V. silaceus (Vulpes
wagneri (Mus) 147
Zibellina (Mustela) 74
Ziphius 261
Faune des Mammifères d'Europe.
Ordre des Primates.
(Simiae.)
Uu seul genre et une seule espèce de Singes se trouve en Europe, dans l'extrême Sud de l'Espagne.
Genre Macacus Lacépède, 1799.
Sous-Genre Macacus propr. dict. ^).
Inuus, Geoff. ; Pithecus, Blainv.
Caractères. — Singes de moyenne taille à formes trapues, à museau saillant, mais arrondi, les narines ne se projetant pas en avant de la lèvre supérieure; queue moyenne, courte ou réduite à un simple tubercule. Des abajoues et des callosités aux fesses. — Le Sous-Genre Macacus, qui comprend la seule espèce d'Europe, est caractérisé par sa queue nulle, non visible extérieurement, ou représentée par uu petit tubercule.
Formule dentaire: I. ^r — ~, C. - — -, Pm. ^ — -, M. ^-— = 32 dents.
C'est la formule de tous les Singes de l'Ancien Monde et de l'Homme. — Le genre Macacus se distingue par la présence d'un talon à la troisième molaire inférieure, et par la forme du crâne.
Macacus (Macacus) innuus (L.).
S'miia innuus, Linné, Syst. Natur., 1766. 1, p. 34; Inuus ecaudatus, Geoffroy, Ann. Mus., 1812, XIX, p. 100; »Le Magot« Fr. Cuv. et Geoffroy, Mamm., 1819, liv. II; 2e Ed.. 1833, p. 114, pi. 41; Inuus pithecus, Is. Geoff., Catal. Primates, 1851, p. 31 ; Macacus sylvanus, Schlegel, Mus. Pays-Bas, 1876, VII, p. 115.
Se distingue de tous les autres Macaques par l'absence totale de queue, représentée extérieurement par uu petit tubercule aplati portant quelques poils, ou nu.
^) La présente espèce étant le type du genre Macaca (Macacus) de Lacépède, il est évident que le nom du sous-genre doit être le même (et non Imius Geoff. qui est de date postérieure).
Corps court et trapu; tête oblongue, arrondie, avec la face et le' mentou nus; yeux rapprochés; oreilles pointues à leur angle supéropostérieur, avec le bord poilu; nez aplati, narines obliques convergeant à angle droit vers la ligne médiane; lèvres minces, extensibles,. la lèvre supérieure large; callosités médiocres; orteils plus longs que les doigts, les uns et les autres très poilus eu dessus. Poils du sommet de la tête courts, reti'oussés en avant; ceux des joues formant favoris,, dirigés en arrière; poils de l'avant-bras dirigés vers le coude.
Pelage de la tête, du cou, du dos et de la face antérieure des bras, d'un fauve doré mêlé de quelques poils bruns, chaque poil étant gris foncé à la base, annelé de gris et de jaune dans le reste de sa longueur. Le reste des parties supérieures est d'un gris jaunâtre ou jaune brun; le dessous de la mâchoire inférieure et les parties internes des membres ainsi que l'abdomen sont d'un blanc ou gris jaunâtre. Une tache foncée, tiquetée de jaune, à l'angle interne de l'oeil,, s'étendant sur les joues. Les parties nues de la face, des oreilles, descallosités sont couleur de chair pâle. Pas de queue appréciable.
Longueur de la tête et du corps: 710 mm.
Habitat. — Le Eocher de Gibraltar, dans l'extrême Sud de^ l'Espagne. — En Afrique les montagnes du Maroc et de l'Algérie.
Remarque. — On a admis pendant longtemps que les îlagots de Gibraltar avaient été importés d'Afrique, par les Arabes, au Moyen-Age. Aujourd'hui que l'on sait que plusieurs espèces fossiles du même genre ont vécu eu Europe, dans le pliocène et le pleistocène (en France, en Italie, en Suisse et même en Angleterre), et que des ossements fossiles, qu'on ne peut distinguer spécifiquement de M. innuus, ont été trouvés dans les couches quaternaires des Pyrénées et de Gibraltar (Harlé, Calderon), on doit admettre que l'espèce est indigène en Espagne. Ce qui est vrai, c'est que, dans les temps modernes, la petite colonie de Gibraltar a été plusieurs fois rajeunie par l'importation de Magots venant d'Afrique.
Ordre des Ohiroptera.
Tous les Chiroptères d'Europe appartiennent au Sous-Ordre des Microchiroptera et sont insectivores: ils appartiennent aux trois Familles suivantes:
I. Rhinolophidae. — Nez surmonté d'un repli membraneux en forme de feuille; pas d'oreillon (tragus) à l'intérieur de l'oreille. — Un seul genre: Rhinolopims.
IL Vespertilionidae. — Nez dépourvu de repli en forme de feuille; un oreillon bien distinct à pointe aiguë ou arrondie; queue longue et grêle entièrement enveloppée dans la membrane interfémorale ou la dépassant seulement d'une quantité insignifiante. — Genres: Plecotus, Barhastella, V f.spertilio (et les genres qui en ont été démembrés), Myotis et Mmioptervs.
III. Emballonuridae. — Nez dépourvu de feuille ; queue épaisse dépassant la membrane interfémorale de la moitié environ de sa longueur; un oreillon court, large, carré. — Un seul genre: Nyctinomus.
Famille des Rhinolophidae.
Genre Rhitiolophus Geoffroy, 1803.
Caracières. — Museau portant une membrane en forme de feuillecomposée de ti'ois parties: 1° l'antérieure, horizontale, figurant un ferà-cheval, dans laquelle les narines sont percées et qui porte au milieu: 2° la partie centrale, saillante, appelée selle; enfin 3° la partie postérieure verticale, triangulaire, dressée, avec des cellules sur les côtés. L'oreille n'a pas d'oreillon interne (tragus); cet organe remplacé par le bord antéro-externe de l'oreille qui forme un grand antitragus.. Ailes très grandes; le métacarpe du quatrième doigt plus long que celui du second.
Chez les femelles, outre les mamelles pectorales, il existe une paire de mamelons pubiens, simples organes de préhension pour les. jeunes,
Formule dentaire: I. -^ — -. C. ^j — -, Pm. - — -, M..- — ^ = 32 dents. 2 — 2 1 — 1 o — o à — à
Les os prémaxillaii'es qui portent les deux petites incisives supérieures sont rudimeutaires et séparés des maxillaires qui portent les canines, laissant enti'e ces dents un large intervalle.
Ces Chiroptères, originaires des régions montagneuses de FAsie tropicale ou subtropicale, nhabitent que l'Europe méridionale et centrale , et font complètement défaut dans le Nord. Ils sont des premiers à chercher un refuge dans les cavernes, où ils hivernent pendant la saison froide.
Rhinolophus îerrum-equinum (Schreber).
Vespertilio ferrum-equinum. Schreber (partim), Sâugetiere, 1775, I, p. 174. 188, pi. 62 (les deux fig. super.); Andersen, P. Z. S., 1905, II, p. 113. — Bh. utii-hastatus, Geoffroy, 1812.
Caractères du type: taille grande: avant-bras mesurant plus de 57 mm. et jusqu'à 60,3 mm.
Oreilles un peu plus courtes que la tête, très pointues et atténuées à leur extrémité, le bord externe fortement concave dans son tiers supériem-; le bord interne un peu concave dans son quart supérieur; antiti'agus peu développé, séparé en arrière par une entaille peu profonde en angle obtus. Feuille nasale assez petite, le fer-àcheval ne cachant pas les côtés du museau; crête verticale de la selle éti'oite, concave sur les côtés, arrondie à son extrémité qui est aussi large que la base, resserrée dans sa partie moyenne, dépassée en hauteur par la partie postérieure de la selle, qui vue latéralement, est obtusément conique et porte quelques poils fins dressés; partie postérieure triangulaire de la feuille échancrée sur les côtés vers son extrémité qui forme une pointe aiguë.
Ailes insérées au talon; membrane interfémorale un peu triangulaire eu arrière; extrémité de la queue libre; calcanéum bien développé.
Pelage en dessus d'un brun rougeâtre teinté de gris; dessous d'un gris pâle presque blanc.
Longueur, tête et coiiis 60 mm; queue 34 à 41; oreille 21 à 23,8; feuille nasale 14,5 à 16,8; largeur du fer-à-cheval 7,8 à 8,8; long, de l'avant-bras 53,5 à 60,3 mm.
Habitat. — Depuis la mer Caspienne et la vallée de l'Euphrate sur toute l'Europe méridionale et centrale sauf l'Espagne (ou il est remplacé par la sous-espèce suivante). En Angleterre ne dépasse pas, au Nord, les comtés d'Essex, Gloucester et Pembroke, et ne se trouve pas en L'iaude. — L'espèce semble originaire de l'Asie méridionale; elle présente plusieurs sous-espèces qui s'étendent jusqu'au Japon, et la présente espèce se trouve jusque dans l'Afrique tropicale (Mombasa).
Rhinolophus ferrum-equinum obscurus Cabrera.
Wiinolophus ferrum-equinum obscurus, Cabrera, Mem. Soc. Esp. de Hist. Xat., 1904, p. 257; et Rh. f.-eq. (tyjncus). Cabrera, loc. cit. p. 256: Bol. Soc. Esp., 1908, p. 447: Andersen, P. Z. S., 1905, II, p. 116.
Semblable au type mais plus petit et de teintes plus obscures, les appendices cutanés de la face un peu plus petits; le fer-à-cheval plus court. Dessus couleur café noirâti'e; dessous brun; membranes noires.
Long, tête et corps 56 mm.; queue 36; oreille 21; avant-bras 55,5 mm.
Remarque. — Les si^ecimens décrits d'abord (1904) comme jK/i. ferrum-eqiiinum (typicus) par Cabrera, ne sont d'après cet auteur (1908), qu'une phase rousse ou une livrée d'âge de la présente espèce, qui serait seule répandue dans toute la péninsule espagnole.
Habitat. — Toute l'Espagne (les exemplaires, types de la description précédente, étaient de Valence), les îles Baléares et l'Algérie.
Rhinolophus îerrum-equinum homorodensis Daday.
Rhinolophus uni-hastatus homorodalniasiensis, Daday, Orv. Term.-tud. Ert., 1885, p. 63; RJiin. ferrum-equimim homorodensis, Daday, Magyar tudom. Akad., 1887, III, p. 13, pi. J, Fig. 5, «.
Un peu plus petit que le type. Feuille nasale à fer-à-clieval formé de trois plis, à bords latéraux simples; la feuille terminale rétrécie dès la base, plus longue que large et portant en avant trois séries transversales de cellules; la selle médiane dilatée en avant et en arrière et se terminant par une pointe arrondie qui dépasse la partie antérieure de la selle presque de toute sa hauteur. Oreilles grandes et larges, pointues, échancrées à angle obtus sur le bord externe, portant à la base un lobe peu saillant (antitragus), aiToudi, dont le bord antérieur est plus élevé que l'échancrure.
Ailes insérées au tibia; le métacarpe du quatrième doigt un peu plus court que celui du cinquième. Interfémorale large, coupée à angle obtus et ciliée sur ses bords. Queue moyenne, plus longue que la moitié de l'avant-bras, complètement engagée dans la membrane.
Pelage long, mou et couché; dessus d'un roux sombre, dessous d'un gris blanchàti'e sale.
Long, tête et corps 46 mm.; queue 28; oreille 18,1; avant-bras 50,5 mm.
Habitat. — La Transsylvanie.
Rhinolophus euryale Blasius.
Rhinolophus euryale, Blasius, Archiv f. Naturg.. I, 1835, p. 49; Dobson, Cat. Chiropt., 1872, p. 116; Euryalus euryale, Andersen et Matschie. S.-B. Ges. Nat. Fr. Berlin, 1904, p. 76 ')•
Oreilles pointues mais non atténuées vers le haut; antitragus peu élevé, séparé par une entaille obtuse du bord externe; feuille nasale
^) Matschie n'ayant pas adopté la nomenclature trinomiuale, les sousespèces suivantes sont dénommées par lui comme bonae species et réunies dans un groupe générique nommé »Euryalus«.
petite, côtés de la partie verticale de la selle droits, le sommet arrondi, dépassé en hauteur par le bord supérieur de la partie postérieure de la selle qui porte une longue pointe aiguë; feuille postérieure (lancette) modérément longue, un peu échancrée à la base sur les côtés, avec l'exti'émité subaiguë.
Membrane interfémorale carrée; extrême pointe de la queue libre. Ailes attachées au tibia au dessus du talon.
Dessus brun-rouge foncé; dessous brun-clair.
D'après Matschie, le type de Dalmatie se distingue par son fer très convexe, sa lancette courte et large, son dessus jaune clair lavé de roux, le dessous blanc jaunâtre, les oreilles jaune clair, presque blanc jaune, les ailes brun clair jaunâtre.
Long, tête et corps 50 mm.; queue 24; oreille 23; avant-bras 46 à 48 mm.
Habitat. — Europe méridionale; les types de Blasius sont de Dalmatie et de la vallée du Po (Italie Nord). Les sous-espêces qui suivent remplacent la forme type depuis la Eoumanie jusque dans le centre de la France et en Espagne. D'autres sous-espêces sont d'Afrique et d'Asie.
Rhinolophus euryale atlanticus Andersen et Matschie.
Euryalus atlanticus, Andersen et Matschie, S.-B. Gesells. Naturf. Fr. Berlin, 1904. p. 77; Rhinol. euryale, ïrouessart, Faune des Mammifères de France, 1885, p. 21.
Oreilles courtes et larges, les plus larges de tout le groupe des Euryales (larg. 15,5, long. 11,5 mm.). Côtés du fer-à-cheval fortement convexes. Feuille postérieure (lancette) courte et large. Dessus d'un rougeâtre foncé; dessous jaune crème. Oreilles jaunâtres, plus claires que chez Rh. toscanus, plus foncées que chez le type. Aile brun clair.
Long avant-bras: 46 à 49 mm.
Remarque. — L'auteur (E. Trouessart) a été le premier a signaler la présence de cette espèce i) dans le centre de la France (St Paterne). Les spécimens en chair, très frais, présentaient, surtout eu dessous, une teinte lilas (violet clair), qui a disparu par suite du séjour dans l'alcool du spécimen du 3Iusée de Berlin, décrit ci-dessus par Matschie. — Très distincte par ses oreilles très larges.
Habitat. — France centrale (vallée de la Loire, Saint-Paterne). C'est jusqu'à présent la limite Nord-Ouest de l'habitat connu de cette espèce, qui est probablement dispersée, par petites colonies, dans la vallée de la Loire. — L'espèce a été signalée également dans les Pyrénées- Orientales par M. Déperet.
1) D'après des spécimens en nombre (colonie de 200 individus), recueillis par F. Lataste.
Rhinolophus euryale toscanus, Andersen et Matschie.
Euryalus toscanus, Andersen et Matschie, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berlin, 1904. p. 77.
Oreilles courtes et larges. Côtés du fer-à-cheval fortement convexes. Feuille postérieure (lancette) courte et large. Dessus brunâtre, mais notablement plus clair que chez Rh. mehehji. Dessous d'un gris jaunâtre. Oreilles d'un jaune gris brunâtre. Membrane de l'aile brune.
Long, de l'avant-bras 48 à 49,5 mm.
Voisin du RJi. euryale typique (de Dalmatie), mais s'en distinguant par la couleur des membranes de l'aile, des oreilles et du pelage, qui est ici plus foncée.
Habitat. — Italie, Toscane (caverne de Pariguano, Mont Pisani). Rhinolophus euryale cabrerai Andersen et Matschie.
Rhiiioloj)hus euryale, Cabrera (nec Blasius), Mem. .Soc. Esp. de Hist. Natur., 1904, p. 253, pi. I, fig. 5, 6 ; Rh. cabrerae, Anders et Matsch., S.-B. Gesells. Naturf. Freunde, 1904, p. 78 (sub nomine: Euryalus Cabrerae); Rli. bîasii, p., €azurro, Act. Soc. Esp. Hist. Nat.. 1894, p. 13.
Oreilles grandes, avec le bord externe presque droit, la pointe mgw'é et recourbée en dehors; antitragus séparé pas une échancrure eu angle obtus. Fer-à-cheval petit, aussi long que large; selle ayant sa face antérieure relativement large, les bords parallèles et la partie supérieure arrondie, la pointe postérieure haute et aiguë; la feuille terminale moyenne avec les bords concaves, et le sommet pointu. Trois sillons verticaux sur la lèvre inférieure.
Aile attachée au tibia à envii'on 3 mm. audessus du talon. Interfémorale carrée, un peu dépassée par la pointe de la queue.
Dessus d'un fauve brun plus ou moins obscur, dessous d'un brun plus clair.
D'après Matschie, cette forme se distingue par son fer-à- cheval à bords ■très peu convexes, sa lancette courte et large; se rapproche de Rh. e. atlanticus, mais en diffère par ses oreilles plus longues et étroites et la forme de son fer.
Long, tête et corps 50 mm.; queue 22; oreille 18; avant-bras 45 mm.
La première prémolaire supérieure est petite, placée dans la série des autres dents, et non séparée de la canine et de la seconde prémolaire.
Habitat. — Espagne ceutrale et de là jusqu'en Portugal, en suivant la vallée duTage (AlcaladeHenares, près Madrid, El Escorial, etc.).
Rhinolophus euryale mehelyi Matschie.
Rhinolophus euryale, Méhely, (nec Blasius), Magyar. Denever. Monogr. Budapest, 1900, p. 100 et 320, pi. I. fig. 1 à 5, II, fig. 1—6; Matschie, S.-B. Ges. Naturf. Freunde, 1901, p. 225 ; 1904, p. 80 (Euryalus mehelyi).
D'après les dimensions de Tavant-bras, cette forme est plus grande que le type de Blasius (avant-bras 50 à 50,5 mm. au lieu de 45,7 à 46,2 mm.). L'oreille a son bord externe, au dessous de la pointe, très fortement échancré, et sa partie basale fortement convexe,, de telle sorte que la pointe se recourbe en dehors plus que chez le type.
D'après Matschie, cette forme se distingue par son fer peu convexe sur les bords, sa lancette longue et étroite, la partie libre de la jambe un peu plus courte que le pied, enfin ses teintes foncées, qui rappellent Rh. e. barbarus du Nord de l'Afrique.
Le troisième article du quatrième doigt est presque trois fois plus long que le second (dans la proportion de 19 à 7,3 mm.), tandisque chez B/i. enr^/ale, type de Blasius, la propoi"tion est de 7,8'"' à 3,4'".
Les aiTière-molaires ont des proportions différentes.
Longueur de l'avant-bras: 50 à 50,7 mm.
Habitat. — Koumanie (environs de Bucarest). Les spécimens de cette région sont, d'après Méhely lui-même, bien distincts de ceux de- Hongrie et de Dalmatie ayant servi de types à Blasius. La forme décrite ci-dessus remplacerait le type dans la région montagneuse des Karpathes.
Rhinolophus carpetanus Cabrera.
Rhmolophus carpetanus Cabrera. Memor. Soc. Espan. de Hist. Nat., 1904,. p. 254, pi. I et II; Eiiryalus carpetanus And. et Matschie, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berlin, 1904, p. 78.
Oreilles grandes, légèrement convexes sur leur bord externe, la pointe inclinée en dehors et assez aiguë, l'antitragus séparé du bord montant par une échancrure obtuse et peu profonde. Fer-à-cheval moyen, plus large que long; selle semblable à celle de Rh. euryale^ mais avec les bords beaucoup plus concaves et la pointe plus acuminée se rétrécissant brusquement vers le second tiers de sa hauteur pour garder la même largeur jusqu'à l'extrémité. Lèvre inférieure portant trois sillons verticaux.
Aile attachée à la partie inférieure du tibia, à 1 mm. environ au-dessus du talon. Interfémorale comme chez Rh. euryale cahreraL
Dessus d'un flave roux, dessous jaime crème; membranes brunes. Ces couleurs sont assez variables, passant quelquefois au brun cendré dessus avec le dessous gris lilas et les membranes noirâtres.
D'après Matschie, cette forme se distingue par ses oreilles longues et étroites, les côtés de son fer-à-cheval peu convexes, sa lancette longue et pointue, à base échancrée. Lar" partie libre de la jambe n'a que moitié de la longueur du pied. Rapport entre le 2e et le 1er article du 4e doigt moindre que 2.5. — Pelage très clair: dessus jaune clair lavé de roux, dessous blanc jaunâtre. Oreilles jaune clair. Aile brun clair un peu jaunâtre. Taille grande.
La canine et la seconde prémolaire supérieures sont plus rapprochées que chez Rh. euryale. et ne sont séparées que par la très petite première prémolaire qui est placée un peu en dehors de la série dentaire.
Long, tête et corps 56 mm.; queue 28; oreille 20; avant-brns 49 à 54 mm.
Habitat. — Espagne centrale, Madrid, Tolède, Ciudad Real, s'étendant jusqu'à la Sierra Morena, au Sud jusqu'à Almadenejos.
Remarque. — D'après ce qui précède ou trouve dans les environs de Madrid deux formes bien distinctes du groupe desEuryales: Rh. e. cabrerai, et Rh. e. carpetanus, ce qui indique dans cette région un mélange des deux faunes de la vallée du îage et de la vallée du Guadiana (à cette dernière appartiennent les deux localités de Ciudad Real et Almadenejos) (Nlatschie).
Rhinolophus blasiusi Peters.
Rhinolophiis clivosus Elasius (nec Cretzschmar), Fauna Deutschl., 1857, p. 33. Fig. 10, 11; — Bh. blasii, Peters, M.-B. Akad. Berl., 1866, p. 17; Dobson, Cat. Chiropt., 1878, p. 117, pi. VII, Fig. 7.
Oreilles plus courtes que la tête, pointues, un peu atténuées à leur exti'émité, mais beaucoup moins que chez Bh. ferrum-eqidnum; autitragus séparé du bord externe par une échancrure peu profonde. Fer-à-cheval petit, ne couvrant pas le devant et les côtés du museau; partie verticale de la selle courte, rétrécie brusquement vers le milieu de sa hauteur, terminée par une pointe subaiguë, la partie supérieure présentant en avant une surface triangulaire; bord postérieur de la partie intermédiah'e formant eu arrière une longue pointe éti'oite dépassant le sommet de la fiice antérieure de la selle; feuille postérieure moyenne, avec les côtés de l'angle terminal un peu concaves. Lèvre inférieure avec un sillon simple.
