Le dernier segment du tronc bien développé S
— Le dernier segment du tronc réduit à la coalescence basale des pattes de la dernière paire; segment 2 seul articulé (fig. 38). . A. angulatus, p. 42
G. Prolongements latéraux bien séparés; le segment 2 au moins est articulé (fîg. 37) A. virescens, p. 41
— Prolongements latéraux presque conttgus; pas de segmentation (fig. 40) A. robustus, p. 43
Dans toutes ces espèces, les griffes auxiliaires sont extrêmement réduites; elles disparaissent même tout à fait dans VA. eociguus qui représente chez nous le sous-genre Halosoma; dans toutes également, sauf VA. angulatus, les glandes cémentaires débouchent à l'extrémité d'un tube saillant situé vers le milieu de la face externe du fémur (fîg. 35 d).
A. massiliensis Bouvier. Fig 34. — Bouv. 1016, p. 14.
Long, du corps 6 mm., des pattes 6 fois au moins celle du corps, au lieu de 3 fois environ comme dans les autres espèces. Prolongements latéraux largement espacés; cou fort bref; la trompe se dilate très légèrement de la base au bout libre qui est obtus. — Le scape des chélicères dépasse l'extrémité de la trompe. A leur extrémité distalé, les coxse 2 et 3 présentent une saillie ventrale au bout de laquelle, dans la 2 e coxa, s'ouvre le pore sexuel; tibia 2 un peu plus long que le fémur et très notablement plus long que le tibia 1 ; le propode est presque deux fois aussi long que la griffe, en dehors de laquelle il se prolonge. Abdomen court, obtus, subcylindrique.
Une Q capturée par le « Travailleur » au large de Marseille, sur fond vaseux, par 445 m. de profondeur.
A. petiolatus Krôyer. Fig. 35. -7- Phoxichilidium petiolatum Kr. 18'ik, p. 123. — Anoplodactylus petiolatus Sars 1891, p. 25, pi. 11, fig. 2; Cuéxot, 1021, p. 27; — Anaphia petiolata tiotm/L* 190X, p. 202. — Phoxichilidium mutilatum Semper 181k, p. 271, pi. xvu, fig. 12-16. — Ph. longicolle Dohrn 1881, p. 177, pi. xm.
Long, du corps 1/2 - 2 mm., des pattes environ 3 fois celle du corps. Cou long, tubercule oculaire haut, droit et subaigu; tronc assez grêle, à prolongements latéraux très écartés; abdomen aussi long que les deux segments précédents réunis, subcylindrique, obtus au sommet, presque horizontal {petiolatus) ou obliquement relevé (longicollé). Trompe subcylindrique, obtuse au bout libre, un peu plus courte que le tronc. — Le scape des chélicères égale presque 2 fois la longueur des pinces dont les doigts égalent à peu près la portion palmaire. A son extrémité distaie, la 2" coxa présente une saillie ventrale, plus longue et plus forte chez le çf, où s'ouvre l'orifice sexuel (fig. 35 d); les deux tibias subégaux;
PYCNOGOXIDES. — PIIOXICHILIDIIDAE 41
la griffe un peu plus courte que le propode dont la sole offre une lame tranchante précédée de 4-6 épines.
Espèce connue depuis le sud-ouest de la Norvège et la partie septentrionale <ies lies Britanniques jusqu'en Méditerranée où elle fut capturée à Bône (CiievitEux),à Naples et àGaëte (DonitN)et par« l'Eider» au large de Monaco (Loman); en France on l'a signalée à Roscofî (Hoek), à Luc et à Arcachon (Cueisot) et je l'ai trouvée dans des captures faites dans la rivière d'Auray (Dollfusï. Elle s'étendrait au nord jusqu'à l'Alaska, d'après Gole, et au sud jusqu'à. Porto Lagunas d'après Schimkewitsch. Depuis le littoral jusqu'à 150 m.
Sur les Polypes Ilydraires, parmi les Algues, les Zostères, certains Biyozoaires, les vieilles coquilles, les coques de navires, etc. (Eufs d'avril en octobre (Carpenter) groupés en balles nombreuses. Larves parasites dans les Ilydraires : llydractinia echinata (Semper), Podocoryne carnea (Dohrn), Obelia (Dogiel) et dans les Méduses libres de certains Ilydraires, surtout des Obelia (Lebour). Corps blanc, légèrement verdâtre.
