Sous-Genre Ictis Kaup
Arctogale, Kaup, 1829 (nec Gray, 1864); Gale, Wagner, 1841.
Caractères. — Taille plus petite et forme plus allongée (vermiforme) que dans Putorius p. d. Même formule dentaire.
Remarques générales. — Les caractères sujets à variation, chez les Belettes,, sont la taille, la longueur de la queue, la couleur du dessous et la situation de la ligne de séparation entre cette couleur et celle du dessus. Dans l'extrême Nord, les Belettes deviennent blanches, en hiver, tandis que dans l'Europe moyenne et les îles, la couleur brun-roux du dessus ne change pas, et alorsla disposition du blanc pur du ventre constitue un bon caractère. Dans les régions plus chaudes du midi de l'Europe, le blanc du ventre est lavé plus ou moins de jaune, au point que dans quelques localités (Sicile, Malte, Algérie), la couleur passe au jaune flave ou à l'orangé. La longueur de la queue semble eu rapport avec la couleur du dessous: les spécimens d'Angleterre, de France, d'Allemagne, du Nord de l'Italie, de Hongrie, du Caucase, ont la queue courte; ceux de Sicile, Malte, Sardaigne, Algérie, Egypte ont la queue longue ^), tandis que ceux du Sud de l'Espagne l'ont d'une dimension intermédiaire. La taille est aussi plus grande dans le Sud, particulièrement là où P. ermineus n'existe pas, ou est rare. Les spécimens de Malte sont les plus grands. D'un autre côté, une très petite forme se trouve dans le Caucase^). La disposition de la ligne de démarcation des flancs (droite ou ondulée) n'est pas aussi nettement en rapport avec l'habitat plus ou moins méridional (Barret-Hamiiton, 1900). — Notez qu'une espèce (P. liïbernicus) est nettement intermédiaire, par tous ses caractères, entre les Hermines et les Belettes.
Putorius (Ictis) ermineus (L.).
Miistela ermineus, L., Svst. Nat., 1766, I, p. 68; Jentink, Notes Leiden Mus., 1900, XII, p. 25; Barret-Hamiiton, Ann. Nat. Hist., 1904, XIII, p. 394.
D'après Barret-Hamiiton (loc. cit.), l'Hermine typique de Scandinavie diffère des autres sous-espèces plus méridionales, en ce que la
1) Ressemblant sous ce rapport à l'Hermine.
^) Une autre en France: P. vulgaris minutus, Pomel (Voyez ci-après).
partie basale de sa queue est blanche en dessous, comme le reste des parties ventrales, en pelage d'été; de plus le pelage devient d'un blanc pur en hiver (sauf le bout de la queue), ce qui n'est pas le cas pour les formes plus méridionales.
Pelage d'été: Dessus d'un brun châtain, dessous blanc, cette teinte s'étendant sous la gorge, le cou et la tête jusqu'à la lèvre supérieure; la dessous de la première moitié de la queue est également blanc; la deuxième moitié est noire dessus et dessous avec un pinceau terminal de cette même couleur.
Pelage d'hiver: entièrement d'un blanc pur, sauf le bout de la queue qui reste noir. Les individus dont le pelage est mélangé de brun châtain et de blanc en-dessus, sont en livrée de passage, au printemps ou à l'automne.
Long, tête et corps: 300 mm.; queue 88; pied 40 mm.
Habitat. — La Scandinavie et les régions arctiques de l'Europe (Russie jus(ju'en Sibérie). Jusqu'à présent on n'a pas distingué sous un nom particulier les spécimens du centre de l'Europe, à l'exception des sous-espèces suivantes. — L'Hermine est remplacée par la Belette dans le Sud de l'Europe et les îles de la Méditerranée; cependant elle existe dans la chaîne de l'Atlas (P. e. algirims, Thomas).
Putorius (Ictis) ermineus stabilis Barret-Hamilton.
Putorius ermineus stabilis, Barr.-Hamilt., Ann. Nat. Hist., 1900, XIIl, p. 394.
Diffère du type de Scandinavie par la base de sa (jueue unicolore dessus et dessous, et parce que le pelage ne devient pas complètement blanc en hiver.