Aile insérée au talon; membrane interfémorale à bord postérieur carré; extrême pointe de la queue liln^e.
Pelage d'un brim rouge dessus; d'un gris-brun clair dessous.
Long, tête et corps 49 mm.; queue 25; oreille 20; avant-bras 47 mm.
Habitat. — L'Europe au sud des Alpes (région Méditerranéenne) ; de là l'espèce s'étend sur le Nord de l'Afrique et l'Asie mineure.
Rhinolophus hipposideras (Bechstein).
Vespertilio Mpposiderus, Bechstein, in Pennant's Allg. Ubers. vierf. Tiere, II, 1800, p. 629; Rh. hlpp. typicus, Andersen, P. Z. S., 1905, p. 141. — Vesj). hippocrepis, Hermann; Rhinol. bi-hastatus', Geoffroy; Rh. bihast. kisnyiresiensis etRh. bih. troglophilus, Daday, Magy. tud. Akad. Ertekez., 1886, XVI, pt. 7, p. 8, fig. 1, 2; Rh. euryale helvetica, Bretscher, Vierteljahr. naturf . Ges. Ziirich, 1904, XLIX, p. 256.
Caractère du type: taille uu peu supérieure à celle des autres sous-espèces; avaut-bras: 39 à 41,7 mm.
Oreilles presqu'aussi longues que la tête, à pointe très aiguë; le bord externe fortement concave au-dessous de la pointe; antitragus séparé par une entaille angulaire profonde. Teuille nasale horizontale en fer-à-cheval, ne cachant pas les côtés du museau, finement crénelée sur son bord libre externe; côté vertical de la selle allongé, diminuant graduellement de largeur de la base au sommet, en triangle isocèle terminé par un angle étroitement arrondi; bord supérieur de la, partie postérieure de la selle formant une pointe sub-aiguë qui dépasse à peine le sommet de l'angle antérieur; feuille nasale postérieure allongée, terminée par une pointe un peu arrondie. Lèvre inférieure présentant un sillon vertical simple.
Ailes insérées au talon; membrane interfémorale formant un angle postérieur, et l'extrême pointe seule de la queue dépassant la membrane.
Pelage brun clair dessus; gris-brun clair dessous.'
Long, tête et corps 42 mm.; queue 26,2 mm. à 30,3; oreille 15 à 16,5; feuille nasale 11,2 à 12,9; largeur du fer-à-cheval 6,5 à 7; long, de Tavant-bras 39 à 41,7 mm.
Habitat. — Europe moyenne ou centrale au Nord des Balkans et des Alpes; remplacée au N.-O. et au S. par les deux sous-espèces suivantes.
RhinoJophus hipposiderus minimus Heuglin.
Rli. minimus, Heuglin, N. Act. Acad. Caes. Leop.-Car., XXIX, 1861, p. 6; Rh. hipp. minimus, Aiidersen, P. Z. S., 1905, II, p. 140 ; Mottaz, Mém. S. Z. de France. 1907, p. 21: Rh. phasma, Cabrera, Mem. Soc. Esp. Hist. Nat., 11, 1904, p. 249. ' *
Taille beaucoup moindre que le type: avant-bras 34,7 à 38 mm.
Le crâne et les dents sont également plus faibles.
Habitat. — Région Méditerranéenne (Corse, Italie moyenne, Haute- Savoie, Malte, Iles Baléares, Portugal, Espagne sud, etc.). — Cette forme a d'abord été signalée à Keren, dans l'Ervthrée.
Rhinolophus hipposiderus minutas (Montagu).
Vespertilio mUiutus, Montagu, Trans. Jjinu. Soc, 1908, IX, p. 162, pi. 18, fig. 7 — 8; Rh. hipp. minutus, Audersen, P. Z. S., 1905. II, p. 142 (née Rh. minutus, Miller).
Taille plus petite que le type: avant-bras 36,3 à 39 mm., en moyenne: 37,6. Les dimensions moyennes sont constamment inférieures au minimum de la forme type, et correspondent presqu'exactement au maximum de Mh. Jdpp. minimus.
Il est intéressant de remarquer que les deux formes ci-dessus sont séparées dans l'Europe Centrale, pas la forme type (|ui est de taille supérieure à toutes deux, l'espèce devenant plus petite sur les confins de sou habitat, au Nord comme lia Sud.
Habitat. — Iles Britanniques (Angleterre, Galles, Irlande).
Remarque. — En étudiant une nombreuse série de spécimens de cette espèce, Andersen (P. Z. S., 1905. II, p. 139 et se(i.), après avoir établi que le Rh. hipposiderus, s'étend de l'extrême Nord-Ouest de IHimalaya, à travers la Perse et l'Arménie, jusque dans la région Méditerranéenne et l'Europe tempérée, montre qu'il doit être originaire de l'Asie orientale et a dû émigrer en Europe avant la grande espèce du même genre (Rh. ferrum-equinwn). En effet, il remonte plus loin dans les îles Britanniques et se trouve en Irlande, où la grande «spèce fait défaut. Sa taille diminue très sensiblement dans ses habitats insulaires ainsi que sur le pourtour de la Méditerranée et en Afrique, le type pouvant être considéré comme une forme exclusivement continentale et même montagnarde.
Famille des Vespertilionidae.
Genre Barbastella Gray, 1821.
Sipiohis Keys. et lilasius, 1839.
Caractères. — Sommet de la tête nettement plus élevé que le museau qui est court et obtus. Narines ouvertes à l'extrémité supérieure du museau, en avant d'un espace nu, resserré latéralement par les côtés de la face qui sont fortement saillants et séparés de la région nasale par un sillon profond qui se prolonge jusqu'au bord de la lèvre supérieure. Bords internes des oreilles réunis l'im à l'autre sur le front un peu en avant des yeux; bord externe inséré au-dessous des yeux, près de la commissure des lèvres, de telle sorte que les yeux sont placés à l'intérieur de la conque auditive. Tragus triangulaire et atténué à son extrémité. Pieds grêles avec les orteils allongés. Queue aussi longue ou plus longue que le corps.
Formule dentaire: 1. -, . C. - — -, Pm. - — -, K. - — - = 34 dents.
Une seule espèce en Europe.
Barbastella barbastellus (Scbreber).
Vespertilio barbastellus Schvehev, Siiug., I, 1775, p. 168, pi. .55; Barbastellus daiibentoni, Bell, 1837: B. commtinis, Gray, 1838; Synotus barbastellus. Keys. et Blas. 1839.
Oreilles de la longueur de la tête, réunies sur le front par une bande verticale peu élevée qui s'avance jusqu'un peu en avant des yeux; bord externe inséré entre l'œil et la lèvre supérieure; le bord externe concave au-dessous du sommet et formant un petit lobe semi-
circulaire saillant à la jonction des tiers supérieur et moyen. Tragus ti-ès large un peu au dessus de la base, se rétrécissant brusquement et atténué jusqu'à son extrémité qui est pointue.
Aile insérée à la base des orteils qui forment plus de la moitié de la longueur du pied; lobe postcalcanéen étroit, le calcanéum s'étendant jusqu'à mi-distance entre le pied et l'extrémité de la queue; celle-ci aussi longue que la tête et le corps, dépassant un peu la membrane interfémorale.
Pelage dessus et dessous d'un noir foncé avec la pointe grisâtre, un peu plus clair dessous.
Long, tête et corps 47 mm.; queue 47; oreille 20; avant-bras 25 mm.
Habitat. — Europe moyenne et méridionale; s'étend jusque dans le Sud de l'Asie et le Nord de l'Afrique. En Europe ne dépasse pas au N. le S. de la Scandinavie. Rare en Espagne.
Genre Plecotus Geoffroy, 1812.
Caractères. — Sommet de la tête plus élevé que le niveau de
la face; narines s'ouvrant à l'exti'émité du museau en avant de deux
sillons plus ou moins profonds. Oreilles ti'ès grandes, réunies sur le
front; bord externe de la conque auditive inséré près de la commissure
des lèvres; bord interne présentant près de sa base un petit lobe
arrondi; oreillou (tragus) très grand, aminci a son extrémité qui est
arrondie, élargi à la base en forme de lobe convexe en dehors.
Formule dentaire: L- -, C. ^ — ,, Pm. - — ~, M.- — - = 36 dents.
Une seule espèce en Europe.
Plecotus auritus (L.).
Vespertilio auritus, L., Syst. Nat., XII, p. 47; Schreber, Sâug., 1775. p. 163, pi. 50; — Plecotus auritus Geoffroy, Descr. de l'Egypte, 1812, p. 118; Dobson, Cat. Chiropt., 1878, p. 178; — Vespertilio otus, Boie, 1825; Vesp. cornutus, Faber, 1826; Fesjj. brevimanus, Jenyus, 1828.
Oreilles presqu'aussi longues que l'avant-ln'as, régulièrement ovales, réunies sur le front par une bande étroite; bord externe inséré près de la commissure des lèvres, dont il est séparé par une petite verrue; une verrue plus grosse au-dessus de l'œil. Narines s'ouvrant au sommet d'un sillon semi-lunaire limité par les côtés renflés de la face.
Ailes insérées à la base des orteils; membrane antibrachiale large, avec le bord antérieur entièrement libre; pieds grêles, ealciméum n'atteignant pas la moitié de la distance entre le pied et l'extrémité de la queue; pas de lobe postcalcanéen; la dernière vertèbre caudale libre.
Pelage dessus et dessous foncé à la base; dessus d'une brun lustré, dessous gris pâle ou blanc sale. Le pelage varie beaucoup
suivant l'âge et les localités; les jeunes et les femelles sont plus foncés que le mâle adulte.
Long, tête et corps 47 mm.; queue 47; oreille 34; avant-bras 37 mm.
Habitat. — Toute l'Europe y compris la Suède, l'Irlande, l'Espagne et les Baléares; de la s'étend en outre, en Asie, jusqu'à l'Himalaya, et sur tout le Nord de l'Afrique. La forme de l'île de Teneriffe a été distinguée sous le nom de Plecotus ieneriffae Barrett-Hamilton. 1907.
Genre Pipistrellus Kaup, 1829.
Vesperiigo (part.) et Vespertilio (part.), Auctorum.
Caractères — Museau large et obtus, la largeur de la face augmentée par les saillies glandulaire développées entre les yeux et les narines; sommet de la tête aplati ou peu élevé au-dessus de la face. Narines à orifice en croissant s'ouvrant sublatéralement sur l'extrémité nue du museau. Oreilles séparées, plus courtes que la tête, larges, triangulaires, leur bord externe s'étendant en avant de la base du tragus, le lobe basai interne arrondi. Tragus court, mais plus long que large, à sommet arrondi, généralement recourbé en dedans. Queue plus courte que la tête et le corps. Calcanéum portant sur son bord libre un petit lobe cutané (lobe postcalcanéen) bien développé. Pieds courts et larges; membranes alaires fines.
Formule dentaire: I. ^ — ^, C. - — -, Pm. —— ^, M. ^ — - = 34 dents.
Remarque. — Ce genre, et les trois suivants, renferment les espèces de la famille des Vespertilionidae qui s'avancent le plus vers le Nord, par opposition avec la Genre Myotis dont les espèces sont plutôt de la zone chaude ou tempérée. Ce sont les Chiroptères les plus communs et les plus généralement répandus en Europe, la Pipistrelle (type du genre) se montrant jusque dans le villes, et se réveillant même en hiver, quand la température est douce, pour prendre son vol dans les rues à la poursuite des rares insectes qui vivent encore dans cette saison, alors que tous les autres Chiroptères de notre pays sont profondément engourdis dans les cavernes.
Pipistrellus savii (Bonaparte).
• Vespertilio savii, Bonaparte, Fauna Italia, fasc. XX, 1837. pi. ; Regalia, Rendic. Istit. Lombardo, 1878, XI, fasc. 7. Vesperugo maurus, Blasius, Wiegm. Archiv., 1853, p. 35; Fauna Deuts.. I, 1857, p. 67, Fig. 43, 44; Dobson, Cat. Chiropt., 1878, p. 218.
Museau large et plat en-dessus, à saillies glandulaires bien développées, augmentant la largeur de la face; narines s'ouvrant presqu'au bout du museau, sans échancrure intermédiaire. Oreilles larges, triangulaires, largement arrondies par en haut, le bord externe droit dans la moitié de sa longueur par en haut, puis un peu convexe à sa base, s'insérant à mi-distance entre la base du tragus et l'angle
de la bouche, par un petit lobe. Tragus large, ayant sa plus grande largeur au-dessus du milieu de son bord interne, portant à la base de son bord externe un lobule triangulaire, surmonté par un second plus petit, peu distinct sur certains individus; bord interne droit, bord externe parallèle à l'autre, recourbé eu dedans.
Orteils formant la moitié de la longueur du pied; dernière vertèbre caudale libre, quelquefois avec moitié de Tavant-dernière.
Pelage du corps long et épais, s'étendant en avant sur la face jusqu'aux yeux; en arrière jusqu'à la base de l'interfém orale, sur les côtés couvrant une étroite portion de l'aile sur les flancs, dessus et dessous. La membrane interfémorale n'a, en-dessus, que quelques poils fins ; en-dessous elle porte dans les deux tiers de son étendue de courts poils gris, plus épais à la racine de la queue.
Dessus et dessous noir ou d'un brun noirâtre, la pointe des poils dans la moitié postérieure du dos grisâtre, ce qui lui donne un aspect poudré ou givré de blanc; nez, oreilles et glandes nues de la face d'un noir intense.
Long, tête et corps 48 mm.; queue 30; oreille 17; avant-bras 33 mm.
Habitat. — • Toute l'Europe moyenne et méridionale, depuis les îles Canaries (Teneriffe), la Suisse, le Tyrol, l'Italie, jusqu'en Chine et dans la Malaisie.
Pipistrellus savii ochromixtus Cabrera.
Vespertilio ochromixtîis, Cabrera, Mem. Soc. Esp. Hist. Natur., 1904, p. 267, pi. III, Fig. 9 et pi. IV ; Pipistr. savii ochromixtus, Cabrera, Bolet. Soc. Esp. Hist. Natur., 1908, p. 448.
Se distingue surtout du type par la petitesse de la 1^''^ prémolaire, presque complètement cachée dans la gencive, et qui n'est visible qu'en enlevant le crâne et le dépouillant des parties molles.
Pelao-e long- et abondant, en-dessus couleur de café brûlé, avec la pointe des poils d'un jaune d'ocre pâle; dessous, couleur café seulement à la base avec la pointe des poils d'un blanc jaunâtre. Les membranes, brunes sur les parties velues, passent au noirâtre sur les parties nues ainsi que sur la face et les oreilles.
Long, tête et corps: 45 mm.; queue 31; oreille 13; avant-bras 32 mm.
Habitat. — Espagne, dans la sierra de Guadarrama et dans l'île de Minorque.
Pipistrellus pipistrellus (Schreber).
Vespertilio pipistrelhcs, Schreber, Sâug. 1775, I, p. 167, pi. 54; Vesperugo pipistrellus, Keys. et Blas., Wirbelt. Europ., p. 48; Blasius, Eauna Deuts., I. 1857, p. 61; Vespert. pygmaeus, Leach, 1825; Vespert. brachyotus. Bâillon.
Museau obtus à saillies glandulaires bien développées f(n-maut une dépression entre la face et le sommet de la tête, masquée par les poils; les narines ouvertes presqu'en avant. Oreilles largement triangulaires, arrondies à l'exti-émité; une concavité, occupant plus du tiers du bord supérieur externe, part du sommet arrondi de l'oreille; à la base de cette échancrure, le bord externe devient brusquement convexe, puis un peu concave en face la base du tragus, et se termine par une convexité formée par un petit lobe dont le bord interne est saillant par en haut, enfin le bord externe s'insère au-dessous de l'angle de la bouche, l^e tragus est large à la base, arrondi au sommet, à bord externe convexe avec un petit lobe triangulaire au-dessus de la base, le bord interne presque droit.
Pieds petits; aile insérée à la base des orteils; lobe postcalcanéen bien développé, arrondi, placé à une distance du tibia égale à la moitié de la longueur du pied; dernière vertèbre caudale libre.
Face bien couverte de poils jusqu'aux saillies glandulaires; en avant les poils sont courts, avec quelques poils plus longs. Le pelage du corps est assez long, dessus noir dans la moitié de sa partie basale, le reste d'un brun clair, ou (dans les contrées sablonneuses) grisâtre, donnant au pelage un aspect presque blanchâtre; dessous noir à la base, le reste plus ou moins grisâtre, quelquefois avec une teinte jaune serin, surtout pendant la saison de la reproduction, ou de la même couleur que le dessus.
En-dessus le poil s'étend sur l'aile jusqu'à une ligne joignant le milieu de l'humérus au genou; sur l 'interfémorale presque jusqu'à une ligne passant par les talons quand la queue et la membrane sont tendues; dessous, jusqu'à une ligne joignant le coude au genou, et le long du bord interne des cuisses jusqu'à la racine de la queue; la moitié du reste de la surface porte des poils fins et courts, particulièrement le long de la queue.
Long, tête et corps 42 mm.; queue 34; oreilles 15; avant-bras 32 mm.
Habitat. — Toute l'Europe, du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est, s'étendant jusqu'en Sibérie et jusqu'à Madère.
Pipistrellus pipistellus mediterraneus Cabiera.
Pipistrcllus pip. mediterraneus, Cabrera, Mem. Soc. Hist. Nat., 1904, p. 273.
Semblable à P. pipistrellus typims, mais le bord externe de l'oreille plus brusquement convexe dans sa moitié inférieure, et le pelage de couleur plus claire et plus rousse, presque alezan dans quelques exemplaires. Le cartilage terminal de la seconde phalange du troisième doigt est exactement de même longueur que la partie osseuse de cette phalange, tandis que dans le type il n'a que les deux tiers de cette longueur.
Sur quelques exemplaires de Ciudad Real ({ui paraissent former la transition de la forme type à celle-ci, on remarque la convexité exagérée du bord de l'oreille et la coloration rougeâtre, tandis que le cartilage du troisième doigt est plus court, bien que pas autant que sur les vrais pipùitrellus du centi'e de l'Espagne et des autres parties de l'Europe.
Long, tête et corps 37 mm.: queue 31; oreille 10; avant-bras 28 mm.
Habitat. — Espagne orientale (Valence, Alicante, Ciudad Real), tandis que la forme type habite l'Espagne septentrionale et centrale.
Pipistrellus abramus (Temminck).
Vespertilio imbricatus Temm. (nec Horsfield), Monog. Mam., Il, 1835 — 41, p. 216, pi. 54; Wagner, Suppl. Schreb. Sâug., 1855, V, p. 738; Vesj). abramus, ïemm., loc. cit., p. 232, pi. 58; Wagner, 1. c, p. 739; Regalia, P.-Y. Soc. ïosc. Se. Nat. in Pisa, 1880, p. 39; Vesper'ugo nathusii, Keys. et Blas., Wiegm. Archiv., 1839, p. 320; Blas., Fauna Deuts., 1, 1857, p. 58, Fig. 37, 38; Vesperugo natJmsii unicolor, Fatio, Archiv. Se. Phys. ISTat., 1905, p. 202.
Museau plus obtus que celui de V. jnjnstrellus, les saillies glandulaires sur les côtés grandes, arrondies, augmentant la largeur de la face, et séparées par un sillon du sommet de la tête. Oreilles triangulaires comme cbez V. pipistrellus, mais le bord externe droit ou à peine concave, le tragus un peu plus court et son bord interne un peu plus concave.
Pieds petits; aile insérée à la base des orteils; lobe calcanéen arrondi; dernière vertèbre caudale libre.
Face entre les yeux couverte de poils médiocrement longs, tandis que l'espace en avant des oreilles, autour des yeux et le bout du museau sont presque nus. Le pelage du corps recouvre le premier tiers de l'humérus et la moitié du fémur, et s'étend très peu sur l'aile; dessous, l'hiunérus et le fémur sont semblablement couverts, mais le pelage s'étend jusqu'à une ligne allant du coude au genou. L'interfémorale, en-dessus, est couverte jusqu'à l'extrémité de la troisième vertèbre caudale; dessous, à la base de la queue seulement, la reste ne portant que des poils courts et rares.
Dessus brun foncé avec la pointe des poils d'un brun-jaune clair, entièrement brun-jaunàtre sui* la tête, la face et le cou; dessous brun de suie, l'extrémité des poils plus pâle qu'en-dessus.
Long, tête et corps 45 mm; queue 35; oreille 15; avant-bras 33 mm.
Habitat. — Parait remplacer V. pip)istrellus, dans l'Orient (en Asie), mais a été capturé souvent en Europe, notamment en France et en Italie; — en Espagne sous le nom de P. nathusii, Keys. et Blas.
Remarque. — Se distingue de la Pipistrelle par l'absence de Féchancrure profonde de la moitié supérieur du bord externe de l'oreille, par l'incisive externe
«a peu plus haute que la pointe externe de l'incisive interne (elles sont égales ■chez V. pqdstreUns) , par sa taille un peu plus forte, enfin par l'extrême longueur de son pénis, ce qui semble dû au grand développement du prépuce. Deuxième Remarque. — Cabrera (Mem. Soc. Esp. flist. Nat., 1904, p. 274), ■estime que Pipistrellus nathusii et P. abramus, constituent deux espèc^es •distinctes.
D'après cet auteur, P. natliusii se distingue de l'autre espèce par ses oreilles plus grandes, sa couleur plus claire, et par d'autres détails. Les spécimens d'Espagne ne correspondent pas à la description de P. abramus, mais bien à •celle de P. natlmsii, à moins d'admettre qu'il s'agit d'une espèce nouvelle.
Ces spécimens n'ont pas le pénis énorme àe P. abramii^s, ni le tragusplus •court que celui de P. pipistrellus, ni la partie antérieure de la face dénudée de P. abramus.
Longueur de l'avant-bras 31 ram. QjIus faible que chez les spécimens •d'Allemagne: 33 mm. et ceux de Roumanie: 34 mm.).
Habite l'Espagne centrale.
Pipistrellus kuhli (Natterer).
