‹ Faune de la Normandie (volume 2)Chapitre 39 sur 125 · Graculus eremita L. — Crave commun · texte numérisé non relu

Graculus eremita L. — Crave commun

Coracia erythrorhamphos Vieill., C. gracula G.-R. Gray.

C'orvus eremita L., C. graculus L.

Fregilus erythropus Sws., F. europaeus Less., F. graculus Cu. |

Gracula pyrrhocorax Scop.

Graculus eremita K.-L. Koch, G. graculus Sharpe.

Pyrrhocorar graculus Temm., P. rupestris Brehm.

Coracia à bec rouge, C. crave.

Crave ordinaire, C. vulgaire.

Crave.

DEGLAND et GERBE. — Op. cit.,t. I, p. 205.

LEMETTEIL. — Op. cil., Omnivores, p. 265; tir. à part, {Ep 105:

BREHM. — Op. cit., t. I, p. 277, et fig. 92 (p. 279).

DuBois. — Up. cit.: texte, t. I, p. 238: atlas, t. [, pl. 53, et pl. XIII, figs. 48.

Le Crave commun habite les montagnes, jusqu'aux neiges éternelles, et, pendant la saison froide, descend et séjourne dans les vallées. Il est sédentaire et migrateur, et vit en bandes nombreuses. Ses mœurs sont diurnes. Son vol est rapide et léger. Sa nourriture se compose principalement d'Insectes et d'Arachnides ; il mange aussi des fruits charnus. La femelle ne fait annuellement qu'une couvée, de trois à cinq œufs. La ponte a lieu en mai. La durée de l'incubation est de dix-huit à vingt Jours. Cette espèce niche isolément. Le nid est construit avec des branches mortes et des herbes sèches, et garni intérieurement de brindilles mortes, de mousse, de laine et de poils ;: il est placé dans une crevasse de rocher très-escarpé. Cet Oiseau niche parfois sur des clochers de village dans les montagnes.

Seine-Inférieure :

Espèce mentionnée, sans aucune indication géonémique, comme nayant encore été observée qu'une fois dans la Seine-Inférieure. [J. HarDpy. — Op. cit., D: 200:|.

« I] s'est reproduit plusieurs fois à Antifer et dans les falaises de Ja Basse-Seine à Oudalles et à Orcher.……. Cet Oiseau à été observé à Gruchet-le-Valasse, au printemps de 1864. IT se trouvait dans une bande de Choucas. » [E. LEMETTEIL. — Op. cit., Omnivores, DO AU AMD D. 105)

J'ai vu au pied des falaises du phare de La Hève près du Havre, au mois de mars 1870, par deux fois, à très-peu de Jours d'intervalle, en un temps de forte gelée et le matin, une bande (5 ou 6?) de Craves qui se tenaient parmi les petites roches basses. [André LE BRETON, renseign. manuscrit, 1890].

Calvados :

Un individu a été abattu aux environs d’Orbec (?): il a le bec beaucoup plus arqué et plus long que chez ceux que jairreeus des Pyrénées: Cest, Je pense, une anomalie. [Émile ANFRIE, renselgn. manuscrit, 1888]. [Collection de Émile ANFRIE, à Lisieux (Calvados) le

« Un exemplaire tué à Monts, en septembre 1888 ». [Albert FAUVEL, renseign. manuscrit, 1890]. [Collection de Albert FAUVEL, à Caen|.

Manche :

« J'ai possédé cet Oiseau vivant. Il venait des falaises de Jobourg près Cherbourg ». [LE SAUVAGE.— Open, pe].

« I niche dans les falaises de Jobourg ». | Emmanuel CANIVET. — Op. cit., p. 10].

«Rare. Habite les falaises du N.-0. du département de la Manche. I a été rencontré à Notre-Dame-de- Cenilly, en 1870 ». [J. Le MENNIcIER. — Op. cit., De 2518

3° Genre. NUCIFRAGA — CASSE-NOIX.

|. Nucifraga caryocatactes L. — Casse-noix com- PAU:

Caryocatactes caryocatactes Schleg., C. quttatus Nilss., C. maculatus K.-L. Koch, €. nucifraga Nilss.

C'orvus caryocatactes L.

Nucifraga brachyrhynchos Brehm, N. caryocatactes Leach, N. quttata Vieill., N. macrorhynchos Brehm.

Casse-noix ordinaire, C. vulgaire.

BERT. — 09. cil., p- 99 ; tir: à part, p-Hl.