Pelage d'été: dessus (sauf le bout de la queue) d'un brun entre le brun de momie et le brun de mars; la bourre plus claire, Isabelle. Dessous (excepté le dessous de la queue), blanc fortement lavé de jaune. Le blanc s'étend souvent à la lèvre supérieure, à l'intérieur des quatre membres, aux talons et aux poignets, mais non à la queue. Ligne de démarcation des deux couleurs très nette. Queue à poils commençant à foncer et à s'allonger à mi-distance de l'extrémité, où ils forment une longue touffe noire, de longueur variable, atteignant parfois 100 mm. Pieds souvent en partie ou complètement blancs.
Pelage d'hiver: le blanc du dessous peut s'étendre en-dessus, suivant la localité (dans le Nord), jusqu'à rendre l'animal complètement blanc ou blanc lavé de jaune, la touffe noire de la queue conservant seule sa couleur foncée. Le bord des oreilles étant une des parties qui blanchit tout d'abord, c'est la raison pour laquelle cette couleur se montre, avec une étendue variable, sur beaucoup de spécimens ayant encore leur pelage d'été; c'est ce qui fait également que les pieds sont en partie blancs dans toutes les saisons de l'année.
Long, tête et corps (mfile) 269 mm.; queue lll; pied 48; crâue: 51x22. Tête et corps (femelle) 244 mm.; queue 90; pied 42; crâue 46x19.
Habitat. — Iles Britanni(|ues (type de Blandford, Dorset).
Putorius ermineus ricinae Miller.
Putoritis erminea, p., BaiTet-Hamilton. Annals of Scottich Xatural History, 1904, p. 203; Ftdorlus erminea ricinae, Miller. Ann. Nat. Hist., 1907, XX, p. 395.
Taille inférieure à celle de P. e. stabUis du Sud de l'Angleterre (pied de la femelle adulte 35 à 40 mm. au lieu de 38 à 44 mm.). Crâne à arcades zygomatiques très renflées, le rapport de la largeur zygomatique à la longueur basale étant de 58 à 60 (au lieu de 53 à 57).
Long, tête et corps 254 mm.; queue 105; pied 43 mm.; crâne: long, condylo-basale 47 ; largeur zygomatique 24,2 mm.
Habitat. — Iles de Islay et de Jura, sur la côté occidentale d'Ecosse.
Putorius (Ictis) hibernicus, Thomas et B.-Hamilton.
Putorius hibernicus, Thomas et Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1895, XV, p. 374; id., The Zoojogist, April 1895, p. 124; Natural Science, 1895, YT, p. 377, pi. 4.
Intermédiaire entre P. nivalis et P. ermineus par sa taille et ses caractères, le mâle dépassant à peine la taille de la femelle de ce dernier. Dessous blanc ou à peine teinté de jaune; la distribution des couleurs plus semblable à celle de la première espèce que de la seconde. Le blanc est limité au dessous de la tête, au menton et à la gorge, ne s'étendant pas à la lèvre supérieure, resserré sur la poitrine eu une ligne étroite (ou même interrompue) (jui se prolonge sous le ventre, ayant sa plus grande largeur aux aisselles et aux aînés. Sur les membres antérieurs, le blanc s'étend jusqu'au milieu du bras, sur les membres postérieurs, jusqu'au milieu du tibia; les pieds, devant et derrière sont d'ordinaire entièrement bruns sauf quelques poils épars sur les orteils. Queue semblable à celle de l'Hermine (P. ermineus), mais plus courte, avec une touffe noire terminale.
La teinte du dessus est plus foncée encore que celle de l'Hermine, même en hiver, et cette forme ne devient jamais (ou très rarement) blanche dans cette saison.
Long, tête et corps: 228 mm.; queue 88; pied 40; oreille 21; crâne: long, basale: 41,2 mm.
Habitat. — Irlande, oii cette forme parait remplacer à la fois la Belette et l'Hermine.
Putorius (Ictis) boccamela Bechstein.
Putorius boccamela, Eeelistein, Saug. Deuts.. 1801, p. 819: Barret-Hamilton, Aun. Nat. Hist.. 1900, V, p. 40.
Taille plus graude et ((ueue plus lougue que chez Putorius nival/s; teiute des parties supérieures plus foucée, dessous blauc, avec la ligne de démarcation sur les flancs ondulée. Doigts des pattes antérieures blancs. — Crâne large. Les caractères crâniens sont intermédiaires entre P. ermineus et P. nivalis (Satunin).