A. pygmœus (Hodge). Fig. 36. — Pallene pygmœa Hod. ISG'i, p. 11G, pi. xm. fig. 16-17. — Phoxichiiidium pygmeeum Hoek 18*1, p. 514, pi. xxvi et xxvii, fig. 22-25.
Long, du corps 1-11/2 mm., des pattes 2 fois environ cette longueur. D'après les figures de IIodge et de IIoek, différerait de petiolatus par son céphalon plus court, son corps moins élancé; IIoek ligure 4 épines en avant de la lame tranchante de la sole propodiale, mais ne représente pas •de lignes articulaires entre les segments. Sars, Norman, LEnoua etCuÉNor identifient cette espèce avec la précédente, Carpenter est d'un avis opposé; litige que de nombreux exemplaires permettront de régler.
Signalé à Plymouth etsurles eûtes de Durham (IIodge), en Irlande (Carpenter), •en Hollande, à Luc-sur-Mer (Topsext) et à RoseofT (IIoek); œufs en août, de 40 a, formant 6 à 8 balles (IIoek)»
A. virescens (Hodge). Fig. 37. — Phoxichiiidium virescens Hod. I8C/1, •p. 113, pi. xm, fig. 13-15; IIoek 1881, p. 517, pi. xxvn, fig. 26-28.
Long, du corps 11/2-2 mm., des pattes environ 3 fois cette longueur. D'après les figures de Hodge et de IIoek, cette espèce a le corps comprimé, les prolongements latéraux par suite peu largement séparés, le céphalon court, plus large que long, sans cou distinct, l'abdomen un peu oblique; la trompe est brusquement tronquée en avant et s'épaissit un peu au milieu; les deux tibias sont subégaux et plus courts que le fémur qui, chez le c?, parait dépourvu de saillies cémentaires.
Signalée d'abord à Polperro dans le sud de l'Angleterre (Hodge), cette espèce -a été retrouvée au Portel (Dantan), à S'-Malo et à Roscoff (Grcbe) ; M. Cuéxot me la signale à Luc, et j'ai identifié [1923) avec elle un exemplaire capturé à Celte; dans cet exemplaire, le bout antérieur de la trompe n'est pas franchejnent tronqué; il est légèrement convexe et sans les angles figurés par Hoek.
Se tient parmi les Grantia (Hoek), sur les Éponges, de préférence sur les Éponges calcaires (IIallez). Couleur vert pois (Hodge).
A. angulatus Dorhx. Fig. 38. — D. 1881,'p. 184,pl. xn, fig. 1-12. — Très voisine de la précédente dont elle diffère, semble-t-il, par ses glandes cémentaires qui s'ouvrent en dessus vers le milieu du fémur dans de petites dépressions dont le nombre varie de 2 à 6. Les bords antérieurs de la trompe, qui est carrément tronquée, forment des angles latéraux saillants.
Golfe de Naples (Dohrn); j'ai trouvé un exemplaire des plus typiques dans les matériaux recueillis au laboratoire de Cette (1923).
Fig. 38 à 41. — 39.Anoplodaclylusangulalus(fa,vec la base d'une patte et un ovigère, face' ventrale; 38 a, extrémité d'une patte (d'après Dohr\). — 39. Anoplodactylus exiguus Cf avec l'attache des pattes, face dorsale; 39 a, extrémité d'une patte (d'après Dohrn). — 40. Anoplodaclylus robustus cf avec la base des pattes d'un côté, face dorsale; 40 a, extrémité d'une patte (d'après Dohrn). — 41 PhoxichUidium femoratum c? avec les appendices céphaliques, face ventrale ; 41 "a, céphalon et 1 er segment thoracique, face dorsale; 41 b, extrémité céphalique de côtéavecses appendices; 41 c, extrémité d'une patte (d'après Sars).
PYCNOGONIDES. — PROXICHILID11DAE 43
A. exiguus (Dohrn). Fig. 39. — Phoxichilidium exiguum D. 1881, p. 181, pi. xii, fig. 19-26. — Anoplodavtylus (Halosoma) exiguum Loman 1012, p. 2 et 12.
Long, du corps 1 mm. Corps condensé, avec une légère saillie dorsale sur les prolongements latéraux, céphalon plus large que long, son tubercule oculaire en cône obtus. Pattes assez fortes, leur fémur avec un tube cémentaire chez le <j\ la griffe terminale sans griffes auxiliaires.