DEGLAND et GERBE. — Op. cil., t. I, p. 207.

LEMETTEIL. — Op. cit., Omnivores, p. 266; tir. à part, top 106: |

GENTIL. — Op. cit, Passereaux;. p.194; 0ûr-#0p48e JE 22

Dupois. — Op. cit.: texte,.t. Lp:5253 atlas CES pl. I, fig. 53, et pl. XVII, figs. 49.

Le Casse-noix commun habite tout particulièrement les forêts et les bois de Pin cembra (Pinus cembra L.). Il est sédentaire et migrateur, et vit par familles ou en bandes. Ses mœurs sont diurnes. Son vol est léger, à peine saccadé, et assez lent ; 1l se suspend aux rameaux, se tient aux troncs et aux branches comme le font les Pics, frappant à coups de bec l'écorce, dont il enlève des fragments pour saisir les Insectes, et marche facilement. IT est plus ou moins omnivore. Sa nourriture se compose de graines de Pins, tout particulièrement dé celles du Pin cembra, qui forment

sa nourriture favorite, de noisettes, de faines, de glands, détruits charmus #dinsectés,..de Vers’ de Mollusques, d'œufs et de petits Oiseaux, de petits Mammifères, etc. Vers la fin de l'été, en prévision de la disette causée par la saison froide, cet Oiseau entasse, dans des trous d'arbres et des fissures de rochers, de grandes quantités de noisettes, de #lands déngranes de Pins, etc, quil recueille d'une manière fort curieuse (voir, à ce sujet, la note ci-dessous). La femelle ne fait annuellement qu'une couvée, de trois à six œufs. La ponte a lieu en janvier, février, mars ou avril. Cette espèce niche isolément. Le nid est construit avec des petites branches en partie vertes, entremêlées de lichens et HÉmmoussesCbIMinemeur est sarmde lichens "de brins d'herbes sèches et de radicelles. Les branches qui entrent dans: la composition du nid sont quelquefois, dit A.-E. Brehm (Op. cit., t. I, p. 305), « réunies entre elles par une espèce de ciment formé avec de la poussière d'arbres vermoulus, Sachéenavecde la terre boueuse;. dans ce’ cas, le double contour du nid se trouve également garni de mousse, de foin, et même de duvet de fleurs, surtout de Tussilages et d'aigrettes de Chardons ». Le nid est placé sur de fortes branches d'un Conifère, près du tronc. Parfois, d’après Bailly, cet Oiseau s'approprie un nid d'Écureuil, avant qu'il contienne les Jeunes, gardant toujours pour l'intérieur Îles matières molles, les lichens et la mousse, qui étaient destinés à recevoir la portée de ce Mammifère Rongeur.

Note. — « À la fin de juillet et pendant le mois d'août, dit de Sinéty! (Op. infrà ceit., p. 786), quand les noisettes sont mûres, le Casse-noix descend régulièrement des régions moyennes des montagnes de la Suisse, où il habite en grand nombre, et s’approche des lacs et des villages, dans les parties où croissent les Noisetiers. Il en cueille les fruits, les épluche de manière à les dégager de leur enveloppe foliacée, en conservant l’amande

1. De Sinétv. — Note sur une poche buccale chez le Casse-noiæ (Nuci- Jraga caryocatactes), in Compt. rend. hebdomad. des séanc. de Acad. des Scienc., Paris, t XX XVI, 1sem. 1853, p. 735.

recouverte de sa coque ligneuse, puis, les introduisant une à une dans son gosier, il en emporte jusqu’à douze ou treize à la fois ».

Pour faire ses abondantes provisions, cet Oiseau se sert d’un organe particulier.

« Cet organe, dit le même auteur (loc. suprà eit.), est un sac à parois très-minces, ouvert immédiatement sous la langue bifide de l’'Oiseau, et dont l’orifice occupe toute la base de la cavité buccale...... Ce sac, extrêmement dilatable, est situé au devant du cou, où 1l fait saillie des trois quarts à gauche de la ligne médiane. Sa longueur est environ des deux tiers de la longueur du cou. de FOisear ere

« Mais, comme si la nature n'avait pas cru faire assez en dotant le Casse-noix...... d’une poche assez semblable à celle des Pélicans, elle lui a donné, en outre, un œsophage trèsdilatable aussi pour lui servir de seconde poche...... Lorsque ces Oiseaux sont chargés et regagnent leurs cachettes pour y déposer leurs provisions, la nourriture qu'ils ont entassée dans leur poche et dans leur œsophage, leur forme comme un énorme goitre sous le cou; cette grosseur, qui atteint quelquefois le double du volume de la tête de l’animal, est très-apparente, même quand il vole. J'en ai tué souvent dans ce moment-là... et j'ai retiré jusqu'à sept noisettes du sac buccal, et six autres noisettes de l’æsophage d’un même individu ».