Long, tête et corps 200 mm.; queue 79; pied 36,6; Crâne long. 40, larg. 25 mm. La femelle est plus petite: long, du corps 145; queue 51; pied 26 mm.
Habitat. — Ile de Sardaigne (Très anciennement distinguée par Cetti sous le nom de »Boccamele«), Corse et îles Baléares. — La forme signalée par Nehring (1901) en Roumanie comme identique à P. boccamela, devra, être comparée à P. nivalis dombroirskii Matschie, du même pays.
Remarque. — Cette forme est, dans le Sud de l'Europe, le pendant de P. Iiibernicus d'Irlande. Elle est intermédiaire entre l'Hermine et la Belette et les remplace, à elle seule, en Sardaigne.
Putorius (Ictis) boccamela caucasicus Barret-Hamilton.
Putorius nivalis caucasicus, Barret-Hamiltou, Ami. Nat. Hist., 1900. Y, p. 48; Putorius boccamela caucasicus, Satunin, Mittli. Kaukas. Mus., 1905. II, p. 296 et seq.
Semblable au type, mais devenant blanc en pelage d'hiver; en été semblable à P. boccamela, avec la ligne de démarcation des flancs bien marquée; ventre blanc, pieds blancs. — Crâne semblable à celui du type (et non à celui de P. tdvalis).
Long, tête et corps (mâle) 230 à 280 mm.; queue 88; pied 36 à 45 mm.; (femelle) 173 à 196 mm.; queue 55; pied 27 mm.
Habitat. — Caucase à une hauteur de 4000 m. et en Asie Mineure (Erzeroum); il n'est pas certain que cette forme se trouve sur le versant européen du Caucase.
Remarque. — Satunin, en raison de la petite taille des spécimens décrits par Barret-Hamilton, suppose qu'ils sont jeunes. M. O. Thomas, à la demande de l'auteur de ces lignes, a bien voulu revoir les types du British Muséum, et a constaté qu'ils étaient bien adultes, mais probablement tous femelles, et l'on sait que, dans ce genre, les femelles sont beaucoup plus petites que les mâles, ainsi qu'on le constate sur P. boccamela de Sardaigne.
Putorius (Ictis) nivalis L.
Putorius nivalis, Linné, Syst. Nat., Ed. XII, 1766, p. 69; 0. Thomas, Zoologist, 1895, p. 177; Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 42; Mustela vulgaris (part.), Erxleb., Syst. Regn. Au. Manon., 1777, p. 471; Putorius vulgaris, Auct. plurim. ; Putorius pusilhis, Auct. Europ. (nec Dekay, ex America Sept.).
Caractérisé par sou pelage qui devieut entièrement blauc eu hiver, comme celui de l'Hermine (mais sans garder la moitié terminale de la queue noire). Quelques poils seulement restent bruns à l'extrémité.
En été, le pelage est, comme dans les autres formes, d"un brunroux châtain en dessus, blanc en dessous, et la queue est de la couleur du dos et non noire dans sa moitié postérieure (ce qui la distingue de l'Hermine). Pour le reste, comme P. n. vulgaris.
Long, tête et corps: 170 mm.; queue (sans la poils) 38; pied 22.
Habitat. — ■ Régions Arctiques et Subarcti(jues de l'Europe, jikis particulièrement la Scandinavie septentrionale.
Putorius (Ictis) nivalis vulgaris Erxleben.
Patoriiis vulgaris, Erxleben, Syst. Regn. Anini., 1777, p. 471; Barret- Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 42; Putorius pusillus major, Fatio, Arch. Se. Phys. et Nat., 1905 ; Mottag, Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 1«9.
Dessus brun-roux (cannelle) plus ou moins foncé; dessous d'un blanc pur, quelquefois blanc sale à l'approche de la mue; ligne de démarcation entre les deux teintes ondulée et variable (la largeur du blanc varie de 25 mm. à 11 mm. suivant la taille). Les pieds de devant sont en partie blancs. Les mâles sont d'ordinaire plus grands que les femelles, avec le crâne plus large et la crête sagittale plus développée.
Long, tête et corps (mâle) 203 à 285 mm.; queue 53 à 65; pied 29 à 36; crâne: long. 37 à 41, larg. 21 à 25 mm.; — (femelle) 160 à 195; 36 à 50; 22 à 28; crâne: long. 31 à 34, larg. 16 à 19 mm. (Spécimens des Iles Britanniques).