Assez commun dans le Golfe de Naples associé aux Podoeorynes. Capture à Monaco et aux environs jusqu'à 20 m., tantôt sur les Algues calcaires, tantôt sur la coque des navires; les cf portent des œufs en décembre aussi bien qu'en mai (Loman). Je l'ai trouvé dans les matériaux pris au voisinage des Glénans (Dollfus); probablement aussi a l'île de Ré.
A. robustus (Dohrn). Fig. 40. — Phoxichilidium robustum D. 18N1, p. 188, pi. xii, «g. 13-18.
Long, du corps 2 min., des pattes environ 3 fois celle du corps. D'après Dorhn, le tronc est dépourvu de lignes, articulaires et l'on observe une saillie distale arrondie au côté externe ou dorsal du fémur et du 2 e tibia. Dépressions cémentaires sur le fémur des ç? comme dans VA. nngulatus dont l'espèce est très voisine.
. Signalé seulement à Naples.
G. PHOXICHILIDIUM H. Milke-Edwabds 18'iG
Céphalon (fig. 41) tronqué en avant, plus large que long, avec le tubercule oculaire au milieu; tronc cylindrique ù prolongemenls latéraux largement écartés : abdomen réduit. Chélicères assez forts, à scape simple, leur pince à doigts inermes un peu croisés. Pattes longues, grêles et nues, leur fémur très dilaté chez les Q, sans orifices apparents pour les glandes cémentaires chez les çf ; sole du propode à épines, sans lame tranchante; œufs de petite taille et formant de nombreuses balles.
Très voisin des Anoplodactylus, qui furent longtemps confondus avec lui, ce genre compte 2 espèces, une antarctique et la suivante.
Ph. femoratum (Rathkb). Fig. 41. — Nymphon femoratum Rath. 1100, p. 201. — Phoxichilidium femoratum Hoek 1881, p. 512, pi. xxvr, fig. 18, 20, 21, pi. xxvn, fig. 19; Sars 1891, p. 21, pi. n, fig. 1; Norman 1008, p. 201. Ph. maxillare et minor Wilson 1818, p. 12 et 13. — Orithya coccinea Johnston 1831, p. 378-
Long, du corps 2 à 3 mm., des pattes un peu moins de 3 fois cette longueur. Prolongements latéraux courts, tubercule oculaire conique abdomen obtus, très fortement oblique. Trompe mesurant à peu près les deux tiers de la longueur du tronc, avec un sillon transverse précédant le bout distal qui est obtus. — Les deux tibias subégaux et plus courts que
le fémur; talon du propode peu saillant; griffés auxiliaires ayant environ le 1/G de la griffe principale. D'après Sars il y aurait un orifice sexuel sur la 2 e coxa de toutes les pattes dans les deux sexes, tan dis que, d'après Hoek, ces orifices seraient localisés sur les pattes des trois paires postérieures (').
Espèce répandue dans tout l'Atlantique septentrional, depuis le nord-est des Etats-Unis, le Groenland et la Mer de Mourman jusqu'à la Hollande et la côte française de la Manche où elle fut d'abord signalée à RoscofF par Grube ^ je l'ai trouvée, en 1923, en particulière abondance dans les matériaux du laboratoire de Wimereux, elle est également abondante au Portel (Daman), rare au contraire à Luc (Topsent) ; se tient depuis la côte jusqu'à près de 200 m. de profondeur, fréquentant surtout les Ilydraires où ses larves vivent en parasites, Coryne pusiila, Syncoryne eximia (Hodge, AluianI, Tubularia larynx (Lomax), Bougainvillea ramosa (Hallez). Les balles d'œufs sont portées par les çf durant la belle saison tout au moins; il peut y en avoir 14 sur un çf et chacune compte environ 100 œufs représentant la ponte d'une Ç (Loman). L'animal est ordinairement rougeâtre, parfois brun ou sépia. Prell (1911) observe qu'il se nourrit d'Eudendrlum, de Tubulaires, de Clava, de Campanulaires, de Bryozoaires du genre Crisia; il le figure et le décrit broutant des tentacules de Lucernaires.