Vespertilio kuhlii, Natt., in Kuhl, Deuts. Elederm. Wetterau. Ann., 1817, IV. p. 58; Vesperugo kuhlii. Blas., Fauna Deuts., 1857, p. 63. Fig. 41, 42; Vespertilio ma7'ginatus, Riippel, Temm., Monogr. Mam., p. 201, pi. 52; Yespiertilio albo- Umbatus, Kuster, Isis, 1835, p. 75; Vespertilio vispipistrellus, Bonap., Fauna Ital., fasc. XX.
Oreilles plus grandes que celles de V. ahvanms, triangulaires; base ilu bord interne très convexe en avant, sommet obtuséraent arrondi, bord externe franchement échaucré dans plus du tiers supérieur, de sorte que la pointe se détache légèrement, les deux tiers inférieurs un peu convexes, le bord rabattu en arrière, s'insérant au-dessous de l'angle de la bouche. Tragus plus grand que celui de V. abramus, .ayant sa plus grande largeur un peu au-dessous du milieu de son bord interne: le lobule triangulaire au-dessus de la base du bord externe €st surmonté d'une légère échancrure au-dessus de laquelle le bord externe atteint sa plus grande convexité; le bord interne est droit, et le sommet est obtusémeut arrondi et tom'né un peu en dedans.
Aile insérée à la base des orteils; pieds petits; calcanéum ti'ès long; lobe postcalcanéen arrondi; extrême pointe de la queue libre. Le bord postérieur de l'aile et de la membrane . interfémorale sont d'ordinaire bordés de blanc; les membranes et les oreilles sont noires.
Le pelage s'étend en-dessus jusqu'à ime ligne allant du milieu lie rhumérus au genou; eu arrière jusqu'au tiers de l'interfém orale. p]n-dessous, jusqu'à une ligne allant du coude au genou; la moitié de l'interfémorale porte des poils fins et courts insérés sur des lignes poiutillées transversales.
Dessus, pelage noir à la base, d'im brun jaunâtre clair dans sou dernier tiers; dessous noir à la base, Textrémité cendrée, devenant presque blanche sur le ventre.
Long, tête et corps 45 mm; queue 36; oreille 15; avant-bras 33 mm.
Habitat. — Europe Sud, région Méditerranéenne, au S. des Alpes; et des Pyrénées. De là s'étend en Asie jusque dans Tlnde, et dans le Nord de l'Afrique. — Est remplacée à Madère et aux Canaries, par V. maderensis Dobson qui s'en distingue par l'absence de bordure, blanche aux ailes et des proportions un peu différentes.
Genre Nyctalus Bowdich, 1825; Andersen, 1908^). Vespenigo (part.), Keys. et Blas.; Pterygistes Kaup, 1839.
Formule dentaire: I. „ — ^, C. :j — -, Pm-^ — ^, M.- — - = 34 Dents.
C'est la formule du G. Plpistrellus.
Oreillon très court, orbiculaire, étroit à la base, presqu'aussi large que long. Les autres caractères extérieurs comme chez Plpistrellus. — Pour les caractères crâniens, voyez; Miller, Families and Gênera of Bats, 1907, p. 207. — Taille grande. — Le cinquième doigt très court, à peine plus long que le métacarpe du quatrième et du troisième^
Nyctalus noctula (Schreber).
Vespertilio noctula, Schreber, Sâug-., 1775; I, jj. 166, pi. 52; Vesperugo noctula, Keys. et Blas., AViegm. Archiv, 1839, p. 317; Blasius, Fauna Deuts., 1857, p. 53, lîg. p. 54; Vesp. mag7ius, Eerkenhout, 1789; Yesp. serotinus, Geoff., Ann. Mus., 1806, VIII, p. 194; V. proterus, Kuhl, 1817; V. noctula minima, Fatio,. Faune de Suisse, 1869, I, p. 28.
Tête large et très plate, les saillies glandulaires labiales bien développées, grossissant le museau et formant en arrière un sillon profond que les longs poils de la tête ne dépassent pas. Narines bien. séparées par un espace un peu concave, leur bord interne à peine saillant. Oreilles presqu'aussi larges que longues, la base du bord interne très convexe eu avant, la partie ascendante droite, l'extrémité très largement arrondie, le bord externe convexe et recourbé en arrière,formant en avant du tragus un lobe épais, convexe, qui s'insère prèsde l'angle de la bouche. Tragus com-t, recourbé en dedans par le haut; à la base de son bord externe un petit lobe triangulaire est surmonté d'une concavité; au-dessus le bord externe devient très convexe, avec le bord interne correspondant concave.
Pouce court avec un ongle court mais pointu; une petite callosité à la base de la phalange. Pieds épais; orteils courts ayant la moitié de la longueur du pied. — Ailes insérées au talon. Lobe post-calcanéen grand, semicirculaire, placé sur la calcauéum à une distance du tibia égale à la largeur du pied. Dernière vertèbre caudale libre.
Dessus et dessous d'un brun jaunâtre clair, les poils plus clairsà leur base.
') Pour la priorité du nom de Nyctalus, voyez Andersen. Ann. Nat. Hist.,. 1908, I, p. 434—435.
Sur les ailes, en-dessus, le poil s'étend jusqu'à une ligne allant du milieu de l'humérus au genou; la membrane interfémorale est poilue, dessus et dessous, presque jusqu'au milieu du tibia; en dessous, la membrane alaire est poilue jusqu'à une ligne allant du coude au genou; une large bande de poils fins s'étend derrière l'avant-bras jusqu'au carpe.
Long, tête et corps 75 mm.; queue 50; oreille 20; avant-bras 45 mm.
Habitat. — L'Europe entière et l'Asie, de l'Angleterre et de l'Ecosse au Japon, et de la Scandinavie à l'Afrique méridionale et la Malaisie. — Présente un certain nombre de formes locales, décrites comme sous-espèces, ou même comme espèces; telle est la suivante.
Nyctalus maximus (Fatio).
Vesperugo noctnla maxima, Fatio, Faune de Suisse, I, 1869, p. 57; Pterygistes maximus, Miller, Froc. Biol. Soc. Washiugt., 1800, XIII, p. 156; Vesperugo noctula maxima, Mottaz, Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 150.
Semblable à N. noctula, mais plus grand (avant-bras mesurant 65 à 68 mm., au lieu de 60 à 61 mm. chez N. lasiopterus, de Chine et du Japon, qui est lui-même plus grand que N. noctula dont l'avantbras mesure seulement 45 mm).
Miller estime que cette espèce est bien distincte du Nyctalus lasiopterus de Chine, qu'il a comparé avec elle (d'après des spécimens de Corée), notamment par son crâne plus grand (longueur totale 22 mm. au lieu de 20,4), par son rostre plus renflé, ses narines plus larges et l'espace interptérygoïdien jjlus étroit. Il ne peut donc y avoir une erreur de provenance. — L'espèce avait déjà été signalée par Regalia, en 1881, d'après des spécimens de Ravenne et de Fise (Froc.-Verb. Soc. Tosc. di Se. Natur., 1881, p. 246), sans indication de nom spécifique, et par Ninni (Atti Soc. Ital. Se. Natur., 1883), d'après des spécimens de Trevigiano (en Vénétie), comme variété de N. noctula. Bonaparte, en 1837, parle déjà de spécimens »très grand« provenant d'Ascolano.
Habitat. — Suisse (Canton d'Uri); trois spécimens envoyés par Nager à Fatio, et provenant d'Amsteg, dans la vallée de la Reuss. — Italie septentrionale. Miller a pu étudier deux spécimens de Pise (Italie) qui présentent les caractères indiqués ci-dessus.
Nyctalus leisleri (Kuhl).
Yespertilio leisleri, Kuhl, Ann. Wetterau Gesellsch. Naturk., 1819, I, p. 47; Vesperugo leisleri, Keys. et Blas., Wirbelth. Europ., p. 46; Fauna Deuts., 1857^ p. 56, fig. 3.T, 36; Fterygistes leisleri, Auctorum recentiorum.
Semblable à M noctula, au premier abord, mais plus petit; facile à distinguer par la couleur du pelage et la taille relative des incisives supérieures interne et externe.
Tandis que chez N. noctula le pelage est uuicolore dessus et dessous, ou seulement un peu plus clair à la base des poils, ici le
quart terminal des poils en-dessus est d'un brun jaune clair, en-dessous d'un brun clair, les trois quarts de la base des poils dessus et dessous étant d'un brun foncé.
L'incisive supérieure externe est de la même taille que l'interne en section transversale à sa base (tandis que chez N. noctula l'incisive externe a un diamètre double de l'interne).
Long, tête et corps 59 mm.; queue 41; oreille 16; avant-bras 37 mm.
Habitat. — Europe tempérée de l'Irlande à la Russie moyenne et aux Monts Oural; dans la région Méditerranéenne, s'étend depuis l'Espagne, à ti-avers les Alpes, l'Italie Nord, jusqu'en Asie. La forme des Açores a été distinguée spécifiquement sous le nom de V. azoreum Thomas (Ann. Nat. Hist., 1901, VIII, p. 33), et celle de Madère i) par Barret-Hamilton sous celui de V. (Pteryglstes) madeirae (Ann. Nat. Hist., 1906, XVII. p. 98). En Asie, le Nyctalus viontanus Barret- Hamilton, de l'Himalaya N.-O. est la forme la plus robuste, ({ui se rapproche de la Noctule par sa taille.
Genre Eptesicus Rafinesque, 1820: Méhely. 1900.
Vespei'ugo (part.) et Vespertilio (part.), Auctorum.
Vesperus Dobson (sub-genus).
Formule dentaire: 1. ,; — -, C. - — , Pm. -r^^.- ^^- z — ^ = 32 dents. ô — o 1 — 1 2 — 2 à — o
Oreillou deux fois plus long que large. — Pour les caractères crâniens, voyez: Miller, Familles and Gênera of Bats, 1907. p. 208. — Pour le reste, mêmes caractères que le genre précédent.
Ce genre considéré d'abord comme sous-genre de Vespertilio (ancien Vesperugo), diffère peu de Fijnstrellus par ses caractères extériem-s, mais ne présente qu'une seule paire de prémolaires supérieures (au lieu de deux chez Fipistrellus).
L'une des espèces (E. nihsoni) s'étend vers le Nord jusqu'au cercle arctique.
Eptesicus serotinus (Schreber).
Vespertilio serotinus Schreber, Sang,, 1775, I, p. 167, pi. 53; T'. noctula, Geofî"., Ann. du Mus., 1806, VIII, p. 193, pi.; V. murinus. Pall., Zoogr. Rosso- Asiat , I, p. 121; Vesperugo (Vesperus) serotinus, Keys. et Blasius, Wiegm. Archiv., 1839, p. 312; Vespert. serotinus insularis, Cabrera, 1804.
Tête aplatie, de niveau avec la face; museau épais, conique, avec les saillies glandulaires peu développées; narines s'ouvrant sub-latérale-
^) Le nom de Nyctalus verrucosus, Bowdich (Excursions in Madeira, 1825, p. 36) a la priorité pour cette espèce.
meut, séparées par iiu espace étroit un peu concave. Oreilles un peu plus courtes que la tête, à lobe basai interne arrondi; tiers inférieur du bord interne très convexe en avant, les deux tiers supérieurs faiblement convexes, largement arrondis à l'extrémité; la moitié supérieure du bord externe droit, puis convexe, échancré en face la base du tragus et se terminant par un lobe convexe au niveau de l'angle de la bouche, immédiatement au-dessous de l'angle postérieur de l'oeil. Tragus environ deux fois plus long que large, ayant sa plus grande largeur un peu au-dessus de la base du bord interne, puis s'atténuant jusqu'au sommet qui forme une pointe obtuse; bord interne droit ou faiblement concave.
Pouce avec une faible callosité à sa base. Ailes insérées au métatarse près de la base des orteils. Lobe postcalcanéen étroit. Les deux dernière vertèbres caudales libres, la portion saillante de la longueur du pouce.
Face couverte de poils très courts, mais la lèvre supérieure bordée de poils raides ainsi que le menton oii ils rayonnent d'une verrue centrale. En-dessous les ailes sont poilues sur une grande partie de leur surface.
Dessus d"uu ))run eul'umé foncé, plus pâle à l'extrémité des poils; dessous d'un brun jaunâtre; oreilles et membranes d'un brun foncé.
Long, tète et corps 73 mm.; queue 53; oreille 24; avant-bras 53.
Habitat. — Toute l'Europe, du Sud de l'Angleterre et du Nord de l'Allemagne jusqu'à la Méditerranée; de là s'étend, en Asie, jusqu'aux vallées de l'Himalaya, en Afrique jusqu'au Gabon, présentant des variations notables de couleur suivant sa répartition géographique. — E. serotinus insularis, Cabrera (1804). des Baléares, ne diffère pas du type (Cabrera, 1808).
Eptesicus serotinus transsylvanus (Daday).
Yesperus serotinus transsylvanus, Daday, Orv. Term. Tiul. Ert., 1885. p. 63; 1886, p. 272, 275; Mag. Tudom. Akad., 1887, p. 19, pi. I, Fig. 13, 14; Bielz, Yerhaadl. u. Mitt. fSieb. Verein. Hermannst., 36. Jahrg., p. 77, 81.
De la taille environ du type. Oreilles en peu plus courtes que la tête, larges à la base, en ovale-oblong, à pointe triangulaire arrondie, le bord externe s'insérant près de l'angle de la bouche, traversées intérieurement par 5 à 6 plis transversaux. Tragus court, étroit, ayant sa plus grande largeur au-dessous du milieu de son bord externe, peu rétréci à sa pointe, arrondi à son extrémité. Queue plus courte que le corps; avant-bras notablement plus long, les deux dernières vertèbres caudales libres.
Pelage long, moelleux et abondant; dessus d'un brun châtain brillant, dessous d'un gris-brun. Museau, oreilles et ailes noires.
D'après les figures, cette forme différerait surtout du type par son tragus droit, et non incliné en dedans, muni au-dessous de sa base d'un lobule anguleux plus saillant que chez la Sérotine.
Long, tête et corps 57 mm.; queue 30; oreille 19,2; avant-bras 52 mm.
Habitat. — Transsylvanie.
Eptesicus sodalis (Barret-Hamilton).
Vespertilio sodalis, B.-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1910, V, p. 291.
Semblable à E. serotinus mais plus petit. — Dents relativement plus grandes mais moins larges; la longueur de la série des molaires est la même, bien que le crâne soit plus court, plus massif, la capsule cérébrale plus arrondie et moins renflée. — Couleur assez variable, mais semblable à celle de la Sérotine. — Deux spécimens.
Long, de l'avant-bras: 46 et 48 mm.; Crâne (long, tôt.) 19 x 13,5 mm.
Habitat. — Roumanie (Bustenari) et Suisse (St. Gothard) ; ce dernier un peu plus grand (48 mm.) que l'autre (46 mm.). .
Eptesicus boscai (Cabrera).
Vespertilio boscai, Cabrera, Mem. Soc. Esp. Hist. Natur., 190-1, p. 265, pi. III, JFig. 5, 6 et 8; id., Bol. Soc. Esp., 1908, p. 449; V. isabellinus, part., Cabrera, loc. cit., 1904, p. 264, pi. III, fig. 3 et 4 (nec Temminck).
Extérieurement semblable à E. serotinus et E. isabellinus (Temminck), mais les oreilles plus grandes et plus convexes sur leur bord interne, le bord externe presque droit dans sa moitié supérieure. Le tragus est de la longueur de celui (ÏE. serotinus, mais beaucoup plus large et avec le bord externe fortement convexe, de telle sorte que le tragus est presque transversal, incliné en dedans, le bord externe dirigé vers le haut, l'interne vers le bas.
Aile attachée à la base des doigts; calcanéum long, atteignant presque les deux tiers de la distance entre le pied et la queue; lobe post-calcanéen bien développé et assez large.
Couleur du pelage variant de la couleur Isabelle ou tabac clair (adultes), au fauve ou brun jaune (les jeunes), avec les membranes plus foncées.
Long tête et corps 70 mm.; queue, 48; oreille 18; avant-bras 51 mm.
Dents: incisives supérieures médianes grandes et bifides comme celles d'E. serotinus; les latérales presqu'aussi grandes, parallèles et pointues (elles sont petites et empiètent sm* le bord externe des médianes dans cette dernière espèce).
Plis du palais au nombre de six, les deux premiers entiers et "di'oits dans toute leur longueur (tandis que chez E. scrotums, le second présente une division centrale).
Remarque. — Cabrera a reconnu, en 1908 (loc. cit.) que la forme d'Espagne ■désignée par lui, en 1904, comme identique à Eptesicus isabellinus (espèce du Nord de l'Afrique et d'Asie), n'était que 1'^. boscai, très adulte.
Habitat. — Espagne orientale et méridionale (Valence. Alicante, •Ciudad Real; Andalousie, Séville et vallée du Guadalquivir).
Eptesicus nilssoni (Keyserling et Blasius).
Vespertilio borealis, Nilson, lllum. Fig. Scand. Eauna, 1838, hâft 19, pi. 36; — y. kuhli, Nilsson (nec Natterer, 1817), lllum. Fig. Scand. Fauna, 1836, hâft 17, pi. 34; Vesperugo nilssoni, Keys. et Blas., Wiegm. Archiv, 1839, p. 315.
Oreilles triangulaires à extrémité largement arrondie; le bord •externe droit, s'insérant à l'angle de la bouche; le bord interne à lobe basai arrondi, la partie supérieure très convexe dans le tiers infériem*, puis s'échancrant en haut et en arrière. Tragus élargi par en haut et un peu recourbé en dedans; le bord externe porte à la base un lobe triangulaire aigu; par haut, il est plus convexe et présente sa plus grande largeur vers le milieu de son bord externe; le bord interne est droit dans sa partie inférieure et un peu concave par en haut.
Aile insérée à la base des orteils; pouce et pied assez courts; lobe postcalcanéen distinct mais étroit; les deux dernières vertèbres caudales libres.
Dessus d'un brun-foncé avec l'extrémité des poils d'un brun jaunâtre; dessous semblable avec la pointe des poils cendrée.
Membrane de l'aile velue jusqu'à une ligne allant du milieu de l'humérus au genou, dessus et dessous; la membrane interfémorale velue seulement à la base.
Long, tête et corps 51 mm.; queue 44; oreille 15; avant-bras 37.
Habitat. — Europe septentrionale, de la Scandinavie (jusqu'au cercle arctique), et du Nord de la Russie (Monts Oural), au Sud jusque dans les montagnes du Harz. N'est pas signalé dans les îles Britanniques. En Asie s'étend jusqu'au N. de le Chine.
Eptesicus siculus (Daday).
Vesperus siculus, Daday, Orv. term. tud. Ert., 10, 1885, p. 275; Bielz, Verhandl. u. 3Iitt. Siebenbiirg. Ver. in Hermanustadt, 36 Jahrg., 1886, p. 82; Daday, Magyar tudom. Akad., 1887, III, p. 23.
Taille de Eptesicus nilssoni-, museau peu allongé, assez large et obtus, les narines cordiformes, la lèvre inférieure portant en avant une protubérance trigone nue, l'ouverture buccale prolongée en arrière jusqu'en dessous du milieu de l'oeil. Oreilles assez courtes, larges, plus
courtes que la tête, eu ovale arroudi, recourbées eu dehors à leur extrémité, muuies sur leur bord interue d'uu lobe arroudi assez saillant,^ s'iuséraut eu dehors à Taugle de la bouche, poilues à leur base externe et portant eu dedans deux plis transversaux. Tragus très court, étroit à la base, dilaté dans sa moitié terminale, largemeut arroudi îi son extrémité et recourbé en dedans, convexe sur le bord interne, concave 'sur le bord externe avec une petite dent à sa base. Ailes iusérées^ à la base des orteils, poilues en-dessous seulement sur les côtés du corps. La 2 e phalange du cinquième doigt dépassant un peu le milieu de la 2 e phalange du quatrième doigt. Plante du pied couverte de callosités arrondies. luterfémorale couverte eu dessus de poils longs jusqu'à .moitié de sa longueur, en dessous ne portant de poils qu'à la base de la queue, mais traversée par 1 1 séries de fibres musculaires se dirigeant obliquement vers la ({ueue.
Pelage long, moelleux et abondant, dessus d'un bruu-chatain varié de blanc, dessous d'un blanc lavé de brun; menton portant une tache brune; les bandes poilues de l'aile et de l'interfémorale d'un brungrisâtre, à poils plus courts; les membranes d'un brun noir.
Long, tête et corps 37 mm.; queue 26; oreille 15; avant-lu'as
42 mm.
Remarque. — 0 est diSicile, en l'absence de figures, de se prononcer sur la valeur de cette espèce, et surtout de savoir si elle appartient â ce genre ou à l'un des genres voisins. Daday la plaçant dans le G. Vesj)erus, sa place doit être grès d'E. serotinus.
Habitat. — La Traussylvauie (et non la Sicile, comme le nom de y> similis « pourrait le faire supposer).
Genre Vespertillo Linné, 1758 (uec Schreber. 1775), Miller, 1907.
Vespervgo (part.), Xeys. et Blas., 1839, et Auct. plurim.
Remarque. — Miller, en 1897 (Ann. Nat. Hist., XX, p. 379), a déniontrA que le type du genre Vesjjertilio, de Linné était le V. discolor, de Keys. et Blas.,. considéré à cette époque comme un Vesperugo, Schreber. Par suite, il a restauré le. genre de Linné et l'espèce type (V. niurinus = V. discolor)] et l'autre genre »Vesj>ertilio« prend en conséquence le nom de »Myotis«.
Formule dentaire: I. - — -. G. - — -, Pm. ^- — -, M. - — .- = 32 dents.
C'est la même formule q\i' Ejjtesicus.
Caractères extériem-s comme dans le genre précédent, mais l'oreillon court et large, néanmoins plus long que large, étranglé . à la base. Oreilles courtes et larges, museau aplati en dessus avec une dépression assez profonde de chaque côté entre les narines et la région lacrymale; narines très larges et s' étendant en arrière prequ'à mi-distance de la constriction interorbitaire. — Pour les caractères crâniens voyez Miller, Familles and Cenera of Bats 1907, p. 209.
Une seule espèce en Europe.
Vespertilio murinus, L. (nec Sclireber) Miller. 1897.
Vespertilio mîir'mus, L., Syst, Nat , I, 1758, p. 32; Miller (restauravitj, 18971); Vespemgo (Vesperus) discolor, Xeys. et Élas., Wirbelt. Europ., p. 50; Fauna Deutchl., Sang., 1857, p. 73, fig. 49, 50; Vespertilio serotina, Pall.. Zoog. Ross. -As., p. 123.