Les spécimens de France et d'Allemagne semblent, en général, un peu plus petits: long, tête et corps 209 à 212; queue 52 à 60; pied 30 à 32.
Habitat. ^ Europe Occidentale et Centrale (Iles Britanniques, France, Allemagne). — Schinz a vu des spécimens des hautes montagnes des Alpes (St Gothard), complètement blancs en pelage d'hiver.
Remarque. — Cest précisément pour cette forme des hautes montagnes des Alpes, que Fatio a créé le nom de: Putorius j^usillus major. Les spécimens semblent un peu plus grands que ceux des régions voisines de la France orientale (long, totale (mâlej 290 mm. au lieu de 245 à 255 mm.), mais Mottaz réserve la question de savoir si cette forme est réellement distincte, les matériaux actuels étant insuffisants.
Putorius (Ictis) nivalis minutus Pomel.
Putorius minutus, Pomel, Catalogue des Vertébrés fossiles du Bassin supérieur de la Loire, 1854, p. 51.
Pomel distingue en France deux formes de Belette. » L'une a jusqu'à 190 mm. de corps; la teinte des flancs s'affaiblit près du
blanc du ventre; la queue longue de 40 mm. et concolore. La boîte céphali(|ue est moins bulleuse, plus atténuée en avant; les apophyses postorbitaires sont plus saillantes et la crête sagittale est simple jus((u'au rétrécissement postorbitaire. Elle diffère de Bocccunela en ce que celle-ci a la queue plus longue et un peu plus fournie au bout.« (Ce serait P. nivalis vulgarisa
»L'autre que nous proposons de nommer F. minutus n'a pas plus de 150 mm. de corps et 26 mm. de queue; celle-ci a quelques poils noirs au bout. La tête a le front plus étroit, la fosse temporale moius profonde, le crâue étant moins rétréci en avant et plus bulleux, et la crête sagittale, môme sur les vieux individus, est peu sensible et se bifurque en deux impressions musculaires bien avant d'atteindre l'étranglement postorbitaire. La couleur du pelage ne s'affaiblit pas au bas des flancs et tranche fortement avec le blanc du ventre. Les deux espèces ont les taches de la gorge un peu variables. « (Ce sera P. nivalis iiiinidus.)
Dimensions (Voyez ci-dessus).
Habitat. — France Centrale, bassins de la Seine (Paris), et de la Loire (Auvergne), avec P. nivalis vnlgaris.
Putorius (Ictis) nivalis meridionalis Costa.
Putorius meridionalis, Costa, Aqd. Mus. Zool. Univ. Napol. 1865 (1869), p. 40; Putorius nivalis italiens, Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 45.
Taille peut-être un peu plus grande que chez P. a. rulgari.s, mais ligne de démarcation des couleurs et longueur de la (|ueue semblables, avec le dessous légèrement lavé de jaune fauve. — Sordelli (Atti. Soc. Ital. Se. Nat., 1904, p. 312) a vu des spécimens (de Lombardie) en partie blancs sur le dos.
Long, tête et corps 190; queue 45; Crâne: long. 38,5 à 40,5, larg. 22 mm. Individu de forte taille (Gênes): crâne: long. 41. larg. 24 mm.
Habitat. — Italie (province de Vérone, Gênes): l'Italie méridionale continentale (d'après Costa).
Putorius (Ictis) nivalis ibericus Barret-Hamilton.
Putorius nivalis ibericus, Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 45.
Taille et longueur de la queue intermédiaires; dessous d'ordinaire lavé de jaune; ligne de démarcation des couleurs très nette (comme chez P. ermineus)\ pieds blancs.
Long, tête et corps 250 mm.; queue 50 à 65; pied 45; crâue: long. 38, larg. 22.
Habitat. — Espagne (Séville).
Putorius (Ictis) nivalis dombrowskii Matschie.
Mustela (Ictis) dombroivskii, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berlin, 1901, p. 231.
Plus grand que P. nivalis vulgaris. Le dessus est d'uu brun plus foncé, avec une touffe de poils blanchâtres au bord autérieur de l'oreille: la tache sombre près du coin de la bouche en est séparée d'ordinaire par une distance égale à sa propre longueur, et par conséciuent est plus éloignée de la commissure. La queue porte des poils plus longs.