F. CHIL0PH0XIDAE
Corps grêle (fig. 42), dépourvu d'épines, à céphalon court, plus large que long et portant le tubercule oculaire dans sa partie postérieure. Ghélicères et palpes manquent; ovigères de 7 articles, sans épines spéciales, et absents chez les Q- — Pattes longues et grêles, avec la 2 e coxa longue, le tarse court, le propode arqué et sans talon bien net; des griffes auxiliaires. Orifices sexuels sur la coxa de toutes les pattes dans les 9 . des pattes des trois dernières paires dans le cf. Œufs très petits et groupés en balles nombreuses sur le même individu. Fémur dilaté dans la 9, avec de nombreux pores cémentaires dans le ç? (fig. 42 d).
Phoxichilidiidés sans chélicèras, ces animaux ne forment qu'un genre .
G. CHIL0PH0XUS 1902 (*).
[Phoxichilus Leach 1815 (nec L\trcille 1810); Endeis Philippe 1843.] Le genre compte 7 espèces localisées dans les régions subpolaires et chaudes
1. J'ai vu un orifice sexuel sur toutes les pattes dans les Ç, sur les pattes des trois paires postérieures dans les çf; mais les orifices seïuels des a* sont très petits, très .1 1 1 (ici les à voir et il se peut que je n'aie pas aperçu celui des pattes antérieures.
2. Pour la synonymie de ce genre et de divers autres Pycnogonides voir Stebuins (1902), Norman {1908) et surtout Loman I1U15).
PYCX0G0N1DE&. — CHILOPHQXIDAE
des deux hémisphères, où elles se tiennent entre la côte et 'i0 m. de profondeur. Nos mers en renferment 2 espèces :
1. Fémur plus long que le tibia 1 et environ delà longueur du tibia-2; taille médiocre (fig. 42) C. spinosus, p. 15
— Fémur à peine plus long que le tibia 1 et beaucoup plus court que le tibia 2 (fig. 43) C. charabdaeus, p. 40
Fig. 42 et 43. — 42. Chilophoxui spinosus çf avec l'oviçère d'un coté, face dorsale; 42 a, tubercule oculaire ; 42 b, extrémité postérieure du corps, de côté avec l'abdomen relevé et lo prolongement coxal de la patte postérieure (ces a fleures d'après Sars); 42 d,fénuir de la patte III avec ses tubes et sa glande cémentaires; 42 c, extrémité d'une patte (ces 2 ligures d'après Doiuii\). — 43. Chilophoaus charabdaeus, extrémité d'une patte (d'après Dourn).
Ch. spinosus (MontagueU Fig. 42. — PAalangium spinosumMoxT. 1808, p. 100, pi. x, fig. 7. — Phoxichihis spinosus Johnston 1837, p. 367; Sars 1891, p. 15, pi. i, fig. 3; Bouvier 1917, p. 30, pi. h, fig. 2. Ph. laevis Grube 1871, p. 5, pi. i, fig. 1. Ph. vulgaris Dohrn 1881, p. 169, pi. x, x a et xi. — Endeis spinosus Norman 1908, p. 233. — Chilophoxus spinosus Stedding 1902, p, 188.
Long, du corps sans la trompe 3 à 6 mm., des pattes 3 à 4 fois cette longueur. — Corps nu, à prolongements courts et très espacés, à tubercule oculaire en cône aigu; l'abdomen cylindrique, vertical, un peu plus long que les prolongements latéraux; la trompe un peu plus courte que le tronc, obtuse en avant, rétrécie à la base, légèrement renflée dans sa partie médiane. — Pattes un peu irrégulières à sause
d'un certain nombre de saillies qui se terminent par des soies spiniformes inégales et isolées, la 2 e coxa plus longue que les deux autres réunies, le fémur de la longueur du tibia 2 et présentant chez le c? une rangée de 15-17 tubules cémentaires (fig. 42 d) ; griffes auxiliaires un peu plus courtes que la moitié de la griffe principale.
Depuis les régions septentrionales de la Norvège jusqu'en Méditerranée et aux Açores ; signalé par Cole (1910) aux Etats-Unis jusqu'en Floride. Commun à la côte parmi les Algues et les Hydraires; peut descendre jusqu'à 318 mètres. Les œufs mesurent 65 ;x (Hoek) ; ils forment des balles si nombreuses que le ventre tout entier du c? peut en être recouvert iDoiirn) ; on les trouve tout au moins en juillet (Hoek); les jeunes larves restent quelque temps fixées aux ovigères et aux paquets d'oeufs. Coloration verte, parfois brunâtre ou rosée. Lebour a trouvé des jeunes sur les méduses libres d'Obelia.
