Lexoviorum.
civ. Constantia.
Veliocasses, Caleti.
Baiocasses, Viducasscs.
Abrincatui.
Aulerci Eburoviccs.
Viducasses (?).
Lexovii.
Unelli.
LUGDUNENSIS TERT1A.
metrop. civ. Turinorum.
civ. Cenomannorum.
civ. Redonum.
civ. Andccavorum.
civ. Namnetum.
civ. Coriosopitum.
civ. Venetum.
civ. Osismorum.
civ. Diablintum.
Turoncs.
Aulerci Cenomanni.
Redones, Coriosolitae (?).
Andecavi.
Namnetes.
Ossismi.
Veneti.
Ossismi.
Aulerci Diablintes.
LUGDUNENSIS SeNONIA.
metrop civ. Senonum.
civ. Carnotum.
civ. Autisiodorum.
civ. Tricassium.
civ. Aurelianorum.
civ. Parisiorum.
civ. Melduorum.
Senones.
Carnutes.
Senones, Haedui.
Tricasses.
Carnutes.
Parisii.
Meldi.
§2. — Origines chrétiennes.
La colonie romaine de Lyon, après avoir été, pour toute la Gaule celtique, un foyer et même un sanctuaire de
civilisation romaine, devint aussi, pour les mêmes contrées, le principal centre de la propagande chrétienne. Comment, à quelles dates, dans quel ordre les missions parties de là aboutirent-elles à la fondation de groupes chrétiens dans les diverses cités de la Lyonnaise? C'est ce que nous ne pouvons savoir, faute de documents. Sans doute, il s'est conservé, sur plusieurs points, des traditions martyrologiques, mais elles n'ont pas toujours une expression littéraire dans une passion écrite, et, quand il existe une pièce de ce genre, elle est toujours de faible autorité. Les plus anciennes paraissent être la passion de saint Symphorien d'Aulun, rédigée au déclin du Ve siècle, et celle des saints nantais Donatien et Rogatien, plus tardive encore. L'histoire de saint Symphorien est placée sous l'empereur Aurélien ; le narrateur a conscience que, même alors (v. 270), les chrétiens n'étaient pas nombreux à Autun, car il fait dire au juge : Christianus es?... nominis huius apud nos non magna professio est. Le martyre des saints nantais est censé avoir eu lieu sous Dioclétien et Maximien. Ici, comme dans le cas précédent, la chronologie du passionnaire, si elle soulève quelque objection au point de vue de l'histoire des persécutions (1), n'est nullement en désaccord avec ce que l'on peut conjecturer sur le développement de la propagande chrétienne. Rien n'est, assurément, plus admissible que l'existence de fidèles isolés ou même de petits groupes chrétiens dans les principales localités de la Lyonnaise, aux temps indiqués par ces documents. Quant à la constitution des églises épiscopales, ce qui est chose très différente, les renseignements que nous
(1) Aurélien ne peut avoir persécuté les chrétiens pendant son séjour en Gaule; il est peu croyable que, sous Dioclétien et Maximien, la Gaule, gouvernée par Constance Chlore, ait vu des martyrs proprement dits. Le nom d'Aurélien était facile à trouver dans le pays d'Autun. Cet empereur, fondateur de Dijon et d'Orléans, avait laissé une trace profonde. Quant à Dioclétien et Maximien, c'étaient, pour les gens du V" et du VIe siècle, les persécuteurs par excellence, les auteurs de la dernière et de la plus cruelle des persécutions.
avons ne nous autorisent pas à la faire remonter, pour toutes les cités, aux temps antérieurs à Constantin. Autun avait un évêque en 313, et rien ne prouve que ce soit le premier. Pour Rouen, on peut remonter un peu plus haut que cette date ; peut-être aussi pour Sens. Paris, Tours ; mais ici nous avons déjà quitté le terrain des faits acquis pour passer sur celui des vraisemblances. Il est sûr, en revanche, que les premiers évêques d'Orléans et d'Angers vivaient l'un en 344, l'autre en 372. Chartres, Auxerre, Troyes, Nantes ne peuvent pas non plus remonter au delà de Constantin. On peut donc dire, d'une manière générale et en réservant quelques exceptions, que la fondation des sièges épiscopaux, dans ces contrées, est une conséquence de la tolérance religieuse pratiquée par Constantin et proclamée par les édits de 311 et 313.
Les cadres ecclésiastiques, ici comme ailleurs, furent empruntés aux circonscriptions administratives. A peu d'exceptions près, les cités de la Notice se conservèrent dans les diocèses épiscopaux.
La fondation de l'évêché de Nevers semble être en rapport avecl'établissement d'une frontière entre les Burgondes et les Francs ; celui de Mâcon doit peut-être son origine à un arrangement analogue, conclu entre les princes mérovingiens, après la suppression de l'état burgonde. Mais là s'arrêtèrent les remaniements causés par les partages politiques. Des tentatives de fondations nouvelles, à Melun et à Châteaudun, échouèrent devant la résistance de l'épiscopat, et les vieilles circonscriptions celtiques se maintinrent comme diocèses épiscopaux, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.
Dans l'ouest seulement, il se produisit quelques modifications. La cité des Diablintes disparut, dans le courant du Ve siècle, sans que nous puissions vérifier s'il y fut ou non fondé un siège épiscopal. L'établissement des Bretons dans la péninsule armoricaine détermina des changements plus importants, sur lesquels je reviendrai bientôt. Ces
changements furent surtout des fondations d'évêchés, Saint- Pol-de-Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, Alet, Dol. On essaya d'aller plus loin et de créer au siège de Dol un ressort métropolitain, aux dépens de la province de Tours. Mais cette tentative, toujours contestée, finit par échouer complètement, et l'antique province réussit à maintenir ou à recouvrer son unité (1). Il n'en fut pas de même de la province de Sens, que l'on démembra en 1622 pour donner des suffragants au siège de Paris, érigé en métropole.
(1) Elle l'a perdue en 1859, par la fondation de l'archevêché do Rennes. D'autres changements modernes sont à signaler : la fondation des évêchés de Blois (1697), démembré de Chartres; de Dijon (1731), démembré de Langres; de Versailles (1802), Moulins (1817), Laval (1855). Les évêchés do Chalon, Mâcon, Avranches, Lisieux, Auxerre, supprimés à la Révolution, n'ont pas été rétablis.