Tête large, aplatie; museau obtus à saillies glandulaires médiocrement développées; extrémité du nez et lèvre supérieure dépassant un peu la lèvre inférieure; lobe basai interne de l'oreille arrondi, peu convexe en avant, le bord interne régulièrement convexe jusqu'à l'extrémité; un peu plus du tiers supérieur du bord externe droit ou un peu concave, une étroite partie de la bordure, vers le milieu, repliée en arrière puis échancrée en face la base du tragus et se terminant en un lobe allongé et profond, mais non saillant, qui s'insère en arrière de l'angle de le bouche, dont il est séparé par une verrue. Tragus étroit en face la base du bord interne, dilaté au-dessus, la bord externe ayant sa plus grande convexité un peu au-dessus du milieu du bord interne, qui est droit, légèrement convexe par un haut; le bord externe porte à la base un lobule triangulaire.
Aile insérée à la base des orteils qui ont les trois ([uarts de la longueur du pied. Lobe post-calcanéen étroit. Dernière vertèbre caudale et partie de l'avant-dernière libres.
Dessus brun foncé, l'extrémité des poils d'un blanc de givre; dessous brun foncé, l'extrémité des poils d'un gris sombre.
Long, tête et corps 48 mm; queue 43; oreille 15; avant-bras 40.
Habitat. — Europe septentrionale et moyenne, de l'Angleterre, du Sud de la Suède, de la Russie (ius(iu'aux Mts Oural), à la France. l'Allemagne, l'Italie, spécialement dans le régions montagneuses. En Asie jusque dans la Sibérie Ouest et le Tui'kestan oriental. — En Chine, elle est remplacée par une forme plus grande {V. nmrinns superans, Thomas, P. Z. S., 1898, p. 770, considérée comme bon a species, par Miller).
Genre Myotis Kaup, 1829; Miller, 1897.
Veq-)ertilio, Keys. et Blas., 1839 (nec Liuné, 1735). Vespertilio Auctorum (us(|ue ad 1897).
Caractères. — Museau allongé, conique; saillies glandulaires entre les narines et les yeux petites, ne déformant pas la face; narines sublatérales, ouvertes en croissant; sommet de la tête bombé, un peu élevé au-dessus de la face. Oreilles séparées, ovales, plus longues
1) Miller a démontré, en 1897 (Ann. Nat. Hist., XX, p. 379) que la présente espèce était le véritable Vespertilio murinus de Linné. Par suite, la grande espèce, longtemps designée sous ce nom (d'après Schreber). a pris le nom de Myotis myotis, Eechstein.
que larges, aussi lougues ou plus longues que la tête; le lobe basai interne anguleux, le bord externe de l'oreille s'insérant en face le base du tragus ou un peu en avant. Tragus allongé, généralement pointu et aminci par en haut. Queue plus courte que la tête et la coi-ps (au plus égale), lobe post-calcanéen rudimentaire ou nul. Face poilue.
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Formule dentaire: I, ^j — -, C. - — -, Pm. - — -, M.- — ~ = 38 dents.
Les incisives supérieures sont subégales et placées par paires de chaque côté près des canines, et s'écartent l'une de l'autre par leur pointe. La membrane alaire est fine et presque nue.
Remarque. Ce genre est celui de tous les Chiroptères qui a la plus vaste dipersion géographique. La plupart des espèces habitent les bois, cherchant un abri dans le trous d'arbres, ou vivent sous les toits, et ne se réfugient dans les cavernes et les souterrains que pendant les grands froids de l'hiver. Les espèces qui ont les pieds grands et libres sont considérées comene plus cavernicoles, tandis que celles qui les ont petits et engagés jusqu'aux doigts dans la membrane alaire vivent de préférence daus les bois. — Par suite de leur organisation, les espèces de ce genre s'étendent beaucoup moins vers le Nord que celles des genres Vespertilio et Pipistrellus et n'habitent que l'Europe Centrale et Méridionale.
Sous-Genre Leuconoë Boie, 1825.
Pieds très grands, l'aile insérée au tibia ou au talon, rarement au pied; calcanéum très long.
Myotis (Leuconoë) Capaccinii^) (Bonaparte).
Vespertilio Capaccinii Bp., Fauna Italica, 1832, fasc. XX, pi. 20; Dobson, Cat. Chiropt., 1878, p. 293; Vesp. Capaccinii. megapodius et macrodactylus Temminck, Monog. Mamm., 1838—41, II, p. 189, et 231.
Oreilles un peu plus courtes que la tête; tiers supérieur du bord interne droit, le sommet brièvement arrondi en dehors; le bord externe un peu concave au-dessous de la pointe, devenant convexe en face le sommet du tragus, et s'insérant brusquement en face de la base du bord interne. Tragus allongé, à pointe très aiguë recourbée en dehors; à la base du bord externe un petit lobe arrondi, au-dessus duquel le bord externe est fortement convexe.
Aile insérée au tibia à une petite distance au-dessus du talon; calcanéum atteignant les trois quarts de la distance du talon à la queue.
Le pelage en-dessus s'étend sur l'aile jusqu'à une ligne allant du coude à la pointe des orteils, le pied étant tiré en dehors et en avant; sur Tinterfémorale, jusqu'à une ligne allant d'un talon à l'autre; en-
1) C'est par suite d'une erreur de mise en page des clichés que dans ma Faune des Mammifères de France (Musée scolaire DeyroUe), 1885, p. 20, la* figure 22 porte la légende » T'. Dauhentonia. : cette figure appartient au T^. Capaccinii.
dessous, l'aile est poilue jusqu'à une ligne allant du coude au genou; rintertemorale jusqu'à la ligne des talons; les poils croisent aussi le tibia et s'étendent dans l'angle compris autre le bord postérieur de la membrane et le tibia.
Dessus noir à la base des poils avec la pointe brun clair; dessous noir à la base avec la pointe blanche.
Long, tête et corps 50 mm.; queue 37; oreille 14; avant-bras 40 mm.
Habitat. — Europe méridionale: Italie, Sardaigne et région Méditerranéenne de la France (Marseille, Perpignan), îles Baléares (Majorque). De là s'étend en Algérie et en Asie jusqu'aux Philippines et au Japon. — En Europe, se trouve dans les cavernes en société de Miniopterns schrelbei'sL
Myotis (Leuconoë) dasycneme (Boie).
Vespertilio dasycneme, Boie, Isis, 1825, p. 1200; Blas., Fauna Deuts., 1857, p. 103, ûg. 69 a et b; Vesp. limnophilus, Temm., Monogr. Mam., 1839, II, p. 176; Yesp. dasycneme, Schlegel, Natuurl. Hist. Nederl., Zoogdier., 1870, p. 35, pi. I.
Oreilles plus courtes (jue la tête; bord interne droit dans son tiers inférieur puis régulièrement convexe jusqu'à l'extrémité qui est obtusément arrondie; le bord externe droit ou un peu concave audessous de la pointe sur un tiers de sa longueur, devenant graduellement convexe et se terminant brusquement en face la base du bord interne. Tragus se terminant en pointe obtuse, presque droit, le bord interne un peu concave, l'externe convexe.
Pouce muni d'un grand ongle. Aile insérée à l'extrémité inférieure du tibia à angle droit. Calcanéum ayant plus de la moitié de la distance entre le talon et la queue.
Dessus noii" à la base des poils avec l'extrémité d'un brun clair; dessous noir à la base avec l'extrémité blanche.
Long, tête et coi-ps 60 mm.; queue 50; oreille 15; avant-bras 47.
Habitat. — Europe, du Sud de l'Angleterre aux Monts Altaï en Asie. Signalé en Hollande, Danemark, France, Prusse, Hongrie et en Italie.
Myotis (Leuconoë) daubentoni (Leisler).
Vespertilio daubentoni, Leisler, in Kuhl, Deuts. Flederm., Ann. Wetterau. Gesellsch. Naturk., 1819, p. 51; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 98, fig. 66, 67 < Yesp. aedllis, Jenyns, 1839; V. volgensis, Eversmann, 1840.
Tête peu élevée au-dessus de la face; oreilles modérément longues, le liord interne formant un arc de cercle régulier de la base à l'extrémité, le sommet brièvement arrondi; le tiers supérieur du bord externe droit ou un peu concave par suite de la brusque convexité du
tiers moyeu. Tragus ayant la moitié de la longueiii' de l'oveille, droit par en haut, non recourbé en dehors, son bord interne droit, l'externe portant à la base un lobe triangulaire bien distinct, au-dessus duquel ce bord devient un peu convexe par en haut, sa plus grande largeur vers son milieu, et se terminant par une pointe assez aiguë.
Aile insérée au métatarse; calcanéum s'étendant jusqu'aux trois quarts de la distance entre le talon et la queue.
Face couverte de poils épars en avant des oreilles. Les petites glandes labiales sont couvertes de quelques longs poils clairsemés. Sur le dos le pelage s'étend sur la membrane interfémorale jus(|u'à une ligne réunissant le milieu des tibias ; ceux-ci et le reste de la membrane sont nus.
Dessus, pelage foncé à la base des poils, d"un rouge-brun à l'extrémité ; dessous, foncé à la base avec l'extrémité blanche.
Long, tête et corps 48 mm; queue 43; oreille 13; avant-bras .35 mm.
Habitat. — Toute l'Europe, de l'Irlande, de l'Ecosse et de la Suède aux M*^ Altaï, et de la Finlande à la Sicile; en Asie jusqu'aux M*® Himalaya et au Tenasserim.
Sous-genre Myotis prop. dict.
Pieds petits; raile insérée au métatarse ou aux orteils.
Myotis (Myotis) emarginatus (E. Geoffroy).
Vespertilio emarginatus, E. GeotF., Ano. Muséum, VIII, 1806, p. 19(S; Dobson, Catal. Chii'opt. 1878, p. 303; Vesp. mystacinus, Keys. et Blas., Wiegm. Arch., 1839, p. 310 (nec Leisler, 1819); Vesp. ciliatus, Blas., Wiegm. Archiv., 1853, p. 288; Fauna Dents.. 1857, p. 91, fig. 62, 63; V. ciliatus neglectus. Fatio, Arch. Se. Phys. et Nat., 1890.
Sommet de la tête très peu élevé au-dessus de la face; museau allongé se renflant sur les côtés jusqu'à la bouche, avec le bout du nez un peu saillant au-dessus de la lèvre inférieure. Oreilles presqu'aussi longues que la tête; le bord horizontal du lobe basai interne formant un angle droit avec le bord ascendant qui, dans son quart inférieur est droit, puis un peu convexe au sommet; le sommet est brièvement arrondi et, au-dessous, le tiers supérieur du bord externe est échancré, puis subitement convexe, et se termine par un petit lobe recourbé en dedans. Tragus allongé, rétréci par en haut et fortement pointu, atteignant presque le bord de l'échancrure externe de l'oreille; le bord interne du tragus un peu convexe, le bord externe convexe par en bas avec un petit lobe à la base, concave par en haut, de sorte que la pointe se dirige en dehors.
Aile insérée à la base des doigts; extrême pointe de la queue libre.
Le pelage s'étend en-dessus sur l'aile jusqu'à une ligne allant du milieu de l'humérus au genou; sur l'interfémorale jusqu'à une ligne allant d'un tibia à l'autre, et sur les jambes jusqu'au talon avec des poils épars sur les orteils; le bord postérieur de l'interfémorale est frangé de quelques poils fins et courts. Dessous, l'aile porte des poils fins rangés sur des lignes transversales jusqu'à une ligne allant du coude au genou, l'iutei'fémorale porte une toutt'e de poils fins sur la racine de la ({ueue. La face est couverte de poils ras; le bord de la lèvre supérieure est frangé de longs poils ainsi que le menton. La conque de l'oreille est couverte extérieurement de poils courts implantés sur des papilles.
Dessus l)run foncé à la base des poils qui passent ensuite au brun clair avec la pointe brun roux; dessous semblable mais plus clair à la pointe. Oreilles et membranes d'un roux brun.
Long, tête et corps 43 mm.; queue 41; oreille 18; avant-bras 40 mm.
Habitat. — L'Europe moyenne et méridionale, de la France et de l'Allemagne Occidentale à l'Italie. — Réprésenté dans le Beloutchistan par une forme plus grande et à teintes pâles [M. emarg. desertormn, Dobson).
Myotis (Myotis) Nattereri (Kuhl).
Vespertilio nattereri, Kuhl, Deuts. Plederm., Annal. Wetter. Gesells. Naturk., 1819, I, p. 38; Blasius, Fauna Deuts.. 1857, I, p. 88, fig. 60, 61.
Tête très élevée au-dessus du niveau de la face; museau large, non renflé sur les côtés, mais le nez saillant au-dessus de la lèvre inférieure. Oreilles allongées, ovales, arrondies au sommet, la convexité du bord externe interrompue dans son tiers supérieur par une faible concavité; le bord interne régulièrement convexe de la base au sommet; près de l'insertion du bord externe un petit lobe vertical (antitragus) bien distinct. Tragus très long, ayant presque les trois quarts de la longueur de l'oreille, étroit et à pointe sub-aiguë dirigée en dehors; un petit lobe à la base du bord externe surmonté d'un échancrure, au-dessus de laquelle le tragus atteint sa plus grande largeur.
Aile insérée à la base des orteils ou un peu au-dessus; calcanéum long; la pointe de la queue -libre; la membrane interfémorale entre l'extrémité du calcanéum et la queue, est frangée de poils raides et courts (caractère spécifique qui le diôereucie nettement du M. einarginatns).
Pelage long et épais, dessus brun foncé avec la pointe d'un rouxbrun clair; dessous plus foncé à la base, l)lanc à la pointe- Long, tête et corps 40 mm.; queue 40; oreille 17; avant-bras 35 mm.
Habitat. — L'p]urope moyenne, de l'Irlande aux Mts Oural et de la Suède méridionale aux Alpes.
Myotis (Myotis) escalarai Cabrera.
Myotis Escalarai Cabrera, Mem. Soc. Esp. Hist. Natur., 1904, p. 279, pi. V.
Voisin de M. nattereri, Kuhl; s'en distinguant par sa couleur plus sombre, son tragus plus court, par l'aile attachée au talon, caractère qui n'est connu actuellement chez aucune espèce du sous-genre Mi/otis, mais seulement chez celles de sous-genre Leuconoë. Diffère de Aï. evtarginatus par les mêmes caractères, et la forme des oreilles beaucoup moins échancrées sur le bord externe.
Oreilles grandes, dépassant un peu les narines quand on les rabat en avant, de forme presqu' ovales, avec le bord externe légèrement concave dans son milieu supérieur, l'interne formant un angle droit à sa base; le lobe externe basai saillant, peu développé. Tragus allongé, étroit, atteignant presque les deux tiers de l'oreille, se rétrécissant graduellement et se terminant en pointe, presque droit, le bord interne à peine légèrement convexe, le bord externe portant une petite échancrure à la base, avec un petit lobule arrondi au-dessous.
Aile attachée au talon. Calcanéum flexueux, en S allongée, ne dépassant pas la moitié de la distance du talon à la queue; celle-ci complètement engagée dans l'interfémorale, qui est fine, transparente, avec le bord compris entre le calcanéum et la queue bordé d'une frange de poils raides.
Pelage ne s' étendant sur l'aile que dans la partie la plus voisine du corps, sauf quelques poils à la partie postérieure des cuisses, et des vibrisses presqu'imperceptibles sur l'interfémorale, le long des veines.
Dessus d'un brun-noir avec la pointe des poils fauve, d'où résulte une couleur générale sépia ou brun-clair; dessous noir avec la pointe des poils blanche. Membranes brunes ou d'un violet obscur.
Long, tête et corps 45 mm.; queue 42; oreille 17; avant-bras 38 à 40 mm.
Habitat. — Espagne orientale, côtes de la Méditerranée, au Nord jusqu'à la Catalogne (Valence, Lérida, etc).
Myotis (Myotis) bechsteini (Leisler).
Ves2)ertilio bechsteinii, Leisler in Kuhl, Deuts. Flederm., Aon. Wetterau Gesells. Naturk., 1819, 1, p. 30; Blasius, Faiina Deuts., 1857, 1, p. 58, 59; Dobson, Monog. Chiropt.. 1878, p. 30K, pi. 18, ûg. 12.
Vesp. Ghidmi, Fatio, Kev. Suisse Zool., 1902, X, p. 400.
Oreilles étroites, plus longues que la tête; bord externe légèrement concave au-dessous de la pointe, le reste jusqu'à la base du tragus convexe, puis légèrement échancré et se terminant par un lobe
convexe. Tragns allongé, atténué par en haut et recourbé en dehors, le bord interne convexe, l'externe concave dans sa moitié terminale, ayant sa plus grande largeur à la base.
Aile insérée à la base des orteils; la dernière vertèbre rudimentaire seule libre.
Dessus et dessous d'un brun foncé à la base, l'extrémité des poils roux clair dessus, blanc dessous. Disposition du pelage sur l'aile comme chez. M. myotis.
Long, tête et corps 50 mm; queue 38; oreille 23; avant-bras 40 mm. Les spécimens de l'Europe orientale seraient plus grands (avantbras : 5 1 mm. en Transsylvanie).
Cette espèce ressemble à M. imjotis mais s'en distingue facilement par sa taille moindre, ses oreilles proportionnellement plus longues', son tragus recourbé (et non droit) et sa membrane alaire s'étendant presque jusqu'à la base des orteils.
Habitat. — Europe, du Sud de l'Angleterre au Sud de la Russie, et de la Suède aux Alpes. Remplacé en Espagne par AL bechsteini favoîiicus Thomas.
Myotis (Myotis) bechsteini favonicus Thomas.
Myotis bechsteini favonicHS , Thomas, Ami. Nat. Hist., 1906, XVIII, p. 220.
Oreilles plus petites que celles du type, et taille générale plus faible. Couleur plus foncée, la pointe des poils, dessus et dessous, moins nettement plus claire que la base. Oreilles considérablement plus courtes: rabattues en avant, elles ne dépassent le museau que de 5 mm. (au lieu de 9 ou 10), mais d'ailleurs ont exactement la même forme. Tragus un peu moins atténué par eu haut, et ne montrant pas de tendance à se recourber en dehors. Aile insérée à la base des orteil. Calcanéum s'étendant jusqu'à mi-distance de la pointe de la queue, avec son extrémité marquée par un petit lobule saillant. La dernière vertèbre caudale libre. Bord de la membrane finement denté en scie, mais non frangé. — Crâne semblable à celui de M. bechsteini, mais un peu plus petit, et les bulles auditives moins développées, ce qui est en rapport avec le moindre développement de la conque de l'oreille.
Long, tête et corps 55 mm.; queue 38; oreille (de l'échancrure) 22,5; (du lobe basai interne) 19,8; avant-bras 41 mm.
Remarque. — Ces dimensions, contrairement à l'assertion du créateur de ce type, seraient supérieures à celles de M. bechsteini de France. — • La comparaison a été faite avec des spécimens de Hongrie, qui sont plus grands (51 mm. d'après Daday en Transsylvanie).
Habitat. — La Granja, versant Nord de la Sierra de Guadarrama, dans l'Espagne centrale.
Myotis (Myotis) myotis (Bechsteiu).
Vespertilio murinus, Schreber (nec L.), Sâug., 1775, I. p. 165, pi. Il; Geoffroy, Ann. du Muséum, 1806, VIII, p. 191: Blasius, Fauna Deuts; I, 1857. p.82, fig. 56, 57; Dobson, Cat. Chiropt., 1878, p. 309, pi. 18, fig. 10; Vespertilio myotis, Bachsiem, Naturg. Deuts., 1789, p. 1154; Kuhl, 1819; Miller, 1897.
Tête un peu élevée au-dessus de la face; museau conique; narines rapprochées en avant; oreilles grandes, le lobe basai interne anguleux eu avant, le bord horizontal joignant la partie ascendante du bord interne à angle droit; le quart inférieur de ce bord droit, le reste régulièrement convexe jusqu'au sommet qui est arrondi; bord externe concave au-dessous du sommet, droit ou à peine convexe dans son milieu, échancré en face de la base du tragus, se terminant par un lobe convexe en face de la base du bord interne. Tragus allongé, droit, étroit, à pointe subaiguë ; son bord interne droit, le bord externe portant à sa base un lobe arrondi au-dessus duquel ce bord devient convexe, de sorte que le tragus a sa plus grande largeur en face de la base de son bord interne, le sommet s'amincissant graduellement sans se recourber en dehors.
Aile insérée au métatarse près la base des orteils; la dernière vertèbre rudiraentaire seule libre.
Dessus d'un roux clair ou brun enfumé; dessous blanc sale; la base des poils, dessus et dessous, foncée.
Long, tête et corps 70 mm.; queue 52; oreille 27; avant-bras 57 à 60 mm.
Habitat. — L'Europe tempérée, du Sud de l'Angleterre et du Danemark, jusque dans le Nord de l'Afrique, l'Abyssinie et l'Asie jusque dans l'Inde.
Myotis (Myotis) myotis spelaea Bielz.
Myotis murina spelaea, Bielz. Verhandl. und Mitt. Siebenb. Ver. Hennanstatt, 1885,36, p. 78, 83; Myotis murina, Daday, Magyar Tud. Akad., 1886, III, p. 44.
Cette forme n'est considérée, par Dada3% qui l'a le premier signalée, que comme une variété légère du type de l'Europe Centrale.
Habitat. — Cavernes de Transsylvanie.
Myotis (Myotis) myotis oxygnathus (]\IouticeIli).
Vespertilio oxygnathus, Monticelli, Anu. Acad. Costa d.Aspir. Nat., 1885, pl.I.
Diffère du type par un museau plus trianguhiire, la mâchoire supérieure plus pointue et les narines plus rapprochées; la mandibule inférieure est également plus pointue en avant. Les oreilles sont de la longueur de la tête; le bord externe est à sa base fortement convexe jusqu'à la pointe qui s'incline en dehors, formant un angle près-
que droit avec la partie ascendante; le bord interne est convexe. A la base du l)ord externe, un petit lobule séparé par une échancrure obtuse. Trag'us plus long que chez le type, atteignant la moitié de la longueur de l'oreille, portant à sa base un lobule bien distinct avant la partie recourbée de l'organe.