Ch. charabdaeus Dohrn. Fig. 43. — D. 1881, p,. 174, pi. x, fig. 7-13, pi. x a, fig. 14, 15, 21, 22, pi. xi, fig. 11, 14, 15.
Ressemble à l'espèce précédente dont elle diffère seulement par sa taille beaucoup plus grande, 8-10 mm. sans la trompe, par la long, prédominante du tibia 2 et par ses griffes auxiliaires qui dépassent le milieu de la griffe principale. Il y a 23-26 tubules cémentaires sur le fémur des pattes du c?.
Découvert à Charybde et trouvé ensuite dans le golfe de Naples sur des fonds qui peuvent atteindre 80 mètres.
O. ASCORHYNCHOMORPHES Pocock 1909 [emend.
Céphalon très variable; trompe au moins aussi longue que le tronc, presque toujours fortement ovoïde ou fusiform* 1 , son insertion verticale, ou oblique en arrière, rarement ventrale. — Palpes et chélicères très variables, parfois nuls. Des ovigères dans les deux sexes. (Les autres caractères au tableau des ordres, p. 24.)
Cet ordre est représenté dans toutes les mers du globe; on ne lui connaît pas de formes décapodes. Il compte 116 espèces qui*se répartissent entre les deux familles suivantes.
Tableau des familles
Trompe d'ordinaire ramenée ventralement en arrière ; pas de griffes auxiliaires (fig. 44) F. Eurycydidae, p. 47
Trompe plus ou moins obliquement dirigée ; des griffes auxiliaires (fig. 52) F. Ammotheidae, p. 50
PYCXOGOXIDES. — EURYCYDIDAE 47
F. EURYCYDIDAE
D'ordinaire, et du moins dans toutes les formes de notre pays, les segments du tronc sont articulés entre eux et le dernier s'articule avec l'abdomen. — Chélicères développés mais faibles; palpes de 10 articles ce qui tient à la division en deux de l'article basai (9 articles seulement dans les Oor/u/nc/ius, 7 dans les Bôhmià). Toujours des ovigères de 10 articles avec épines spéciales denticulées et griffe terminale.
Famille de 26 espèces -réparties entra 4 genres dont, deux,- Oorhynchus et Bù/inna (celui-ci avec trompe conique) sont aberrants et propres aux mers antarctiques. Les deux autres ont des représentants dans notre hémisphère.
Tableau des genres.
1. Trompe articulée sur un long scape (lig. 44). G.*Eurycyde, p. 47 — Trompe insérée directement sur le céphalon (fig. 45) . • . . G. Ascorhynchus; p. 47
Le genre Eury cycle Schiotdte (1857) est représenté par 5 espèces sublittorales nu subabyssales, dont une arctique E. Inspida Kiiôyer (I8iï\ se trouve depuis le Groenland jusqu'à la Mer de Mourman (fig. 44), une tropicale, /:'. raphiaster Loman {1912) des Iles du Cap-Vert; deux sont indo-malaises( la cinquième est de Californie.
Avec ses chélicères bien développés et munis d'un scape de 2 articles, ses palpes et ses ovigères à structure complexe, le genre Eurycyde rattache le groupe des Ascorhynchomorpbes aux Decolopoda, c'est-à-dire aux Colossendéomorphes primitifs.
G. ASCORHYNCHUS Sars 1878.
[Gnamptorhync/ius Dôiiji 1879, Parazctes Slater 1879, Scœorliynclius Wnso.v 1881, Barana Donn\ 1881].
Prolongements latéraux (fig. 46) largement séparés, abdomen allongé, de même que le céphalon qui porte le tubercule oculaire entre le milieu et le bord frontal; trompe longuement ovoïde, rétrécie à sa base. — La pince des chélicères réduite à un moignon, le scape simple, rarement de 2 articles. Tarse parfois assez long, mais toujours moins que le propode qui est droit ou peu arqué; de petits pores cémentaires groupés ou disséminés sur le fémur des Cf. Orifices sexuels de ces derniers sous la 2* coxa des pattes des deux paires postérieures, ceux de la ç à la même place sur toutes les pattes. — Taille parfois assez grande.