Crâne ajant un plus grand écartement des arcades zygomatiques et la partie postérieure de la boîte crânienne plus resserrée.
Crâne: long, basilaire 38,2 mm.; largeur zygomatique 22,4 mm.
Habitat. — Roumanie (vallée du moyen et du bas Danube).
Remarque. — Il y aura lieu de comparer cette forme avec les spécimens de Roumanie que Nehring a rapiH-oché de P. boccamela de Sardaigne.
Putorius (Ictis) nivalis siculus Barret-Hamilton.
Putorius nivalis siculus, Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 46.
Taille grande, queue longue (un tiers de la longueur du corps avec la tête); dessous lavé de jaune ou d'orange d'intensité variable, ligne de démarcation des couleurs droite et nette comme chez F. ennineus; les quatre pieds blancs.
Long, tête et corps 230 à 250 mm.; queue 70 à 90; pied 38 à 40; Crâne: long. 41,5, larg. 22 mm.
Habitat. — Sicile (Palerme, Marsala). — Un spécimen d'Algérie Occidentale (Orau), est identique à ceux de Sicile.
Putorius (Ictis) nivalis galinthias Bâte.
Futorius nivalis galinthias, Bâte, P. Z. S., 1905. II, p. 319.
Semblable par l'apparence et la taille à P. n. atlas, Barr.-Ham. de l'Atlas (Mar c), mais plus richement cobn-é et n'ayant qu'un pinceau à peine perceptible de poils plus foncés à la queue. C'est aussi une forme de grande taille, ce qui tient peut-être à l'absence de l'Hermine dans l'île. Les couleurs du dessus et du dessous sont nettement séparées.
Diffère de P. n. siculus par la taille et la coloration, mais lui ressemble par la ligne de séparation bien marquée sur les flancs, et par la présence de blanc sur les parties supérieures des pattes antérieures et postérieures.
Le dessous est d'un blanc sale (quelquefois lavé de jaune fauve), avec une étroite ligne blanche sur la lèvre supérieure à la base du nez.
Longueur de la (|ueue: 89 mm. sans la touffe terminale (celle de P. n. atlas aurait 98 mm. avec la touffe terminale qui est médiocre).
Habitat. — Ile de Crète, où elle est commune.
Putorius (Ictis) nivalis dinniki Satuniu.
Puforius nivalis dinniki, Satunin, Mittli. Kauk. Mus., III, 1907, p. 12 et '>9.
Dessus d'un brun-chatain clair; ligue de démarcation entre la teinte foncée du dos et le blanc du dessous très nette. Lèvre supérieure et tour de la bouche, le dessous du corps et l'intérieur des pattes d'un blanc pur. Extrémité du dessus des pieds blanche, la couleur brune passant insensiblement au blanc. La plante des pieds antérieurs est couverte de poils blancs, et le dessous des doigts de longs poils bruns; les pieds de derrière n'ont de poils blancs qu'à leur extrémité distale et sur les doigts, tout le reste est brun, y compris les longs poils du dessous. Les griffes sont blanches, longues et cachées par les poils. Sur la tête le blanc remonte jusqu'à la base de l'oreille. La queue est abondamment couverte de très longs poils.
Pour les caractères dentaires, Y. Satunin (loc. cit., p. 60).
Long, tête et corps 210 mm.; queue (avec touffe) 67; pied (sans ongles) 29 mm.
Habitat. — Russie Sud (Stavropol au N. du Caucase). Putorius (Ictis) nivalis subpalmatus Hemprich et Ehrenberg.
Putorius subpalmatus, Ehrenberg, Symbol. Pbys., 1832 (article d' Herpestes leucurus, in fine): Earret-Hamilton, Ann. Nat. Hist. 1904, XIII, p. 325 (ligne 7 et seq . rectification); Putorius nivalis africanus, Harret-Harailton (nec Desmarest), Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 47: Thomas, P. Z. S , 1895, p. 128.
Taille grande; queue longue (un tiers du corps avec la tête), abdomen orangé; ligne de démarcation des couleurs ondulée; pieds en partie blancs.
Long, tête et corps 173 à 200 (et même 300) mm.; queue 62 à 85 (et 105); pied 34 (et 43); Crâne: long. 37; larg. 23 mm.