Dessus d'un brun sombre (rappelant la couleur du Miniopterus schreibersi), dessous grisâtre. Les membranes sont fines et d'un brun noirâtre.
Long, tête et corps 70 mm.; queue 50; oreille 24; avant-bras .59 à 63 mm.
Habitat. — Italie méridionale, Basilicate (Matera), Staffarda
(Saluzzese), Sicile (Girgenti).
Myotis (Myotis) mystacinus (Leisler).
Vespertilio mystacinus, Leisler, in Kuhl, Deuts. Flederm., Ann. Wett. Naturk., 1819, IV, p. 55; Blasius, Fauiia Deuts., 1857, I, p. 96, fig. 64. 65; Dobson, Cat Chiropt. 1878, p. 314, pi. 18, fig. 9; T^. luguhris, et V. nigricans, Fatio, Faune de Suisse, I, 1869, p. 92, et V, 1890, suppl.; Vespertilio humeralis, Bâillon. F. emarginatus, Auct. aliq. (nec Geoff.).
Museau conique; crâne bombé mais peu élevé au-dessus de la face; saillies glandulaires du museau faibles. Oreilles de la longueur de la tête; lobe basai interne anguleux, formant un angle droit avec la partie ascendante du bord antérieui-;. tiers inférieur du bord interne faiblement convexe, le tiers moyen plus fortement convexe, le tiers supérieur droit, le sommet arrondi; le tiers supérieur du bord externe fortement échancré, la moitié inférieure brusquement convexe avec un lobe distinct à la base, séparé par une faible entaille en face la base du tragus. Tragus rétréci par en haut et pointu; bord interne droit ou faiblement concave; bord externe avec un lobule distinct à la base, surmonté d'une concavité au-dessus de laquelle la tragus présente sa plus grande largeur, puis devenant convexe jusqu'à sa pointe qui est fortement inclinée en-dedans.
Aile insérée à la base des orteils; calcanéum se terminant par une petite dent de la membrane; la dernière vertèbre caudale rudimentaire libre.
Le pelage s'étend sur l'aile jusqu'à une ligne allant du milieu de l'humérus au milieu du fémur; sur l'interfémorale jusqu'à l'extrémité de la troisième vertèbre caudale; dessous, la disposition est la même, mais l'interfémorale est couverte seulement à la racine de la queue. Les glandes faciales portent de longs poils et la lèvre supérieure a une frange de fins poils raides.
Dessus brun foncé avec la pointe des poils d'un roux-brun ; dessous brun foncé avec l'extrémité d'un gris cendré.
Long, tête et corps 37 mm.; queue 35; oreille 13; avant-bras 30 à 32 mm.
Habitat. — Toute l'Europe de la Finlande à l'Espagne et de l'Irlande à la Russie moyenne, et de là eu Asie jusqu'à Pékin et dans les M*^ Himalaya.
Genre Miniopterus Bonaparte, 1837.
Caractères. — Sommet de la tète brusquement et considérablement élevé au-dessus de la face. Oreilles séparées, rhomboïdales, le bord externe inséré en avant à l'angle de la bouche: tragus de même forme que dans le G. Vespertilio. Narines sans feuille, s'ouvrant sublatéralemeut en croissant, l'extrémité du nez séparée de la lèvre supérieure de chaque côté eu avant et en dessous par une étroite rainure. Museau large à saillies glandulaires bien développées. La 1® phalange du 3* ou plus long doigt très courte, ayant moins du tiers de la longueur de la phalange terminale, mais un peu plus longue que la 1® phalange du 4® doigt; la 2^ ou dernière phalange du même doigt très longue, fléchie en arrière, au repos, en-dessus du métacarpien, et daus cette position dépassant le milieu de cet os. Aile insérée au talon (ou au tibia) en-dessous, et continue avec une bande cutanée qui croise le talon, allant rejoindre l'interfémorale dans la partie qui recouvre le calcanéum. Pieds longs, grêles, les orteils subégaux. Queue aussi longue que la tête et le corps, complètement enveloppée par la membrane iuterfémorale.
Formule dentaire: -— — , C. - — r, Pm. - — -, M. 7—^— = 36 dents. 0 1 — 1 0-0 o — o
Les incisives supérieures sont courtes, faibles, disposées par paires de chaque côté et séparées de la canine par un espace vide.
Une seule espèce se trouve en Europe. Elle est forestière et cavernicole. Â.U vol, ses ailes longues, étroites, sinueuses, lui donnent un aspect particulier. Elle vit en sociétés plus ou moins nombreuses.
Miniopterus schreibersi (Natter er).
Vespertilio schreibersi, Natterer, in Kuhl, Deuts. Flederm., Wett.. Ann. Gesellsch. 1819, p. 41; Miniopterus ursinii, Bonaparte, Fauna Italica, 1837; Vespertilio orsinii, blejjotis et dasythrix, Temminck, Monog. Mamm., 11, 1835 — 41, |). 179, 212, 268; Miniopterus schreibersi, Keys. et Elas., Wirbelt. Europ., p. 44; Blasius, Fauna Dents., 1857, J, p. 46, Fig. 28, 29.
Museau assez court, à saillies glandulaires bien développées, grossissant la face; tour des yeux saillant; un profond sillon horizontal, parallèle à la bouche sur les côtés de la face, sous les yeux. Oreilles plus courtes que la tête, le bord interne très convexe s'avançant en avant des yeux, puis se recourbant presqu' horizontalement en arrière jusqu'au sommet, dont la position n'est indiquée que par un léger applatissement du tiers supérieur de bord externe: celui-ci est droit
par eu haut, échaucré eu face la base du tragus et se termiuaut assez lu'usquemeut près de l'augie de la bouche. Tragus plus de deux fois plus loug que large, à peu près de la même largeur partout, arrondi à son, extrémité, à bord interne concave, le bord externe convexe, le sommet dirigé en dedans, sans lobule à la base.
Pouce médiocre; aile attachée au talon ou à l'extrémité du tibia; pas de lobe post-calcanéeu.
Face couverte en avant des yeux de poils courts entremêlés de poils plus longs insérés sur les saillies glandulaires. Pelage s'étendant sur l'aile jusqu'à une ligue allant du tiers proximal de l'humérus au milieu du fémur, et sur l'interfémorale seulement jusqu'à l'extrémité d« la première vertèbre caudale. Dessous, l'aile est poilue jusqu'à une ligne allant du milieu de l'humérus au genou; l'interfémorale a quelques longs poils à la racine de la queue, mais la moitié de sa surface est couverte d'une fine pubescense; une bande de poils fins et courts passe sur le dessous de l'aile eu arrière de l'avant-bras jusqu'au carpe.
Couleur du pelage assez variable, d'ordinaire d'un gris clair dessus et dessous, tirant quelquefois sur le roux, la base des poils plus foncée. Les membranes sont pâles sur les spécimens de couleur pâle du Sud de l'Europe.
Long, tête et corps 50 mm.; queue 53; oreille 13; avant-bras 45 mm.
Habitat. — Europe méridionale (région Méditerranéenne), au Sud des Alpes. A l'Ouest remonte jusqu'à la Suisse et le Jura et se trouve dans les Pyrénées, en Espagne, dans les îles Baléares, et de là jusqu'en Asie et en Afrique.
Famille des Emballonuridae.
Cette famille est représentée dans le Sud de l'Europe par un seul genre et une seule espèce.
Genre Nyctinonms E. Geoffroy, 1812.
Dinops Savi, 1825; Dysopes Cretzs. (nec Illiger), 1826.
Caractères. — Oreilles réunies au-dessus du museau par leur base; tragus court, carré ou arrondi par en haut, peu saillant; extrémité du museau large, obliquement tronquée, s'avançant considérablement au-dessus de la lèvre inférieure, terminée par les narines coupées carrément. Lèvre supérieure fortement plissée verticalement, très extensible. Ailes longues et étroites. Première phalange du doigt médian, au repos, relevée sur le dos du métacarpien. Pieds larges,
avec les doigts interne et externe plus grands et plus épais que les autres. Queue épaisse, dépassant de beaucoup la membrane interfémorale.
Formule dentaire: I- 0:305 ^TUT' -^'^" ol^â' ^- ôHâ = 34 dents.
Incisives supérieures accolées aux canines par leur base, s'en écartant en avant, leurs pointes convergeant en dedans et en avant. Une seule espèce de la région Méditerranéenne.
Nyctinomus taeniotis (Rafinesque).
Tadarida faemo^is, Rafinesque, Précis desDescript. Semiol., 1814; Nyctinomus taeniotis, Wmton, Ann. Nat. Hist., 1901, VII, p. 37; Dinops cestonii, Savi.'NuoY. Giorn. de Litter. 1825, p. 230; Dysopes cestonii, Wagner, Suppl. Schreb. Sâug., Y, p. 702; \ ar. nigro-griseus, Schneider, Nuov. Mena. Soc. Helvet., 1871, 24, p. 9, pi. I; Nyctinonms cestonii, Dobson, Cat. Chiropt., 1878, p. 423.
Oreilles réunis par leur base interne sur le dessus du museau à une faible distance de l'extrémité du nez, leur sommet et leur bord interne se projetant, en forme de visière, au-dessus du bout du museau. Oreilles larges, ovales à bords interne et externe convexes, le bord interne ayant son insertion bien distincte malgré sa soudure avec celui de l'autre oreille; antitragus irrégulièrement triangulaire, séparé en arrière du bord externe par une entaille profonde. Tragus large, arrondi par en haut, en partie caché par l'antitragus. Lèvre supérieure épaisse, fortement plissée verticalement.
Le mâle porte un petit sac glandulaire sous le cou, un peu eu avant du sternum, s'ouvrant par un orifice circulaire caché par les poils.
Aile insérée au tiers distal du tibia.
Dessus d'un roux brun teinté d'orangé, la pointe des poils grise; dessous semblable mais plus pâle.
Le pelage s'étend en dessus sm- l'aile jusqu'à une ligne allant du milieu de l'humérus au genou et à la base de l'interfémorale; la membrane antibrachiale est couverte de poils courts; les avant-bras. les jambes, et le reste des ailes sont nus. En dessous, le pelage s'étend à une moindre distance, s'arrétant sur une ligne nettement définie; la membrane antibrachiale est nue. Le bord inférieur de la lèvre supérieure est frangé de poils fins; la face est presque nue. Quelques poils courts forment un arc de cercle sur la face interne de l'oreille, et la bande cutanée qui réunit les deux oreilles porte des poils di'essés. — Sur le spécimen du Jura bâlois décrit par Schneider, le pelage était d'un gris-noirâtre (Var. nigro-griseus).
Long, tête et corps 85 mm.; queue 50; oreille 29; avant-bras 60; partie libre de la ({ueue 27 mm.
Habitat. — Europe au Sud du Jura et des Alpes (région Méditerranéenne): Espagne, France Sud (Marseille), Suisse, Italie, Sicile, Grèce. De là s'étend dans le Nord de l'Afrique et en Asie.
Ordre des Insectivora.
Cet ordre est représenté en Europe par les trois familles suivantes:
I. Famille des Erinaceidae. — Corps couvert de piquants; pattes subégales, conformées pour la marche; 36 dents. — Un seul genre: Erinaceus (avec le sous-genre Hemiechinus).
II. Famille des Soricidae. — Corps couvert de poils; forme murine; pattes conformées pour la marche ou la natation, mais non palmées, et subégales; 28 à 32 dents, suivant les genres: Pachi/ura, Crocidnra, Soreœ, Neomys.
III. Famille des Talpidae. — Corps couvert de poils; les deux paires de pattes inégales, soit celles de derrière conformées pour nager et palmées (genre Myogalé), soit celles de devant élargies et conformées pour fouir (genre Talpa); 4:4: dents.
Famille des Erinaceidae.
Genre Erinaceus L., 1766.
Caractères. — Corps et sommet de la tête en arrière des oreilles
couverts en dessus d'épines à peu près toutes de la même longueur.
Queue courte, dépourvue d'épines. Museau prolongé en forme de groin
au bout duquel s'ouvrent les narines.
Formule dentaire: I. - — -, C. - — -, Pm. - -, M. - — - = 06 dents.
Jt — ^ jL — X m — Â o — o
La première paire d'incisives est beaucoup plus grande que les auti'es et les deux dents laissent entre elles un large espace sur la ligne médiane; la canine est petite et très semblable à la troisième incisive qui la précède. La première paire d'incisives inférieures est grande et proclive.
Remarque. — Les diverses espèces se ressemblent beaucoup; les caractères qui permettent de les distinguer, sont la forme et les dimensions de l'oreille, la forme du pied, la couleur et l'arrangement des épines et des poils; enfin la forme et la taille de la deuxième prémolaire supérieure.
Sous-Genre Erinaceus propr. dict.
Caractères du Genre (V. ci-dessus). Oreilles plus courtes que la moitié de la tête. Epines à surface lisse. La Canine n"a qu'une seule racine très lono-ue.
Erinaceus europaeus L.
Erinaceus europaeus, h., Syst. Nat., Ed. X, 1766, p.52; Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist.. 1900, V, p. 363; E. europaeus typicus, JDobson, Monog. Insectiv., I,
Dessus mélangé de brun sale et de blanc sale; les épines ayant trois bandes, la médiane foncée, la basale et la terminale claires, quelquefois avec une petite pointe foncée. Oreilles ovales, un peu moins longues que le museau.
Crâne avec le prolongement frontal des prémaxillaires en pointe bien nette, bien que s'étendant en arrière seulement d'une longueur égale à la moitié de celle des os nasaux.
Long, tête et corps 250 mm.; queue 20; pied 40; oreille 22 mm.; Crâne, long. 55,5, larg. 36.
Habitat. — Scandinavie et Em-ope continentale centrale (Suisse). Les spécimens d'Allemagne sont souvent intermédiaii*es enti'e cette forme et E. europaeus occidentalis.
D'après Satunin (P. Z. S., 1901, \). 285), en Russie, ce type s'étend au X., dans le gouvernement de St Petersbourg, jusqu'à Wego (6P lat. X.) ; dans les Mts Oural seulement jusqu'à 59'' (gouv. de Perm), où il devient rare. Dans la Hussie centrale et méridionale jusqu'au Caucase; il se trouve dans les steppes et les forêts (avec E. auritus), dans les montagnes jusqu'à 2650 m. En Transcaucasie il atteint une très grande taille.
Erinaceus europaeus occidentalis Barret-Hamilton.
Erinaceus europaeus occidentalis, Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 362.
Dessus mélangé de blanc sale et de brun sale sans limite précise. Epines ayant au moins trois bandes: celle du milieu foncée, celles de la base et de la pointe claires.
Prolongement fi-ontal des prémaxillaires obtus ou presque carré en arrière, rarement en pointe ou angle nettement défini; ce prolongement s'étend en arrière sur une longueur plus grande que la moitié des os nasaux.
Long, tête et corps 218 à 263 mm.; queue 17 à 20; pied 42 à 43: oreille 22 à 28 mm.; crâne: long. 53, larg. 36.
Habitat. — Iles Britanniques et probablement une partie de l'Europe moyenne occidentale (Type d'Ecosse; auti-es du pays de Galles. d'Irlande, etc.).
Erinaceus europaeus hispanicus Barret-Hamilton.
Erinaceus eur op. hispanicus, Barret-Hamilton, Ann.Nat. Hist., 1900, V, p. 363.
Taille un peu plus petite que le type, pieds et membres plus grêles. Coloration notablement plus pâle, presque blanche dans les formes extrêmes. Les piquants manquent souvent de la bande intermédiaire foncée. Dessous blanc avec les poils des jambes et de la tête pâles.
Crâne différant de celui de E. europaeus fypicus ou occidentalis en ce que le prolongement frontal des prémaxillaires est peu marqué et ne s'étend en arrière que sur une longueur égale ou moindre que la moitié de la longueur des nasaux.
Long, tête et coi*ps 210 à 230 mm.; queue 15 à 20; crâne: long. 56. larg. 36 à 38 mm.
Habitat. — Espagne méridionale (Séville).
Remarque. — L'existence de VErinaceus algirus, Duvernoy, espèce bien distincte, en Espagne (Andalousie), fondée sur un seul spécimen reste douteuse, les flérisons étant souvent transportés d'un point à un autre pour être lâchés dans les jardins. L'E. algims, habite le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et Tripoli.
h^E. algirus, est plus petit que celui d'Europe mais a la même forme d'oreilles et de membres antérieurs; aux pattes de derrière le pouce est très petit, presque rudimentaire (Dobson, 1. c, p. 12, pi. III, fig. 14, 14a).
Le spécimen donné comme d'Andalousie (De Winton, P. Z. S., 1897, p. 956), pouvait provenir des îles Baléares et appartenir à Erinaceus algirus vagans, (Voyez ci- après).
Erinaceus algirus vagans Thomas.
Erinaceus algirus vagans, Thomas, P. Z. S., 1901, I, p. 38.
Plus petit qu'^. algirus ti/pieus, avec un crâne plus petit et un pelage blanchâtre. Sur quelques spécimens, la face, les pieds, et la région inguinale sont plus bruns que le reste du corps, mais cependant encore plus clairs que sur le type africain. La partie supérieure du corps est presque blanche. La longueur et le mode de coloration des épines est semblable au type, c'est à dh-e que les épines de la tête portent un sillon longitudinal; il y a sur la tête ti*ois, sm- le dos deux anneaux foncés à chaque épine, et le tiers terminal est blanc.
Long, tête et corps 250 mm.; queue 40; pied 37; oreille 33 mm.
Habitat. — Iles Baléares (Majorque et Minorque); probablement aussi l'Andalousie (Voyez la Remarque à la suite cV Erinaceus europaeus hispanicus).
Erinaceus europaeus italiens Barret-Hamilton.
Erinaceus europ. itaUcus, Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 364.
Taille à peine un peu plus petite que le type et couleur un peu plus pâle.
Crâne semblable à celui de E. e. typims.
Long, tête et corps 210 à 220 mm.; queue 23 à 32; pied 38 à 42; crâne: long. 48 à 51,5, larg. 32 à 36 mm.
Habitat. — Italie, Haute-Savoie, Suisse.
Erinaceus europaeus consolei Barret-Hamilton.
Erinaceus europ. consolei, Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 366.
Epines plus longues et plus épaisses que celles des sous-espèces du continent, avec la bande blanche subterminale plus large et oblitérant la petite pointe noire; la bande foncée médiane plus noire et plus nettement limitée. Dessous plus clair que sur E. e. typims.
Crâne à prémaxillaires modérément courts comme chez E. e. his- ■panicus. La prolongement frontal du spécimen type n'atteint pas eu arrière la moitié de la longueur des nasaux.
Long, tête et corps 252 mm.; queue 50; pied 40: crâne: largeur 36 mm.
Habitat. — Sicile (Palerme).
Erinaceus europaeus nesiotes Bâte.
Erinaceus europ. nesiotes. Bâte, Proc. Zool. Soc, 1905, II, p. 316.
Extérieurement semblable à E. e. italicus, mais un peu plus petit, d'apparence plus sombre, mais avec les poils plus clairs, et même (dans un spécimen) d'im blanc pur sur la face et les membres. Epines plus courtes et plus grêles, tandis que les poils du dessous sont plus rares.
Crâne semblable à celui de E. e. roiunanicus par le prolongement frontal des prémaxillaires qui est carré en arrière et ne s'étend qu'à une distance moindre que la moitié de la longueur des os nasaux.
Long, tête et corps 204 à 208 mm.; queue 29 à 34; pied 26,5 à 29; crâne: long. 48 à 51,5 mm.
Habitat. — Ile de Crête.
Erinaceus europaeus roumanicus Barret-Hamilton.
Erinaceus europ .roumanicus, Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 365.
Semblable extériem-ement au type d'Europe, mais présentant la coloration des parties inférieures d'E". e. concolor Martin (d'Asie mineui-e), c'est-à-dire avec une tache blanc sale sur la poitrine. .
Crâne plus grand que celui d'K e. concolor, ainsi que les dents, notamment la 3^ prémolaire supérieure. Ressemble cependant à E. e. concolor par le prolongement frontal des prémaxillaires im peu
carré en arrière, se terminant plus obtusément même que chez
E. e. europaeus et n'atteignant pas en arrière la moitié de la longueur
des nasaux. En avant, les nasaux sont plus larges que dans les autres espèces.
Long, tête et corps 306 mm.; queue 24; pied 43; crâne: long. 54,5, larg. 36.
Habitat. — Roumanie (Gageni). — Il est possible que, dans l'extrême orient de l'Em'ope, cette forme passe à E. e. concolor Martin, qui habite l'Asie occidentale (Trebizonde et le Liban).
Erinaceus europaeus danubicus Matschie.
JErinaceus danubicus,Ma,tsch.ie, S.-B.Gesellsch. Naturf. freunde, 1901, p. 229; Satunin, Ann. Mus. Zool. Ac. Se. St Petersb., 1906, XI, p. 2.
Les piquants sont plus longs que chez les spécimens d'Allemagne (Us ont 30 mm.) et présentent, sur le dos, deux bandes foncées et deux bandes blanches, avec une pointe brunâti'e, c'est-à-dire un assez large anneau brun noir à la base, puis un anneau blanc plus étroit et enfin la pointe brune. Les piquants minces du dessus de la tête ont un anneau foncé à la base, puis trois anneaux blancs et deux foncés avec la pointe brune. La teinte noire des anneaux est ti'ès intense et brillante. Le dessus de la tête est un mélange de brun claii- et foncé avec des poils blancs disposés sans ordre; le tom' des yeux est brun foncé. Les flancs et l'intérieur des membres, ainsi que les extrémités son d'un brun foncé, l'abdomen d'un gris blanchâtre. Le reste du pelage est d'un brun grisâtre: quelques poils roux au bord interne des oreilles sur les spécimens de Sarepta.
Pour les caractères crâniens, voyez Matschie et Satunin {loc. cit.).
Les dimensions sont celles à^E. europ. typicus ou d'is'. e. rumanicus.
Habitat. — De la Roumanie au Sud de la Russie (vallée du Volga, de Kazan à l'embouchure, et probablement vers le Nord jusqu'à Oka; vers le Sud jusqu'au Caucase), types de Sarepta et d'Astrakan.
Remarque. — Satunin suppose que cette forme est identique à E. europ. rumanicus, simplement, parcequ'il n'admet pas qu'on puisse rencontrer deux formes différentes dans l'aire géographique presquidentique attribuée aux deux sous-espèces : il convient néanmoins que les deux descriptions ne concordent pas.