Normandie :

« Cette espèce se trouve très-rarement en Normandie ». [C.-G. CHESNON. — Op. cit., p. 239].

Espèce mentionnée, sans aucune indication géonémique, comme étant de passage accidentel en Normandie. [Noury. — Op. cit., p. 88].

Seine-Inférieure :

Espèce mentionnée, sans aucune indication géonémique, comme ayant été observée plus d’une fois dans la Seine-Inférieure. [J. HARDY. — Op. cit., p. 283].

« Il s’est fait, en 1844, un passage considérable de ces Oiseaux. Nous ne pensons pas qu'ils se soient montrés depuis cette époque ». [E. LEMETTEIL. — Op. cit., Omnivores, :p268; ra part, t.-LD-A0b

Celtenespèce arété tuée à Dieppe,.en 1844: [C.-D. DEGLAND EU ZMGERBE. —" Op: cit., t.L:p. 208]. — Ces deux auteurs disent ({oc. cit.) que le passage de 1844, qui a eu lieu dans beaucoup de contrées de la France, a duré de la mi-septembre à novembre. C’est donc pendant cette partie de l’année que l'espèce en question a dù être de passage dans la Seine-[nférieure He CG. de K.|!

« En novembre 1868 a eu lieu, dans la Seine-Inférieure, un passage moins nombreux que celui de 1844. Une femelle adulte, qui fait partie de ma collection, a été abattue le 17 ou le 18 novembre, dans les bois du Platon à Lillebonne ; un autre individu a été observé, à la même époque, dans les bois de Tous- Vents à Gruchet-le-Valasse. » [E. LEMETTEIL, renseign. manuscrit, 1890].

Un individu a été tué dans le bois de Beaumont près Eu, en octobre 1887, et un autre à Canehan. [Louis-Henri BourGeois, renseign. manuscrit, 1888].

Eure :

Un individu a été tué à La Broche près Étrépagny. [Musée d'Histoire naturelle de Gisors (Eure)|. [Examiné par H. G. de K..|.

« On tua deux individus, il y a quelques années, aux portes mêmes de Bayeux. Deux autres ont été vus cet hiver dans la forêt de Touques. L'un a été tué et est dans ma collection ». | LE SAUVAGE. — Op. CU Da MS:

« Escoville, 18 octobre 1864; et male, bois de Bavent, 20 octobre 1864 ». [Albert FAUVEL, renseign. manuscrit, 1890]. [Collection de Albert FAuveLz, à Caen|.

Deux individus ont été tués dans les environs de Lisieux. L'un d'eux est une femelle, qui à été abattue le 9 octobre 1868. [Émile ANFRIE, renseign. manuscrit, 1888].

Un individu a été tué à Vire. [Arthur GEFFROY, renseign. manuscrit, 1888].

4 Genre. PICA — PIE.

|. Pica caudata L. — Pie commune.

Cleples pica Cab.

Corvus pica L., C. rusticus Scop.

Garrulus picus Temm.

Pica albiventris Vieill., P. europaea Boie, P. melanoleuca Vieill., P. pica Sharpe, P. rustica Dress., P. rusticorum Leach, P. varia Schleg.

Pie ordinaire, P. vulgaire.

Agache, Agasse, Cateau, Margot, Ragasse, Pitiau (petit).

BERT. — Op. cif., p. 95; tir. à part, p. 31.

DEGLAND et GERBE. — Op. cif., t. 1, p. 211.

LEMETTEIL. — Op. cil., Omnivores, p. 272; Ur. à pari, LED T1

GENTIL. — Op. cil., Passereaux, p. 194 ; tir. à part, p. 142.

Dunois. — Op. cit. : texte, t. I, p. 200: atlas, t. I, pl. 45; et pl. IT, figs. 45.

La Pie commune habite ordinairement les lieux boisés près des endroits découverts, recherchant le voisinage es habitations humaines. Elle est sédentaire et ne s'éloigne que fort peu de l'endroit où elle a établi sa demeure. Chaque couple reste uni pendant toute l'année ; en automne, les Jeunes se réunissent en petites bandes qui errent dans la contrée, sans s'éloigner beaucoup du lieu où ils sont nés.

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