Habitat. — Ile de Malte et l'Egypte.
Remarque. — Le véritable Putorius africanus, Desmarest (Nonv. Dict. Hist. Nat., XIX. 1818, p. 376), dont on a longtemps ignoré la patrie, et que l'on a confondu à tort avec la présente espèce, est en réalité de 1 île St. Thomas, dans le golfe de Guinée, et des Acores (Voyez: Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1904, XIII, p. 324—325). C'est la plus grande et la plus méridionale espèce du groupe, caractérisée en outre par un pinceau caudal de poils noirs.
Genre Lutra Erxleben, 1777.
Caractères. — Pieds courts, arrondis, avec les doigts entièrement palmés. Ongles petits, forts et recourbés. Tête large et déprimée; oreilles arrondies, presque cachées par les poils ; queue moyenne, aplatie.
Formule dentaire: I. ^ — -, C. - — — , Pm. - — ^, M.- — ^ = 36 dents. o — 3 1 — 1 o — d 2 — 4
8fi
La molaire supérieure est grande, transversale, carrée, tuberculeuse; la carnassière qui la précède est moyenne (comme dans le G. Mêles). — Moeurs aquatiques.
Lutra lutra (L.).
Mustda lutra, Linné, Syst. Nat.. 1766, I, p. 66; Lutra vulgaris, Erxleben, Syst. Regn. Anim., 1777, p. 448; Blas.. Fauna Deuts., 1857, I, p. 237, fig. 126, 127, 131.
Pelage d'un brun roussâtre uniforme eu dessus, blanchâtre ou grisâtre eu dessous. — Les jeunes sont tantôt plus gris, tantôt plus bruns que les adultes.
Long, tête et corps 700 mm.; queue 350; pied 110 mm.
Habitat. — Toute l'Europe, des îles Britanniques au Caucase et de la Scandinavie à l'Espagne et la Grèce. Ne se trouve pas dans les îles de la Méditerranée, sauf Corfou et la Sicile (où elle aurait été introduite assez récemment, d'après Doderlein).
Famille des Viverpidae. ■ Genre Genetta Cuvier, 1817.
Caractères. — Corps allongé, comprimé, assez haut sur pattes qui sont franchement digitigrades; ongles à demi-rétractiles; tête longue à museau pointu, (jueue aussi longue que le corps, comprimée, plus mince à l'extrémité (|u'à la base. Pelage tacheté avec la queue annelée. La pupille se contracte en fente linéaire comme chez les Chats.
Formule dentaire: I. ;r — ~, C- — ,, Pm. - — ~, M. ^^ — s = 40 dents. o — o i — i 4 — 4 / — ^
Les dents sont comprimées et à tubercules aigus. La 3e prémolaire supérieure a sur son bord interne un petit tubercule; le talon de la carnassière inférieure est très développé.
Remarque. — Les espèces ou sous-espèces de ce genre se ressemblent beaucoup, et sont difficiles à distinguer d'après la disposition des taches, le nombre des anneaux de la queue, etc., etc., particularités qui varient considérablement, et d'une façon individuelle, dans une même localité.
Genetta genetta vulgaris Lesson.
Genetta vulgaris, Lesson, Manuel de Mamm., 1827, p. 173; Trouessart, Mamm de France, 1885, p. 221; Genetta rhodanica, Matschie, Verh. Internat. Zool.-Congress Berlin, 1902. p. 1139.
D'un gris teinté de jaune, particulièrement sur la tête, les épaules et au pli des cuisses avec la bourre d'un gris bleuâtre. Siu- les flancs
cinq rangées iiTegulières de taches, allongées et continentes clans les rangées supérienres. arrondies et distinctes dans la qnatrième, petites et pen nombreuses dans la cinquième; en outre, sur la ligue du dos, nue bande ininterrompue à partir du milieu du dos, mais plus étroite et peu distincte en avant de ce point; toutes les taches sont d'un brun roussàtre foncé. Les taches des deux premières rangées deviennent confluentes sous forme de bandes, à la région lombaire. Nuque portant quatre lignes brunes un peu sinueuses qui vont rejoindre obliquement les rangées latérales et dont les deux externes se terminent sur l'épaule; la première tache de la 3e rangée, au dessus de cette ligne, est très allongée. Les joues plus claires que le dos avec une tache blanche sous l'oeil; front et nez brun-roux. Queue portant dix anneaux noirs moins larges à la base, plus largos à l'extrémité (jne les intervalles, d'un gris pâle; le bout, noir dessus, gris pâle dessous. Pattes postérieures noires en arrière, le reste des pattes d'un gris brun. De petites taches noires en avant des épaules (d'après un topotype de Lesson, Vendée, Muséum de Paris).
