Faune des coléoptères du bassin de la Seine
Ce nouveau volume est destiné à prendre place dans la Faune du Bassin de la Seine de L. Bedel, dont il formera le tome II (1). Qu'il Pme soit permis de remercier tout d’abord mon maitre et ami du grand faonneur qu'il m'a fait en me confiant la rédaction d’une partie de Mcette œuvre, dont les trois volumes déjà parus sont pour moi un bruide précieux en même temps qu’un modèle inimitable.
Le plan général de l’ouvrage a été scrupuleusement respecté; néanmoins, sur le conseil de M. L. Bedel, une modification assez impor-
lante à été introduite dans ce volume : à l'exemple de la disposition ladoptée dans le Catalogue raisonné des Coléoptères du Nord de PAfrique du même auteur, les indications géographiques, au lieu d'être réunies en un seul bloc pour chaque famille, suivent immédiahtement le tableau descriptif du genre auquel elles se rapportent. Enfin j'ai cherché, en vue d’alléger le texte, à réduire au strict nécessaire lies indications bibliographiques et synonymiques. Elles sont, en principe, remplacées par les citations abrégées de deux ouvrages fondamentaux, la Faune Gallo-Rhénane de A. Fauvel (tome IH) et la Seconde partie du manuel magistral de L. Ganglbauer, Die Käfer von MMitteleuropa. I n’a été fait d'exception à cette règle que pour certains Homs très connus et encore usités, pour les insectes décrits d’une des localités du bassin de la Seine et enfin dans le cas très rare où la no- Mmenclature adoptée n’est celle d'aucun des deux ouvrages précités.
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La famille des Staphylinidae, en raison de la multitude des espèces
de certains genres et de leur uniformité d'aspect, passe à tort ou à raison pour une des plus difficiles’ de l’ordre des Coléoptères: c'est peut-être en réalité l’une des mieux étudiées et des mieux connues. IMElle à eu cette heureuse fortune que presque tous les ouvrages de quelque importance publiés depuis Erichson sur les Staphylins européens sont l’œuvre de savants de très grand mérite, et se complètent Msans trop de confusion. De plus, dans les trente dernières années, la Synonymie des Staphylinides a été considérablement éclaircie et leur Catalogue assaini et fixé par A. Fauvel, à qui nous sommes redevables dé la suppression d’un grand nombre d'espèces nominales. Sur des
(1) Ce sera en réalité le quatrième volume dans l'ordre de publication. FN. II. — 1906. 4
2 Staphylinoidea.
insectes tant de Îois et si bien décrits, il est devenu bien difficile de découvrir des caractères encore inaperçus ou inutilisés; on ne sera donc pas étonné de ne trouver dans ce travail rien ou presque rien qui soit original ou inédit.
La partie géographique, à laquelle j'aurais surtout désiré fournir un contingent important de renseignements nouveaux, n’offrira pas non plus tout ce qu'on aurait pu espérer à cet égard. En dehors des environs immédiats de Paris, de la Normandie, si bien explorée par M. Fauvel, de quelques localités privilégiées telles que les forêts de Compiègne et de Fontainebleau, à part encore certains départements où les recherches des naturalistes locaux ont été très actives, la plus grande partie du bassin de la Seine est assez mal connue au point de vue spécial des Staphylinides. Des régions étendues, telles que le Boulonnais, l’Argonne, le Barrois, le Morvan, le Gâtinais, ont été. délaissées à ce point que je n’en puis citer, pour ainsi dire, aucune capture de quelque intérêt. Malgré ces lacunes, le présent travail comprend, à très peu près, toutes les espèces qui peuvent se rencontrer dans nos limites; j'aurai d’ailleurs toujours soin de faire figurer dans les tableaux celles dont la future découverte dans le bassin de la Seine paraît le plus probable.