Le genre compte 18 espèces dont une, VA. trldcns Meixert, se trouve dans les abysses septentrionales de l'Atlantique. La plupart des autres habitent le Pacifique. Les trois suivantes seulement se rattachent plus ou moins à la faune de nos régions.
1. Trompe ramenée ventralement en arrière ; segments du tronc au moins aussi longs que les prolongements latéraux (fig. 46) . . . ,
— Trompe obliquement dirigée en avant ; segments du tronc beaucoup plus courts que les prolongements latéraux (fig. 47i . . A. arenicola, p. 49
2. Tubercule oculaire pourvu d'yeux ; un fort tubercule dorsal aigu sur chaque segment du tronc; propode arqué (fig. 46]. . . . A. Castelli, p. 49
— Tubercule oculaire aveugle ; une très légère saillie dorsale sur chacun des trois segments antérieurs du tronc; propode droit (fig. 45) ' A. abyssi. p. 49
Fig. 44 à 47. — 44. Eurycyde hhpida çf vu de cùté avec ses appendices céphaliques (d*après Saiisi. — 45. Abcorhynchus abyssi apicalis, céphalon et trompe vus de côté avec la base des appendices (d'après le type). — 46. Ascorhynckus Castelli de côté avec ses appendices (d'après Dohrn). — 47 Ascorhynchus arenicola- çf avec ses appendices cophaliques, face dorsale; 47 a, extrémité d'une patte (d'après Dournj.
PYCN0G0NIDES. — EUItYCYDIDAE 49
A. abyssi Sans. Fig. 45. — S. i^T/J et W.)l, p. 133, pi. xm, lig. .4. <iht/ssi var. tipicalis Bouvier LU 11, p. 37, pi. iv, lig. X. A. Castclli Loman l'jh, p. 8.
Essentiellement arctique et abyssale, cette espèce touche quelque peu à notre faune, car elle fut prise au sud du Portugal, par 1.300 m. de profondeur, durant les campagnes monégasques. La forme portugaise se distingue de la forme arctique par ses tubercules dorsaux plus élevés et plus aigus, surtout par son tubercule oculaire qui, au lieu d'être un tronc de cône mucroné, s'allonge en une pointe conique recourbée en avant (fig. 45^ ; long, du corps 3 mm. D'après Sars, la 2 e coxa de cette espèce est dilatée chez les 9 et les œufs énormes, de 800 p. environ, sont portés isolément par les ovigères. L'A. tridens Meinert est probablement identique.
A. Castelli (Dorntx). Fig. 46. — BaranaCastelliD. LHHl, p. 125, pi. r.
Long, du corps sans la trompe ni l'abdomen 5 mm., des pattes environ 2 fois 1/2 cette longueur. Tronc subcylindrique, abdomen cylindrique, horizontal, aussi long que le plus grand segment du tronc ; le céphalon aussi allongé que les deux segments qui le suivent, à tubercule oculaire conique et droit. Trompe rétrécie en pédoncule à sa base et vcntralement infléchie. Pattes avec une puissante saillie obtuse à l'angle distal supérieur du fémur et du tibia 1 ; le tarse égale environ le quart de la longueur du propode et la griffe le tiers; des soies éparses sur les pattes.
Trouvé à la côte, dans les endroits rocheux du golfe de Naples.
A. arenicola (Dohiix). Fig. 47. — Barana arenicola D. Lif*l, p. 129, pi il, lig. 2-8.
' Un peu plus petit que le précédent '3-4 mm.), dont il diffère par son corps dépourvu de saillies, mais orné de longs poils, par ses sep-menls bien plus larges que longs, aplatis, les prolongements latéraux deux fois plus allongés que la largeur des segments; abdomen cylindrique, presque ■ aussi long que les trois derniers segments, aplati et présentant deux paires d'expansions latérales ; tubercule oculaire élevé, en tronc de cône obtus, ■oculé; trompe dirigée obliquement en avant. — Le tarse égale plus du •quart du propode qui est arqué; la griffe égale la moitié du propode.
Trouvé dans le golfe de Xaples, par 30 m., sur fond sableux, avec des Bryozoaires du genre Serialia, et à des profondeurs plus grandes, dans la vase. Son ■corps aplati lui permet de se dissimuler dans les couches superficielles du bable. /Uufs réunis en une masse que portent les deux ovigères.