Long, tête et corps 570 mm.; ([ueue 435; pied 75 mm.- Habitat. — France Occidentale à l'Ouest du Rhône; remonte au Nord jus(iue dans le IJépt. de TEure. — Les Genettes d'Espagne et de Portugal paraissent former des sous-espèces distinctes.
Genetta genetta mêlas Graells.
Genetta mêlas, Graells, Mem. Acad. Cieiic. Madrid, 1897, XVII. p. 174, pi. 2a, fig. A; Cabrera, Bol. Soc. Esp. Hist. Nat., 1905, p. 254.
Cette forme est fondée sur un spécimen type atteint de mélanisme, et de plus très jeune. — Cabrera décrit la forme normale de la façon suivante :
D'un cendré assez clair; cinq séries assez régulières de taches brunes allongées, ovales ou linéaires; queue à neuf ou dix anneaux bruns, les plus rapprochés de l'extrémité étant plus larges que les espaces clairs (jui les séparent; la pointe de la queue blanche, au moins lorsqu'il y a neuf anneaux, avec un indice du dixième en dessus. Avant-bras marqués de taches petites et peu nombreuses. Plante des pieds antérieurs plus ou moins brune mais non noire; pieds postérieurs noirs en arrière.
Crâne à bord supérieur du trou occipital formant un angle obtus bien marqué; os nasaux étroits et allongés.
Taille de G. vidgaris.
Se distingue de G. g, vulgaris par le nombre des anneaux de la ([ueue et la couleur claire du pelage; de G. g. afra par les anneaux de la queue plus nombreux, les taches plus petites et plus compactes et l'extrémité de la queue blanche et non noire (Cabrera).
Habitat. — Vallée du Guadalquivir depuis la Sierra Morena jusqu'aux côtes de l'Atlantique (Cordoba, Séville et probablement Badajoz).
Genetta genetta peninsulae Cabrciii.
Genetta peninsulae, Cabrera. Bol. Soc. Esp. Hist. Nat., 1905, p. 266.
Pelage long et épais, cVun gris blanchâtre lavé presque partout de jaune sale; taches très nombreuses et compactes, grandes et de forme très irrégulière, disposées sur les flancs eu cinq séries irrégulières. Queue très grosse à sa base à cause de la longueur des poils, à huit auueaux noirs, les trois ou quatre premiers mal définis et étroits, les autres bien marqués et plus larges que les espaces clairs intermédiaires; la pointe est claire dessous, noire dessus, cette partie noire se reliant d'ordinaire au huitième anneau. Plante des pieds antérieurs d'un noir de charbon intense, couleur qui remonte un peu derrière le carpe et se fond insensiblement avec le gris de la partie postérieure de l'avantbras qui est un peu plus foncé que sur la face antérieure; à la région carpienne ou remarque beaucoup de taches .brunes assez grandes. Les pattes de derrière, au-dessous du talon, sont noires derrière et sur les côtés.
Long, tête et corps 480 mm.: queue -120; pied 80 mm.
Crâne plus semblable à celui de (j. mr/as ({u'à celui de G. baleanca, mais le partie antérieure du trou occipital moins anguleuse.
Habitat. — Espagne centrale, les deux Castilles et probablement tout l'ancien royaume de Léon jusqu'à la Galice.
Genetta genetta balearica Thomas.
Genetta genetta balearica, Thomas, Aiin. Nat. Hist., 1902. X, p. 152; Cabrera, Bol. Soc. Esp. Hist. Nat., 1905, p. 265.
Un peu plus grande que la Genette de Séville, d'un gris plus clair et sans la teinte fauve ou jaunâtre habituelle. Par suite, les taches foncées sont plus nettes, tranchant vivement sur le gris-blanc du fond. Ces taches, comme nombre et disposition, sont semblables à celles du type, mais les lignes de la nuque se rompent plus vite en forme de taches, et les taches du dos et des flancs sont rondes ou (juadraugulaires, au lieu d'être plus ou moins linéaires. Dessous, pattes et queue comme chez G. genetta, sauf que les petites taches caractéristiques sur les avant-bras et le carpe sont nulles ou peu visibles. — Crâne comme celui du type.