Sous-Genre Hemieclmms (Fitzinger, 1866. Satunin, 1907). Satunin, Annuaire du Mus. Zool. St. Petersb., XI, p. 177.
Caractères. — Tirés principalement de la forme du crâne et des dents: Canines toujours à deux racines. Oreilles plus longues que la moitié de la tête. Epines rugueuses, cannelées et couvertes de tubercules.
Erinaceus (Hemiechinus) auritus Gmeliu.
Erinaceus auritus, Gmelin, Syst. Nat. Linn., 1788, p. 116; Simashko, Fauna ofRussia. 1851, II, p. 72, pi. VI, fig. 2; Dobson. Monogr. Insectiv., 1882, p. 16; Satunin, P. Z. S., 1901, p. 286.
Plus petit (lue \E. europams. Oreilles plus longues que le museau, ovales, arrondies à la pointe, le bord externe concave dans son tiers supérieur. Pieds assez grands, ceux de devant comme ceux d'E. europaeus, à pouce bien développé, une grande callosité postérieure bifide. Pied postérieur avec une callosité postérieure triangulaire, un très petit premier orteil (2 mm. environ), avec les ongles des trois orteils médians bien développés, évidés en-dessous, mais celui du 2 e orteil plus petit que chez E. europaeiis.
Epines courtes, (17 mm.) celles de la tête sans sillon médian, chaque épine portant de 19 à 23 cannelures finement tuberculeuses, d'un blanc jaunâtre jusqu'à moitié de leur longuem-, portant ensuite une large bande noirâtre, et l'extrémité d'un blanc jaunâtre. Poils courts et fins, d'un jaunâti-e pâle, blancs dessous. Face et tête d'un brun jaunâtre, quelques poils bruns au bout; les oreilles blanches presque nues; une étroite ligne blanche le long de la partie couverte d'épines. Pattes et pieds de la couleur de la tête. — Les jeunes ont plus de brun.
Crâne court, à région faciale plus courte et plus éti-oite que celle d'^". europaeus; bulles auditives très grandes, séparées par un sillon linéaire. Seconde incisive supérieure très petite.
Long, de l'oreille 35 mm.; pied 30 mm.
Habitat. — Eussie Sud depuis les steppes au N. du Caucase (plaines de Manytsh), s'étendant vers le Nord, entre le Don et le Volga, jusqu'aux collines de Ergheni et de la dans les steppes des Kirghis (en Asie), jusqu'enti-e les 45^ et 55 ^^ lat. Nord.
Famille des Soricidae.
Genre Pachyura Sélys, 1839.^).
Caractères extérieurs semblables à ceux de Crocidura (Voyez ciaprès), mais il existe une prémolaire de plus à la mâchoire supérieure, soit 30 dents. Dents blanches.
3—3 ,, 1—1 ^ 2—2 „ 3—3 Formule dentaire: I. j^^, ^ j^j, rm. y— j, M. ^^ = 30 dents.
Une seule espèce en Europe.
1) Ce genre n'est d'ordinaire considéré que comme un sous-genre de Crocidura. Mais, chez les Mammifères, toute diftérence dans la formule dentaire ayant une valeur générique, il semble préférable de traiter ce groupe comme bonum genus.
Pachyura etrusca (Savi).
Sorex etruscus, Savi, Nuov. Giorn. di Litt. 1822, p. 60 et pi.; Crocidura etriisca, Wagler, Isis, 1832, p. 275; Eouap., Fauna Ital., 1839, pi. 19, fig. 2; Duvernoy, Mag. ZooL, 1842, p. 41, pi. 54; Satunin, Mitth. Kauk. Mus., 1905, 11, p. 284 ; Crocidura suaveolens Blas. (nec Pallas), partim, Fauna Deuts., 1857, I, p. 147 cexclus. specim. ex Crimea).
Taille très petite; queue robuste, carrée, diminuaut insensiblement de grosseur, aussi longue que le corps sans la tête, couverte de poils ras jusqu'à son extrémité avec des poils plus longs disposés en verticilles. Oreilles grandes, arrondies, plus larges que longues; tête relativement grosse. Pas de glande sur les flancs.
Dessus d'un gris cendré plus ou moins lavé de roux; le museau, les pattes et le dessous, y compris les flancs d'un gris plus clair, presque blanchâtre; les pieds sont couverts de poils blancs jusqu'aux ongles; moustaches blanchâtres. — Les jeunes sont plus foncés, sans mélange de roux. — C'est le plus petit des Mammifères d'Europe. .
Long, tête et corps 35 mm.; queue 25 mm.; pied 11 mm.
Habitat. — Europe Sud, région Méditerranéenne; Italie, France Sud (Var, Gard, remonte jusqu'à Gannat, dans l'Allier); se retrouve dans le Caucase et dans le Nord de l'Afrique (Algérie).
Remarque. — Blasius a confondu à tort cette espèce avec Crocidura suaveolens du sud de la Russie, qui est une petite forme de Crocidura russula (Voyez ci-après).
Genre Crocidura Wagler, 1832.
Caractères. — Forme murine (plus dégagée que dans le genre Sorex); dents blanches; les deux grandes incisives médianes iufériem-es entières, non dentelées; les deux supérieures en hameçon, c'est-à-dii-e avec un talon pointu. Oreilles ovales, bien développées, presque nues, dépassant les poils. Queue (généralement) plus courte que le corps, arrondie, plus épaisse à la base, parsemée de longs poils épars qui dépassent les autres qui sont presque ras. Pieds presque nus. Pelage sec et ras en été, plus long en hiver.
Formule dentaire : I. YZTr ^- TUT' ^™- TIZï' ^- 3II3 ^ ^^ dents.
Il y a une prémolaire supérieure de moins que dans Pachyura.
Remarque. — Ce genre est du Sud et du Centre de l'Europe. Il fait défaut dans le Nord (notamment en Angleterre et en Scandinavie).
Crocidura russula (Hermann).
Sorex russulus, Hermann in Zimmermann, Geogr. Gesch., 1780, 2, p. 382; Thomas, The Zoologist, 1895, p. 62; Sorex araneus, L., Syst. Nat., Ed. XII,
p. 74 (part.); E. Geoff., Ann. Mus, XVH, 1811, p. 174, pi. 2, fig. 2; Duvernoy, Mag. ZooL, 1842, p. 18, pi. 38; Blasius, Fauna Deuts., 18.Ô7, I, p. 144, fig. 94; Trouessart, Mamm. de France, 1885, p. 78, fig. 40, 41.
Queue plus longue que la moitié du corps (plus de 10 mm. en plus que S. russ. leucodon); pelage formé de poils ras, un peu plus longs en Mver, avec d'autres poils plus longs clairsemés. Oreilles bien développées, dépassant le pelage, finement velues, cendrées à leur partie supérieure, blanchâtres inférieiirement. — Une glande sur les flancs.
Dessus d'un gris-brun ou gris de souris, plus ou moins lavé de roux; dessous gris, les deux couleurs se fondant insensiblement, sur les flancs, l'une dans l'autre. Pieds d'un gris plus ou moins foncé; doigts et bout du museau couleur chair. Queue en-dessus de la couleur du dos; dessous gris blanchâtre.
Le jeunes ont le museau plus épais, la queue étranglée à la base; ils sont plus foncés dessus, plus clairs dessous.
Le 3e ou dernière unicuspide (intermédiaire), qui est la canine, dépasse sensiblement le tubercule antérieur de la première molaire; elle est bien dans l'axe de la série dentaire et tout entière visible du dehors.
Long, tête et corps 60 mm.; queue 40; pied 12 mm.
Habitat. — Europe centrale (manque dans le Nord, notamment dans les îles Britanniques et en Scandinavie); France, Allemagne et de là jusque dans le Sud de la Kussie et en Asie; dans le Sud de l'Europe elle est remplacée par plusieurs sous-espèces décrites ci-après.
Çrocidura mssula leucodon (Hermann).
Sorex leucodon, Hermann in Zimmermann, Geogr. Gesch., 1780, 2, p.. 382; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 140, fig. 39: Trouessart, Mamm. de France, 1885, p. 81, fig. 42, 43; Mottaz, Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 155; Leucodon microurus, Fatio, Faune de Suisse, I, 1869, p. 137.
Dessus d'un brun noirâtre plus ou moins foncé suivant la saison; dessous du corps et les flancs d'un blanc pur nettement séparé de la couleur du dos; pieds blancs. Queue plus courte que la moitié du corps, bicolore, noire dessus, blanche dessous. — Les jeunes ont le museau plus épais et la queue étranglée.
Les dents unicuspides supérieures (intermédiaires) sont plus petites que chez Cr. mssula typica, comprimées, surtout la 3 e (canine), qui est un peu rejetée en dedans. La première molaire est plus forte et plus élevée.
Long, tête et corps: 70 mm; queue 30; pied 13 mm.
Habitat. — Europe centrale à l'Est de Paris (France Nord et Est depuis la Somme jusqu'au Var), Suisse, Allemagne, Belgique et de là dans toute l'Europe orientale jusqu'au Turkestan.
Remarque. — Diffère du type par sa tête plus allongée, sa queue plus courte, ses couleurs nettement tranchées sur les flancs, comme chez Neomys fodiens.
Crocidura russula pulchra Cabrera.
Crocidura russida pulchra, Cabrera, Ann. Nat. Hist., 1907, XX, p. 213.
Petite forme à longue queue, rappelant C. mimula par la taille, mais à forme crânienne de C. russula.
Dessus sépia pâle avec une ti"ès légère teinte rougeâti'e et des reflets argentés sur le dos. Dessous d'un blanc cendré, les poils étant, dessus et dessous, ardoisés à lem- base; cette couleur se montre par places en dessous. Queue sépia dessus, blanc sale dessous.
Dents un peu plus petites que celles du type de C. russula.
Long, tête et corps 71 mm.; queue 41,5; pied 12 mm.; crâne, long, totale moins les incisives: 18,9; largem- en avant des orbites 6 mm.
Habitat. — Espagne Orientale, Valence (et probablement Minorque). — Il est à remarquer que toutes les formes méridionales de ce groupe {rypria, caudata, pulchra), se distinguent par une queue plus longue.
Crocidura russula cintrae Miller.
Crocidura russtila cintrae, IMiller, Ann. and Mag. Nat. Hist., 1907, XX, p. 390.
Plus petite que le type; coloration foncée et riche, conti-astant avec les teintes pâles de la sous-espèce espagnole {C. r. pulchra, Cabrera) et présentant les reflets cuivrés que Ton ti-ouve quelquefois légèrement indiqués sur le type de l'espèce.
Dessus entre le brun de mars et le brun-rouge (de Ridgeway), légèrement plus foncé sur la ligne dorsale, les poils présentant partout des reflets métalliques cuivrés et argentés. Dessous et pieds d'un brun pâle. Queue d'un brun-broccoli foncé, plus pâle dessous.
Crâne et dents ne différant du type que par des dimensions plus faibles.
Long, tête et corps 64 mm.; queue 33; pied 11,4; oreille 8,6; crâne (long, condylo-basale) 18 mm.
Habitat. — Portugal, Cintra près Lisbonne.
Remarque. • — De même taille que la sous-espèce d'Espagne, la Musaraigne de Cintra en diffère par sa couleur beaucoup plus foncée, qui la rapproche de la C. russula de France et de Belgique; mais le reflet cuivré est ici tout à fait caractéristique.
Crocidura russula suaveolens (Pallas).
Sorex suaveolens Pallas, Zoogr. Rosso-As., 1811, I, p. 133, pi. 9, ôg. 2; Brandt, Bull. Xat. Moscou, 1868, 2, p. 78, pi. 4 (dents); Lataste, Explor. Se. Tunisie, Mam., 1887, p. 7 (Blasius, Fauna Deuts., J, p. 147, a confondu cette espèce avec Pachyura efrusca, Savi).
A peine plus grande que Sorex pi/gmaens, mais plus élégante^ niince, un peu allongée. Museau très pointu terminé par un nez petit, nu, un peu fourchu, les narines étant latérales. Oreilles nues, presque cachées par les poils, sauf le bord qui porte des poils blancs. Moustaches serrées, rabattues en arrière. Yeux petits plus près des oreilles que du nez.
Pelage très fin, serré, peu facile à mouiller. Dessus gris-cendré un peu brutiâtre avec la pointe des plus longs poils présentant de légers reflets brillants; ces longs poils plus nombreux sur la partie postérieure du dos. Menton, gorge et abdomen blancs; la base des poils est brune mais lavée de blanc. Pieds nus dessous, un peu crénelés. Queue plus courte que le corps, ronde, grêle, à peine atténuée à sa pointe, couverte de poils fins, brune dessus, blanche dessous, avec des poils épars longs, grêles et une petite touffe terminale. Une glande sous-caudale à deux loges et deux orifices, sécrétant une odeur musquée agréable (Pallas).
Long, tête et corps 40 mm.; queue 25 mm.; pied 8 mm.
Habitat. — Presqu'île de Crimée; se retrouve en Asie Mineure.
Crocidura cantabra Cabrera.
Crocidura cantabra, Cabrera, Bul. Soc. Espan, Hist. Nat., 1908, p. 239 (avec un tableau dichotomique des espèces espagnoles).
Semblable à C. leucoclon par la longueur de la queue, par la séparation nette entre la couleur du dos et celle de l'abdomen, mais beaucoup plus petite et avec les pieds gris et non blancs.
Dessus d'un gris clair tirant sur la couleur cannelle, sans reflets métalliques. Dessous d'un blanc grisâtre, nettement séparé, sur les flancs, du gris des parties supérieures. Pattes gris-fauve, très pâles. Queue de la couleur du dos, beaucoup plus pâle en-dessous. — Crâne plus petit que celui de C. leucoclon.
Long, tête et corps 55 mm.^ queue 24; pied 10. — Long, de la série dentaire super. 7,2 mm.
Habitat. — Espagne, provinces Basques (probablement la plus grande partie de l'Espagne).
Crocidura mimula Miller.
Crocidura mimula, Miller. Proc. Biol. Soc. Wash., 1901, XIV, p. 95, fig. 1 ; Mottaz, Bull. Soc. Zool. Genève, 1906—07, t. I. p. 39.
Semblable à Cr. russula mais taille notablement plus faible (long, du crâne 16 au lieu de 19 à 21 mm).
Dessus sépia, un peu plus foncé sur la région lombaire, avec un reflet argenté sous certaines incidences de lumière. Dessous d'un flave
ocreux sombre ne formant pas un contraste bien marqué avec la couleur des flancs. Menton blanchâtre. Base des poils d'un noir ardoisé, mais cette couleur ne parait pas d'ordinaire à la surface du pelage. Pieds d'un blanc jaunâtre. Queue sépia dessus, d'un flave ocreux dessous.
Crâne à peine plus grand que celui de Sore.'c mimitus, mais semblable en petit à celui de Cr. russula, sauf que la région rostrale est plus courte et plus large, le trou sous-orbitaire étant plus visible du dessus. Dents plus petites.
Long, tête et corps 72 mm.; queue 33; pied 11 mm.
Habitat. — Suisse (Ziiberwangen, Canton de St. Galles).
Crocidura mimula iculisma Mottaz.
Crocidnra mimula iculisma Mottaz, Eijll. Soc. Zool. de Genève, 1908, p. 119.
Dessus d'un brun cendré parsemé de quelques rares poils brillants; dessous gris blanchâtre; queue de la même couleur, brun cendré dessus, blanchâtre dessous, portant en outre de longs poils blanchâtres. Pattes brunes avec quelques poils blanchâtres {livrée cVhlver). — Pelage d'été plus rougeâtre avec les poils plus courts.
Crâne petit, comparé à celui de C. mimula, comprimé, rappelant celui de C. russula. Coupe ti-ansversale presqu'en demi-circonférence et non ovoïdale comme chez C. mimula.
Long, tête et corps 98 mm.; corps seul 60,5; queue 38,5; pied, sans les ongles 10,2 mm. — Crâne: long. tôt. (avec incisives) 16,8; largeur de la capsule cérébrale 7,9 mm.
Habitat. — France Occidentale, Dép. de la Charente (Lignières- Sonneville).
Crocidura sicula Miller.
Crocidura sicula Miller, Proc. Biol. Soc. Wash., 1901, p. 41.
Plus petite que Cr. russula de l'Europe centrale (long. tôt. 105 au lieu de 120; pied 13 au lieu de 15); couleur plus claire dessus et dessous.
Dessus gris-chatain (drab) lavé faiblement de brun-broccoli, beaucoup de poils montrant un reflet argenté. Dessous gris cendré pâle presque blanc. Sur les flancs, la transition du gris-chatain au gris est beaucoup plus nette que chez Cr. russula. Queue gris-chatain foncé, un peu plus pâle dessous. Pieds d'un gris intermédiaire entre la couleur ^de la queue et celle de l'abdomen. Le poil est partout gris à la base.
Crâne et dents notablement plus petits que chez Cr. russula. d'ailleurs semblables.
■ Long, tête et corps 68 mm.; queue 32; pied 12; crâne, long, totale (moin les incisives) 17,6 (chez vussula 19) mm.
Habitat. — Sicile (Palerme).
Crocidura antipai Matschie.
Crocidura antipae, MatscMe, S-B. Ges. Naturf. Freunde Berlin, 1901, p. 228.
Plus grande que Cr. russula, en différant par les proportions de ses dents.
Dessus gris-brun à reflets lilas; dessous gris-blanc, presque blanc sur les côtés du corps, et la ligne de démarcation enti'e les deux couleurs très nette. Pieds gris-blanc.
La queue est aussi longue (chez les jeunes plus longue) que la moitié du corps mesuré du nez à l'anus; elle est en dessus de la couleur du dos, dessous de la couleur du venti-e.
Caractères dentaires: la dernière unicuspide supérieure est notablement plus haute que le tubercule antérieur de la le molaire, et un peu plus basse que la 2e molaire; elle est bien dans la rangée des autres dents mais logée dans l'angle antérieur de la le molaire, et entièrement visible du dehors.
Le tubercule postérieur des incisives supérieures est notablement moins haut que la petite unicuspide suivante, mais plus élevé que la 2 e unicuspide, et son bord libre est aussi long que celui de la le unicuspide (tandis que chez Cr. russula il est plus court).
Les deus unicuspides supérieures sont plus longues que larges (tandis que chez Cr. missula elles sont aussi larges que longues).
Le tubercule antérieur de la le molaire inférieure est un peu moins haut que la 2 e unicuspide (il y a égalité chez C. russula).
Long, tête et corps 105 mm.; queue 52(?); pied 11.5 mm.
Habitat. — Europe orientale: Roumanie.
Crocidura caneae Miller.
Crocidura caneae^ Miller, Ann. and Mag. Nat. Hist., 1909, lU, p. 418.
Taille et aspect général des plus petites formes de Crocidura russula, le crâne pareillement déprimé; mais la seconde prémolaire supérieure aussi grande que la troisième, et toute la partie antérieure de la rangée des dents supérieures exceptionnellement longue relativement aux dents postérieures.
Long, tête et corps 65 mm.; queue 42; pied 11,8. — Crâne: long, condylo-basale 18,4; série des dents super. 8,2 mm.
Habitat. — Ile de Crête.
Crocidura caudata Miller.
Crocidura caudata, Miller, Proc. Biol. Soc. Wash., 1901, p. 42.
Un peu plus grande que Cr. sicula (long, totale 115, pied 15), mais différant de toutes les autres espèces européennes par sa longue queue, qui rabattue sur le dos arrive au milieu de l'oreille.
La queue forme 42 pour 100 de la longueur totale et a 3 mm. de diamètre. A sa base elle est quadrangulaire, mais dans sa seconde moitié, elle devient sub cylindrique (la pointe est comprimée latéralement, ce qui semble le résultat d'un accident). Elle porte des écailles en anneaux indistincts (7 par mm. dans son milieu), en partie cachés par des poils fins, et les longues soies éparses sont plus abondantes (|ue chez Cr. russula et sicula.
Dessus semblable à Cr. sicula (peut-être atténué par six mois de séjour dans l'alcool), mais la base des poils dessus et dessous ardoisé foncé, et la transition de la couleur du dos à celle de l'abdomen moins nette.
Crâne à face plus courte, à région orbitaire plus large que chez Cr. russula et sicula. Dents semblables, mais la première unicuspide supérieure plus grande, la 2 e et la 3 e si resserrées que la 3 e est logée dans la concavité du bord interne de la grande prémolaire et et cachée en partie par elle.
Long, tête et corps 63 mm; queue 52: pied 14mm.
Habitat. — Sicile (Palerme).
Crocidura cyrnensis Miller.
Crocidura cyrnensis, Miller, Ann. and Mag. Xat. Hist., 1907, XX, ]). 390.
Plus petite que C. caudata (de Sicile); queue relativement aussi longue, mais non exceptionnellement épaisse.
Dessus d'un brun-broccoli lavé de sépia, le gris ardoisé de la base des poils se montrant à la surface et donnant au pelage une teinte qui se rapproche du gris-chatain de Ridgeway. La plupart des poils présentent des reflets faiblement argentés sous certaines incidences de lumière. Dessous et pieds d'un gris cendré clair.
Crâne et dents comme chez C. russula.
Long, tête et corps 67 mm.; queue 48; pied 12,4; oreille 10 mm,
Habitat. — Ile de Corse (Bastia).
Crocidura balearica Miller.
Crocidura russula, (partim) Thomas, P. Z. S., 1901, 1, p. 39 ; Crocidura balearica, Millei-, Ann. and Mag. ISTat, Hist., 1907. XX, p. 391.
Semblable à C. cymensis, mais à dents plus petites.
Dessus bruu teinté de sépia, les poils presqu'eutièrement dépourvus de reflets métalliques; dessous d'un gris cendré foncé. Pieds et queue d'un bruu foncé mal défini; queue à peine plus claire dessous.
Crâne semblable à celui de C. ajmensis, à part les deuts plus petites.
Long, tête et corps 42 mm.; queue 45; pied 12,5; oreille 9 mm.
Habitat. — Iles Baléares (San Cristobal, Minorque).
Remarque. — Les Crocidura cyrnensis, C. balearica, C. caudata, et C. cypriae (Bâte, de Chypre), forment, dans les îles de la Méditerranée un groupe bien distinct des formes continentales (C. russula, C. leucodon, C. mimula), par l'allongement très notable de la queue.