50 TAUNE DE FRANCE. — PYCXOGOXIDES
F. AMMOTHEIDAE.
A part une ou deux exceptions pour chaque caractère, les Ammothéidés se distinguent par leur trompe dirigée "obliquement en avant, leurs ovigères dépourvus de griffe terminale et leurs pattes armées de griffes auxiliaires. Pour le reste, leur constitution varie d'un genre à l'autre.
Ces genres sont au nombre de 15, comprenant 90 espèces. Cinq d'entre eux„ propres aux mers indo-pacifiques, forment la tribu des Nymphopsinae qui, par la structure du corps et des appendices qui sont longs et grêles, établit le passage aux Eurycydidés. Les dix autres se distinguent à leurs pattes relativement courtes et robustes, et à leur corps trapu dont les prolongements latéraux sont plus ou moins rapprochés; ils forment la tribu des Ammotheinae dont cinq sont exclusivement propres aux régions australes ou antarctiques; les quatre suivants soin représentés dans nos régions :
Tableau des genbes
1. Une griffe terminale aux ovigères, chélicères nuls (fig. 58). . .
. . G. Rhynchothorax, p. 59
— Ovigères sans griffe terminale. Des chélicères presque toujours réduits et sans pince (fig. 571 2
2. Palpes de 8 ou 9 articles (fig. 52). ... G. Ammothea, p. 50
— Palpes ayant au plus 7 articles 3
3. Ovigères de 10 articles, palpes de 4 (fig. 56\ . G. Clotenia, p. 57
— Ovigères de 6 ou 7 articles, palpes de 7 ,fig. 57)
G. Trygaeus, p. 57
G. AMMOTHEA Leacii 181b.
Céphalon et segments du tronc toujours larges, de sorte que le corps n'est jamais bacilliforme; prolongements latéraux forts, peu éloignée ou contigus. — Chélicères à scape suivi d'un moignon, jamais en pince chez l'adulte dans nos pays- Ovigères de 10 articles. Tarse très cowt, propode plus ou moins en arc, sans talon basai bien différencié. Orifices sexuels sur la 2 e coxa des pattes des deux paires postérieures chez le cf. de toutes les pattes chez la Q .
Littoraux ou sublittoraux, répandus dans toutes les mers. Les Pycnogonides de ce groupe se divisent en trois sous-genres qui sont étroitement unis et rattachés les uns aux autres par des intermédiaires :
1° Ammothea s. str. Levch 181b p. 33 (Leionymphon Mômus 1002), 2" Ammothella Verrill 1900, p. 581; 3° Achelia IIodge 186b (vraisemblablement synonyme de Pkanodemus Costa 1838, Pephredo et Pasit/ioe Goonsin 4S42, Pariboca Piiilippi 18'a3, Alcinous Costa 1864).
PYCNOGONIDES. — AMMOTHEIDAE 51
Sous leurs formes typiques ces trois sous-genres peuvent se caractériser comme il suit :
1. Palpes de 9 articles (fig. 50 a), pas de saillie coxale pour l'orifice sexuel ni do saillie cémentaire fémorale chez, le cf> segments 2 et 3 du tronc bien articulés 3
— Palpes de 8 articles, saillie coxale pour l'orifice sexuel chez le cf et saillie cémentaire fémorale (fig. 54 b): segmentation du tronc souvent incomplète ou atrophiée; ovigères à épines spéciales denticulées, taille réduite (fig. 52) S:-G. Achelia
S. Chélicères à scape d'un seul article, ovigères sans épines spécialest souvent assez grande taille S. -G. Ammothea.
— Chélicères à scape de 2 articles; ovigères à épines spéciales denticulées; taille réduite (fig. 49) S.-G. Ammothella.
Le sous-genro Ammothea est représenté par 14 espèces dont 12 antarctiques une de la Caroline et une californienne ; parmi les 8 espèces à' Ammothella, 3 habitent nos régions de même que 5 espèces A' Achelia sur les 37 actuellement connues.
i. Palpes de articles, pas de saillie fémorale cémentaire ni de saillie coxale chez le cf ; scape des chélicères de 2 articles dont le basai est parfois soudé au céphalon {Ammothella, fig. 49). . 2
— Palpes de 8 articles, saillie cémentaire fémorale et saillie coxale chez le c? ; scape des chélicères d'un seul article, rarement avec
un second soudé au céphalon (Achelia, fig. 52) 4