Long, tête et corps 520 mm.; queue 480; pied 88 mm.
Habitat. — Iles Baléares (Majorque). D'après Cabrera, se trouve aussi sur le continent espagnol (Valence, Catalogne, Aragon, etc.).
Genetta aîra Fr. Cuvier.
Genetta afra, Er. Cuvier, Mam., 1825, pi. 195; Seabra, Bull. Soc. Portug. Se. IS^at., 1908, II, p. 1 et 2; Matschie, Verh. Int. Zool.-Congr. Berlin, 1902, p. 1140.
Pelage d'un gris clair, non jaunâtre; taches disposées eu ligiies longitudinales régulières sur le dos, les flancs et les cuisses; sur le dessus du cou il n'existe que trois lignes noirâtres, une médiane plus large et deux latérales partant de la base des oreilles. La tète, le cou, les pattes antérieures et les régions inférieures du corps sont d'un gris clair; sur le museau deux taches foncées; lèvre inférieure, ligne médiane du front et base des oreilles en arrière également foncées. La ligne dorsale, à partir des épaules, porte une série de poils noirs (qui chez G. vnlgmis n'existent que sur la partie postérieure du dos). Queue portant onze anneaux blancs et dix noirs (Seabra).
Taille de G. vulgaris.
Se distingue de celle-ci par sa couleur d'un gris pur (et non gris jaunâtre), les taches régulières (et non irrégulièrement disposées et d'un noir ferrugineux); enfin chez G. vulr/aris il y a sur le cou des lignes très sinueuses qui s'étendent jusqu'en dessous, ce qui n'est pas le cas ici.
Habitat. — Portugal (Ribeira do Papel), et probablement parties voisines du Sud de l'Espagne. Cette espèce est plus rare en Portugal que G. vulgaris. Elle se retrouve au Maroc et en Algérie.
Genre Herpestes Illiger, 1811.
Caractères. — Corps très allongé, bas sur pattes, les pieds subplautigrades, la queue plus longue que le corps, épaisse à la base, aplatie et déprimée. Le premier doigt, devant et derrière, et surtout ce dernier, très courts. Museau pointu. Pelage long, formé de poils anuelés, donnant à l'ensemble un aspect tiqueté plus ou moins uniforme. Ongles non rétractiles.
Formule dentaire: 1. , -, C. , — -, Pm. - -. M.- — ?, = -±0 deuts. 3—3 1—1 4 — '4 2—2
Molaires très fortes à tubercules coniques et pointus. Crâne allongé, resserré derrière les orbites, avec la région faciale courte et comprimée, la région frontale large et bombée. Orbites complètement fermés en arrière.
Herpestes iehneumon widdringtoni Gray.
Herpestes Widdringtoni, Gray, Anu. Nat. Hist., 1842, IX, p. 49.
Pelage annelé de gris clair et de gris foncé donnant à l'ensemble un aspect tiqueté; tête et ligne du dos plus foncées, pattes passant au roussâtre avec les pieds et le bout de la queue noirs, celle-ci terminée par un pinceau roussâtre. Bourre roux clair.
Très semblable à II. Iclnwunion d'Afrique, mais le pelage du dessus plus court, laissant passer la bourre, qui est abondante et longue, ce qui donne à l'ensemble une teinte plus rousse; queue plus courte.
Long, tête et corps 560 mm.; queue 505; pied 70 mm.
Habitat. — Espagne Sud (Sierra Morena). Le type est de tout le Nord de l'Afrique et de Palestine.
Famille des Canidae.
Genre Canis L.. 1758.
Caractères. — Corps haut sur pattes assez grêles, digitigrades; ongles non rétractiles; tête et museau allongés; queue moyenne, plus courte que le corps.
Formule dentaire: I. ;;; — -, C. - — -, Pm. - — -. M.~ — ^ = 42 dents.
La carnassière supérieure ((juatrième prémolaire) est munie d'un fort tubercule triangulaire médian; le tubercule antérieur est rudimentaire et le postérieur est comprimé et allongé; le tubercule interne est peu élevé et placé très en avant, au niveau du tubercule antérieur.