Genre Sorex L. 1735; Wagler, 1832.
Charactères. — Formes plus ramassées (talpoïdes) que dans le genre Crocidura. Dents d'un rouge orangé, ou même rouge-brun, à leur pointe. Les deux grandes incisives médianes inférieures dentelées sur leur bord supérieur; les deux supérieures ayant le talon aussi saillant qui la pointe, paraissant bitides. Queue cylindrique ou quadrilatère couverte de poils tous de même longueur. Doigts presque nus, non munis de poils raides formant rame. Oreilles petites, plus ou moins cachées par les poils. — Habitudes terrestres, mais dans les localités humides. Pelage velouté, rappelant celui de la Taupe.
4 4 ^1—1 ,^ 2—2 ,, 3—3 „„ , , Formule dentaire: 1. :, — -. C. - — -, rm. j- — -, M.- — ~ = 32 dents, i — 1 1 — 1 J — J o — o
Il y a une incisive (petite) et une prémolaii'e de plus que dans le genre Crocidura.
Remarque. — Ces Musaraignes sont du Nord de l'Europe, mais se sont répandues jusque dans le Centre et une partie du Sud de ce pays (jusqu'aux Alpes et aux Pyrénées).
Sorex alpinus Schinz.
Sorex alpinus Schinz, in Frobel und Heer, Mittheil. Geb. theor. Erdkunde, I, 1836, p. 114; id., Neue Denks., I, p. 13, fig. 1; Duvernoy, Mag. Zool.. 1842, p. 31, pi. 49; Blasius, Fauna Dents., 1857, I, p. 126, fig. 85; Sorex Antmorii et <S. alpinus Bouap., Fauna Ital., pi. 18. fig. 2, 3; Sorex inter médius Cornalia, Oatal. Mam. Ital., 1870, p. 27.
Taille supérieure à celle de -S. araneus. Tout le corps d'une teinte uniforme, gris de fer, le pelage formé de poils très fins, longs et moelleux mais couchés. Oreilles cachées par le pelage. Moustaches longues, blanchâtres. Queue aussi longue ou plus longue que le corps, poilue dans toute son étendue et de la couleur du corps.
La couleur est entre le gris cendré et le g-ris ardoisé; le dessous est à peine un peu moins foncé.
Le talon des incisives supérieures est moins saillant que chez Sorex araneus; la dernière unicuspide (intermédiaire) supérieure, plus petite que le tubercule antérieur de la le molaire est tout entière visible du dehors; la canine inférieure est à deux tubercules comme la prémolaire qui suit.
Long, tête et corps 66 à 75 mm.; queue 60 à 70; pied 18 mm.
Habitat. — Les Alpes, le Jura, les Pyrénées (jusqu'à 2.400 m.); en Allemagne, dans les Monts du Harz, est remplacée par la forme suivante.
Sorex alpinus hercyninus Aliller.
Sorex alpinus hercyninus Miller, Aiin. and Mag. Nat. Hist., 1909, III| p. 417. Semblable à Sorein alpinus typicus. mais à crâne et dents plus petites.
Long, tête et corps 71 mm.; queue 67; pied 15,4. — Crâne: long., condylo-basale 19,2; série dentaire super. 8,4.
Habitat. — Montagnes du Harz et des Géants (Riesengebirge) en Allemagne (Bahrenberg. Mauseklippe, Bode Valley; Eulengrund et Wolfshau en Silésie).
Remarque. — Les mesures extérieures ne diffèrent pas de celles de S. alpinus de Suisse, mais la longueur du crâne et de la série dentaire en font une forma distincte.
Sorex araneus L.
Sorex araneus, L. (née Schreber et Auct.), Fauna Suecica, II, 1746, No. 24;- Syst. Nat., 1766, p. 74; Nilsson, 111. Fig. Skand. Fauna, 1832 (nec 1874), pi. 32; Thomas, ïlie Zoologist. 1895, p. 62; Sorex Dauhentoni, Cuvier, Regn. Anim., 1829. I, p. 127; Sorex vulgaris, L. Mus. Adolpli. Frid., p. 10; Nilss., 111. Fig. Skand. Fauna, 1847 (nec 1832), I, p. 75; Blasius, Fauna Deuts., I, 1857, p. 129, Fig. 86; Trouessart, Mamm. de France, 1885, p. 87 (exclus, synon. Sorex tetragonurus Hermann).
Pelage épais et velouté comme celui de la Taupe; queue d'égale grosseur dans toute son étendue, presque quadrilatère, un peu plus courte que le corps.
Dessus d'un brun noirâtre plus ou moins lavé de roussâtre; dessous d'un gris blanchâtre; une ligne, rousse le long des flancs, faisant paraître le pelage tricolore. Pieds presque nus, les poils blanchâtres laissant voir la couleur chair. — Une glande sur les flancs. — Les spécimens d'Angleterre et de Scandinavie n'ont pas la ligne rousse des flancs aussi marquée et ne paraissent pas tricolores.
La dernière unicuspide supérieure est plus petite que le tubercule antérieur de la 1« molaire, rejetée en dedans et presqu'entièrement
cachée par ce tubercule quand on regarde du dehors. La canine înférieui'e n'a qu'un seul tubercule, la prémolaire en a deux.
Long, tête et corps 60 à 70 mm.; queue 40 à 45; pied 15 mm.
Habitat. — C'est la Musaraigne la plus commune en Scandinavie et dans les îles Britanniques (ou le genre Crocidura fait défaut); de là s'étend sur toute l'Europe et dans le Nord de l'Asie.
Sorex araneus fretalis Miller.
Sorex araneus fretalis Miller, Ann. and Mag. Nat. Hist., 1909, III, ]). 415.
Semblable à Sorex araneus typicus, mais la région faciale du crâne raccourice, élargie, déprimée, et les dents antérieures (incisives) plus robustes que chez la Musaraigne du Continent.
Coloration comme celle de *S. araneus, sauf que le dessous est souvent d'un gris fauve pâle presque blanc, nettement plus clair que sur aucun spécimen des autres races.
Long, tête et corps 64 mm.; queue 48,2; pied 13 mm. — Crâne: long, condylo-basale 18,8; série dentaire supérieure 8,4 mm.
Habitat. — Ile de Jersey, dans la Manche (Trinity). Sorex araneus bergensis Miller.
Sorex araneus bergensis Miller, Ann. and Mag. Nat. Hist., 1009, III, p. 416.
Plus grande que Sorex araneus, et couleur, eu pelage d'été, plus foncée, le brun foncé ou le noirâti'e de la ligne du dos nettement séparé du brun jaunâtre des flancs.
Long, tête et corps 80,5 mm.; queue 44,5; pied 13,6, à 14,4. — Crâne: long, condylo-basale 19 à 20; série dentaire super. 8,6 mm.
Habitat. — Norvpège Sud-Ouest, district de Bergen (Gravin,
Hardanger, Bergen).
Remarque. — Cette grande forme de Sorex araneus diffère notablement du type de Suède et de la Norwège orientale pour ressembler aux formes des Alpes et des Pyrénées, dont elle se distingue par ses teintes plus foncées. Son habitat semble limité au versant Atlantique de la Norwège Occidentale. Sur le versant Oriental elle est remplacée par le vrai Sorex araneus qui s'étend vers le Nord et l'Ouest justqu'à la région supérieure de Gudbi'andsbol.
Sorex araneus tetragonurus Hermann.
Sorex tetragonurus Hermann, Obsery. ZooL, 1804, p. 48; Miller, Ann. Nat. Hist., 1909, XVII, p. 417 (note du bas de la page); Sorex araneus nudus Fatio, Faune de Suisse, 1, 1869, p. 127 : Mottaz, Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 153 ; S. a. Var. nigra, Fatio, 1. c, p. 127, pi. IV; Sorex vulgaris crassicaudatus Fatio, Arch. St. Phys. et Nat., 1905, p. 201; Sorex araneus aïticola Miller, Proc. Biol. Soc. Wasb., 1901, p. 43 (dont la description est donnée ici).
Plus grande que S. araneus, et queue plus longue (»presque caiTée« d'après Hermaun). Dents plus fortement pigmentées.
'Pelage d'été: court, rude et foncé, dessus d'un sépia pale; flancs d'un brun-broccoli à peine teinté de châtain. Dessous gris clair fortement lavé d'isabelle: bien qu'il n'y ait pas de ligne de démarcation bien nette, l'animal est nettement tricolore. Queue nettement bicolore, brune dessus et à sa pointe, d'un brun-broccoli dessous. Pieds d'un brunbroccoli brillant.
Pelage d'hiver: long, soyeux et lustré; couleurs comme en été, mais le sépia du dessus plus foncé, presque noir, et le dessous gris avec très peu d'isabelle: flancs comme eu été, l'apparence tricolore étant plus mar(iuée que dans le pelage d'été ( Var. nigra Fatio).
Crâne semblable à celui de 5. araneus mais dents plus pigmentées, surtout sur les tubercules internes des molaires postérieures.
Long, tête et corps 76 mm.; queue 55; pied 14 (16 avec ongles).
Habitat. — Suisse (Andermatt, Briinig, Meiringen), mais cette forme habite aussi les plaines de l'Europe Centrale (Alsace, etc.).
Remarque. — La courte diagnose d'Hermann est eu latin: y>Atro-cinereus, subtus pallidior, cauda subquadrata, dentibiis iucisoribus brunneis«~. Il ajoute: »Supra splendide niger, subtus abdomine per mediam longitudinem ciuereo splendente, colore eo non in latera adscendente, etc. Cauda evidentissime quadrata.«
Les types d'Hermann provenaient des environs de Strasbourg, et avaient été capturés au milieu des débris d'inondation.
Sorex araneus pyrenaïcus Miller.
Sorex araneus 'pyrenaïcus Miller, Anu. and Mag. Xat. Hist., 1909, III, p. 416.
Très semblable à Sonx araneus tetragonmms, mais a pelage d'été plus foncé, moins nettement tricolore, le dos prenant rarement (sinon jamais) la teinte noirâtre fréquente dans la forme Alpine.
Long, tête et corps 72 mm.; queue 51; pied 14. — Crâne: long, coudylo-basale 20; série dentaire super. 8,8 mm.
Habitat. — ■ Montagnes des Pyrénées (Porté, Pyrénées-Orientales, sur le versant espagnol; L'Hospitalet, Ariège; Ax-les-Termes, Ariège; Barèges, Hautes-Pyrénées).
Sorex araneus euronotus Millier.
Sorex araneus euronotus Miller, Proc. Piol. Soc. AVash., 1901, p. 44.
Taille un peu moindre que celle de Sorex araneus; couleur d'Eté plus brune, surtout eu dessous. Couleurs semblables à celle de <S. araneus mais le brun plus foncé, et l'abdomen lavé de brun couleur de bois. L'apparence tricolore est encore visible, mais moins distincte que dans les autres formes.
Crâne semblable, mais uu peu plus petit que «S. araneus, avec la capsule cérébrale moius renflée.' Dents plus petites et uu peu moins fortement pigmentées.
Long, tête et corps 78 mm.; queue 44; pied 12,5 mm.
Habitat. — France Sud, Hautes-Pyrénées (Montréjeau).
Sorex araneus carpathicus Barret-Hamilton.
Sorex araneus carpathicus Barret-Hamilton, Aun. and Mag. Nat. Hist., 1905, XV, p. 506.
Un peu plus petit, mais avec une plus longue queue que S. araneus typicus.
Pelage d'hiver: dessus presque noir de l'occiput à la base de la queue ; face et partie du dessus de la tête plus clair, passant graduellement au brun sur les flancs; dessous et partie interne des quatre membres, d'un jaune ou brun clair sale, la couleur du dessus empiétant considérablement sur celle du dessous. Ligue de démarcation médiocrement distincte, partant de l'angle de la boucbe, s'étendaut sur les épaules, les cuisses et jusqu'à la base de la queue, siu- les pattes jusqu'au poignet et au talon. Base des poils d'un noir ardoisé dessus et dessous. Queue bicolore, dessus bistre, dessous d'un marron tirant sur risabelle.
Pelage d'été: dessus d'un brun-noir, dessous plus jauue qu'eu hiver.
Oràue eu tout semblable à celui du type.
Long, tête et corps 64 à 70 mm.; queue 46 à 47; pied 13 à 14; oreille 7 mm.
Habitat. — Montagnes de ïranssylvanie (Carpathes Sud), de 500 à 1700 m. d'altitude (localité: Hatzeg). — Forme montagnarde à pelage beaucoup plus foncé que les spécimens du type de Scandinavie et de Grande-Bretagne, et ne présentant pas l'apparence tricolore des spécimens des plaines du continent.
Sorex santonus Mottaz.
Sorex santonus Mottaz, Bull. Soc. Zool. de Genève, 1908, p. 118.
Semblable à Sorex araneus tetragonurus (= nndus Fatio), mais beaucoup plus foucé.
Pelage d'hiver: In-uu noir dessus et dessous sans contraste sur les flancs; dessous un peu plus clair et nuaucé de gris fer plus ou moins accentué suivant les reflets. Pieds antérieurs et postérieurs faiblement recouverts de poils brun foncé. Queue brune dessus et dessous.
Pelage d'été: plus clair, brun marron, le dessous à peine plus clair, nuancé de gris suivant les reflets; pattes et queue de la couleur du corps.
Crâne ramassé et court; dents brun rouge à la pointe; capsule cérébrale courte, large, hexagonale.
Long, tête et corps 117 mm.; ({iieiie 42; corps seul 75; pied (sans les ongles) 13 mm. — (Jrâne: long, totale (avec incisives) 19,8 mm.; largeur de la capsule cérébrale 9,8 mm.
Habitat. — France Occidentale, Dép. de la Charente (Lignières- Sonneville).
Sorex minutus L.
Sorex minutus et S. exilis L., Syst. Nat. 1766, p. 112; Schreber, Saug., III, pi. 161 B; Thomas, The Zool., 1895, p. 62; Sorex minhnus E. Geoff., Ana. Mus., XVII, p. 186; Sorex j^ygniaeus Pallas, Zool. Ross. -As., 1831, I, p. 134, pi. X, fig. 4; Duvernoy, Mag. Zool., 1842, ;p. 30, pi 48; Bonap., Fauna Ital., pi. 19, fig. 1; Blasius, Faima Deuts., 1857, 1, p. 133, fig. 87, 88; Bell, British Quadrup., 2e Ed., 1874, p. 148a, fig.; Sorex rusticiis Jenyns, Mag. Zool. and Bot., 1837, p. 417.
Taille plus petite que celle de ^S. araneus. Queue un peu plus longue que le corps sans la tête, épaisse, presqu'arrondie, entièrement couverte de poils égaux, assez longs, et terminée par un pinceau de 5 mm. de long; rousse dessus, blanchâtre dessous.
Pelage du corps d'un gris-brun dessus, cendré dessous. Pieds blanchâtres, velus jusqu'aux ongles. Oreilles assez grandes dépassant un peu le pelage; museau allongé, pointu, garni de longues moustaches.
La dernière unicuspide supérieure égale ou surpasse le tubercule antérieur de la le molaire et est presqu'entièrement visible du dehors; la canine inférieure n'a qu'un seul tubercule, comme chez S. araneus.
Se distingue des jeunes de «S. araneus par sa queue plus longue, plus grosse et plus poilue.
Long, tête et corps 45 à 50 mm.; queue 35 à 37; pied 10 mm.
Habitat. — Le Nord de rp]urope (y compris les îles Britanniques),
et de là toute l'Europe continentale et le Nord de l'Asie. Remplacée en Italie par la forme suivante.
Sorex minutus lucanius Miller.
Sorex minutus lucanius Miller, Ann. and Mag. Nat. Hist., 1909, IIl, p. 417. Semblable à Sorex minutus typicus, mais les molaires et les incisives supérieures notablement plus grandes.
Long, tête et corps: 45 à 50; queue 42; pied 10,4mm. — Crâne: long, condylo-basale 16; série dentaire super. 7 mm.
Habitat. — Italie (Monte Sirino, Lagonegro, province de Potenza, Italie Sud-Est).
Genre Neomys Kaup, 1829.
Crossopus, Wagler, 1832.
Caractères. — Musaraignes plus ou moins aquatiques, à pieds postérieurs élargis, bordés de poils raides en guise de rame; la queue
plus ou moins comprimée ayant souvent une frange de poils raides en
dessous. Pointe des dents d'un rouge brun; incisives inférieures sans
dentelures, à peine ondulées sur leur bord supérieur; incisives médianes
supérieures en hameçon, munies d'un talon pointu. Oreilles velues,
cachées par les poils.
Formule dentaire: I: , — — , C. - — -, Pin. ^' — -, M.- — -== 30 dents. 1 — 1 1 — 1 1 — 1 o — à
Il y a une incisive supérieure et une prémolaire de moins que dans le genre Sorex.
Remarque — Ce genre se trouve, avec Sorex, dans le Nord de l'Europe (ou Crocidura fait défaut); il s'étend, au Sud, jusque dans le centre de l'Espagne. Ces Musaraignes sont aquatiques, ou vivent, dans les montagnes, au voisinage des torrents.
Neomys fodiens (Pallas).
Sorex fo (liens, Pallas, Tabul. aer. incis., 1756, I, p. 120, fig. 79, 80; Neomys fodiens, Kaup, 1829: Thomas, The Zoologist, 1898, p. 102; Crossopus ignotus Eatio, Arch. Se. Phys. et Nat., 1905, p. 202; Sorex Dauhentoni, Erxleben, (nec Cuvier); S. carinatus, et S. constrictus, Hermann; «S. ciliatus, Sowerby; S. remifer et lineatus E. Geoffroy.
Pelage velouté, dessus noir ou d'un brun marron foncé, blanc dessous, ces deux couleurs séparées par une ligne de démarcation très nette sur les flancs. Une petite tache blanche derrière l'oeil. Queue de la longueur du corps ou un peu plus courte, de la couleur du dos en dessus, portant, en dessous, une rangée de poils ciliés blancs formant rame ou carène; le bord externe des pieds est également bordé de poils ciliés blancs.
Il existe une variété où le dessous est gris foncé, de sorte que la ligne de démarcation des flancs est beaucoup moins nette.
La dernière unicuspide supérieure est plus petite que le tubercule antérieur de la le molaire; la canine inférieure n'a qu'un seul tubercule, la prémolaire en a deux; les incisives inférieures présentent une légère ondulation sur leur tranchant supérieur.
Long, tête et corps 100 à 120 mm.; queue 50 à 70; pied 20 mm>
Habitat. — Toute l'Europe, de la Scandinavie à l'Europe Continentale centrale. Eemplacée en Angleterre et dans le Sud (Région Méditerranéenne) par les sous-espèces suivantes.
Neomys fodiens ciliatus (Sowerby) Barr.-Hamilton.
Sorex ciliatus Sowerby, Brit. Mise, 1805, t. 49, p. 103; Neomys fodiens ciliatus Barret-Hamilton, Aun. Nat. Hist., 1905, XV, p. 508.
Semblable à N. fodiens typicus, mais de couleur plus terne et plus foncée, spécialement en dessous (B.-Hamilton).
Habitat. — Grande-Bretaene.
Neomys îodiens naias Barret-Hamilton.
Xeomys fodiens naias Barret-Haïuilton, Ann. and Mag. Nat. Hist., 1905, XV, p. 507.
Taille du type avec ime ([ueue un peu plus longue, les oreilles et les pieds plus grands.
Dessus presque uoir, souvent avec une touffe de poils blancs immédiatement derrière l'oreille; dessous d'un blanc crème lustré ou argenté, souvent presque blanc; ligue de démarcation distincte, de la bouche à la racine de la queue. Base des poils d'un ardoisé foncé, plus clair dessous, de couleur plombée. — Queue bicolore comme le corps, avec une crête inférieure de poils blancs — Pieds d'un gris obscur ou argenté, l'intérieur plus foncé, la plante presque noire, fortement frangée de poils blancs.
Crâne à région faciale un peu plus atténuée que sur le type, avec la canine supérieure un peu plus développée.
Long, tète et corps 79 à 84 mm.; queue ()0,7 à 66; pied 18,8 à 20; oreille 7 mm.
Habitat. — Transsylvanie dans les montagnes (Carpathes Sud), de 500 à 700 m. d'altitude (localité: Hatzeg). — Cette sous-espèce est très remarquable par le brillant et le conti'aste de sa coloration (bicolore) qui surpasse celle de toutes les autres formes du Continent, et surtout de la Grande-Bretagne.
Neomys îodiens minor Miller.
Neomys fodiens minor Miller, Proc. Biol. Soc. AVashiugt., 1901, p. 45.
Plus petit que le type de Suède, Allemagne, Belgique et Suisse (queue 50 — 60 au lieu de 65 — 75 et pied, sans les ongles, 17 — 19 au lieu de 19 — '22), mais les incisives notablement plus grandes. Les couleurs ne diffèrent pas.
Crâne a peu près de même taille que le type, mais capsule cérébrale plus étroite, de sorte que la région faciale semble plus massive. Dents semblables, mais les incisives antérieures et les deux paires suivantes plus fortes.
Long, tête et corps 82 mm.; queue 50; pied 16 (sans les ongles).
Habitat. — France sud, Hautes-Pyrénées (Montréjeau).
Neomys îodiens anomalus Cabrera.
Neomys anomalus, Cabrera, Ann. Nat. Hist., 1907, XX, p. 214; Mottaz, Bull. Soc. Zool. (Tenève, 1908, p. 179.
Plus petite que N. fodiens ù/picus; ((ueue arrondie, sa surface inférieure dépourvue de carène ciliée.
Dessus d'un noir brunâtre lustré, les poils étant gris de fer avec l'extrémité d'un noir rougeâtre. Dessous blanc, un peu lavé de jaune sous le cou; la séparation du blanc et du noir très nette sur les flancs. Mains et pieds blancs, ceux-ci avec une tache noirâtre partant du talon et s'étendant le long de la moitié postérieure du bord externe; de longs poils blancs en frange sur ce bord. Queue bicolore, noir-brun dessus, blanche dessous, les poils de sa face inférieure assez longs pour masquer les écailles, mais ne formant pas une frange eu forme de rame; ils forment seulement à l'extrémité une petite touffe à peine indiquée.
Après une longue immersion dans l'alcool, le dessus devient d'un rouge châtain foncé.