C’est dans le domaine de l'observation des mœurs et de la biologie qu'il reste le plus à faire dans l’étude de nos Staphylins ; on peut même dire que ce chapitre de leur histoire n’est qu’ébauché. La chose n’a rien de surprenant, car les recherches de cette nature concernant les insectes carnivores offrent de bien plus grandes difficultés que celles qui ont trait aux insectes phytophages. L'exemple des Staphyli- « nides myrmécophiles et le peu que nous savons des habitudes très spéciales de certaines espèces, telles que le Velleius dilatatus, l’'Aleochara cuniculorum, l'Haploglossa nidicola, eic., nous conduit à penser que nombre d’entre elles, considérées comme rares, doivent être singulièrement exclusives dans le choix de leur proie, et que les conditions précises de leur existence nous sont encore inconnues. La liste des Staphylinides dont le développement est indirectement lié à la présence d’autres animaux, tels que les Hyménoptères sociaux et les Mammifères habitant des terriers, est certainement destinée à s’augmenter plus tard à la suite de nouvelles observations. Je me reprocherais de ne pas attirer sur ce point l'attention des entomologistes, M et je souhaite que, d'ici à l'achèvement de ce travail, leur bienveillante 4 collaboration me permette de faire connaître quelques faits nouveaux M dans cet ordre de recherches si intéressant.
Sous-OrDRE STAPHYLINOIDEA.
Ailes inférieures dépourvues de nervures transversales; branche supérieure de la nervure médiane naissant seulement à partir du pli, et souvent non prolongée jusqu’à la branche principale. Sutures gulaires non confondues. Suture pleurale du prothorax distincte. Antennes de structure très variable, parfois irrégulière, mais jamais en massue feuilletée. Tarses composés d’un nombre d'articles très variable (1).
Larves campodéiformes ou se rapprochant du type campodéiforme, jamais vermiformes ni éruciformes. |
Les Staphylinoidea comprennent une série de familles d'importance très inégale : Staphylinidae, Pselaphidae, Scydmaenidae, Siiphidae, Clambidae, Leptinidae, [Platypsyllidae], Corylophidae, Sphaeriidae, Trichopterygidae, [Hydroscaphidae], Scaphidiidae et Histeridae.
L'ensemble de ces familles est représenté dans le bassin de la Seine par un nombre total d'espèces qu’on peut évaluer à plus du quart de la faune coléoptérique totale de la région.
1e Famizre. STAPHYLINIDAE ||.
Erichson, Genera et Species Staphylinorum, 1839. — Kraatz, Naturgeschichte der Insekten Deutschlands, I, 1856-1858. — Thomson, Skandinaviens Coleoptera, [, 4859; II, 1860 ; IX, 1867. — Fauvel, Faune Gallo-Rhénane, II, 4872-1875. — Rey ap. Mulsant, Histoire naturelle des Coléoptères de France, Brévipennes, 1871-1883. — Ganglbauer, Die Kafer von Mitteleuropa, IL,
(1) Aux caractères extérieurs qui précèdent, on peut joindre les caractères anatomiques suivants :
Tubes de Malpighi au nombre de quatre. «*, testicules composés et disposés
“en grappe; ©, groupes d’ovules des ovaires non séparés par des groupes de | "cellules vitellogènes intercalées.
Cette définition du sous-ordre S{aphylinoidea est empruntée à l'étude magistrale de L. Ganglbauer sur la systématique générale des Coléoptères (Münchener Koleopterologische Zeitschrift, X, p. 271-319).
. (2) Les anciennes dénominations de Brachélytres (Latreille) et de Brévi- - pennes (Mulsant et Rey) sont exactement synonymes de Staphylinidae.
Staphylinoide«.
Élytres en général raccourcis. Les deux premiers segments abdominaux seuls membraneux en dessus, les suivants plus ou moins cornés, même dans le cas où les élytres sont prolongés sur presque tout l'abdomen. Segments abdominaux libres, mobiles les uns par rapport aux autres. Antennes en général de 11 articles, rarement de 10, parfois de 9 articles apparents. Tarses composés d’un nombre d'articles extrêmement variable (1).
Larves appartenant de plus ou moins près au type campodéiforme, en général carnivores.