Crâne plus élevé et moins arrondi que celui de N. fodiens, la partie antérieure de la capsule cérébrale n'étant pas convexe, mais formant une pente douce; l'occiput est aussi aplati dans sa partie supérieure.
Long, tête et corps 73 mm; queue 60; pied 17,5 mm.
Habitat. — Espagne centrale (provinces de Madrid et Salamanque). — Par sa queue dépourvue de carène ciliée, se rapproche de Neomys milleri, mais pai' ses autres caractères plutôt de N. fodiens.
Remarque. — Mottaz {loc. cit.), ayant examiné un spécimen de iV^. anomahis provenant de San Domingo de Silos (prov. de Burgos) estime que ce type, par sa taille forte, sa queue longue, ses pieds postérieurs grands, se rattache au type fodiens plutôt qu'au type milleri.
Neomys milleri Mottaz.
Neomys milleri Mottaz. Mém. Soc. Zool. de France, 1907, XX, p. 22; Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 179.
Taille inférieure à celle de Neomys fodiens typicns; queue plus courte et dépourvue de la rame de longs poils formant carène à la face inférieure. Pieds postérieurs beaucoup plus petits et plus faibles que chez le type. Une petite tache blanche au coin postérieur de l'oeil.
Pelage semblable à celui de N. fodiens. Dessus gris-noir ardoisé, dessous blanchâtre. Queue bicolore, gris-brun dessus, blanchâtre dessous. Pieds antérieurs blanc-grisâtre; les postérieurs blanc grisâtre sur le bord interne, brun-grisâtre sur le bord externe.
Crâne plus petit que celui de N. fodiens, plus bombé et moins large en arrière; les arêtes latérales plus arrondies et moins saillantes. Dents plus faibles et plus pointues.
Long, tête et corps 132 mm.; queue 51; pied (avec ongles) 17; Crâne: long, totale 21; largeur 10,3.
Habitat. ^ Suisse (Alpes Vaudoises, 1230 m.), cantons de Vaud, Saint-Gall et Grisous; — Jura français (Naz près Gex), à 20 kil. de
Genève; — Pyrénées françaises (Pont Lapade près Bagnières de Luclion, Haute-Garonne).
Remarque. - — Cette forme semble une forme terrestre, ou moins aquatique, de iA^. fodlens; cependant on la rencontre dans les mêmes localités, près des cours d'eau. Dans tous les cas, c'est une forme montagnarde, non encore signalée dans les plaines.
Famille des Talpidae.
Genre Myogale Ciivier, 1800.
Caractères. — Doigts des quatre membres réunis par une membrane interdigitale, ceux des pieds de derrière très allongés; queue longue, écailleuse; crâne resserré au niveau des fosses temporales; nez proéminent.
.... r 3—3 ^ 1-1 „ 4-4 ^, 3—3 ,. , ^ Formule dentaire: i. „ — ;t, C. - — -, rm. - -, M.- -= 44 dents. 3—3 1—1 4 — 4 3 — 3
La première paire d'incisives est très grande, triangulaire, les deux dents accolées l'une à l'autre.
Moeurs aquatiques. — Deux espèces, toutes deux européennes.
Myogale moschata (Pallas).
Sorex moschatus, Pallas, Acta Acad. Petrop., 1781, II, p. 315; Schreber, Sâug., m, 1776, p. 567, pi. 159; Mygale moschata, Cuvier, Tabl. de la Class. des Anim., 1800; Myogale moschata, Dobson, Monog. Insectiv., II, 1883, p. 129, pi. XVI. â XIX.
Par la forme du corps et de la tête, ressemblant à une grosse Taupe pourvue d'une longue queue. L'extrémité du museau est aplatie et se prolonge au-dessus de la lèvre inférieure en forme de trompe, au bout de laquelle se trouve l'ouverture des narines, presque circulaire, dirigée en haut, en avant et un peu en dehors, avec un étroit sillon vertical entre les deux narines. Les jeiw, très petits, s'ouvrent dans une petite toufte de poils blancs à peu de distance de l'orifice de l'oreille qui est large, caché par des poils longs et serrés, entièrement dépourvu de conque.
La queue est un peu plus longue que la tête et le corps, resserrée à sa base, mais dilatée immédiatement après, par la présence de glandes nombreuses; cylindrique dans son tiers basai et un peu comprimée latéralement, puis dans les deux tiers postérieurs fortement comprimée avec une carène en dessus; elle est entièrement couverte d'écaillés plates disposées plus ou moins en rangées régulières, avec de courts poils, plus abondants dessus, implantés entre les écailles et dirigés en arrière.
Main, plus petite que le pied de moitié, avec la paume tournée en dehors comme chez la Taupe. Les trois doigts externes sub-égaux.
le second doigt et le pouce décroissant progressivement, tous palmés jusqu'à moitié de leur longueur; la face palmaire plate, modérément large, couverte de petites écailles arrondies; les griffes sont simples, pointues, sub-égales; uue frange de poils raides s'étend sur les bords externe et interne, et une touffe de longs poils raides s'insère au carpe. — La cuisse est courte, la jambe plus allongée et le pied très grand et très large avec des doigts allongés, réunis par uue palmm-e jusqu'à la base des griffes; sur le bord interne du pied se trouve une callosité aplatie, et sur le bord externe une forte frange de poils raides s'étendant jusqu'à la base du cinquième doigt; les doigts sont subégaux le 1er et le 5e un peu plus courts; la plante est couverte, ainsi que le dessus du pied, d'écaillés arrondies.
Pelage très épais et velouté rappelant celui de la Taupe, s'étendant sur la tête jusqu'aux yeux, plus court et plus grossier sur la face, laissant le dessus du museau nu, sauf sur les côtés où quelques poils se montrent, les parties nues couvertes de petites écailles qui disparaissent à l'extrémité du nez, dont la partie proéminente est nue en dessous. Sur les côtés du museau de longues vibrisses dont les plus longues sont près des yeux; d'autres plus courtes au dessous de la mâchoire inférieure. Les mains et les pieds sont presque nus, sauf une touffe de poils raides au talon.
Dessus d'un brun châtain foncé; dessous de la même couleur à la base des poils, avec l'extrémité des poils blanchâtre à la mâchoire inférieure, sous le cou et le thorax.
Long, tête et corps: 200 mm.; queue 203; pied 56 mm.
Habitat. — Kussie méridionale (entre le Volga et le Don); de là s'étend en Asie dans le Turkestau et le Sud-Ouest de la Sibérie.
Remarque. — L'espèce s'étendait, à l'époque quaternaire, jusque dans l'Europe Occidentale: le Palaeospalax magniis Owen, fossile, du pleistocène d'Angleterre, était identique ou constituait une espèce très voisine du même genre, qui vivait également en Belgique et en Allemagne.
Myogale pyrenaica E. Geoffroy.
Mygale x^yrennica E. Geoffroy, Ann. Mus. Hist. Nat., 1811. XVII, p. 193, pi. 4, fig. 1 à 5; Mém. Mus., I, pi. 15, fig. 10 à 15; Trutat, Bull.' Soc. Hist. Nat. Toulouse, 1878, p. 100; Myogale pyrenaica Dobson, Monog. Insectiv., 188B, p. 130, pi. XVIII, fig. 12; Trutat, Essai sur le Desman des Pyrénées, 1891, avec 15 pi. (très belles photographies).
Ressemble en petit à l'espèce précédente par ses formes générales, mais d'une taille inférieure à la Taupe. La queue presque cylindrique sauf près de son extrémité, et proportionnellement plus longue, privée des glandes caudales qui donnent uue si forte odeur au Desman de Russie. Le nez, tout en ayant la même forme, est comparativement plus long. Forme et proportions des mains et des pieds, franges de poils en forme de rame, qualité et distribution du pelage, vibrisses
du museau, semblables à celles de la grande espèce. Les ongles plus longs.
Pelage dessus brun foncé avec un reflet métallique verdàtre; dessous, l'extrémité des poils est blanchâtre. — La femelle serait plus grande que le mâle. Les poils des pattes et de la queue sont blancs.
Long, tête et corps 115 mm.; queue 140; pied 30 mm.
Habitat. — France, dans les Pyrénées (jusque dans les Landes), et sur le versant Espagnol jusque dans le centre de l'Espagne (Sierra Guadurrama) et le Portugal (Rio Minlio). On eu a distingué la forme suivante.
Myogale pyrenaica rufula Graells.
Myogalea pyrenaïca rufula Graells, Mem. Acad. Madrid, XVII, 1897. p. 460, pi. 15, fig. B.
Pelage brim mêlé de poils plus longs qui paraissent d'un roux doré lorsque l'animal est dans l'eau, rougeâtres lorsqu'il est hors de l'eau, blanchâtres sur les côtés; nez d'un noir fauve; pieds et queue jaunâtre.
Cette variété, dont les caractères indiqués sont peu importants, ne semble différer du type que par ses reflets dorés (et non verdâtres), et ses pieds jaunâtres ainsi que la queue (et non bruns).
Habitat. — Espagne Nord-Ouest (Venta de Los Mosquitos, Rio Balsain).
Genre Talpa L. 1758.
Caractères. — Narines ouvertes à la partie antéro-inférieure du nez en forme de boutoir; corps allongé, en forme de sac, sans cou distinct; pattes antérieures à main très large, en forme de pelle, portant, outre les rayons des cinq doigts, un os falciforme sur le bord interne; ongles aplatis, tronqués, propres à fouir; pattes postérieures com'tes mais normales, queue courte. Oeil peu développé ou complètement recouvert par les paupières.
Formule dentaire: T.- -, C. - -, Pm. - — -, M.- — - = 44 dents. o — o 1 — 1 4 — 4 d — à-
Talpa europaea L.
Talpa europaea L., Syst. Nat., X, 1757; p. 52, Dobson, Monog. Insect., II, 1883, p. 137, pi. XX, fig. 8, 8d: Talpa vulgaris, Brisson, Geoffroy.
Nez se projetant au dessus des incisives à une distance presqu'égale à la largeur du disque nu et coriace qui termine le museau et dans lequel les narines sont percées. Yeux (ordinairement) distincts, bien que cachés par les poils. Queue moyenne, poilue.
Pelage velouté, d'un noir foncé à reflet gris, formé pas la pointe des poils qui est plus claire (grise); souvent une tache orangée sur le centre de la région ventrale (Pour les caractères dentaires, voyez Dobson, 1. c, p. 138).
Long, tête et corps 140 mm.; queue 33; pied 22 mm.
Habitat. — Toute l'Europe ; s'étend en Asie jusqu'au Japon. Fait défaut en Irlande et dans le Nord de l'Ecosse, ainsi que dans le Nord de l'Afrique. — On a créé à ses dépens un certain nombre d'espèces et sous-espèces du Sud de l'Europe, décrites ci-après.
Remarque. — L'auteur de ces lignes (Trouessart en colloboratiou avec Rollinat) a montré (O.-R. Société de Biologie, 1906, p. 602), que dans le centre de la France, et dans un lot de Talpa europaea capturées le naême jour et dans la même localité, les unes avaient l'oeil bien ouvert, quoique petit, les autres avaient les p aupières fermées comme chez Talpa coaca.
Relativement à la variation considérable que peut présenter, dans une même région zoologique (Italie), la forme du crâne et les proportions des dents, Voyez Camerano, Mem. Acad. Se. Torino, 1885. pi. I, fig. 14 à 20.
Talpa europaea brauneri Satuniu.
Talpa citiropaea brauneri Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1908, IV, p. 2 et 8.
Taille plus grande que celle de toutes les autres formes de Talpa europaea et comparable à celle de T. altaica, Nikolski (140 mm. de longueur du nez à l'anus et 38 mm. pour le crâne).
Oeil très petit, mais cependant ouvert. Crâne large, ayant sa plus grande largeur (18 mm.) dans la région occipitale. Dents fortes; incisives supérieures médianes deux fois plus grosses que les latérales (ce qui distingue cette forme de la T. altaïca à dents petites); la 2e aiTière-molaire est presque deux fois plus large que chez cette dernière espèce, et le crâne dans son ensemble est plus large. Les incisives médianes sont lisses sur leur face antérieure mais un peu concaves sur la ligne médiane. Toutes les incisives inférieures sont subégales. Des trois prémolaires supérieures, la 1ère est la plus haute, les 2e et 3e sont égales, la 3e cependant est la plus allongée. Chez les spécimens âgés la 4e prémolaii'e présente à sa base un tubercule interne très petit, qui n'est pas visible chez les jeunes. La 1ère et la 4é sont presque . de la même hauteur. La région occipitale est plus grosse que chez T. europaea.
Long, tête et coi-ps 110— 140 mm.; queue 35 — 48; pied 19 — 22 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, Bessarabie, Podolie, Crimée (les spécimens tj^pes sont de Crimée).
Talpa caeca Savi.
Talpa caeca, Savi. Sopra la Talpa cicca, Pisa, 1822; Bonap., Fauna Ital., fasc. II, pi. 17, fig. 1 ; Dobson, Monog. Insectiv., II, 1883, p. 139.
Diffère extérieurement de T. exiropaea par les yeux recouverts par la membrane des paupières. L'extrémité nue du museau dans laquelle sont percées les narines est plus étroite, sa largeur étant un peu supérieure à la longueur du boutoir mesurée depuis le devant des incisives (taudis que chez T. europaea elle est à peu près égale).
Le pelage des côtés de la bouche, des pieds et de la (jueue est plus pâle, presque blanc.
La paire médiane des incisives supérieures est comparativement plus large que chez T. evropaea (les autres différences signalées ne sont pas constantes; Voyez la Remarque à la suite de Talpa europaea).
Long, tête et corps 103 mm.; ({ueue 30; pied 20.
Habitat. — Remplace, généralement 7\ europaea dans la région Méditerranéenne, au sud des Alpes (France Sud, Italie, Dalmatie, Grèce); parait remplacée en Espagne par Talpa caeca occidentalis.
Talpa caeca occidentalis Cabrera.
Tailla caeca occidentalis Cabrera, Auu. Nat. Hist., 1907, 20, p. 212.
Petite forme de T. caeca avec un crâne plus plat mais non plus petit, et une queue et des pieds très poilus. Largeur de la main considérablement plus grande que sa longueur sans les ongles.
Pelage d'un noir brunâti-e, les poils étant d'un gris argenté foncé avec la pointe d'un brun sombre. Le milieu de la face ventrale sans brun, d'un gris argenté foncé. Poils de la queue très longs, noirs; ceux des pieds d'un brun noir ti-ès foncé. Le pelage est très velouté avec des reflets argentés; mouillé il montre des reflets métalliques verts sur le dos, pourprés sous le ventre.
Crâne avec la capsule crânienne, pourtant assez haute (plus de 9 mm.), aplatie en dessus, de telle sorte que vue de derrière sa plus grande largeur parait être au dessus de la ligne moyenne horizontale du crâne.
Long, tête et corps 102 mm.; queue 24; main, largeur 17,6, longueur 15,5 (sans les ongles); pied 15.5; crâne, long. tôt. 31.5; long, basale 22,5; largeur zygomatique 11.
Habitat. — ■ Espagne centrale (Montagnes de GuadaiTama), Ségovie, La Granja.
Talpa caeca caucasica Satunin.
Talpa caeca caucasica, Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1908, IV, p. 5 et 9.
Se distingue parlescaractèresdentaires suivants: incisives supérieures médianes deux fois, ou plus de deux fois aussi grosses que les latérales ; incisives inférieures des deux paires médianes plus grosses que celles
de la troisième paire et presqu'aussi grosses que la cauiue qui est pointue, aiguë en arrière et un peu inclinée en dehors. Des trois prémolaires supérieures la 1ère est aussi grosse ou plus grosse que la 3e, la 3e est la plus grosse (?). La première prémolaire inférieure est plus petite que la seconde; la 4e prémolaire présente à sa base un tubercule interne bien marqué.
Long. tête et corps 112 à il 7 mm.; (jueue 30 à 31 ; pied 16 à 19 mm.; main 17 sur 17 à 19 sur 19 mm.
Habitat. — Caucasie septentrionale (Stavropol, Terek, Kouban) et TransCaucasie, le long de la mer Noire, Tiflis, etc.
Talpa romana Thomas.
Talpa romana, Thomas, Aun. Xat. Hist., 1902, X, p. 516.
Couleur et proportions comme chez T. envopaea; les yeux recouverts par la peau(?). Dents très fortes.
Crâne de la même taille que celui de T. enropaea, mais plus robuste; arcades zygomatiques plus épaisses et plus grandes, l'exti'émité postérieure s'insérant sur le crâne plus près des angles externes de la boîte cérébrale et presque ou tout-à-fait au dessus du bord antérieur du méat auditif (et non tout-à-fait en avant de celui-ci). Trou lacrymal beaucoup plus grand que d'ordinaire.
Dents, surtout les molaires, plus grandes. Incisives supérieures plus larges, accolées l'une à l'autre, la paii-e moyenne plus grande, comparée aux autres, que chez T. europaea; les molaires très fortes dans toutes leurs dimensions, à lobes internes plus grands, plus haut et plus allongés que chez les autres formes européennes (long, de la série de trois molaires 7,5 mm. au lieu de 6,2 daus T. enropaed). Seconde molaii'e inférieure avec un petit tubercule basai supplémentaire dans le sillon séparant les tubercules principaux; dernière molaire avec une légère indication de ce tubercule accessoire (ce caractère n'est peutêtre pas constant mais mérite d'êti'e noté).
Long, tête et corps 126 mm,; queue 29; pied 19; crâne: long, totale 36,7 mm.; long, basale 31,6; larg. zygomatique 15; largeur interorbitaire 8; long, du palais 16,2 mm.
Habitat. — Environs de Kome (Ostia, Frascati).
Remarque. — Au sujet de la valeur des caractères crâniens et dentaires pour la distinction des formes démembrées de T. europaea, voj'ez la Remarque à la suite de cette espèce, et Camerano, Mem. Acad. Se. Torino, 1885, pi. 1, fiff. 15 et 16.
Ordre des Carnivora.
Les Carnivores d'Europe appartiennent aux familles suivantes:
I. Ursidae. — Pieds plantigrades à 5 doigts devant et derrière; (|ueue courte, cachée par les poils; 42 dents; deux arrièremolaires tuberculeuses à chaque mâchoire derrière la carnassière. — Un seul genre: Ursiis (avec le sous-genre Thcdassardos).
IL Mustelidae. — Pieds semi-plantigTades; queue bien développée, moins longue que le corps; 32 à 38 dents; une seule molaire tuberculeuse à chaque mâchoire. — Genres: Mêles, Gulo, Mustela, Patorius et Lutra.
IIL Viverridae. — Pieds digitigrades à 5 doigts; ongles semirétractiles; queue aussi longue que le corps; 40 dents. — Genres Genetta et Herpestes.
IV. Canidae. — Pieds digitigrades à 4 doigts seulement au membre postérieur; ongles non rétractiles; tête allongée; 42 dents. — Genres Canis et Vulpes.
V. Felidae. — Pieds digitigrades à 4 doigts seulement au membre postérieur; ongles rétractiles; tête courte, arrondie: 30 dents. — Genres Felis et Lynclms.
Remarque. — Je rapelle que chez les Carnivores la grande dent, à tubercules aigus, appelée carnassière, est dans la mâchoire supérieure la dernière prémolaire, tandis qu'à la mâchoire inférieure elle doit être considérée comme la première arrière-molaire.
Famille des Ursidae.
Genre Ursns L.
Caractères. — Pieds épais à cinq doigts devant et derrière, plantigrades, armés d'ongles forts et recourbés; queue courte presqu'entièrement cachée par les poils; corps lourd et trapu; tête grosse à museau saillant; oreilles moyennes.
Formule dentaire: I. ^ — -, C. :; — -, Pm. - — 7, M.- — ^ = 42 dents. o — 6 1 — 1 4 — 4 o — A
Une ou plusieurs des prémolaires sont caduques de très bonne heure chez l'adulte; la première molaire (carnassière) est petite et de forme différente aux deux mâchoires; les tuberculeuses qui la suivent sont grandes, presque carrées, à tubercules peu saillants.
Remarque. — La distinction des différentes formes du s-g. Ursus p. d. qui habitent les chaînes de montagnes d'Europe et de Sibérie, a été tentée plusicures fois, mais sans certitude en raison du manque de matériaux suffisants. Les formes séparées de l' Ursus arctos ne sont données ici qu'à titre de renseignement, en attendant un travail d'ensemble sur cette espèce et ses sous-espèces ou variétés géographiques. — L'existence d'un collier blanc, présent chez le jeune, se conservant ou disparaissant chez l'adulte, ne semble pas un caractère assez constant pour servir à la distinction des diverses formes.
1. — Sous-Genre Thalassarctos Gra}^ 1825. Caractères de l'espèce. Molaires petites et étroites.
Ursus (Thalassarctos) maritimus Erxleben.
Ursus maritimus, Erxleben, Syst. E.egni Aniin., 1777, p. 160, et Auct. Récent.
Plante des pieds couverte de bandes de poils ras avec quelques callosités nues. Tête et cou allongés; oreilles arrondies, poilues; front peu élevé au dessus du museau. Pieds grands, larges; griffes des pattes de devant allongées, recourbées. — Pelage assez court moelleux, serré, tout entier d'un blanc sale ou jaunâtre en toute saison. Les jeunes sont d'un blanc argenté.
Taille variable suivant les individus, jusqu'à 2 mêti*es 50 de long et plus.
Habitat. — Régions arctiques de l'Europe (Nouvelle-Zemble, Spitzberg, etc.). — Accidentel en Islande où il est porté par les bancs de glace.
Remarque. — M. Th. Knottnerus-Meyer, dans un travail récent (Uber den Eisbaren und Seine Geographischen Formen, — S.-B. Ges. Natm-f. Freunde Berlin, 1908, p. 170, pi. X et XI), a distingué, d'après les caractères crâniens, les formes suivantes :
1. Tlialassarctos maritimus, Erxleben, du Groenland Xord et Ouest, des côtes des baies de Baffin, d'Hudson, et d'Ungara ;
2. TJi. marinus, Pallas, de Sibéi-ie, embouchures de l'Obi et de l'Ienissei.
3. Th. eogroenlandicus, sp. n., Groenland Est, de là jusqu'à Julianehaab.
4. Th. lahradorensis, sp. n., Labrador, Terre-Neuve, Pointe Sud du Groenland.
5. Ih. sjntzbergensis, sp. n., Spitzberg Nord et Ouest, les Sept-Iles.